Les thèmes du Front national sont un vivier inépuisable pour les candidats en quête d’inspiration. Voici que Bayrou, et désormais Marie-Ségolène, nous annoncent qu’ils créeront la VIe République s’ils sont élus. Il y a au moins dix ans que Le Pen a lancé cette idée. Aujourd’hui, il préfère dire concrètement ce qu’il veut faire plutôt qu’évoquer une réforme institutionnelle. On constate que ni Bayrou ni Marie-Ségolène ne mettent un véritable contenu dans leur VIe République. C’est un simple slogan de campagne, une étiquette de plus, et de la part de la candidate socialiste c’est pour faire plaisir aux amis d’Arnaud Montebourg.
Le blog d'Yves Daoudal - Page 2743
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VIe République
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L’imposture Bayrou (12)
En visite au Salon de l’étudiant, François Bayrou a souhaité « un grand ministère des attentes de la société française ». Sic. Au sein de ce ministère, a-t-il précisé, on « pourrait avoir un département pour la jeunesse et les sports, un département pour les personnes âgées, un pour les associations, un pour internet »... Car il faut « un ministère qui assume cette prospective dont on a besoin, cette réflexion à long terme ». En réponse à une question, il a estimé que la question de l’immigration aussi pourrait être rattachée à ce ministère.
Et tout le reste, bien entendu, puisque dans tous les domaines on a besoin de prospective et de réflexion à long terme.
Le problème est que le gouvernement s’appelle l’exécutif, il est là pour gouverner, pour exécuter des lois, et non pour faire de la « prospective ». On a certes besoin de réfléchir à long terme, mais ce n’est pas le rôle du gouvernement en tant que tel. Bayrou confond tout sur le plan institutionnel, comme il confond tout dans son ministère des « attentes ».
Et en attendant qu’on ait défini les attentes, on fait quoi ?
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Sarkozy pour quoi faire ?
Dans son discours de La Trinité-sur -Mer, Jean-Marie Le Pen a posé, à propos du ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale proposé par Sarkozy, les questions qui résument tout :
« Que veut-il en faire exactement ? Est-ce pour donner le droit de vote aux immigrés, comme il l’a proposé en octobre 2005 ? Est-ce pour promouvoir une immigration choisie, qui signifie encore plus d’immigrés, comme il l’a proposé en décembre 2005 ? Est-ce pour régulariser les clandestins, comme il l’a fait durant l’été 2006 ? Est-ce pour créer un droit au logement opposable, qui profitera essentiellement aux immigrés, comme il l’a proposé à la fin de l’année dernière ? Ou est-ce encore pour mettre en œuvre la préférence étrangère rebaptisée discrimination positive, qu’il ne cesse d’appeler de ses vœux ? Est-ce enfin pour favoriser la construction de mosquées et la formation d’imams, comme il le souhaite depuis qu’il a mis en place le Conseil français du culte musulman ? »
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Saint Joseph
Rappelez-vous maintenant le patriarche de ce nom qui fut vendu en Egypte ; non seulement il portait le même nom, mais encore il eut sa chasteté, son innocence et sa grâce. En effet, le Joseph qui fut vendu par ses frères qui le haïssaient et conduit en Egypte, était la figure du Christ qui, lui aussi, devait être vendu ; notre Joseph, de son côté, pour fuir la haine d'Hérode, porta le Christ en Egypte, Le premier, pour demeurer fidèle à son maître, ne voulut point partager le lit de sa maîtresse ; le second, reconnaissant sa maîtresse dans la mère de son Seigneur, la vierge Marie, observa lui-même fidèlement les lois de la continence. A l'un fut donnée l'intelligence des songes, à l'autre il fut accordé d'être le confident des desseins du ciel et d'y coopérer pour sa part. L'un a mis le blé en réserve non pour lui, mais pour son peuple ; l'autre reçut la garde du pain du ciel tant pour lui que pour son peuple. On ne peut douter que ce Joseph, à qui fut fiancée la mère du Sauveur, n'ait été un homme bon et fidèle, ou plutôt le serviteur même fidèle et prudent que le Seigneur a placé près de Marie pour être le consolateur de sa mère, le père nourricier de son corps charnel et le fidèle coopérateur de sa grande œuvre sur la terre.
