L’Indonésie est le plus grand pays musulman du monde, mais les catholiques ne baissent pas les bras, malgré la montée de l’islamisme dans ce pays dont on louait naguère l’islam tolérant. Et même l’Eglise se développe. A Alam Sutera (district de Serpong, province de Banten, Java) va être inaugurée le 15 janvier prochain l’église Saint-Laurent, qui est celle d’une nouvelle paroisse. Plus de 10.000 personnes se sont déjà inscrites comme membres de la paroisse. La paroisse la plus proche est celle de Sainte-Monique, à 6 km ; elle a été créée il y a 15 ans, et compte 22.860 membres enregistrés. Entre temps, deux autres paroisses ont vu le jour dans le sous-district voisin de Karawaci.
Le blog d'Yves Daoudal - Page 1802
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Catholiques d’Indonésie
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De la Sainte Vierge le samedi
Puisque Pie XII a cru bon de supprimer l’octave de l’Epiphanie…
Faisons retentir ce Salut, parole heureuse et douce, Salut par lequel devient le sanctuaire du Christ la Vierge qui est à la fois sa mère et sa fille.
A peine entend-elle ce Salut, qu'elle conçoit son divin Fils, la Vierge issue de David, le lis entre les épines.
Salut ! Mère du vrai Salomon, toison de Gédéon, vous dont les Mages honorent l'enfantement par une triple offrande.
Salut ! vous qui avez enfanté le soleil. Salut ! vous qui, en donnant votre fruit, avez rendu à l'homme tombé la vie et la puissance.
Salut ! Epouse du Verbe souverain, port du navigateur, buisson mystérieux, nuage de parfums, Reine des Anges.
Nous vous en supplions, amendez-nous et nous recommandez à votre Fils, qui daigne nous donner l'éternelle joie ! Amen.
(Séquence du moyen âge, citée par Dom Guéranger)
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Il n’y a pas eu de printemps arabe pour les chrétiens (ni pour les laïques)
Mgr Béchara Raï, patriarche des Maronites :
Le « nettoyage ethnique » des chrétiens d'Orient n'est pas un objectif en soi, mais il est une conséquence de la déstabilisation de la région.
Les chrétiens, en tant que minoritaires, sont des boucs émissaires faciles dans certains pays où nous passons d'un régime dur à un régime plus dur encore.
Dans ce cas, on ne peut pas parler de « printemps arabe », mais « d'hiver arabe ».
Tant que les sociétés arabes sont attachées à un système politique inspiré par l'islam et qui ne sépare pas religion et Etat, elles ne sont pas prêtes pour la démocratie. Car la théocratie exclut la démocratie.
Nous voulons éviter que la Syrie se transforme en un nouvel Irak qui reste pour nous un exemple très éloquent de ce qu'il ne faut pas faire.
L'Europe va faire face à un gros problème avec ses minorités musulmanes dont certains membres ne veulent pas séparer Etat et religion. Pour eux, l'islam vient en premier. Et ils font plus d'enfants que les chrétiens.
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Le cœur inquiet
Extrait de l'homélie de Benoît XVI en la fête de l'Epiphanie:
Le cœur inquiet, dont nous avons parlé en nous reportant à saint Augustin*, est le cœur qui, en fin de compte, ne se contente de rien de moins que de Dieu et, précisément ainsi, devient un cœur qui aime. Notre cœur est inquiet par rapport à Dieu et il le reste, même si aujourd’hui on s’efforce, avec des « narcotiques » très efficaces, de libérer l’homme de cette inquiétude. Toutefois, ce n’est pas seulement nous, les êtres humains, qui sommes inquiets par rapport à Dieu. Le cœur de Dieu est inquiet pour l’homme. Dieu nous attend. Il nous cherche. Il n’est pas tranquille lui non plus tant qu’il ne nous a pas trouvés. Le cœur de Dieu est inquiet, et c’est pour cela qu’il s’est mis en chemin vers nous – vers Bethléem, vers le Calvaire, de Jérusalem à la Galilée et jusqu’aux confins du monde. Dieu est inquiet à notre égard, il est à la recherche de personnes qui se laissent gagner par son inquiétude, par sa passion pour nous. De personnes qui portent en elles la recherche qui est dans leur cœur et, en même temps, qui se laissent toucher dans leur cœur par la recherche de Dieu à notre égard. Chers amis, c’est la tâche des Apôtres d’accueillir l’inquiétude de Dieu à l’égard de l’homme et de porter Dieu lui-même aux hommes. Et c’est votre tâche sur les pas des Apôtres de vous laisser toucher par l’inquiétude de Dieu afin que le désir de Dieu à l’égard de l’homme puisse être satisfait.
* "Tu nous as faits pour Toi, Seigneur,et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Toi." Fin du premier paragraphe des Confessions.
