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Le blog d'Yves Daoudal - Page 1718

  • Propagande de l’UE à Budapest

    Le ministère hongrois des Affaires étrangères a lancé une campagne de promotion de l’UE, alors que selon un récent sondage 56% des Hongrois considèrent que l’adhésion à l’UE n’a pas été avantageuse, et que le gouvernement lui-même n’est pas vraiment fanatiquement pro-UE…

    Eh bien, justement… Le ministre dit sobrement : « Cela s’inscrit dans le calendrier annuel des programmes de partenariat de gestion, approuvés dans la première moitié de l’été. »

    La campagne est intitulée « Les coûts de la non-Europe », et elle coûtera (à l’UE) 125.000 €.

  • L’Arabie saoudite et internet

    En juin dernier, l’ICANN, qui gère les extensions des noms de domaine (.com, .fr, etc.) a donné la liste de quelque 1.930 nouvelles extensions qui lui ont été proposées (il n’y en a aujourd’hui que 22 en plus des 280 qui correspondent à un nom de pays). Sur le site de l’ICANN, on voit donc ces propositions, et les commentaires, essentiellement les objections, qui leur sont faites. On constate que l’Arabie saoudite – l’un des pays où la censure d’internet est la plus étroite -  s’intéresse vivement à la chose, et, entre le 12 et le 14 août, elle a envoyé pas moins de 166 avis, le plus souvent trois fois le même, à partir d’adresses différentes, mais toujours sous le même nom, « Abdulmjid », pour le compte de la Commission pour la communication et les technologies de l’information du Royaume d’Arabie saoudite.

    Sans surprise, « Abdulmjid » (le fils du Tout-Glorieux) demande que ne soient pas autorisées les extensions qui concernent la pornographie ou peuvent être détournées par la pornographie (ainsi « .baby », demandé notamment par les produits pour bébés Johnson & Johnson, ou .virgin demandé par la firme qui porte ce nom), l’alcool, les jeux, l’homosexualité, le tatouage…

    Plus étonnant a priori, « Abdulmjid » s’élève aussi contre les extensions .islam, .halal, .ummah… Au motif que ces extensions sont demandées par des entreprises privées, alors qu’elles devraient l’être par une majorité de pays musulmans.

    De fil en aiguille, l’Arabie saoudite s’intéresse aux autres religions et se pose en défenseur sourcilleux des autres termes religieux. Ainsi, « Abdulmjid » s’élève contre la demande d’une extension .bible, parce qu’elle émane de l’American Bible Society, qui ne représente pas tous les croyants se référant à la Bible. Et « Abdulmjid » se livre à un savant exposé sur les différentes bibles, qui ne comprennent pas le même nombre de livres selon les confessions chrétiennes… « Il est clair que puisque un certain nombre de religions, et de groupes en leur sein, sont en désaccord sur l’origine et le contenu de la bible, on ne doit pas permettre à un groupe ou à un individu de définir ce que la Bible est ou n’est pas. Permettre à cette extension d’être enregistrée serait offensant pour beaucoup de gens et de sociétés pour motif religieux. »

    Et c’est pourquoi « Abdulmjid » s’en prend aussi à… l’Eglise catholique. Car le Saint-Siège a demandé l’extension .catholic (en caractères latins, arabes et chinois), avec l’intention de se la réserver.

    Et la commission saoudienne se livre à un libelle d’anthologie, quoique quelque peu hasardeux, voire carrément cafouillant, dans sa formulation :

    "Cette application est sensible dans la mesure où le terme « catholique » qui est demandé comme extension représente la multitude des Chrétiens à travers le monde.

    "Le terme a été incorporé dans le nom de la plus importante communauté Chrétienne, l’Eglise Catholique (aussi appelée l’Eglise Catholique Romaine). Cependant, de nombreux autres Chrétiens utilisent le terme « catholique » pour désigner de façon plus générale l’Eglise Chrétienne, indépendamment de l’affiliation confessionnelle. D’autres communions Chrétiennes peuvent revendiquer le terme « catholique », comme l’Eglise Orthodoxe d’Orient et l’Eglise orthodoxe orientale.

    "Nous ne croyons pas que l’extension .catholic doive être sous le contrôle d’une église qui ne peut pas représenter, et ne représente pas, chaque communion catholique.

    "De plus, nous croyons que toute extension, pour quelque nom que ce soit en relation avec la religion ou une communauté spécifique doit être présentée par l’ensemble de cette communauté, pour évaluation, avant que l’extension soit refusée ou accordée. Si cela ne peut pas être accompli, alors de tels noms doivent être complètement interdits comme noms d’extension.

