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Religion - Page 4

  • Le 8 décembre férié

    Le président des Philippines Rodrigo Duterte a signé le 23 décembre une loi, votée par les députés le 2 mai et par le Sénat le 11 décembre derniers, qui fait du 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, un jour férié.

  • Entre le bœuf et l’âne gris

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    Nous avons tellement en tête l’image de la crèche avec l’âne et le bœuf qu’il faut faire un effort pour se souvenir que ces animaux ne figurent pas dans le texte évangélique (pas plus que la grotte ou la crèche, d’ailleurs : il est seulement question d’une « mangeoire »).

    Je me suis demandé de quand datait cette mention devenue inséparable de la scène de la Nativité, tant en Orient qu’en Occident (car l’âne et le bœuf font partie du canon de l’icône byzantine).

    La première mention « scripturaire » se trouve dans l’évangile du « pseudo-Matthieu ». Mais ce texte (latin) date semble-t-il du VIe siècle. Or il y avait alors déjà des crèches avec l’âne et le bœuf. Et cela se perd dans la nuit des temps. Les toutes premières représentations de la Nativité, en bas relief, du milieu du IVe siècle, montrent déjà les deux animaux (photo).

    Quant aux pères de l’Eglise, c’est Origène qui est le premier (comme d’habitude…) à évoquer l’âne et le bœuf de la crèche, en référence à la prophétie d’Isaïe : « Le bœuf connaît son possesseur, et l’âne la mangeoire de son maître, mais Israël ne me connaît pas. »

    Tous les pères reprendront cette prophétie (d'autant que c'est le même mot grec - φάτνῃ, qui se trouve en Isaïe et chez saint Luc, pour désigner la mangeoire, et par extension la crèche, ce qui n'est pas un hasard), en en soulignant le sens allégorique : Jésus vient pour le peuple d’Israël, représenté par le bœuf, animal pur, et pour les païens, représentés par l’âne, animal impur.

    On y ajoutera fréquemment Habacuc 3,2 : « Entre deux animaux tu te manifestes. »

    Telle est en effet la version de la Septante qui a fini par s’imposer, et dans sa traduction latine : « in medio duorum animalium », dont font écho deux répons de Noël. Ce qui est très intéressant. En fait, les manuscrits de la Septante ont, en capitales, sans aucun signe diacritique, ΖΩΩΝ. Ce qu’on a interprété comme le génitif pluriel du mot qui veut dire « être vivant », surtout « animal », en mettant l’accent sur le premier Ω. Mais en mettant l’accent sur le second Ω la signification n’est plus la même. Il s’agit des vies, des temps… « Au milieu des années », traduit saint Jérôme. Or c’est ce qui correspond au texte hébreu. Et saint Cyrille de Jérusalem l’interprète ainsi. Mais le fait est que l’interprétation chrétienne « de Noël » a prévalu, au point que les manuscrits en minuscules ont l’accent sur le premier ώ, et que c’est ce que l’on voit dans toutes les éditions actuelles de la Septante, chez les byzantins comme dans l’édition scientifique occidentale de Rahlfs.

    Tant il est évident qu’il y avait un âne et un bœuf dans la crèche de Bethléem…

  • Diplômés !

    Screenshot-2017-12-23 Rennes l'imam de Brest et l'archevêque de Rennes obtiennent leur diplôme en religion.png

    Comme nous l’apprend France 3 – France Info, l’imam de Brest et l’archevêque de Rennes ont obtenu leur diplôme en religion. L’imam Abou Houdeyfa est encore jeune, mais pour Mgr d’Ornellas, 64 ans, il était temps…

    Ces deux hommes ont donc reçu des mains d’Edmond Hervé (ancien maire socialiste de Rennes, ancien ministre condamné dans l’affaire du sang contaminé, auteur de La permanence de Jaurès) leur diplôme de la faculté de droit de l'université de Rennes 1 en « Religions, droit et vie sociale », avec 13 autres « étudiants ». Leur diplôme de religion laïque.

