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Eglise - Page 4

  • Dans le New York Times

    FSSP%2C+Nigeria.jpgQuand on sait ce qu’est le New York Times, et qu’on voit dans son supplément dominical une page intitulée « Pourquoi les Nigérians aiment la messe en latin », on craint le pire. C’est pourtant le meilleur qui attend le lecteur. Car l’article est écrit par Matthew Schmitz, l’un des rédacteurs en chef du magazine First Things, catalogué comme « catholique conservateur ».

    Et cet article commence ainsi :

    Au mois d’août, sous un grand ciel bleu et devant 2.500 fidèles, Mgr Gregory Ochiagha a effectué la première ordination latine traditionnelle depuis que la liturgie vernaculaire a été introduite après Vatican II. A la fin de la messe, l’évêque de 86 ans s’est presque évanoui. « Je suis si heureux, je suis si heureux », chuchotait-il alors qu’on le conduisait vers une chaise.

    Il s’agissait de l’ordination de Charles Ike, pour la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre à Umuaka au Nigeria.

    On lit aussi dans cet article une intéressante réflexion d’un paroissien d’Umuaka :

    Il évoque les parallèles entre la messe latine et les traditions de sa tribu Igbo, et considère qu’il est erroné de prétendre que la messe vernaculaire peut être plus facilement « inculturée ». « L’idée de l’inculturation n’était pas indigène », me dit-il. « Elle a été introduite. Comme toutes les modes occidentales, tout le monde l’a rapidement acceptée. »

    (Via Rorate Caeli)

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  • Et de cinq

    Le 1er décembre, la chapellenie Notre-Dame des Armées, à Versailles, sera érigée en paroisse personnelle dédiée à la forme extraordinaire du rite romain par Mgr Eric Aumonier.

    C’est l’actuel chapelain, l’abbé Renaud de la Motte, qui deviendra le premier curé.

    C’est la cinquième paroisse personnelle en France après Saint-François de Paule à Toulon, Saint-Eloi à Bordeaux, La Croix Glorieuse à Strasbourg, et les Saints Apôtres à Blois.

  • A quoi il joue ?

    François a nommé cinq nouveaux membres du Tribunal suprême de la Signature apostolique. Dont… le cardinal Raymond Burke, qui en était le préfet et qu’il avait viré en 2014…

  • Un jubilé saint Vincent Ferrier

    Saint Vincent Ferrier est arrivé à Vannes le 4 mars 1418 et il y est mort le 5 avril 1419, après avoir prêché un peu partout en Bretagne et avoir accompli d’innombrables miracles (le premier d’entre eux est qu’il prêchait dans sa langue natale, un dialecte catalan, et qu’il était compris de tous, d’Italie en Allemagne et d’Avignon aux campagnes bretonnantes).

    Mgr Centène, évêque de Vannes, a décidé que le diocèse allait célébrer un jubilé, qui commencera donc en mars 2018 et culminera le 5 avril 2019, sixième centenaire de la mort du grand évangélisateur.

    De nombreuses manifestations sont prévues, comme on peut le voir notamment sur le site internet qui a été créé pour l’événement.

    Question : osera-t-on parler honnêtement de la prédication de saint Vincent Ferrier, dont l’un des principaux thèmes était la damnation éternelle des pécheurs ?

    On peut en douter en voyant le côté lénifiant du site, et surtout cette hallucinante « observation », dans la bibliographie, sur le Traité de la vie spirituelle de saint Vincent Ferrier : « Ouvrage un peu déroutant pour un public non dominicain et actuel (langage désuet et sujet à interprétation "doloriste"), mais profondément… spirituel. »

  • Au placard !

    Le pape a chassé du Vatican et envoyé en exil Mgr Savio Hon Tai-Fan.

    En termes diplomatiques, cela donne : « Le Saint-Père a nommé Nonce Apostolique en Grèce S.E. Mgr. Savio Hon Tai-Fan, jusqu’à présent Secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples ».

    Nonce apostolique en Grèce, où il n’y a quasiment pas de catholiques, c’est évidemment tout le contraire d’une promotion. Surtout pour le numéro 2 d’un des plus importants dicastères, seul Chinois de la Curie, ancien membre de la Commission théologique internationale, traducteur en chinois du Catéchisme de l’Eglise catholique… et proche de Benoît XVI.