    "En ne procédant pas ainsi on donnerait l’utilisation et le contrôle d’un nom religieux important à un groupe, élevant injustement son influence au-dessus des autres, et l’on permettrait à ce groupe de représenter à lui seul un éventail des différentes églises.

    "Le demandeur actuel ne peut pas démontrer qu’il possède un monopole du terme « catholique », et il ne peut pas démontrer non plus que cette possession prévue soit acceptée par les Catholiques autour du monde.

    "Permettre à cette extension d’être enregistrée peut être offensant pour de nombreuses personnes et sociétés pour motif religieux.

    "Par conséquent, nous demandons respectueusement que l’ICANN n’attribue pas cette extension."

    Voilà donc l’Arabie saoudite volant au secours des orthodoxes et autres chrétiens qui voudraient se dire « catholiques » et seraient offensés que l’Eglise catholique se dise catholique.

    Or sur le site de l’ICANN il n’y a aucune objection de quelque Eglise orthodoxe ou de quelque autre confession chrétienne que ce soit…

    Est-ce trop demander que l’Arabie saoudite, qui ne permet aucun culte chrétien sur son territoire, évite de se prendre pour l’arbitre mondial des élégances religieuses et morales ?

  • Mohammed, premier prénom britannique

    Selon les données publiées par le Bureau britannique des statistiques, le premier prénom donné aux garçons en Angleterre et pays de Galles en 2011 est Harry, suivi d’Oliver, et Mohammed arrive en 19e position. Et c’est ce que proclame le gouvernement.

    En réalité, si l’on additionne les différentes versions de Mohammed (Muhammad, Mohamed, Mohammad, etc., il y a même Mohommod – en arabe il s’écrit mhmd), le nom du prophète arrive largement en tête : 8.079, contre 7.523 pour Harry.

    Et si l’on va voir les statistiques antérieures, on constate qu’il en est ainsi depuis 2007.

  • Deux mots du pape

    Dans son homélie de l’Assomption, une affirmation osée (mais que l’on peut mettre en lien avec l’Immaculée Conception) :

    « En Dieu il y a de la place pour l'homme, et Dieu est proche, et Marie, unie à Dieu, est très proche, son cœur est aussi large que le cœur de Dieu. »

    Et cette belle affirmation :

    « Marie nous rend visite, et elle est la joie de notre vie, et la joie est espérance. »

  • Saint Joachim

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    Le père de la Bienheureuse Vierge Marie et le grand-père du Divin Sauveur ! « A leurs fruits vous les reconnaîtrez » ; un bon arbre ne peut donner que de bons fruits. Joachim nous apparaît comme l’homme vertueux, « l’homme juste » ; la légende en dit long sur son amour pour les pauvres : il divisait ses revenus en trois parts et consacrait la première à ses besoins, la seconde aux pauvres, la troisième au Temple (c’est pourquoi l’on répète trois fois à la messe : « Il donnait largement aux pauvres... ». Au cours de sa vie, la souffrance ne lui fut pas non plus épargnée ; longtemps il resta sans enfant ; un jour qu’il apportait son offrande au Temple, le prêtre l’écarta sous prétexte que, père sans enfants, il avait encouru la malédiction divine. Cependant, parmi les souffrances que lui causait cet ostracisme, la grâce de Dieu le visita : « Dieu est proche de ceux qui ont le cœur brisé » (Ps. 33). Un ange lui annonça qu’il aurait un enfant de bénédiction, Marie. « La nature n’osa pas prévenir la grâce ; elle préféra attendre que la grâce eut porté son fruit » (Bréviaire).

