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Europe - Page 3

  • Ça continue…

    La Commission européenne envoie au gouvernement polonais un « avis motivé » contre sa loi de réforme judiciaire. C’est la deuxième étape de la « procédure d’infraction ».

    Fin août, après les célébrations du 300e centenaire du couronnement de l’icône de Czestochowa, le gouvernement avait répondu à la Commission que ses critiques étaient « sans fondement » et que la réforme était conforme aux valeurs européennes. Ce qui n’a pas plus du tout aux commissaires, d’autant que cette réponse arrivait avec deux jours de retard. Car on ne travaille pas un jour férié (celui de la fête de Czestochowa, et le lendemain était un dimanche).

    Désormais, le gouvernement polonais a un mois pour « prendre les mesures qui s’imposent », faute de quoi la Commission… « pourrait décider de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne ».

     

  • Les Norvégiens le restent

    Au début de l’année on donnait comme acquise la victoire de la gauche aux législatives norvégiennes. Les travaillistes étaient crédités de 36% des voix.

    Les élections ont eu lieu hier. Les travaillistes ont obtenu 27,4% des voix, leur deuxième plus mauvais score depuis 1924.

    L’alliance des conservateurs (25,1%) et des « populistes » (le parti du progrès, 15,3%) garde donc le pouvoir. Pour faire en sorte que la Norvège reste un pays florissant, en dehors de l’Union européenne, et en dehors de la tsunamigration (grâce aux « populistes »). Et les Verts sont en dessous des 5%, ce qui permet de continuer tranquillement l’exploitation du pétrole.

    La Norvège a le fonds souverain (abondé par les revenus du pétrole et les gains des placements) le plus important du monde. On disait qu’il allait peut-être dépasser le montant historique de mille milliards de dollars à la fin de cette année. Il a atteint les mille milliards de dollars ce mardi. Au premier semestre il a connu un rendement record de 6,5%, soit un gain de 499 millions de couronnes (63,7 millions de dollars).

    Le gouvernement puise un peu dans le fonds pour assurer le bien-être général. Il a toutefois abaissé de 4 à 3% le plafond autorisé. Mais 3% de 1000 milliards, ça fait quand même 30 milliards…

    P.S. - Certains pourraient se demander à quoi ça sert d'amasser tout cet argent. C'est tout simplement que les Norvégiens, eux, pensent à leurs descendants : quand ils n'auront plus de pétrole, ils auront toujours les revenus du pétrole, c'est-à-dire du pactole.

  • Brexit

    La Chambre des Communes a adopté au petit matin en deuxième lecture le projet de loi d’abrogation de l’acte d’adhésion du Royaume-Uni à la Communauté économique européenne en 1972.

    On disait que Theresa May affaiblie aurait besoin des dix voix des Unionistes d’Irlande du Nord pour faire passer le texte. En fait celui-ci a été adopté par 326 voix contre 290. Même sans les unionistes elle avait donc encore nettement la majorité.

    Evidemment elle n’a pas caché sa joie : « Le Parlement a pris la décision historique de soutenir la volonté du peuple britannique et de voter pour une loi qui apporte certitude et clarté en vue de notre retrait de l'Union européenne. »

    Le texte, qui rétablit la souveraineté du droit britannique et permet au gouvernement de faire un sort aux quelque 12.000 règlements européens qui s'appliquent actuellement dans le pays, va maintenant être examiné pendant huit jours en commission avant de poursuivre son parcours parlementaire.

  • La lettre de Viktor Orban à Jean-Claude Juncker

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    Cher Monsieur le Président, cher Jean-Claude,

    En réponse à votre lettre du 5 septembre 2017, je souhaite par la présente vous informer de la position du gouvernement hongrois sur les questions que soulève ladite lettre.

    Tout d'abord, je suis heureux de constater que vous aussi reconnaissez les efforts de la Hongrie en matière de protection des frontières. Au cours des deux dernières années, la Hongrie a défendu nos frontières communes en mobilisant des ressources budgétaires, en construisant une clôture de protection et en y plaçant des milliers de chasseurs à la frontière en service actif.