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Epiphanie
Mosaïque du jésuite slovène Marko Rupnik (dans la chapelle de l’université du Sacré-Cœur, Fairfax, Connecticut).
Chaque année, il se trouve des prêtres pour nous avertir doctement que les « rois mages », qui ne sont bien entendu qu’un mythe, n’étaient pas des rois, mais seulement des « mages », c’est-à-dire en l’occurrence des astronomes (puisqu’ils ont vu une étoile) : l’évangile de saint Matthieu parle bien de mages, et non de rois mages, et en outre il n’en donne pas le nombre.
Il faut avoir singulièrement perdu le sens de la liturgie, de la tradition et de l’Ecriture sainte pour débiter de telles âneries.
Toute la liturgie de l’Epiphanie est tissée de citations du psaume 71, l’un des grands psaumes messianiques, et du chapitre 60 d’Isaïe, qui lui est très proche. Ainsi ces textes prophétiques nous disent-ils que des rois, les rois d’Ethiopie, de Tharsis et des îles, d’Arabie et de Saba, les puissances des nations, viendront pour adorer le Messie, et lui apporteront des présents, de l’or et de l’encens, « dans une inondation de chameaux », comme dit la Vulgate de façon savoureuse. Car celui qui doit venir pour libérer les pauvres, celui qui est la gloire même du Seigneur, et dont le règne sera éternel, est né comme une rosée sur la terre, pour y faire germer la justice.
Oui, les prophètes parlaient de rois, parce qu’ils annonçaient la venue d’un roi, le fils de David, qui règnerait pour toujours. Les mages eux-mêmes demandent à Hérode où est le roi qui vient de naître. Jésus s’inscrira ouvertement dans les prophéties. Si bien que ses apôtres lui demanderont encore au dernier moment, juste avant l’Ascension : « Est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? » Oui, il est le roi qui devait venir : il le proclamera devant Pilate, mais en précisant que sa royauté n’est pas de ce monde. Il proclame sa royauté entre les deux phases de l’acte sacerdotal suprême, celui du Sacrifice : entre la Cène et la Croix. Car ce roi est le souverain prêtre.
La fête de l’Epiphanie est du reste la vraie fête du Christ Roi. Du Roi Prêtre. Du… Roi Mage. La liturgie insiste sur ce point. On peut remarquer, par exemple, que l’antienne d’introït n’est pas, comme on s’y attendrait, un verset du psaume 71, mais un texte qui concentre encore davantage l’idée royale : « Voici que vient le Seigneur dominateur, et le règne est dans sa main, et le puissance, et l’empire. » Avec le jeu de mots sur « dominator Dominus », le mot regnum qui dit aussi bien le royaume que le règne, le mot potestas qui désigne à la fois le pouvoir et la puissance, le mot imperium qui indique le pouvoir impérial, l’autorité suprême et universelle. (Ce texte ne figure pas tel quel dans la Sainte Ecriture. C’est une composition ecclésiastique, inspirée par une formule de la fin du premier livre des Chroniques.)
Dans l’Orient antique, le roi est souvent aussi le chef suprême de la religion. Cela se verra même à Rome, quand l’empereur se fera décerner le titre de Pontifex maximus, et bien entendu dans les empires musulmans, mais aussi dans les royaumes protestants, encore de nos jours en Angleterre.
L’évangéliste parle de mages (1) pour insister sur le côté religieux, et non politique, de la venue du Seigneur. Mais ces mages sont bel et bien aussi des rois, car ils offrent au Nouveau Né de l’or, de l’encens et de la myrrhe. L’or est ce que les rois offrent aux rois, l’encens est ce que les prêtres offrent aux prêtres, la myrrhe est ce que les humains offrent aux humains pour leur sépulture. Le Dieu qui naît à Bethléem est à la fois roi et prêtre éternel, et homme mortel.
Un roi et prêtre était venu rendre hommage à Abraham : « Melchisédech, roi de Salem, offrant le pain et le vin car il était prêtre du Dieu Très-Haut ».
L’épître aux Hébreux souligne que ce Melchisédech est, chose insolite parmi les personnages bibliques, sans généalogie, sans père, sans mère, sans commencement ni fin indiquée de sa vie. De ce fait il est une préfiguration du Christ, dont le psaume dit bien qu’il est « prêtre à jamais selon l’ordre de Melchisédech ».
D’une certaine façon, les mages sont Melchisédech en trois personnes. Ils « viennent d’Orient », de l’Orient divin, ils viennent de la part de la Sainte Trinité pour authentifier la naissance sur terre du véritable Melchisédech, roi de la paix et de la justice, l’un de la Sainte Trinité, devenu homme sans cesser d’être Dieu. Et ils se prosternent devant le Roi des cieux venu sur terre sauver les hommes.