    Mais Hon Tai-Fai, souligne Sandro Magister, était au Vatican « le référent du cardinal Zen, archevêque émérite de Hong Kong et critique intraitable d’un accord avec Pékin qui mettrait en danger la survie de l’Eglise catholique chinoise non inféodée au régime ». Il avait participé au comité créé par Benoît XVI sur les relations avec la Chine, comité que François n’a jamais réuni alors qu’il prépare activement, dit-on, un accord sur le sujet. Mais seul, selon son très particulier principe de synodalité. Et en tout cas sans Mgr Hon Tai-Fai…

    Il se pourrait aussi que le cardinal Filoni, préfet de la congrégation, ait joué un rôle, dans la mesure où il est un défenseur du Chemin néocatéchuménal, et où l’intervention de Mgr Hon à Guam (où François l’avait envoyé) s’est soldée par la fermeture du séminaire de cette organisation. Sur ce sujet voir aussi l’article de Sandro Magister.)

  • Propos de l’aide-fossoyeur

    Propos de l’immonde Mgr Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie et grand chancelier du désormais « Institut pontifical théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille » :

    Rappelez-vous que l'institut créé par Jean-Paul II est né d'un synode [sur la famille] et d'une exhortation apostolique post-synodale, Familiaris Consortio. Maintenant, il y a eu deux autres synodes et une autre exhortation apostolique, Amoris Laetitia. En ce sens, la direction que prendra le nouvel institut est strictement liée à Amoris, qui devient sa “Magna Carta”.

    (…)

    Ce que je pense, c'est que le pape François a interprété, plus profondément que d'autres, la signification de Familiaris Consortio. Je suis plus que convaincu de cela. Je vais vous dire pourquoi : le pape François a fait avancer, a soulevé, certaines intuitions présentes dans Familiaris Consortio qui n'avaient pas vraiment été explicitées de manière très visible.

    Je peux vous donner un exemple clair, qui est le divorcé et remarié. La vraie révolution s'est produite sous Jean-Paul II, pas sous François, et elle n'a pas encore été réellement comprise. Il faut se rappeler qu'avant [Familiaris Consortio], ce n'était pas seulement que les divorcés et remariés ne pouvaient pas simplement recevoir la communion, c’est qu'ils étaient pratiquement excommuniés et expulsés. Ils étaient à l’extérieur. Après Jean-Paul, tout le monde était à l'intérieur de la maison ... Je ne peux pas simplement les envoyer sur la terrasse !

    En ce sens, je veux insister sur le fait que le meilleur interprète de Jean-Paul II est le pape François.

    Ces gens-là n’assument même pas leurs turpitudes. Il faut qu’ils salissent les autres. Il faut que l’immonde homosexualiste Paglia salisse Jean-Paul II qu’il est censé honorer. C’est évidemment un mensonge que Jean-Paul II ait changé quoi que ce soit à la doctrine ou à la pastorale des « divorcés remariés ». Bien au contraire il l’a fermement réaffirmée. Et c’est un ignoble mensonge de prétendre qu’avant Jean-Paul II les « divorcés remariés » étaient pratiquement excommuniés. Ce n’est évidemment pas vrai. Mais l’immonde Paglia ne peut pas s’empêcher de cracher sur l’Eglise.

    Et c’est une immonde imposture de faire de François le meilleur interprète de Jean-Paul II.

    De cet affreux entretien on retiendra deux choses :

    - Oui, les adultères permanents peuvent désormais communier. (Mais on le savait déjà.)

    - Le nouvel Institut se fonde uniquement sur Amoris laetitia, et le nom de Jean-Paul II qu’il continue de porter est donc une fausse étiquette, une arnaque.

  • Arvo Pärt prix Ratzinger

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    Le prix Ratzinger 2017 a été attribué à Theodor Dieter, Karl-Heinz Menke, et Arvo Pärt.

    Le premier est un théologien luthérien très impliqué dans le dialogue œcuménique. Le deuxième est un théologien catholique, grand connaisseur de la pensée de Joseph Ratzinger et membre de la Commission théologique internationale. Le troisième est le compositeur vivant le plus joué dans le monde alors que sa musique est quasiment uniquement religieuse.

    Le cardinal Ruini, premier président du comité scientifique de la Fondation Ratzinger, avait dit que ce prix serait le « Prix Nobel de la théologie ».

