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Le blog d'Yves Daoudal - Page 2496

  • Benoît XVI : l’espérance passe par la pénitence

    L’agence Zenit publie une traduction de l’homélie de Benoît XVI lors de la messe au National's Stadium de Washington. En voici deux extraits, qui sont bien dans la ligne de Spe Salvi. Merci au pape de rappeler la nécessité et la grandeur du sacrement de pénitence. (Notons qu’il dit bien pénitence, et non « réconciliation ». Car il n’y a pas de réconciliation sans pénitence.)

    Dans l'exercice de mon ministère de successeur de Pierre, je suis venu en Amérique pour vous confirmer, chers frères et sœurs, dans la foi des apôtres (cf. Lc 22, 32). Je suis venu pour proclamer à nouveau, comme saint Pierre le proclama le jour de la Pentecôte, que Jésus Christ est le Seigneur et le Messie, ressuscité de la mort, assis à la droite du Père dans la gloire et constitué juge des vivants et des morts (Ac 2, 14sq). Je suis venu pour répéter l'exhortation urgente des apôtres à la conversion pour le pardon des péchés et pour implorer du Seigneur une nouvelle effusion de l'Esprit Saint sur l'Eglise dans ce pays. Comme nous l'avons entendu en ce temps pascal, l'Eglise est née à travers les dons du repentir et de la foi dans le Seigneur ressuscité, donnés par l'Esprit. A chaque époque, celle-ci est poussée par ce même Esprit à porter aux hommes et aux femmes de chaque race, langue et peuple (cf. Ap 5, 9) la bonne nouvelle de notre réconciliation avec Dieu dans le Christ. (...)

    Dans le passage de l'Evangile d'aujourd'hui, le Seigneur ressuscité fait don de l'Esprit Saint aux apôtres et leur concède l'autorité de pardonner les péchés. Par le pouvoir invincible de la grâce du Christ, confié à de fragiles ministres humains, l'Eglise renaît continuellement et l'espérance d'un nouveau départ est donnée à chacun d'entre nous. Nous sommes confiants dans le pouvoir de l'Esprit d'inspirer des conversions, de soigner toutes les blessures, de dépasser toutes les divisions et de susciter une vie et une liberté nouvelles ! Combien avons-nous besoin de tels dons ! Et ils sont tellement à portée de main, notamment dans le sacrement de la pénitence ! La force libératrice de ce sacrement, dans lequel notre confession sincère du péché rencontre la parole miséricordieuse de pardon!  et de paix de la part de Dieu, a besoin d'être redécouverte et faite sienne par tous les catholiques. Le renouveau de l'Eglise en Amérique dépend en grande partie de la pratique de la pénitence et de la croissance de la sainteté : toutes deux sont inspirées et réalisées par ce sacrement.

  • Le pape à l’ONU

    Quelques extraits importants du discours de Benoît XVI à l’ONU. Le texte intégral en français ici. (Sur le site du Vatican, pour l’heure, il est à moitié en français et à moitié en anglais, car il semble que le pape ait en effet prononcé la première moitié de son discours en fançais. Ce qui n'est pas anodin.)

    La liberté et le bien commun

    Dans le contexte des relations internationales, il faut reconnaître le rôle primordial des règles et des structures qui, par nature, sont ordonnées à la promotion du bien commun et donc à la sauvegarde de la liberté humaine. Ces régulations ne limitent pas la liberté. Au contraire, elles la promeuvent quand elles interdisent des comportements et des actions qui vont à l’encontre du bien commun, qui entravent son exercice effectif et qui compromettent donc la dignité de toute personne humaine. Au nom de la liberté, il doit y avoir une corrélation entre droits et devoirs, en fonction desquels toute personne est appelée à prendre ses responsabilités dans les choix qu’elle opère, en tenant compte des relations tissées avec les autres. Nous pensons ici à la manière dont les résultats de la recherche scientifique et des avancées technologiques ont parfois été utilisés. Tout en reconnaissant les immenses bénéfices que l’humanité peut en tirer, certaines de leurs applications représentent une violation évidente de l’ordre de la création, au point non seulement d’être en contradiction avec le caractère sacré de la vie, mais d’arriver à priver la personne humaine et la famille de leur identité naturelle. De la même manière, l’action internationale visant à préserver l’environnement et à protéger les différentes formes de vie sur la terre doit non seulement garantir un usage rationnel de la technologie et de la science, mais doit aussi redécouvrir l’authentique image de la création. Il ne s’agira jamais de devoir choisir entre science et éthique, mais bien plutôt d’adopter une méthode scientifique qui soit véritablement respectueuse des impératifs éthiques.