(1) Le mot mage est un mot persan, passé tel quel en grec, puis en latin, puis en français (etc.). Dans son sens premier et technique, il désigne un prêtre spécialisé dans l’interprétation des songes.
PS - Pour prendre en compte la juste objection faite par Philibert dans les commentaires, il convient de préciser qu'en ce qui concerne Melchisédech et les Mages il s'agit en quelque sorte d'une analogie inversée, venant du fait que dans l'histoire d'Abraham Melchisédech est la figure du Christ, alors que dans l'évangile c'est le Christ qui est face aux Mages. (Il y a aussi une analogie entre les 3 Mages et les 3 "hommes" qui viennent rencontrer Abraham, qui lui annoncent la naissance miraculeuse de sont fils, et auxquels il parle au singulier: dans les deux cas il s'agit d'une image de la Sainte Trinité.)
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Dies sanctificatus illuxit nobis
La vigile de l’Epiphanie a hélas été supprimée (non, ce n’est pas le concile, c’est Pie XII). Mais la liturgie de ce jour a gardé des échos de Noël, ainsi ce répons qui vaut aussi comme préparation de l’Epiphanie :
℟. Dies sanctificatus illuxit nobis: venite Gentes, et adorate Dominum: Quia hodie descendit lux magna in terris.
℣. Hæc dies quam fecit Dominus, exsultemus et lætemur in ea.
℟. Quia hodie descendit lux magna in terris.Un jour sanctifié a brillé pour nous. Venez, les nations, et adorez le Seigneur ; car aujourd’hui est descendue une grande lumière sur la terre. Ce jour qu’a fait le Seigneur, exultons et réjouissons-nous en lui ; car aujourd’hui est descendue une grande lumière sur la terre.
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Entre quatre murs
Après le mur à la frontière des territoires palestiniens, Israël s’apprête à ériger un mur de 5 mètres de haut sur sa frontière avec le Liban (plus précisément sur la ligne de cessez le feu). Ce sera d’abord un mur d’un kilomètre, pour protéger le kibboutz de Matala des attaques venant du village libanais voisin de Kafr Kala. Le mur aura naturellement vocation à s’étendre (ce qui conduira naturellement à la guerre, vu que la frontière est contestée), mais pour le moment Israël est en train de construire un mur sur sa frontière avec l’Egypte. Et quand il sera terminé, annonce Netanyahu (ce devrait être en septembre), on construira un mur à la frontière jordanienne. Sic.
Il y en a qu’on enferme entre quatre murs. Il y en a qui s’y enferment tout seuls.
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Laïcité à la française (suite sans fin)
Les soi-disant « libres penseurs » de Haute-Savoie et les socialistes locaux engagent des poursuites contre le maire de Publier, qui a fait ériger une statue de la Sainte Vierge, Notre-Dame du Léman.
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C’est Juppé le problème
Alain Juppé est un ami des islamistes égyptiens, libyens, tunisiens, syriens… et bordelais, et il ne supporte donc pas que les Hongrois se donnent une Constitution chrétienne.
« Il y a problème aujourd'hui » en Hongrie, dit-il, appelant la Commission européenne à « prendre les initiatives nécessaires » pour que les « grandes valeurs démocratiques » soient respectées dans ce pays.
Le ministère hongrois des Affaires étrangères a aussitôt réagi, de façon très ferme, soulignant que le propos de notre ministre « ne correspond pas aux liens traditionnellement amicaux entre les deux pays ».
On se souvient de Juppé disant à propos de Benoît XVI : « Ce Pape commence à poser un vrai problème. » C’est Juppé qui commence à poser un sérieux problème.
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Nesciens mater virgo virum
℟. Nesciens mater virgo virum, peperit sine dolore : Salvatorem sæculorum, ipsum Regem Angelorum, sola virgo lactabat ubere de cælo pleno.
℣. Domus pudici pectoris templum repente fit Dei: intacta nesciens virum, verbo concepit Filium.
℟. Salvatorem sæculorum, ipsum Regem Angelorum, sola virgo lactabat ubere de cælo pleno.La mère vierge ne connaissant pas d’homme a enfanté sans douleur ; c’est le Sauveur des siècles, le Roi des Anges lui-même, que la vierge, et elle seule, a allaité de ses seins remplis par le ciel. La demeure du chaste sein est tout à coup devenue le temple de Dieu : la préservée ne connaissant pas d’homme a conçu le Fils par la parole.
Pour ceux qui comprennent l’anglais, une très jolie adaptation, manifestement ancienne, dans cette langue :
The Virgin-Mother that knew not a man, bore, but travailed not. She fed the Saviour of the world, The King of Angel hosts above, Jesus, our Redeemer blest, From the fountain of her breast. Soon rises in that modest shrine, The Temple of the Lord Divine; The stainless and unwedded one, Within her womb conceived the Son.