    On fait remarquer qu’avec Arvo Pärt, pour la première fois le prix est attribué à quelqu’un qui n’est pas un théologien. En fait c’est une erreur de perspective, ou une myopie intellectuelle. Car Arvo Pärt est bien évidemment un théologien, l’un des plus importants théologiens de notre temps. Qui s’exprime par la musique, et non par les mots. Quoiqu’il utilise aussi des mots. Ceux de la liturgie. Et il est très remarquable que ce très pieux orthodoxe, qui ne se déplace jamais sans son impressionnant confesseur (sorte de moine sorti d’une Russie mythique), a composé la grande majorité de ses œuvres sur des textes de la liturgie catholique latine…

    La photo montre Arvo Pärt avec Benoît XVI en 2011, lors du 60e anniversaire de sacerdoce du pape. A cette occasion avait été interprétée la version révisée du Vater unser (Notre Père en allemand) d’Arvo Pärt dédiée à Benoît XVI. Quelques mois plus tard Benoît XVI le nommait membre du Conseil pontifical de la culture.

    Le prix Ratzinger attribué à Arvo Pärt est aussi un hommage de la Fondation Ratzinger à l’amour du pape émérite pour la musique. En 2010, l’interprétation de Cecilia vergine romana d’Arvo Pärt lui avait inspiré un beau commentaire sur le… silence (ce qui en effet convient à cette musique).

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  • Różaniec do granic

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    Et voici encore une magnifique initiative polonaise : « Le Rosaire aux frontières ».

    Le 7 octobre prochain, jour de la fête du Rosaire, les frontières du pays seront une chaîne humaine de récitation du chapelet. Afin d’entourer la Pologne de prière.

    L’initiative vient de laïcs (ceux-là même qui avaient organisé, avec succès, la "Grande Pénitence"). Elle a été avalisée par les évêques, et les 22 évêchés des frontières sont particulièrement mobilisés. Dans chaque diocèse sont nommés des prêtres-coordinateurs et environ 200 « églises-stations » où l’on se rassemblera pour une conférence, une messe et un temps d'adoration avant de se rendre à la frontière, où est prévu un point de prière tous les kilomètres (sur plus de 3.500 km). Aux frontières maritimes on alignera des bateaux, et sur la Bug des kayaks (et sur la Dunajec des radeaux ?)…

    Il n’échappera à personne que cette initiative a lieu en pleine polémique européenne sur le non-accueil des « migrants » par la Pologne, et que le 7 octobre, comme le soulignent les organisateurs, marque la victoire de la chrétienté contre les musulmans à Lépante, « sauvant ainsi l'Europe de l'islamisation ».

    François ne va pas aimer du tout…

    Le chapelet qui entoure la Pologne est un thème qui a déjà servi notamment pour la tombe du bienheureux père Popieluszko, martyr du communisme qui a tout juste 100 ans.

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    Ci après le communiqué du secrétariat de la Conférence des évêques de Pologne, et la présentation de l'action sur le site dédié.

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  • Evêques…

    En Australie, l’évêque de Maitland-Newcastle, Mgr Bill Wright, dans un article que publie la livraison de septembre du magazine diocésain, demande à ses ouailles de se prononcer en faveur du « mariage » entre personnes de même sexe, lors de la consultation qui a commencé le 12 septembre et se terminera le 7 novembre. Non seulement le propos est violemment hétérodoxe, mais il montre que cet évêque ne sait même pas ce qu’est le « bien commun » (il est vrai que François vient encore de dire que la « miséricorde » vient avant la doctrine…) :

    « Ce qui est en jeu en ce qui concerne la loi proposée n’est pas de savoir si elle concorde avec l’enseignement de l’Eglise ou un idéal moral, mais s’il s’agit d’une bonne disposition pratique pour les personnes qui vivent dans cette société à cette époque. C’est un argument de “bien commun” qui peut être avancé, que dans notre société pluraliste il est préférable pour la paix et l’harmonie de la communauté que les couples homosexuels aient une place dans les structures reconnues plutôt qu’ils en soient exclus. »

    Le même évêque avait écrit en 2015 que la redéfinition du mariage « ne serait pas la fin du monde ». Il ajoutait qu’il « serait préférable de sauvegarder le mot mariage parce qu’il définit depuis longtemps le projet de vie partagé d’un homme et d’une femme qui s’engagent dans un partenariat de longue durée (sic), avec l’intention d’avoir des enfants ensemble et de créer un foyer et une famille, mais le temps en est probablement passé. »

    Un autre évêque australien, Mgr Vincent Long Van Nguyen de Parramata, a laissé entendre que les catholiques devaient se prononcer en faveur de cette loi :

    « La consultation par voie postale n’est pas simplement une question de dire oui ou non. » Elle « doit aussi être une opportunité d’écouter ce que l’Esprit dit à travers les signes des temps.