(saint Bernard, deuxième sermon sur Missus est.)
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Lætare
Avant la révolution liturgique, le quatrième dimanche de carême était connu des fidèles sous le nom de « dimanche de Lætare » : « Réjouis-toi ! »
C’est le premier mot de l’introït : « Réjouis-toi, Jérusalem, rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez ; soyez dans la joie et dans l’allégresse, vous qui étiez dans la tristesse, afin d’exulter, et d’être rassasiés de l’abondance de ses consolations (Isaïe, 66). Je me suis réjouis de ce que l’on m’a dit : nous allons à la maison du Seigneur (Psaume 121). »
Et dans l’épître, saint Paul cite la Genèse : « Réjouis-toi, stérile, toi qui n’enfantes pas, éclate en cris de joie, toi qui n’accouches pas, car ils sont plus nombreux, les enfants de la délaissée que ceux de la femme qui a un mari. »
C’est la joie de la mi-carême, qui fait entrevoir à ceux qui observent la pénitence le but de leurs efforts : la rédemption, la libération, la joie pascale qui approche. Quand le Seigneur multipliera les pains pour nourrir les affamés, ainsi que le souligne l’évangile.
Précision après coup
Lors de l’Angélus, le pape Benoît XVI a commencé ainsi sa brève allocution : « Je viens de rentrer de l’Institut pénal pour Mineurs de Casal del Marmo, à Rome, où je me suis rendu en visite en ce quatrième dimanche de Carême, appelé en latin Dimanche Lætare, c’est-à-dire « Réjouis-toi », premier mot de l’antienne d’ouverture de la liturgie de la messe. »
Ainsi la nouvelle liturgie a quand même gardé « Lætare » (dont acte, j’aurais dû vérifier), et surtout le pape a rappelé cette appellation traditionnelle.
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Dupont-Aignan
Ce n’est pas une surprise que Nicolas Dupont-Aignan ne soit pas candidat à la présidentielle. Selon mes informations, il a certes recherché des promesses de parrainage, mais il n’a rien fait ensuite pour les concrétiser. Et l’on sait, tant chez Le Pen que chez Bové et quelques autres, qu’il faut organiser une longue et lourde et pénible chasse aux signatures pour tenter de les avoir réellement.
Précision. Quelque temps après l’annonce qu’il quittait l’UMP (le jour du show Sarkozy à la Porte de Versailles), nous remarquions à la suite de Vox Galliae que Dupont-Aignan était toujours UMP dans tous les organigrammes. Ce n’est plus le cas. Sur le site de l’Assemblée nationale, il n’est plus député UMP, et sur le site du parti, il n’est plus le candidat investi dans la 8e circonscription de l’Essonne (encore que la place soit vacante…).
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L’Académie des Beaux-Arts se roule dans la fange
Dans l’affaire de l’ignoble exposition pédo-pornographique « Présumés innocents » de Bordeaux (déjà évoquée ici et là), l’Académie des Beaux-Arts se déclare « choquée ». Elle est choquée… par la mise en examen de l’organisateur et des commissaires de l’exposition, elle leur « apporte son soutien et se tient à leur côté pour défendre la liberté d’expression des artistes ».
Le texte de soutien à Henry-Claude Cousseau (qui est aujourd’hui directeur de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris…) et aux deux commissaires a été voté à l’unanimité.
Selon les académiciens, « la représentation du corps humain a été de tout temps l’un des modes d’expression essentiels des artistes plasticiens, puis des photographes et des cinéastes, et il serait dangereux que cette liberté soit entravée par une censure disproportionnée et arbitraire. »
Rappelons qu’il est reproché aux organisateurs d’avoir « diffusé des images de mineurs attentatoires à la dignité humaine et revêtant un caractère pornographique et violent mais aussi d’avoir permis leur vision par des enfants et adolescents, l’exposition étant ouverte à tous publics ». car il y avait par exemple des dessins mêlant des enfants et des animaux à sexe humain, des peluches en train de copuler, ou cette vidéo passant en boucle et montrant une femme en train de se masturber (l’« artiste » elle-même), dans une installation en forme de maison d’enfant. Et les enfants étaient particulièrement invités à parcourir cette exposition, des « installations » leur étant spécialement dédiées. C’était tellement répugnant que le maire de Bordeaux, Alain Juppé, contrevenant au dogme qui veut que tout élu doive s’extasier devant les immondices de « l’art contemporain », avait refusé d’assister au vernissage, et avait interdit à ses adjoints d’être présents.