    Dom Pius Parsch

  • Assomption

    Que Marie moissonne donc ses bénédictions, après avoir semé la bénédiction de toutes les nations, qu'elle reçoive, d'une manière spéciale, la bénédiction de tous les peuples. « Toutes les générations me proclameront bienheureuse, » s'écrie-t-elle. C'est trop peu. Tous les ordres des esprits bienheureux vous proclameront aussi bienheureuse. Aujourd'hui, les filles de la Sion céleste vous ont vue monter en triomphe, ils vous ont saluée comme bienheureuse, et les reines vous ont louée. Oui, aujourd'hui, Marie moissonne des bénédictions, parce qu'en elle s'est spirituellement répandue cette bénédiction parfaite qui est sortie de son sein. Donnez lui, dit le Saint-Esprit, du fruit de ses entrailles, qu'elle se rassasie de celui qu'elle a mis au monde. O mère de la miséricorde, rassasiez-vous de la gloire de votre Fils, et abandonnez-en les restes à vos enfants. Vous êtes déjà à la table, quant à nous, nous sommes les petits chiens sous la table. Comme les yeux d'une servante sont fixés sur les mains de sa maîtresse, de même cette famille affamée attend de vous les aliments de la vie. Par vous, nous avons eu part au fruit de vie à la table des sacrements du temps présent ; par vous, nous aurons part à ce même fruit de vie à la table des joies éternelles, Jésus, le fruit béni de vos entrailles, à qui est honneur et gloire dans tous les siècles des siècles. Amen.

    Guerric d’Igny, fin du 4e sermon pour l’Assomption.

    Références, dans l’ordre : II Corinthiens 9, 6 ; Ecclésiastique 44, 25 ; Luc 1, 48 ; répons de l’Assomption d’après Cantique 6, 8 ; psaume 16, 4 ; Matthieu 15, 27 ; psaume 122, 2 ; Salve Regina.

  • Vigile de l’Assomption

    Préparons-nous à la grande fête d’été, vraie fête de la moisson. Dans l’esprit de l’Église, la vigile est un jour de pénitence, un jour de préparation sérieuse à la solennité qu’elle précède et dont elle est pour ainsi dire l’aspect austère. Si nous voulons monter au ciel demain avec Marie, commençons dès aujourd’hui à rompre les liens qui nous retiennent à la terre. Si nous voulons, demain, avec Marie, faire de notre corps et de notre âme un temple digne du Fils de Dieu (virginalem aulam. Or.), dès aujourd’hui purifions la demeure de notre âme des souillures du péché. Si nous voulons nous aussi, demain, « choisir la meilleure part, l’unique nécessaire », abandonnons aujourd’hui tous nos soucis terrestres. Préparons-nous soigneusement à la grande fête de la Sainte Vierge !

    Remarquons le lyrisme de cette belle messe. A l’Introït, nous nous adressons à l’Épouse Royale ; nous, les « notables » (divites plebis), nous allons à sa rencontre lui rendre nos hommages.

    L’Oraison exprime une profonde pensée. C’est Dieu lui-même qui a choisi et orné le palais virginal où il devait habiter. Et c’est son privilège de Mère de Dieu qui, avant tout, a valu à Marie sa place éminente au ciel.

    Dom Pius Parsch

     

  • Ping pong (explosif)

    Le président égyptien Mohammed Morsi, qui n’avait aucun pouvoir, s’est arrogé hier tous les pouvoirs : il a destitué le maréchal Tantaoui de son poste de ministre de la Défense et surtout de président du Conseil suprême des Forces armées, a mis à la retraite par la même occasion le numéro 2 du CSFA, et a annulé la déclaration du 17 juin par laquelle le dit Conseil s’était emparé de tous les pouvoirs.

    Le coup avait été préparé la semaine dernière par le remplacement des chefs des trois armes et des services de renseignement.

    Reste à savoir si l’armée va accepter la nouvelle donne. Oui, si les Frères musulmans y sont assez influents. Mais alors ça va donner de l’urticaire aux Américains, qui financent grassement l’armée égyptienne…

    Mohammed Morsi a également nommé un vice-président, Mahmoud Mekki, un magistrat islamiste dont le frère Ahmed, lui aussi magistrat islamiste, est ministre de la Justice.

    NB. Pour montrer qu'on n'avait rien à craindre des Frères musulmans, Mohammed Morsi avait promis de nommer deux vice-présidents : un copte et une femme…

  • Sainte Radegonde

    Radegonde était fille de Berthaire, roi des Thuringiens. A dix ans, elle fut emmenée captive par les Francs dont les rois se la disputèrent pour son insigne et royale beauté. Le sort la donna à Clotaire de Soissons qui confia son éducation à d’excellents maîtres. Plus que toutes sciences l’enfant reçut avidement les notions de la foi chrétienne, et abjurant le culte des fausses divinités qu’elle avait reçu de ses pères, elle résolut d’observer non seulement les préceptes de l’Évangile, mais aussi ses conseils. Lorsqu’elle eut grandi, Clotaire, dont c’était depuis longtemps l’intention, la voulut pour épouse. Malgré son refus, malgré ses tentatives de fuite, elle fut donc aux applaudissements de tous proclamée reine. Élevée aux honneurs du trône, la dignité royale dut se plier à ses charités, à ses continuelles oraisons, à ses veilles fréquentes, à ses jeûnes, à ses autres macérations, si bien que, par dérision pour une telle piété, les courtisans disaient d’elle que c’était, non une reine, mais une nonne que le roi avait épousée.

