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Le blog d'Yves Daoudal - Page 1719

  • 11e dimanche après la Pentecôte

    Dans le fait évangélique que nous avons lu l’Église voit depuis longtemps le symbole du baptême. Car c’est tout d’abord par le baptême que l’homme reçoit l’ouïe spirituelle et la parole véritable. Avant le baptême, il est pour ainsi dire sourd-muet. Il ne peut parler à Dieu dans la prière parce qu’il n’a pas la foi ; il ne peut pas davantage entendre la voix de Dieu. Ainsi donc, pour le royaume de Dieu, il est sourd-muet. Mais par le baptême il devient enfant de Dieu, il reçoit la vie de la grâce sanctifiante. Le Saint-Esprit demeure en lui et il est l’intermédiaire entre Dieu et son âme. Le Saint-Esprit est pour ainsi dire la langue qui peut parler à Dieu, l’oreille qui entend la voix de Dieu. Aussi, c’est un usage antique que le prêtre, dans les cérémonies du baptême, fasse quelque chose de semblable à ce que fit le Seigneur dans la guérison du sourd-muet. Le prêtre mouille avec de la salive les oreilles de l’enfant en disant : « Ephpheta, c’est-à-dire : ouvre-toi ». Il touche aussi le nez en disant : « Pour l’odeur de suavité -. Voici ce qu’il veut exprimer par-là : le baptême ouvre l’ouïe spirituelle ; il doit aussi répandre dans le baptisé le parfum des vertus. Ce que le baptême a commencé, la Sainte Eucharistie doit le continuer et le compléter. L’Église nous propose ce beau passage évangélique, pour nous donner cette leçon : Vous venez aujourd’hui à la messe comme de pauvres sourds-muets. Les bruits du monde vous empêchent d’entendre ce que Dieu vous dit. Vous vous tenez devant Dieu comme un enfant bégayant et vous ne trouvez pas une parole convenable. La grâce de la messe d’aujourd’hui doit vous restituer l’ouïe spirituelle, délier votre langue et vous rendre de plus en plus aptes à faire partie, un jour, du chœur des anges pour chanter la louange de Dieu. Ainsi donc le baptême doit être continué par la messe d’aujourd’hui.

    Dom Pius Parsch

  • Oui !

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    Meseret Defar gagne le 5.000 mètres. Elle tombe à genoux, puis sort de son dossard une image de la Vierge Mère de Dieu.

    Bravo et merci.

    Meseret Defar est éthiopienne.

  • La « lectio brevior » du Pater

    C’est un dogme de l’exégèse moderne (et les dogmes de l’exégèse moderne sont beaucoup plus indiscutables que ceux de l’Eglise catholique) que la version la plus courte d’un texte est forcément la plus ancienne et donc la plus authentique. Cela se dit même en latin pour faire plus dogmatique : « Lectio brevior, potior » : la leçon plus brève est meilleure.

    Je n’avais jamais fait attention, jusqu'au numéro de Présent de ce jour (article de Bernard Marie ofs, en page 8), que ce dogme oblige à une interprétation pour le moins curieuse du Pater.

    En effet, saint Luc donne un texte du Pater plus court que celui de saint Matthieu.

    On doit donc considérer que le Pater de saint Luc est le premier, le plus authentique, et que celui de saint Matthieu est une amplification de celui de saint Luc.

    Ceci a trois conséquences.

    1 - Sur le plan de l’exégèse, compte tenu des autres dogmes modernes, il en résulte que le Pater de saint Luc est celui que le Christ a enseigné aux apôtres en hébreu, et que le Pater de saint Matthieu est celui qui a été amplifié, en araméen, pour être inclus dans la liturgie. (Bien que nous n'ayons bien entendu aucun texte du Pater en araméen - a fortiori en hébreu - datant d'avant les Evangiles...)

    Ainsi, alors que rien n’indique que saint Luc connût l’hébreu, mais que tout montre qu’il était un hellénophone distingué, c’est lui qui aurait eu le Pater originel en hébreu…

    2 - Sur le plan liturgique, précisément, l’Eglise nous ferait dire à chaque messe, à l’invitation solennelle du prêtre, une prière du Seigneur qui ne serait pas la prière du Seigneur mais une pieuse (?) amplification de la prière authentique. (Quid du « … qui ne pouvez ni vous tromper ni nous tromper » ?)

    3 – Cela met par terre, annihile, toutes les explications du Pater par les pères de l’Eglise et les auteurs spirituels : toutes celles qui expliquent pourquoi il y a sept demandes : trois (nombre divin) qui concernent Dieu, et quatre (nombre de la création) qui concernent l’homme. Et qui montrent l’enchaînement parfait entre ces sept demandes (dans les deux sens), avec la demande exactement centrale du pain epioussion, supersubstantiel.