Il faudra se rappeler que l’Académie, dite par antiphrase « des Beaux-Arts », aura été unanime pour défendre les auteurs d’une ignominie destinée à salir et choquer les enfants de la pire manière.
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Simone Veil voterait-elle Le Pen ?
Selon Le Parisien d’aujourd’hui, Simone Veil, invitée du grand rabbin Sitruk qui était élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur dans les salons de l'Elysée, a qualifié François Bayrou d’« imposture ». Car son projet d’union de personnalités de droite et de gauche « ne repose sur aucune base ». Elle a relevé que « tout ce qu'il a été capable de faire lorsqu'il était ministre de l'Education nationale, c'est de mettre un million de personnes dans la rue », et elle a poursuivi, pour justifier son ralliement à Sarkozy : « Il faut choisir et j'ai choisi. Je ne suis pas socialiste et Bayrou c'est pire. » Et enfin : « Bayrou, c'est le pire de tous. »
Si ce propos est véridique, il est quasiment historique : car si Bayrou est le pire de tous, c’est donc que le pire n’est pas Le Pen… Et si Simone Veil est cohérente avec elle-même, cela veut dire qu’en cas de deuxième tour entre Bayrou et Le Pen elle voterait Le Pen pour empêcher le pire…
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Un élu socialiste contre l’abomination homo
« Dans la Bible, Dieu dit que c'est une abomination. Je préférerais démissionner du poste de maire plutôt que de célébrer un mariage homosexuel. (…) J'ai le droit de dire que je suis un chrétien et j'obéis aux valeurs auxquelles je crois et que je défends. »
Ce propos, rapporté hier par e-deo, est de Raymond Occolier. Qui est-ce ? C’est le délégué national du PS à l'éducation et à la mémoire. Il est conseiller régional de Martinique et maire du Vauclin. Il est aussi candidat du PS aux prochaines élections législatives dans la quatrième circonscription de la Martinique, selon ce qu’a annoncé le 14 mars Marlène Lanoix, première secrétaire fédérale du Parti socialiste en Martinique. Marlène Lanoix qui avait qualifié le Pacs de « dérive de société décadente », ce qui lui avait valu de comparaître devant la commission nationale des conflits...
Raymond Occolier a également promis qu’il organiserait un référendum local si le mariage homosexuel était légalisé (ce qui est une promesse de sa candidate Marie-Ségolène…).
Des groupuscules homos se plaignent auprès de François Hollande des propos homophobes et de l’atteinte à la laïcité dont s’est rendu coupable l’élu socialiste. L’affaire n’en restera sans doute pas là.
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Marie-Ségolène et le massacre des cantines
Avant le référendum sur la Constitution européenne, les partisans du oui se succédaient à la télévision pour expliquer aux Français que si le non l’emportait, ce serait l’apocalypse. Généralement ils ne nous donnaient guère de détails sur les horreurs auxquelles on devait s’attendre. Marie-Ségolène, quant à elle, le 16 mai sur France 2, avait évoqué une conséquence aussi précise et fâcheuse qu’inéluctable : si la Constitution était rejetée, elle serait obligée de privatiser les cantines scolaires de Poitou-Charentes…
Il faut entendre ses explications surréalistes, et il est amusant de voir aussi Mélenchon, qui était là, et sur lequel la caméra s’attarde : car au fur et à mesure que parle Marie-Ségolène, l’étonnement visible sur son visage se mue en sourire effaré : « Mais qu’est-ce qu’elle est en train de raconter comme conneries… »
(Merci au Salon Beige.)