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Europe - Page 6

  • Leur « Union »…

    Les eurocrates se comportent en permanence comme si l’UE était une entité qui parlait d’une seule voix sur la scène internationale, notamment par d’innombrables prises de position du Conseil européen (que personne ne lit parce qu’elles n’ont aucun intérêt), et par l’action diplomatique du « haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » qui a rang de vice-président de la Commission européenne.

    Mais chaque fois qu’il y a un vrai problème international on peut constater que la belle unanimité vole en éclats, ce qui est seulement normal, car, que les eurocrates le veuillent ou non, chaque pays a toujours ses propres intérêts, ses liens particuliers dus à l’histoire, et il y a aussi des désaccords idéologiques qui peuvent se manifester.

    Ainsi après avoir follement espéré une position unie sur le Venezuela, les eurocrates doivent admettre ce soir qu’il n’y en aura pas. Parce que plusieurs Etats de l’UE refusent de prendre position, et parce que l’un au moins, l’Italie, ne veut pas soutenir Guaido contre Maduro.

    Et ceux qui soutiennent Guaido ne le formulent pas de la même façon. Pour Macron Guaido est le « président en charge pour mettre en œuvre un processus électoral », pour le Royaume-Uni et l’Espagne il est le « président par intérim », pour d’autres il est le « président légitime », etc.

    Ce qui m’étonne en tout cela est que ces gens qui n’ont à la bouche que le respect de l’état de droit, et qui hurlent à la mort chaque fois que la Hongrie ou la Pologne résiste à leurs diktats ou prend une décision qui ne leur plaît pas, se permettent tranquillement de déclarer qu’un président élu n’est plus le président et que le vrai président est quelqu’un qui n’a pas été élu président. Je n’ai vraiment aucune sympathie pour Maduro, qui affame son peuple et le pousse à l’exil, mais je ne vois pas du tout comment un chef d’Etat étranger au Venezuela, et qui se dit respectueux de l’état de droit, peut décréter que Maduro n’est plus président. Et pourquoi Maduro et pas tant d’autres dictateurs, qui ont bien moins de garanties « démocratiques » et qui sont au moins aussi malfaisants que lui ? Qu’est-ce que c’est que cette mascarade ?

  • Immonde propagande

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  • BHL et la démocratie

    Dans le cadre de sa « croisade » (sic) pour une Union européenne fédérale et débarrassée des populismes, Bernard Henri Lévy a écrit une « pièce de théâtre » qu’il joue tout seul et qu’il va interpréter partout où il peut.

    Or voici qu’il découvre les limites de la démocratie si le peuple ne vote pas comme il faut et si la populace à gilet jaune se met en travers du mouvement de l’histoire :

    Le populisme est d’abord une forme de découragement démocratique. Nos démocraties sont devenues folles et beaucoup de gens sont déboussolés. Mais arrêtons de sacraliser le peuple. En Europe, le peuple ne doit pas être le seul souverain ! Ou, s’il l’est, il doit l’être comme tous les autres souverains: avec des limites, des bornes à sa toute-puissance. La démocratie a besoin de transcendance.

    L’athée que je suis croit à la force des religions, à la force de l’inspiration, à ce qui dépasse les hommes. Si l’on répète: le peuple, le peuple, le peuple… on va tout droit vers une crise de civilisation. Le peuple a aussi ses caprices et les leaders démagogues flattent son bon plaisir.

    Le peuple ne doit pas être le seul souverain, la démocratie a besoin de transcendance. En effet. Et voici BHL qui parle comme Jean-Paul II ? Hélas non. Car l’athée qu’il est ne fait aucunement appel à une véritable transcendance, pas même à la loi naturelle qui transcende la démocratie (Antigone). Sa seule référence soi-disant transcendante est idéologique. Pauvre « transcendance » qui n’est que le diktat du politiquement correct européiste…

  • En Autriche

    Le ministre autrichien de l'Intérieur, Herbert Kickl, du FPÖ, est au centre d’une intense polémique parce qu’il a déclaré avant-hier soir à la télévision :

    « Je crois au principe selon lequel la loi doit suivre la politique et non la politique la loi. Or il existe des constructions juridiques étranges, certaines très anciennes, nées dans des contextes très différents et qui nous empêchent de faire ce qu'il faut. »

    Et il a ajouté qu’il souhaitait « mener un débat » sur le sujet.

