Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Une charge contre DSK dans le Financial Times

    Si c’était dans un tabloïd populaire, ce n’aurait guère d’importance. Mais c’est dans le Financial Times, et c’est l’éditorial du Financial Times : Dominique Strauss-Kahn « est le mauvais candidat (au FMI), choisi de la mauvaise façon », et il est regrettable qu’il ait le soutien de l’Union européenne...

    « Le Fonds a besoin d’une personne intellectuellement crédible à sa tête. Personne ne peut soutenir que M. Strauss-Kahn soit le candidat le plus qualifié dans le monde de par son expérience, son intelligence ou sa formation. »

    En outre, DSK semble plus « être candidat à la présidence de la Banque mondiale » qu’à celle du FMI, à force d’affirmer que l’une de ses priorités serait de « combler l’écart entre pays riches et pays pauvres » : « le rôle du FMI est la stabilité macroéconomique ».

    Quand au mode de désignation, « les pays émergents ne comprennent plus pourquoi les Européens devraient décider qui a le pouvoir de leur dicter ce qu’ils doivent faire en cas de crise, comme si leurs vieux empires existaient toujours ».

  • Gül Président

    Le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül a été élu sans surprise président de la République turque, au troisième tour de scrutin, par 339 voix (sur 550 députés). A noter que le candidat du parti de l’action nationaliste (parti qui n’était pas représenté dans le Parlement précédent) a obtenu 70 voix.

    Pour la première fois, on verra donc une femme voilée (et militante du voile) dans le palais présidentiel, celui d’Ataturk. C’est une sorte de blasphème laïque...

    Hier, le général Yasar Buyukanit, chef d’état major de l’armée turque, a publié un texte par lequel il mettait en garde contre les Kurdes et contre ce qu’il a appelé les « foyers du mal » : « Notre nation a observé le comportement des séparatistes qui ne peuvent pas accepter la structure unitaire de la République turque et les foyers du mal qui essayent systématiquement d’éroder la structure laïque du pays. » Les forces armées, ajoutait-il, ne seront pas « dissuadées par de telles attaques », et « ne feront pas de concessions dans leur devoir de garder la République turque, un Etat laïque et social basé sur l’autorité de la loi ».

    Au printemps, l’armée avait bloqué l’élection d’Abdullah Gül, ce qui avait provoqué des élections législatives anticipées, qui ont été remportées de nouveau par l’AKP, dont l’un des principaux slogans était « Gül président ».

    Rappelons que le chef de l’AKP, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, déclarait l’autre jour, à propos de la qualification d’islam modéré donnée à son parti : « Ces descriptions sont très laides, c’est une offense et une insulte à notre religion. Il n’y a pas d’islam modéré ou immodéré. L’islam est l’islam, et c’est tout. »

  • CQFD

    Nicolas Sarkozy avait promis de renforcer la lutte contre la récidive en instaurant des peines plancher. « Mais c’est un plancher amovible dont les juges feront ce qu’ils veulent », constatait Jean-Marie Le Pen lorsqu’on a appris qu’il était stipulé dans cette loi « poudre aux yeux » que les juges pourraient ne pas appliquer la peine plancher s’ils motivaient leur jugement. Et l’on pouvait en outre être sûr que les magistrats affiliés au syndicat de la magistrature feraient en sorte que la peine plancher reste lettre morte.

    En voici un exemple. Le tribunal correctionnel de Nancy a condamné à huit mois de prison ferme un dealer récidiviste jugé en comparution immédiate, alors qu'il encourait la peine plancher de quatre ans d'emprisonnement prévue par la loi du 10 août.

    Le procureur Philippe Nativelle avait requis un an de prison ferme, et non quatre ans, « eu égard aux garanties d'insertion et à la personnalité » du prévenu, ajoutant : « Je ne requerrai pas cette peine plancher de quatre ans car les magistrats ne sont pas les instruments du pouvoir. Ce n'est pas parce qu'un texte sort qu'il doit être appliqué sans discernement. » Le texte ne sera donc pas appliqué, ont décidé les magistrats : le récidiviste n’a pas été condamné à quatre ans, ni même à un an comme le demandait le procureur, mais à huit mois. Autrement dit il est sans doute libre.