    Ils vont donc désormais pouvoir être des « référents laïcité » dans les entreprises et les administrations…

    On se demande quelle administration pourrait demander à un archevêque d’être son référent laïcité… Mais pour Mgr d’Ornellas c’est sans doute l’occasion de montrer qu’il est tout aussi laïque que les laïcistes et un vrai militant du vivre ensemble.

    En ce qui concerne l’imam Abou Houdeyfa, en revanche, on comprend sans peine la manœuvre. Voilà cet islamiste pur et dur (disant par exemple aux enfants que s’ils écoutent de la musique ils seront transformés en singes ou en porcs) devenu par la magie de la République un expert en laïcité, ayant en poche le diplôme qui lui permet d’expliquer ce qu’est la laïcité et de la faire respecter. Rappelons qu’en avril 2016 François Hollande, parlant des prédicateurs islamistes, déclarait à son propos : « Celui-là est français, il ne peut pas être expulsé, mais son lieu de prière – je ne veux même pas ce mot, ce lieu de haine a été fermé. »

    L’imam salafiste de Brest « référent laïcité » pour le « vivre ensemble », ce serait à hurler de rire si ce n’était une sinistre illustration de la tragédie en cours.

    Addendum

    Selon Le Télégramme, la remise des diplômes s'est faite en présence notamment de Mgr d'Ornellas, qui ne serait donc pas diplômé... (Mais il n'y a aucun démenti sur le site de France 3 France Info).

  • “La Nef”

    Le magazine La Nef a un nouveau site internet.

    On peut y lire notamment le texte de la conférence du cardinal Sarah à Varsovie le 22 octobre dernier, dont j’avais mis la vidéo sur mon blog.

    Parmi les nombreux articles d’archive mis en ligne, on trouve en lien sur la page d’accueil la remarquable analyse de l’abbé Gouyaud sur Kasper et la miséricorde.

  • Pas culturel ?

    L'Assemblée nationale du Nicaragua a retiré le projet de loi de reconnaissance du caractère de « patrimoine national » aux célébrations en l’honneur de l’Immaculée Conception, sur demande des évêques du pays.

    Le gouvernement sandiniste… mais ils ont bien changé… y compris le président Ortega, voulait que soit déclaré « patrimoine historique et culturel de la nation » l’ensemble des célébrations autour de l’Immaculée Conception (sainte patronne du pays) : neuvaine, fête de la « Griteria », fête de la Vierge du Trône d’El Viejo à Chinandega, Solennité de l’Immaculée Conception.

    « Ce serait triste qu’une tradition religieuse se réduise à une expression de culture », a déclaré Mgr Silvio Fonseca, vicaire épiscopal chargé de la famille, de la vie et de l’enfance à l’archidiocèse de Managua. Le Cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua, a souligné que la fête en l’honneur de l’Immaculée Conception est une fête de l’Eglise catholique, qui appartient au monde entier et non pas à un pays.

    On voit que si ces évêques étaient les nôtres, quiconque argumenterait sur le caractère « culturel » des crèches de Noël pour les faire accepter dans l’espace public se ferait vertement taper sur les doigts.

    La position de cet épiscopat paraît du reste plutôt extrémiste. Car, qu’on le veuille ou non, il y a bien un côté culturel aux fêtes de l’Immaculée Conception au Nicaragua. Culturel et national. La Griteria est une fête spécifiquement nicaraguayenne, et assez importante pour que la page de wikipedia qui lui est consacrée soit très fournie (ici en espagnol, ici en traduction automatique).