    L’opposition libérale et sociale-démocrate a vu dans ces propos une attaque contre la Convention européenne des droits de l'homme. Le chef de l'Etat Alexander Van der Bellen lui-même s’est fendu d’un tweet vengeur : « La Convention européenne des droits de l'homme occupe depuis 59 ans un rang constitutionnel en Autriche. La mettre en cause serait mettre fin au consensus fondamental de la Deuxième République. »

    « Le ministre de l'Intérieur a gravement porté atteinte à l'Etat de droit en Autriche », déclare le SPÖ, alors que Herbert Kickl avait pris soin de préciser que son propos s’inscrivait naturellement dans le respect de l’état de droit.

    Aujourd’hui, le président du Tyrol, Markus Abwerzger (FPÖ), a pris la défense du ministre : «  Si vous souhaitez que les demandeurs d’asile ayant un casier judiciaire avec voies de fait, harcèlement sexuel, infraction aux stupéfiants, restent en Autriche, vous pouvez tranquillement prendre le train de l’horreur. Trois récents assassins présumés étaient des demandeurs d’asile avec un tel casier judiciaire. »

  • Politicaillerie

    Le Parlement européen a adopté mercredi une liste de recommandations pour la réforme des procédures d’autorisation des pesticides. Le rapport a été adopté à une très large majorité (526 contre 66 et 72 abstentions), pour la bonne raison qu’il a fait l’objet d’un accord entre les groupes des deux rapporteurs (PPE et Verts) et les sociaux-démocrates sur le rejet des 148 amendements proposés par le groupe d’extrême gauche et les eurosceptiques de droite.

    L’accord comportait que les Verts abandonnent la recommandation d’interdiction du glyphosate. (Non, ce n’est pas une blague.)

    Or le rapport fait précisément suite à la controverse sur le glyphosate, et sa principale origine est donc la (juste) exigence des Verts d’interdire ce poison.

    Non seulement les Verts se sont reniés, mais le rapport ne sert à rien puisqu’il avait pour mission première de traiter du problème du glyphosate.

    Ainsi va le Parlement européen, et ses profiteurs qui n’ont ni convictions ni même reste de conscience.

  • La Russie et le Conseil de l’Europe

    Les députés russes ont reconduit hier le gel de la contribution russe au Conseil de l’Europe (quelque 33 millions d’euros par an) et ont décidé de ne pas envoyer de délégation à la prochaine session de l'Assemblée parlementaire du dit Conseil (APCE). Une résolution prise dans l'intérêt du peuple russe, a souligné le président de la Douma.

    Suite à l’annexion de la Crimée par la Russie, l’ACPE a privé les parlementaires russes de leur droit de vote. En réponse logique, la Russie n’a plus envoyé de parlementaires à l'APCE, et n’a plus versé sa contribution à partir de 2017. Selon les règles du Conseil de l'Europe, si un Etat membre ne verse pas sa contribution, il risque l'exclusion au bout de deux ans…

    L’exclusion de la Russie serait une première dans l’histoire du Conseil de l’Europe… et ferait assurément plus de mal à celui-ci qu’à la Russie… Laquelle se fait régulièrement condamner par la Cour européenne des droits de l’homme et ne serait sans doute pas très affligée d’en être exclue. Mais chez nous on pleurniche déjà à l’idée que les Pussy Riot ne pourraient plus faire condamner l’affreux Poutine…

  • Le traité d’Aix la Chapelle

    Le traité franco-allemand qui sera signé le 22 janvier prochain à Aix-la-Chapelle, « complète » le traité de l’Elysée qui fut signé le 22 janvier 1963 par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer. Celui-là visait un « renforcement de la coopération entre les deux pays », qui « constitue une étape indispensable sur la voie de l’Europe unie ».

    On est passé de la CEE à l’UE, et le nouveau traité (qui reprend nombre d’expressions de l’ancien) est « sur la coopération et l’intégration franco-allemandes ». Dans le cadre de l’intégration européenne.

    Le texte reprend une résolution votée par l’Assemblée nationale et le Bundstag en janvier 2018, mais dans une version allégée et expurgée, ce qui désole les européistes les plus fanatiques. L’européisme y est pourtant fortement affirmé, mais comme toujours l’idéologie se heurte (encore) aux constitutions nationales, et surtout à la réalité des peuples et à la résistance, qu’on le veuille ou pas, des nations. On lit des pétitions de principe et des exhortations, vers toujours plus d’« intégration », mais concrètement il n’y a guère (par rapport à la situation actuelle de l’« intégration franco-allemande ») que des perspectives de quelques « coopérations renforcées », à grand renfort d’experts, bien entendu.