  • Villepin sur Kouchner

    Propos de Dominique de Villepin, hier soir sur TF1, à propos de la visite de Bernard Kouchner à Bagdad :

    « Aller en Irak, pourquoi pas, mais faisons-le avec clarté en posant les exigences. Tout ce qui peut être en cette période perçu comme un élément de soumission vis-à-vis de l’administration Bush est un mauvais signal et un mauvais service à rendre à l’Amérique et à la communauté internationale. »

  • 20.000 dollars

    Les nouvelles recrues de l’armée américaines reçoivent une prime de 20.000 dollars si elles s’engagent à recevoir une formation de base pour le combat d’ici fin septembre. Cela a permis à l’armée de remplir son objectif de recrutement : plus de 6.000 engagés entre le 25 juillet et le 24 août.

    La somme de 20.000 dollars représente plus d’un an de salaire d’un soldat en début de carrière.

  • La comédie des « sans-papiers »

    Comme on pouvait s’en douter, les propos virils du préfet du Nord sur la manipulation des clandestins et le terrorisme intellectuel des lobbies ont fait long feu. Il a négocié un nouvel accord, cette fois avec la Ligue des droits de l’homme et le MRAP, qui avaient rejeté l’accord précédent signé avec les associations qui s’occupent vraiment des « sans-papiers ».

    La nouvelle offre garantit (outre tout ce que contenait l’accord précédent) un réexamen « bienveillant » du dossier des « grévistes de la faim », en échange de l’engagement du clandestin à... cesser sa « grève de la faim » et à... contacter une des associations ayant signé l’un ou l’autre accord. Sic.

    Mais le CSP-59 continue de bouder, et rappelle sa revendication de régularisation générale.

    Pendant ce temps-là, les trente et quelques « grévistes de la faim » interpellés mardi dernier ont tous été libérés...

  • Missions, commissions...

    Nicolas Sarkozy confie à Lionel Stoléru (ancien secrétaire d’Etat, président du conseil de développement économique de Paris) une mission sur l’accès des petites et moyennes entreprises aux marchés publics.

    François Fillon demande à Jacques Attali de fournir des idées permettant de simplifier les formalités et procédures visant les petites entreprises, et de réfléchir à l’accès des PME au crédit, à l’épargne et aux marchés financiers. Dans le cadre de la « Mission pour la libération de la croissance française », dont fait partie l’ancien conseiller de Mitterrand en compagnie de sept personnalités étrangères...

    Tout cela ne sert évidemment à rien. Sauf sur le plan politique : il s’agit toujours de « l’ouverture ».

    Et à la marge on fait semblant de s’occuper des petites entreprises.

  • « Avortement raté »

    Une Italienne était enceinte de jumelles. L’une des deux était atteinte de trisomie 21. On décida de l’avorter. Mais c’est le fœtus sain qui a été tué, parce que, entre le diagnostic et l’avortement, les bébés avaient changé de place. Sic. Alors on a ensuite évidemment tué le fœtus malade.

    Cette affaire d’avortement sélectif raté fait grand bruit en Italie. Sous le titre « Vous n’avez pas le droit », l’Osservatore Romano écrit notamment : « C’est l’eugénisme qui impose ses lois. C’est la culture de la perfection qui impose d’exclure tout ce qui n’apparaît pas beau, splendide, positif, fascinant. Et ce qui s’ouvre, c’est le vide, le désert d’une vie dépourvue de contenu même si elle est confectionnée à la perfection. ».

    L’association des médecins catholiques souligne la « tragédie que la famille est en train de vivre », mais « ne peut se taire devant une décision, une action qui est le fruit d’une culture égoïste qui considère le fœtus malade comme un poids pour la société ». L’AMCI réaffirme ses convictions que « la vie est toujours un don » et que « le droit à avoir un enfant sain ne trouve de justification ni au plan éthique et social ni au plan juridique ».