    Le droit international est lié à la reconnaissance de la personne comme image du Créateur

    Le principe de la « responsabilité de protéger » était considéré par l’antique ius gentium comme le fondement de toute action entreprise par l’autorité envers ceux qui sont gouvernés par elle : à l’époque où le concept d’État national souverain commençait à se développer, le religieux dominicain Francisco De Vitoria, considéré à juste titre comme un précurseur de l’idée des Nations unies, décrivait cette responsabilité comme un aspect de la raison naturelle partagé par toutes les nations, et le fruit d’un droit international dont la tâche était de réguler les relations entre les peuples. Aujourd’hui comme alors, un tel principe doit faire apparaître l’idée de personne comme image du Créateur, ainsi que le désir d’absolu et l’essence de la liberté. Le fondement des Nations unies, nous le savons bien, a coïncidé avec les profonds bouleversements dont a souffert l’humanité lorsque la référence au sens de la transcendance et à la raison naturelle a été abandonnée et que par conséquent la liberté et la dignité humaine furent massivement violées. Dans de telles circonstances, cela menace les fondements objectifs des valeurs qui inspirent et régulent l’ordre international et cela mine les principes intangibles et coercitifs formulés et consolidés par les Nations unies. Face à des défis nouveaux répétés, c’est une erreur de se retrancher derrière une approche pragmatique, limitée à mettre en place des « bases communes », dont le contenu est minimal et dont l’efficacité est faible.

    Ce que veut dire « universel »

    Les droits reconnus et exposés dans la Déclaration s’appliquent à tout homme, cela en vertu de l’origine commune des personnes, qui demeure le point central du dessein créateur de Dieu pour le monde et pour l’histoire. Ces droits trouvent leur fondement dans la loi naturelle inscrite au cœur de l’homme et présente dans les diverses cultures et civilisations. Détacher les droits humains de ce contexte signifierait restreindre leur portée et céder à une conception relativiste, pour laquelle le sens et l’interprétation des droits pourraient varier et leur universalité pourrait être niée au nom des différentes conceptions culturelles, politiques, sociales et même religieuses. La grande variété des points de vue ne peut pas être un motif pour oublier que ce ne sont pas les droits seulement qui sont universels, mais également la personne humaine, sujet de ces droits.

    La liberté religieuse

    Il n’est pas imaginable que des croyants doivent se priver d’une partie d’eux-mêmes – de leur foi – afin d’être des citoyens actifs. Il ne devrait jamais être nécessaire de nier Dieu pour jouir de ses droits. Il est d’autant plus nécessaire de protéger les droits liés à la religion s’ils sont considérés comme opposés à une idéologie séculière dominante ou à des positions religieuses majoritaires, de nature exclusive. La pleine garantie de la liberté religieuse ne peut pas être limitée au libre exercice du culte, mais doit prendre en considération la dimension publique de la religion et donc la possibilité pour les croyants de participer à la construction de l’ordre social.

    Le fondement transcendant des droits de la personne humaine

    Ces droits trouvent leur fondement et leur forme dans la nature transcendante de la personne, qui permet aux hommes et aux femmes d’avancer sur le chemin de la foi et de la recherche de Dieu dans ce monde. Il faut renforcer la reconnaissance de cette dimension si nous voulons soutenir l’espérance de l’humanité en un monde meilleur et si nous voulons créer les conditions pour la paix, le développement, la coopération et la garantie des droits pour les générations à venir. Dans ma récente encyclique Spe salvi, je rappelais que « la recherche pénible et toujours nouvelle d’ordonnancements droits pour les choses humaines est le devoir de chaque génération » (n. 25). Pour les chrétiens, cette tâche trouve sa justification dans l’espérance qui jaillit de l’œuvre salvifique de Jésus Christ.

  • Les horreurs d’Aliza Shvarts

    L’affaire est un affreux feuilleton. Voir les addenda à ma note d’hier.

  • De la vierge Marie

    De la vierge Marie, chrétiens, faites retentir les louanges.

    O bienheureuse Dame, par votre intercession, réconciliez les pécheurs à Dieu.

    Afin qu'ils puissent recevoir la victime pascale, daignez les délivrer du vieux levain.

    O Marie, vierge clémente et miséricordieuse,

    Faites-nous jouir de la vue du Christ vivant, et contempler la gloire de sa résurrection.

    Par vos tendres prières, faites notre paix avec lui.

    Vous seule êtes mère et vierge, la Mère du Verbe de Dieu.

    La foi nous enseigne que celui qui de vous naquit Dieu et homme, est ressuscité glorieux du tombeau.

    Oui, nous savons que le Christ est vraiment ressuscité des morts; ô vous qui êtes sa Mère, soyez notre salut et notre défense. Amen.

    (Séquence mariale, du missel de Cluny de 1523, imitée de Victimæ paschali laudes. Dans l’Année liturgique de Dom Guéranger.)