    Magnifique comme du François…

  • La dernière barrière

    Le cardinal Carlo Caffarra avait écrit une préface pour le livre de Gabriel Kuby La révolution sexuelle globale : la destruction de la liberté au nom de la liberté, paru en 2015. Mais son texte était arrivé trop tard. LifeSite l’a publié hier, la veille de la parution du motu proprio de François détruisant l’Institut Jean-Paul II sur la famille, dont le premier président était le cardinal Caffarra, principal auteur des dubia, mort deux jours avant la signature du motu proprio. Comme le dit un auteur de LifeSite, on peut se demander si la destruction de l’Institut n’est pas la réponse de François aux dubia…

    Voici une traduction rapide de ce texte.

    L’étude que fait Gabriel Kuby du paysage culturel est une sonnerie de clairon pour nous réveiller du sommeil de la raison qui conduit à la perte de la liberté et donc de nous-mêmes. Et Jésus nous a prévenus que cela, la perte de nous-mêmes, serait la perte la plus tragique de toutes, même si nous devions gagner le monde entier.

    A chaque page que je lisais j’ai entendu en moi les paroles du Trompeur du monde entier : « Vous serez comme Dieu, sachant le bien et le mal ».

    La personne humaine s’est élevée elle-même à une position d’autorité morale souveraine dans laquelle « moi » seul détermine ce qui est bon et ce qui est mauvais. C’est une liberté qui est littéralement folle : c’est une liberté sans logos (c’est-à-dire sans raison ou principe d’ordre).

    Mais si tel est le contexte théorique (si je peux le dire ainsi) de tout le livre, l’étude examine spécifiquement la destruction de la dernière réalité qui lui barre le chemin. Comme je l'expliquerai, le livre montre aussi que la liberté qui s'est révoltée génère progressivement les tyrannies les plus dévastatrices.

    David Hume a écrit que les faits sont têtus: ils défient obstinément toute idéologie. L'auteur soutient, je pense à juste titre, que la dernière barrière que cette folle liberté doit mettre à bas est la nature sexuelle de la personne humaine dans sa dualité d'homme et de femme et dans son institution rationnelle établie par le mariage monogame et la famille. Eh bien aujourd'hui cette raison insensée est en train de détruire la sexualité humaine naturelle, donc aussi le mariage et la famille. Ces pages, dédiées à l'examen de cette destruction, sont d’une rare profondeur de vision.

    Mais il y a un autre thème qui traverse les pages de ce livre : l’œuvre de cette liberté insensée a une stratégie précise, car elle est dirigée, guidée et gouvernée à l'échelle mondiale. Quelle est sa stratégie ? Celle du Grand Inquisiteur de Dostoïevski, qui dit au Christ : « Tu leur donnes la liberté ; je leur donne du pain. Ils vont me suivre. » La stratégie est claire : dominer l'homme en formant une alliance avec l'un de ses bas instincts. Le nouveau Grand Inquisiteur n'a pas changé de stratégie. Il dit au Christ: « Vous promettez la joie dans l'exercice sage, juste et chaste de la sexualité ; je promets le plaisir sans aucune règle. Vous verrez qu'ils me suivront. » Le nouvel inquisiteur asservit par le mirage d'un plaisir sexuel complètement privé de toute règle.

    Si, ainsi que je le crois, l'analyse de Gabriel Kuby est de celles que l’on partage, il n'y a qu'une seule conclusion. Ce que Platon prévoyait va arriver : la liberté extrême conduira à la plus grave et plus féroce tyrannie. Ce n'est pas un hasard si l'auteur a mis cette réflexion de Platon en exergue du premier chapitre : une sorte de clé pour interpréter l'ensemble du livre.

    Et les clercs ? Il n'est pas rare qu'ils semblent être les facilitateurs de cette euthanasie de la liberté. Et pourtant, comme Paul nous l’a enseigné, le Christ est mort pour nous rendre vraiment libres.

    J'espère que ce grand livre sera lu surtout par ceux qui ont des responsabilités publiques ; par ceux qui ont des responsabilités éducatives ; et par les jeunes, les premières victimes du nouveau Grand Inquisiteur.

    Carlo card. Caffarra

    Archevêque émérite de Bologne