    La sénatrice de gauche Paola Binetti considère que « le moment est venu de revoir la loi sur l’avortement », car ce qui s’est passé « n’est pas un avortement thérapeutique mais un avortement qui relève de l’eugénisme ». De même, le président du Mouvement pour la vie souligne que cette affaire montre que la loi sur l’avortement fait accepter l’idée que l’on peut « faire le tri entre les êtres humains ».

    Mais le ministre de la Santé , Livia Turco, a répondu que la loi de 1978 est « très sage » puisqu’elle permet des avortements thérapeutiques, et qu’il n’est pas question de la changer.

  • 4 mois, 3 semaines, 2 jours

    Le film de Christian Mungiu, 4 mois, 3 semaines, 2 jours, palme d’or au festival de Cannes, sort demain sur les écrans.

    Je ne l’ai pas vu et je ne suis pas sûr d’aller le voir. Cela me paraît être d’une effroyable désespérance, ce qui est en soi condamnable d’un point de vue chrétien (et humain), sauf si la désespérance est transfigurée par la beauté. Peut-être est-ce le cas. Jeanne Smits dit que le réalisateur « n’a pas volé » sa palme d’or.

    Quoi qu’il en soit le grand article de Jeanne Smits est fondamental pour comprendre de quoi il s’agit.

    On lira aussi l’interview de Chritian Mungiu dans le Journal du dimanche, et l’article d’Allociné, site sur lequel on peut voir la bande annonce et un extrait du film.

    Enfin on remarquera la réaction virulente de l’Osservatore romano, qui pourrait bien être à côté de la plaque (sauf en ceci que le film peut donc être vu ainsi par les partisans de l’avortement, et servir de justification à ce que le journal dénonce.)

  • Saint Augustin

    « O Seigneur, je suis votre serviteur ; je suis votre serviteur, et le fils de votre servante. Vous avez brisé mes liens, je vous sacrifierai un sacrifice de louanges (Ps. 115) ! » Que mon cœur, que ma langue vous louent, et que tous mes os s’écrient : « Seigneur, qui est semblable à vous ? » Qu’ils parlent, et répondez-moi ; et « dites à mon âme: Je suis ton salut (Ps. 34). »  Qui étais-je ? et quel étais-je ? Combien de mal en mes actions ; et, sinon dans mes actions, dans mes paroles ; et, sinon dans mes paroles, dans ma volonté ? Mais vous, Seigneur de bonté et de miséricorde, vous avez mesuré d’un regard la profondeur de ma mort, et vous avez retiré du fond de mon cœur un abîme de corruption. Et il ne s’agissait pourtant que de ne pas vouloir ma volonté, et de vouloir la vôtre !

    Mais où était donc, durant le cours de tant d’années, et de quels secrets et profonds replis s’est exhumé soudain mon libre arbitre, pour incliner ma tête sous votre aimable joug, et mes épaules sous votre léger fardeau, ô Christ, ô Jésus, mon soutien et mon rédempteur ? Quelles soudaines délices ne trouvai-je pas dans le renoncement aux délices des vanités ? En être quitté, avait été ma crainte, et les quitter, était ma joie. Car vous les chassiez de chez moi, ô véritable, ô souveraine douceur ! vous les chassiez, et, à leur place, vous entriez plus aimable que toute volupté, mais non au sang et à la chair ; plus éclatant que toute lumière, mais plus intérieur que tout secret ; plus élevé que toute grandeur, mais non pour ceux qui s’élèvent en eux-mêmes. Déjà mon esprit était libre du cuisant souci de parvenir aux honneurs, aux richesses, de rouler dans l’impureté, et d’irriter la lèpre de mes intempérances ; et je gazouillais déjà sous vos yeux, ô ma lumière, ô mon opulence, ô mon salut, Seigneur, mon Dieu !

    (Confessions, livre 9, trad. M. Moreau)