    Les dures épreuves, les chagrins de plus d’une sorte que lui infligeait le prince, firent briller grandement sa patience. Mais ayant un jour appris que son frère germain venait d’être par ordre de Clotaire injustement mis à mort, elle quitta aussitôt la cour, du consentement du roi lui-même, et se rendant auprès du bienheureux évêque Médard, elle le supplia instamment de la consacrer au Seigneur. Or les grands s’opposaient vivement à ce que le pontife donnât le voile à celle que le roi s’était solennellement unie. Elle donc aussitôt pénétrant dans la sacristie, se revêt elle-même du vêtement monastique, et de là se rendant à l’autel interpelle ainsi l’évêque : « Si vous différez de me consacrer, craignant plus un homme que Dieu, il y aura quelqu’un pour vous demander compte de mon âme ». Médard, ému de ces paroles, mit le voile sacré sur la tête de la reine, et par l’imposition de la main la consacra diaconesse. Elle alla ensuite à Poitiers, où elle fonda un monastère de vierges qui fut plus tard appelé de Sainte-Croix. L’éclat de ses vertus éminentes y attira, pour embrasser la vie de la sainte religion, des vierges presque innombrables. A cause des témoignages singuliers de la divine grâce qui était en elle, le désir de toutes la mettait à la tête ; mais elle aimait mieux servir que commander.

    Bien que la multitude de ses miracles, eût répandu au loin sa renommée, cependant oublieuse de la première dignité, elle ambitionnait les plus vils et les plus abjects offices. Le soin des malades, des pauvres, des lépreux surtout, faisait ses principales délices ; souvent ils étaient miraculeusement guéris par elle. Telle était sa piété envers le divin sacrifice de l’autel, qu’elle faisait de ses mains les pains à consacrer, et en fournissait diverses églises. Mais si parmi les délices royales elle s’était toute adonnée à mortifier sa chair, si dès son adolescence elle avait brûlé du désir du martyre : maintenant qu’elle menait la vie monastique, de quelles rigueurs ne devait-elle pas affliger son corps ? Ceignant ses reins de chaînes de fer, elle allait jusqu’à poser ses membres sur des charbons ardents pour les mieux tourmenter, à fixer intrépidement sur sa chair des lames incandescentes, pour qu’ainsi cette chair elle-même fût à sa manière embrasée par l’amour du Christ. Clotaire ayant résolu de la reprendre et de l’enlever à son cloître, étant même déjà en marche pour venir à Sainte-Croix, elle sut si bien l’en détourner par des lettres adressées à saint Germain évêque de Paris, que le prince, prosterné aux pieds du saint prélat, le supplia d’implorer de la pieuse reine pardon pour son roi et son époux.

    Elle enrichit son monastère de reliques saintes apportées de divers pays. Ayant même envoyé dans ce but des clercs à l’empereur Justin, elle en obtint une partie insigne du bois de la Croix du Seigneur, qui fut reçue en grande solennité par la ville de Poitiers, le clergé et le peuple entier tressaillant d’allégresse. On chanta en cette occasion les hymnes composées à la louange de la Croix auguste par Venance Fortunat, qui fut depuis évêque, et jouissait alors de l’intimité sainte de Radegonde, dont il administrait le monastère. Enfin la très sainte reine étant mûre pour le ciel, peu de jours avant qu’elle ne sortit de cette vie, le Seigneur daigna lui apparaître sous les traits d’un jeune homme éclatant de beauté, et elle mérita d’entendre de sa bouche ces mots : « Pourquoi ce désir insatiable de jouir ? Pourquoi te répandre en tant de gémissements et de larmes ? Pourquoi ces supplications répétées à mes autels ? Pourquoi sous tant de travaux briser ton pauvre corps ? Quand je te suis uni toujours ! Ma noble perle, sache qu’entre les pierres sans prix du diadème de ma tête tu es une des premières ». L’année donc 587, elle exhala son âme très pure dans le sein du céleste Époux qu’elle avait uniquement aimé. Elle fut ensevelie, selon son désir, dans la basilique de la bienheureuse Marie par saint Grégoire de Tours.

    (D'un bréviaire bénédictin)