    Je me permets de réitérer respectueusement le point de vue que j’ai exprimé au sommet des chefs d'État et de gouvernement européens, selon lesquels la Hongrie doit toujours se comporter comme un pays où il existe des frontières Schengen, mais pour des raisons géographiques les migrants ne peuvent entrer dans le pays que s'ils ont traversé les frontières de l'UE dans d'autres États membres ; principalement en Grèce. Pour cette raison, la Hongrie n'a pas participé et ne veut pas participer à des projets qui ne considèrent pas cela comme évident.

    De la part du gouvernement hongrois, je souhaite également préciser que, de notre point de vue, votre interprétation du principe de solidarité n'est pas conforme à la législation de l'Union européenne. Et n’est pas conforme aux traditions historiques hongroises. A l’inverse de certains grands Etats membres de l’UE, la Hongrie n’a pas de passé colonial. Ces grands Etats sont devenus des pays d’immigration en raison des obligations découlant de leur héritage colonial. De son côté, la Hongrie n'est pas un pays d’immigration, ne veut pas devenir un pays d’immigration et ne peut pas accepter d'être obligée de changer cela. L'interprétation du principe de solidarité décrite dans votre lettre demande en substance la transformation de la Hongrie en un pays d’immigration contre la volonté des citoyens hongrois. À mon avis, ce n'est pas de la solidarité, c'est de la violence.

    Je souhaite vous informer que nous sommes déconcertés par la partie de votre lettre qui crée un lien entre la question de l'immigration et le Fonds de cohésion. Une telle relation n'existe pas et l'acquis communautaire actuel ne le permet pas. Selon le point de vue du gouvernement hongrois, une partie importante des ressources fournies par le Fonds de cohésion se retrouvent dans les entreprises de pays contributeurs nets. L'économie des principaux États membres de l'UE a donc grandement profité de l'utilisation du Fonds de cohésion, tout comme ils ont également bénéficié de l’ouverture des marchés de nouveaux États membres.

    Je souhaite enfin déclarer que j’ai été stupéfait et abasourdi de lire que vous et la Commission européenne refusiez de fournir un financement pour la clôture. Je suis convaincu que ceux qui ne soutiennent pas la clôture ne peuvent pas et ne veulent pas protéger les citoyens de l'Union européenne. Il est impossible de nous défendre contre les nombreuses tentatives de franchissement illégal de la frontière sans mettre en place des obstacles physiques. Si, au lieu de défendre nos frontières, la Commission européenne est disposée à financer uniquement des mesures et des organisations qui visent à faciliter l'admission des migrants, alors nous fournirons seulement de nouvelles incitations à des centaines de milliers de migrants qui souhaitent venir en Europe, au lieu de freiner l’immigration.

    Je me permets donc de réitérer la demande du gouvernement hongrois que l'Union européenne paye la moitié des dépenses de la mesure hongroise visant à défendre les frontières communes de Schengen, y compris le coût de la construction de la clôture. Cette somme - 270 milliards de forints - a été financée entièrement par les contribuables hongrois, mais la clôture et les chasseurs à la frontière hongrois ne protègent pas seulement les Hongrois, mais aussi les citoyens autrichiens, allemands et autres citoyens de l'Union européenne.

    Sincèrement,

    Viktor Orban

  • Macron ne cassera pas Visegrád

    Propos de Jan Zahradil, député tchèque au Parlement européen, président du groupe de l’Alliance des conservateurs et réformistes européens :

    Je pense qu’Emmanuel Macron se soucie en réalité assez peu de l’Europe centrale et de l’Est. Son but est de se présenter comme un nouveau leader européen qui remettra tout en ordre. Dans sa conception de l’Europe, la France est aux manettes, l’Allemagne finance et tous les autres suivent. C’est, bien sûr, une simplification, mais je pense que pour lui, l’Europe centrale n’est qu’un outil qui lui permet de se valoriser. C’est ce qu’illustre son approche du groupe de Visegrád. Pendant son tour d’Europe, il a rencontré les dirigeants tchèque et slovaque, mais pas polonais et hongrois.