    Mais on sait que les exégètes modernes savent mieux que le Verbe divin lui-même. Pas plus tard qu’hier j’en avais un autre exemple, énorme et énormément scandaleux, dans la Bible Osty. En saint Matthieu 9, 13, le Christ dit : « Allez donc apprendre ce que signifie : C’est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice. » En note, le chanoine donne la référence de la citation : Osée 6,6, mais il souligne que dans sa propre traduction d’Osée il a écrit : « C’est la fidélité que je veux, et non les sacrifices. » Autrement dit, le Christ traduit de façon inexacte, c’est moi le chanoine Osty qui donne la bonne traduction. (Il se trouve en outre que la Septante et la Vulgate sont ici parfaitement d’accord sur le texte : très littéralement : « C’est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice. » Comme dans l’Evangile...)

  • Lybie : ce que l’on célèbre et ce que l’on néglige

    Les médias ont célébré avec trémolos et grosse caisse la première transition démocratique libyenne, avec le transfert du pouvoir du CNT au Parlement et l’élection du président du Parlement, chef de l’Etat par intérim (le plus islamiste des deux candidats).

    L’événement n’est historique que sur le papier et dans l’imagination des médias occidentaux. En Libye le pouvoir est entre les mains des diverses milices. Et les lois que votera ce Parlement seront des lois selon la charia.

    Tiens, les médias parlent beaucoup moins de l’assassinat du général Mohamed Hadiya Al Feitouri, hier à Benghazi. Il avait été l’un des hauts gradés à faire défection au début de la « révolution » et il était devenu responsable des munitions et armements de la nouvelle armée libyenne (qui n’existe pas). Il est vrai que ce n’est que l’un des assassinats qui sont perpétrés par dizaines contre d’anciens cadres du régime de Kadhafi, qu’ils aient ou non rejoint la révolution. Dimanche dernier, c’est le colonel Souleiman Bouzrida, ancien officier des renseignements militaires, rallié à la révolution, qui avait été abattu de deux balles.

    Pendant que dans le sud du pays les tribus noires et les tribus arabes continuent leur guérilla. Du temps de Kadhafi c’était à coups de bâtons. Maintenant c’est avec des armes lourdes, et ça fait des centaines de morts…

  • La bière de saint Benoît en forme extraordinaire

    Nursie est le lieu de naissance de saint Benoît. Il y eut évidemment en cet endroit un monastère bénédictin. Mais il disparut en 1810 avec l’invasion napoléonienne. Des Américains l’ont recréé, avec l’appui du cardinal Ratzinger, en 2000 (ces moines, qui s’étaient installés à Rome en 1998, ont en fait réinvesti les bâtiments désertés). La messe conventuelle est célébrée selon la « forme extraordinaire ».

    birra.pngLes moines de Nursie ont décidé de produire une bière. La bière de Nursie. Ils l'ont présentée au pape à l’audience du 8 août. On ne sait pas ce qu’il en pense…

    L’inauguration et la bénédiction de la brasserie aura lieu le 15 août, en présence de l’archevêque de Spolète-Nursie.

    Vous êtes invité à l’inauguration et à la dégustation qui suivra.

     

  • De la Sainte Vierge le samedi

    « Il y avait un homme de Ramathaïm-Sophim, dans la montagne d’Ephraïm… » (1 Rois, 1). La bienheureuse Vierge Marie mère de Dieu peut bien être désignée par le nom de cette montagne. Elle a été en effet comme une montagne, puisque par la dignité du choix qui en a été fait elle a surpassé tout ce qu’il y a de grandeur dans les créatures les plus excellentes. Ne peut-on pas dire que Marie est une montagne élevée, puisque pour être élevée à la dignité de mère du Verbe éternel, ses mérites l’ont élevée au-dessus de tous les chœurs des anges, et l’ont comme portée jusqu’au trône de la divinité. C’est de cette montagne dont par un esprit prophétique Isaïe relève l’éminente dignité, et dit : « Dans les derniers temps, la montagne sur laquelle sera bâtie la maison du Seigneur sera fondée sur le haut des monts. » Elle a été vraiment fondée sur le haut des montagnes, puisqu’elle a été élevée au-dessus de tous les saints.

    Saint Grégoire le Grand, commentaire des livres des Rois, lecture des matines. Traduction du bréviaire latin-français (janséniste) de 1725.

  • Le vicariat apostolique se replie à Bahrein

    Mgr Camillo Ballin, vicaire apostolique d’Arabie du nord, annonce le transfert de son siège de Koweit à Bahrein.

    Il explique que « Bahrein est plus central, parce qu'il se trouve entre Koweit et Qatar et face à l'Arabie Saoudite », et que Bahrein étant assez souple quant à l'octroi de visas, il est « facile d'y organiser des rencontres de prêtres, catéchistes provenant d'autres pays ».