  • Le Père Atallah en France

    Le Père Naoum Atallah sera en France et donnera des conférences du 22 mai (au Centre Charlier) au 29 mai (à Bordeaux) en passant par Orange, Le Barroux, Nice et Saint-Lieux, à l’invitation de Chrétienté-Solidarité France-Liban.

    Ce sont des « soirées d’Amitié Française et de charité pour aider au maintien des chrétiens du Liban sur leur terre », et pour apporter particulièrement une aide aux enfants les plus démunis.

    Le père Atallah est un personnage haut en couleurs, passionnant, et qui respire la sainteté. Il vaut la peine d’être entendu, d’être approché, et d’être aidé dans ses missions.

    Toutes précisions sur le blog de Bernard Antony.

  • La vérité

    Pour suivre le voyage du pape aux Etats-Unis avant d’avoir les textes de ses discours, on se reportera, comme hier, à e-deo.

    Ce qui me frappe est son insistance sur la vérité, et sa façon d’amener son auditoire à prendre au sérieux le fait que la vérité est le Christ.

    Son discours aux représentants des autres religions était remarquable de ce point de vue. Benoît XVI commence par se féliciter de la tradition américaine d’entente et de liberté entre les fidèles des diverses religions, ainsi que des programmes de dialogue interreligieux et interculturel, puis il lâche que « le but plus large du dialogue est de découvrir la vérité » sur l’origine et la fin de l’humanité, le bien et le mal. Puis il dit que sur ce « forum du dialogue interreligieux » le christianisme apporte Jésus, « le Logos éternel qui est devenu chair pour réconcilier l’homme avec Dieu et révéler la raison profonde de toutes choses ». Et il ajoute que si nous voulons la paix, « nous devons aussi écouter attentivement la voix de la vérité ». « Notre dialogue ne doit pas s’arrêter à l’identification d’un ensemble commun de valeurs, mais doit continuer jusqu’à trouver leur fondement ultime. Nous n’avons pas de raison d’avoir peur, car la vérité dévoile pour nous la relation essentielle entre le monde et Dieu. Nous sommes capables de percevoir que la paix est un “don céleste“ qui nous presse à conformer l’histoire humaine à l’ordre divin. C’est-là que réside la “vérité de la paix“. »

    Dans son discours aux éducateurs catholiques, il proclame d’emblée que « d’abord et avant tout une institution éducative catholique est un lieu où rencontrer le Dieu vivant qui révèle en Jésus-Christ son amour et sa vérité transformante ».

    Cette « dynamique entre rencontre personnelle, savoir et témoignage chrétien fait partie de la diaconie de la vérité que l’Église exerce au sein de l’humanité ». « La révélation de Dieu offre à toute génération l’occasion de découvrir la vérité définitive sur sa propre vie et le but de l’histoire. » Et la vérité doit « imprégner chaque dimension de ces institutions », pour que l’Évangile guide l’étudiant comme l’enseignant « vers la vérité objective qui, en transcendant le particulier et le subjectif, pointe vers l’universel et l’absolu qui nous permet de proclamer avec confiance l’espérance qui ne déçoit pas ».

    Et bien entendu le pape revient ensuite sur l’articulation entre liberté et vérité :

    « La liberté n’est pas un désengagement [opting out]. C’est un engagement choisi [opting in] - une participation à l’Être lui-même. Ainsi la liberté authentique ne peut jamais être atteinte en se détournant de Dieu. Un tel choix manquerait finalement la vérité même dont nous avons besoin pour nous comprendre nous-mêmes. »

    Ce qui débouche sur la symphonie foi et raison, vérité et liberté :

    « C’est seulement dans la foi que la vérité devient incarnée et que la raison devient vraiment humaine, capable de diriger la volonté suivant la voie de la liberté. »

    « La vérité signifie plus que la connaissance : connaître la vérité nous mène à découvrir le bien. La vérité parle à l’individu dans son entièreté, l’invitant à répondre avec son être total. Cette vision optimiste se trouve dans notre foi chrétienne parce que cette foi s’est vue accordée la vision du Logos, la raison créatrice de Dieu, qui en l’Incarnation s’est révélée comme la Bonté elle-même. »

    Admirable.

    NB. Je vois que tous les textes des discours prononcés jusqu'à maintenant sont aujourd'hui sur le site du Vatican, en anglais, italien et espagnol. Espérons qu'ils soient aussi traduits en français, même si nous ne le méritons pas...

  • Toujours plus loin dans l'horreur

    Une étudiante en art de l’université Yale, Aliza Shvarts, a conçu une « installation », comme on dit maintenant, composée d’un cube pendu au plafond où, sur quatre côtés, défile une bande vidéo, avec au centre une peinture réalisée avec... le sang de ses avortements. La vidéo donne en boucle des images des dits avortements. Elle a également mélangé du sang (de même provenance) avec de la vaseline, et a placé cette substance entre deux feuilles de plastique qui enveloppent le cube.