    Depuis Vatican II il y a comme une peur panique chez les évêques d’apparaître comme les tenants d’une religion d’Etat. Et ils deviennent les premiers militants de la séparation entre la culture et la religion en croyant militer pour la séparation entre l’Eglise et l’Etat. Alors que dans les deux cas c’est la « distinction » qui s’impose, distinction qui permet toutes les harmonisations et les reconnaissances réciproques. Il serait plutôt valorisant pour l’Eglise (et bon pour la transmission de la foi) que l’Etat reconnaisse officiellement un grand événement religieux (et national) comme un grand événement culturel (et national). Surtout, pourrait-on dire, quand le gouvernement est composé d’anciens guerilleros marxistes (et cela quels que soient les éventuels sous-entendus politiciens)...

  • Il l’avait dit

    Au cours de sa campagne, Donald Trump avait promis : « Nous dirons de nouveau “Joyeux Noël”. »

    Voici sa carte officielle de vœux :

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    Et voici celle d’Obama en 2016.

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    Il paraît que Trump est vulgaire et que Obama est classe…

    Et voici la crèche de la Maison Blanche, dans la vidéo où Melania fait le tour des décorations.

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    Voici une photo de l'ensemble de cette crèche napolitaine du XVIIIe siècle, qui se trouve à la Maison Blanche depuis les années 1960 mais dont la Maison Blanche ne donnait pas d'images jusqu'ici pour Noël (cette photo provient d'un magazine de décoration d'intérieur).

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  • Rosaire irlandais

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    Inspirés par l’exemple polonais, de jeunes Irlandais avaient organisé un « Rosaire sur les côtes pour la vie et la foi », dimanche dernier. Ils avaient choisi ce jour parce que c’est la fête du Christ Roi dans l’actuel calendrier officiel, et que l’Irlande fut le premier pays à se consacrer au Christ Roi. Il s’agissait de prier pour le renouveau de la foi en Irlande, et aussi pour la vie, à l’approche du référendum qui l’an prochain (sauf miracle…) légalisera l’avortement.

    Ils eurent le soutien verbal de quatre évêques, dont un disant qu’il y participerait. (A comparer avec la Pologne où les évêques ont massivement soutenu l’initiative des laïcs.)

    Le résultat a néanmoins dépassé toutes les espérances. Les organisateurs souhaitaient modestement qu’il y ait 53 points de célébration du Rosaire (du nombre de grains du chapelet). Il y en a eu finalement 270 (en trichant un peu car un certain nombre n’étaient pas sur la côte). Et ils revendiquent 30.000 participants.

    Ce jour était aussi la veille celui de la fête de la Médaille miraculeuse, et les organisateurs avaient eu la très remarquable idée de demander aux participants d’apporter des médailles et de les enterrer sur la côte : l’Irlande est donc désormais entourée de médailles miraculeuses.

  • En Sicile

    Jeudi dernier, le directeur d’une école maternelle de Palerme, qui était auparavant en Lombardie, a enlevé la statue de la Sainte Vierge et les images religieuses des couloirs, et a fait savoir par une circulaire aux enseignants qu’il était désormais interdit de dire une prière avant le goûter.

    La réaction n’a pas tardé : le lendemain, les enfants sont venus avec un chapelet autour du cou, tandis que les parents manifestaient devant l’école, avec l’appui de l’archevêque.

    Puis toute l’Italie s’est enflammée pour condamner et stigmatiser le directeur laïcard, qui n’a guère trouvé que les extrémistes genre « libres penseurs » locaux pour le soutenir.

    Le directeur a tenté de se défendre en invoquant un avis du procureur général d’Italie, annexé à une note du ministère de l’Education, en 2009, interdisant « la célébration d’actes de culte, de rites ou de célébrations religieuses à l’école pendant les heures de cours ».

    Mais il a été contredit par le gouvernement, par la voix du sous-secrétaire d’Etat à l’Education, Gabriele Toccafondi, qui a déclaré (sur… Radio Vatican) que le bon sens et la raison éviteraient de tels incidents, que cela ne blesse personne qu’il y ait des images sacrées, et que dans l’acte du directeur il y a « peu de liberté et beaucoup d’idéologie ». Il a rappelé la décision de la Cour européenne des droits de l’homme selon laquelle les crucifix dans les salles de classe en Italie ne portent pas atteinte à la liberté individuelle et à la liberté religieuse. Le ministre de l’Education en personne, Valeria Fedeli, a déclaré que le directeur avait interprété de façon inappropriée la circulaire de 2009, notamment en ne demandant pas l’avis des parents.