    Le reste n’est que bavardage, par exemple l’affirmation que « l’admission de l’Allemagne en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU est une priorité de la diplomatie franco-allemande ». Chacun sait que cela ne peut pas se faire et que la seule évolution théoriquement envisageable serait le retrait de la France pour laisser un siège à l’UE… ce qui est impossible puisque l’UE n’est pas formellement un Etat (et ça n’arrivera jamais).

    En bref ce traité ne mérite pas l’attention qu’on lui porte ici ou là.

    *

    Evidemment, l'inscription derrière Timmermans, ça fait tache... (Mais c'est CNN...)

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  • Etat de droit…

    Le Parlement européen a « approuvé » hier, sur « proposition » de la Commission européenne, un projet de « règlement » qui « établit les règles nécessaires à la protection du budget de l’Union en cas de défaillance généralisée de l’état de droit dans un État membre ».

    En clair, quand ce texte sera définitivement adopté par le Conseil, il permettra de couper tous les financements de l’UE aux Etats gouvernés par des méchants, au premier chef la Hongrie et la Pologne.

    Il y a longtemps que les eurocrates voulaient pouvoir ainsi punir financièrement les gouvernements qui prétendent gouverner pour leurs peuples et conserver la souveraineté nationale que leur laisse encore le traité européen. Le problème, a priori insoluble, d’où le retard, est que ce serait illégal, puisqu’il n’y a aucun lien entre les soi-disant violations de l’état de droit dans un pays et le budget européen. On a fini par trouver la solution : « Des mesures appropriées sont prises lorsqu’une défaillance généralisée de l’état de droit dans un État membre porte atteinte ou risque de porter atteinte aux principes de bonne gestion financière ou à la protection des intérêts financiers de l’Union. »

    Bref, il suffit que la politique que l’eurocratie accuse de violer l’état de droit « risque » de porter atteinte, d’une façon ou d’une autre, « aux principes de bonne gestion financière ou à la protection des intérêts financiers de l’Union », pour qu’on soit fondé à déclencher la procédure qui privera ce pays de tout fonds européen.

    On notera bien qu’il suffit que les experts ad hoc (naturellement « indépendants », on ne rit pas) déclarent que telle loi (sur n’importe quel sujet) « risque » de porter atteinte à des « principes » budgétaires pour qu’on puisse sévir.

    On notera aussi et surtout ce que les eurocrates appellent « défaillance généralisée de l’état de droit ». En voici la définition :

    « une pratique ou omission répandue ou récurrente, ou une mesure des autorités publiques, qui porte atteinte à l’état de droit ».

    Une pratique, ou une mesure, ou même seulement une omission, voilà ce qui peut être qualifié de défaillance généralisée de l’état de droit.

    Cela peut surtout être qualifié de dictature et d’arbitraire, en tout état de cause d’abus de pouvoir caractérisé.

    Il y a quand même un côté amusant, voire gaguesque, c’est que c’est au pays qui préside le Conseil européen ces mois-ci que revient la charge de « négocier » l’adoption du texte par les Etats membres. Or ce pays est la Roumanie, qui est dans le collimateur des eurocrates pour « défaillance généralisée de l’état de droit », et particulièrement en ce qui concerne la corruption, seule question qui ne soit pas hors sujet puisqu’elle est la seule où l’on puisse voir un lien entre état de droit national et budget européen…

  • Pression permanente

    Une fois de plus, la Commission européenne, en l’espèce le commissaire Moscovici, « invite » les Etats membres à « engager le débat » pour mettre fin à la règle de l’unanimité dans l’UE en ce qui concerne les règles fiscales.

    « L’unanimité n’est plus un rempart, c’est un obstacle », dit Moscovici. En effet, un obstacle à la suppression de ce qui reste encore de souveraineté des Etats.

  • Honteux

    Emmanuel Macron sur le référendum du Brexit. Quand le président de la République se mue en ridicule complotiste pour dénigrer un peuple qui vote mal :

    « C’est un référendum qui a été manipulé, manipulé de l’extérieur par beaucoup de ce qu’on appelle aujourd’hui les infox, où on a dit tout et n’importe quoi et maintenant on dit débrouillez-vous et, bilan des courses, on a menti aux gens. Et ce qu’ils ont choisi, c’est pas possible. Après, bon courage pour les représentants de la nation qui doivent mettre en œuvre un truc qui n’existe pas. »

    Au passage, le « truc qui n’existe pas » est un article du traité de l’Union européenne.