    Aliza Shvartz raconte qu’elle s’est fait inséminer « aussi souvent que possible » de façon à devenir enceinte et a utilisé des « herbes » pour avorter et obtenir la matière de son œuvre.

    Totalement insensible à l’horreur de ses actes, elle précise que les donneurs de sperme ont subi des tests pour les maladies sexuellement transmissibles...

    (Lifenews, via François Desouche)

     

    1817883664.jpgAddendum. C'était ce qu'elle racontait. L'université Yale fait savoir que Aliza Shvarts n'a pas avorté pour créer son "œuvre", et que c'est toute l'histoire qu'elle a raconté qui était un "projet artistique".  Ce qui va dans le sens du combat pro-avortement de cette université, où depuis 2006 les étudiants en médecine doivent avoir une formation d'avorteur (et en 2007 a eu lieu une semaine entière de propagande pour l'avortement, avec diverses manifestations (dont un cours d'avortement pratique) et notamment un prêche enflammé d'Aliza Shvarts (photo).

    Bref, Aliza Shvarts n'a pas commis les atrocités qu'elle racontait, mais tout son "projet" n'en est pas moins une horreur. On retiendra que les responsables de l'université soutiennent sa démarche. Quant à elle, elle déclare : "Je crois que je crée un projet qui tient les promesses de ce que doit être l'art."

    (Merci à Jeanne Smits. Mais le mot anglais "hoax" se traduit en français par canular, mystification, farce, blague. Ce n'est pas le cas, hélas, car en tout état de cause il s'agit au moins d'une ignoble perversion de l'art.)

    751284166.jpgAddendum 2. J'avais constaté que ce n'était pas Aliza Shvarts qui démentait avoir avorté pour réaliser une œuvre d'art, mais un porte-parole de Yale. Aliza Shvarts a démenti ce démenti, et a répété qu'elle s'était réellement fait inséminer pour avorter. Le porte-parole de Yale a alors déclaré que ce démenti de l'"artiste" faisait également partie de l'œuvre, et que cela avait été également prévu dès le départ. Mais Aliza Shvarts a montré (photo) à des journalistes du Yale Dailynews la vidéo qui doit défiler sur le cube, où l'on voit une femme saigner dans une coupe. Du moins selon ce que disent ceux-ci...

    (Merci à Polydamas.) 

  • Un crachat slovène sur les chrétiens d’Irak

    La présidence slovène de l’Union européenne a rejeté la proposition allemande d’accorder un traitement préférentiel aux demandes d’asile de chrétiens d’Irak.

    « Je pense que le droit d’asile doit être accordé sans considération de religion ou de race », a déclaré le ministre slovène de l’Intérieur, Dragustin Mate.

    La Slovénie est un pays catholique. Mais quand on accède à la présidence de l’Union européenne, on adopte l’idéologie européiste et on l’applique sans faiblir. Pauvre Slovénie, que j’aime tant...

  • Ports : nouvelle grève suicidaire

    L’activité de plusieurs grands ports de commerce a de nouveau été ralentie ou paralysée hier par une grève contre la réforme des ports autonomes.

    L’activité portuaire est en fait affectée par le mouvement depuis lundi au Havre, à Rouen et à Marseille.

    Aujourd’hui, les grutiers du Havre et de Rouen sont en grève, et la CGT a lancé une grève reconductible à Marseille.

    Ces grèves « pèsent lourd sur l’activité et se répercutent sur l’activité du pays », constatent les organisations patronales.

    La CGT refuse le « plan de relance » des ports annoncé le 14 janvier par Nicolas Sarkozy, et qui doit être adopté au prochain conseil des ministres.

    (Sur le fond de l’affaire, voir ma note du 20 mars.)

  • Pauvre Muselier

    Renaud Muselier avait fait le sacrifice de ne pas devenir secrétaire d’Etat, il avait même fait le sacrifice de ne plus être premier adjoint du maire de Marseille. Pourquoi ? Parce qu’il était assuré d’avoir le poste de président de la communauté urbaine de Marseille.

    Or voilà que c’est le socialiste Eugène Caselli qui a été élu. Parce que des conseillers municipaux UMP, pour diverses raisons, n’ont pas voté pour Muselier...

    « Aujourd’hui, certains ont trahi, certains ont menti à leurs électeurs, certains se sont engagés dans un déni de démocratie », a tonné Muselier.

    Pourtant personne ne peut imaginer que des élus UMP mentent à leurs électeurs ou s’engagent dans des dénis de démocratie. Ça se saurait...