    La première raison, que Mgr Ballin ne peut pas dire ouvertement, est que l’islamisme radical est en train de submerger le Koweit, et qu’il est préférable de se replier dans une bonne vieille dictature arabe où l’émir écrase ses soi-disant « révolutionnaires du printemps arabe » et ses opposants chiites… et donne un terrain à l’église catholique pour y construire une cathédrale… (Il y a déjà une cathédrale malankar orthodoxe et une cathédrale anglicane.) Ce qui est paradoxal est que l’émir du Bahrein se maintient grâce à l’aide énergique de l’Arabie saoudite…

    A ce propos, il est amusant de voir comment François Hollande, le président de la moralité républicaine, vient de recevoir l’émir de Bahrein. La visite n’était pas annoncée, et elle a donc pris de court les journalistes : il s’agissait pourtant d’une visite officielle, avec la garde républicaine dépêchée pour accueillir l’émir à sa descente d’avion, et la longue poignée de mains sur le perron de l’Elysée… Laquelle a même été photographiée et a fait s’étrangler tous les vertueux chasseurs politico-médiatiques de dictateurs…

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  • Brexit ?

    Au printemps avait fleuri le mot « Grexit », pour désigner la probabilité de la sortie (exit) de la Grèce de la zone euro, donc de l’UE. Un nouveau mot est apparu : « Brexit », pour désigner cette fois la probabilité d’une sortie de la Grande-Bretagne de l’UE.

    On apprend que le géant bancaire asiatique Nomura est en train d’élaborer un plan d’urgence pour un « Brexit ». Car s’il y a au Royaume Uni un référendum sur l’appartenance à l’UE sans que le Royaume Uni ait obtenu au préalable d’importantes concessions, alors ce référendum sera celui de la sortie du Royaume Uni de l’UE.

    Cette analyse avalisée et publiée par le groupe bancaire est d’Alastair Newton, ancien diplomate britannique conseiller de Tony Blair. Et elle s’appuie sur ce que l’on peut en effet constater quant à l’action du gouvernement britannique : « La réponse du gouvernement britannique à la crise, d’encourager l’intégration de la zone euro tout en recherchant un relâchement des liens entre le Royaume Uni et l’UE, a pour effet d’attiser les flammes eurosceptiques. »

    Les conservateurs sont dans une coalition avec les libéraux européistes, mais cette coalition est fragile, et elle pourrait éclater si les conservateurs font de nouvelles concessions aux eurosceptiques. Cela provoquerait des élections anticipées, suivies d’un référendum.

    La crise de la dette de la zone euro a accru l’euroscepticisme chez les députés conservateurs, qui exhortent David Cameron à utiliser toutes les avancées vers une plus grande intégration pour rapatrier, au contraire, des compétences nationales. Un groupe de nouveaux élus a publié un rapport listant précisément les compétences qui doivent être rapatriées. Une minorité non négligeable de parlementaires demande un référendum sur l’adhésion elle-même. Et 60% des députés conservateurs sont favorables à une alliance avec l’UKIP, dont le seul programme politique est la sortie de l’UE.

    Selon un récent sondage, 15% des Britanniques voteraient en faveur du maintien du Royaume dans l’UE.

    Si le gouvernement proclame à qui veut l’entendre que le Royaume Uni restera dans l’UE, et même pour y jouer un rôle de premier plan, on constate que le traité du pacte budgétaire n’est pas un traité de l’UE parce que le gouvernement de David Cameron l’a rejeté…

  • L’UE c’est le plein emploi (etc.)

    Le taux de chômage des Grecs de moins de 25 ans a atteint 54,9% en mai, contre 41% en mai 2011.

  • Une forfaiture du Conseil constitutionnel

    Le Conseil constitutionnel a décidé hier soir que l'adoption en droit français du traité du pacte budgétaire européen peut se faire sans révision de la Constitution. Il explique que le traité de Maastricht imposait déjà une règle de discipline budgétaire, et qu’il n’y a donc rien de nouveau : ce traité « ne procède pas à des transferts de compétences en matière de politique économique ou budgétaire ».

    Une lecture même rapide du traité (qui est très bref) montre que c’est évidemment faux. Ce traité est un pas important dans la dictature de la Commission européenne. Il supprime une clef de la souveraineté budgétaire, impose une tutelle aux pays en difficulté, et instaure même une obligation de délation des pays qui ne seraient pas en règle.

    Si le traité ne portait pas atteinte à la souveraineté, il n’y aurait pas eu de référendum en Irlande. Or il y a eu un référendum en Irlande.

    Le Conseil constitutionnel a désormais perdu toute crédibilité. Il se confirme qu’il est devenu lui aussi une chambre d’enregistrement des diktats de Bruxelles.

    NB – Valéry Giscard d’Estaing, membre de droit du Conseil en tant qu’ancien président de la République, a participé à l’élaboration de cette décision… (Chirac et Sarkozy ont eu la pudeur de s’abstenir.)