    L’affaire est devenue politique et c’est à qui sera le plus en pointe. Forza Italia dénonçait « un geste dicté par la volonté d’imposer le laïcisme et l’anticléricalisme. » La Ligue du Nord tempêtait que « interdire à des enfants de 3 à 6 ans de prier à l’école est une chose indigne » et retirer les photos du pape et les statues de la Vierge est « un acte ignoble ». Forza Nuova a aussitôt accroché une banderole : « Rends la Madone » sur le mur de l’école. Ce matin, Alessandro Pagano, député et représentant local de « Noi con Salvini » (équivalent de la Ligue du Nord dans le Sud), s’est rendu à l’école pour apporter une statue de la Sainte Vierge en remplacement de celle qui a été enlevée. Mais il n’a pas pu rencontrer le directeur, qui a… disparu. Il a déclaré : « Je suis ici en tant que représentant des institutions. Je n’apporte pas un symbole partisan mais seulement un symbole de paix, qui est la Vierge Marie. Je suis venu répondre calmement à un acte que je considère de prosélytisme qui ne respecte pas l’article 3 de la Constitution, qui défend la liberté de pensée et la liberté de professer une foi. Le directeur fuit ses responsabilités pendant que je suis ici pour défendre les mamans et les petits enfants croyants. »

  • Rosaire musulman ?

    Il devrait y avoir des limites au délire du « vivre ensemble ». On comprend qu’en Indonésie les catholiques marchent sur des œufs et fassent des efforts désespérés pour montrer aux musulmans qu’ils sont eux aussi des êtres humains, ce n’est pas une raison pour dire n’importe quoi. Surtout quand on est évêque.

    Selon l’agence Fides, l’archevêque de Djakarta, Mgr Ignazio Suharyo, a déclaré que le Rosaire est une prière appréciée également par les musulmans.

    Mais « Sainte Marie, Mère de Dieu », c’est le blasphème le plus épouvantable pour un musulman. Laisser entendre qu’un musulman pourrait invoquer 153 fois la « Mère de Dieu » est une imposture. Non seulement stupide, mais évidemment dangereuse en raison d’éventuelles représailles, dans un pays où 23% des étudiants jugent que « l’Etat islamique vaut la peine de se battre pour lui afin que soient mis en œuvre des enseignements islamiques plus cohérents ».

    Ou alors les mots n’ont plus de sens.

  • Jean-Paul II de Ploërmel

    • L’ahurissante réaction du vicaire général de Vannes à l’arrêt du Conseil d’Etat sur la statue de Jean-Paul II à Ploërmel ayant, quand même, provoqué une considérable émotion chez les fidèles, et au-delà, le diocèse a publié un « communiqué officiel » qui a davantage de tenue. Même si on se demande où le diocèse a vu la « laïcité équilibrée » dont il parle. Et qui, même si par miracle elle existait, serait détruite par la loi de 1905 chaque fois que quelqu’un y a recours… comme le montre l’exemple de Ploërmel.

    • La vraie bonne nouvelle est que, selon l’association de défense de la statue, la municipalité de Ploërmel, qui refusait de lui vendre le terrain, a changé d’avis et propose désormais de le faire. Or l’association a les moyens d’acquérir la parcelle et de financer la question juridique.

    • L’ancien maire Paul Anselin, qui a fait ériger la statue et qui est secrétaire général de l’association, fait savoir par le même courrier qu’il va rencontrer le sculpteur, Zurab Tsereteli. On suppose qu’il lui fera part notamment de cette importante étude juridique de Charles Prats, publiée par Dalloz, montrant que l’artiste peut facilement bloquer la décision du Conseil d’Etat.