    Il y a un conflit entre les pays d’Europe centrale et la France, à cause de la lutte contre les salaires bas et les tentatives d’entraver la liberté de circulation des travailleurs. Il est logique de parler à Emmanuel Macron de ces questions. Je ne pense cependant pas que nous devrions nous rapprocher de lui simplement parce qu’il nous a fait un cours de realpolitik et a appliqué la règle du « diviser pour mieux régner ».

    Il essaie de démanteler le groupe de Visegrád parce que celui-ci s’est montré trop rebelle récemment. Nous ne devrions pas nous prêter au jeu. La République tchèque ne devrait pas tenter de devenir un intermédiaire entre l’ouest et les « méchants » que sont Jarosław Kaczyński et Viktor Orbán. Ça ne marchera pas. Nous ne ferions qu’enrager la Hongrie et la Pologne, tout en étant considérés comme un laquais par l’ouest.

    Tout comme nous le faisons sur la question de la réinstallation des migrants, le groupe de Visegrád doit garder une position ferme sur le travail détaché. Nous devons faire pression, utiliser des arguments fondés sur le droit primaire européen et prouver que la France enfreint les règles du marché unique.

  • Justice européenne

    La Cour de Justice de l’Union européenne a rejeté, sans surprise, les recours déposés par la Slovaquie et la Hongrie concernant la politique européenne de relocalisation des migrants par quotas dans les différents pays de l'Union.

    L’argument principal paraît être que la décision n’était pas un « acte législatif », et que par conséquent la Commission pouvait appliquer son diktat comme elle l’entendait, sans avoir à en référer au Parlement européen, aux parlements nationaux, ni même au Conseil européen (les chefs d’Etat n’étant que les valets de la Commission qui décide souverainement de tout).

    Ceux qui veulent en savoir plus pourront lire les hilarantes contorsions sémantiques du communiqué officiel, dont voici un exemple :

    En outre, la Cour juge que le Conseil n’était pas tenu d’adopter la décision attaquée à l’unanimité même si, en vue de l’adoption des modifications précitées, il lui a fallu s’écarter de la proposition initiale de la Commission. En effet,la Cour constate que la proposition modifiée a été approuvée par la Commission par l’intermédiaire de deux de ses membres qui étaient habilités par le collège à cet effet.

    Les masochistes pourront se pencher sur les… 347 paragraphes du texte intégral de l'arrêt.

    Les réactions

    Le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto a déclaré que ce jugement était « scandaleux et irresponsable », que la Hongrie continuera de contester les efforts de la Commission pour obliger les pays à accueillir des migrants, et continuera de mettre l’accent sur la défense des frontières extérieures de l’UE, et qu’il est temps d’abandonner un plan de relocalisation qui est un échec.

    Le Premier ministre slovaque a déclaré que son gouvernement respectait pleinement la décision de la Cour européenne de Justice, mais que les critiques de la Slovaquie n’avaient pas changé du tout, et il a souligné que le plan dont il était question était temporaire et se termine le 26 septembre (ce qui est rappelé noir sur blanc dans le jugement)…

    Le Premier ministre polonais Beata Szydło a déclaré qu’elle n’était pas surprise par ce jugement mais que celui-ci ne changeait absolument pas la position du gouvernement polonais, qui continuera de refuser qu’on installe des migrants sur son territoire. (La Pologne avait agi en soutien de la Hongrie et de la Slovaquie devant la CJUE).

  • Godiva halal

    Le chocolatier belge Godiva a été acheté par un groupe turc. Conséquence : il ne fabrique plus de pralines à l’alcool.

    Face aux interrogations des amateurs, la direction répond de façon pitoyable et stupide :

    « La stratégie est d’offrir une même gamme à tout un chacun. Les pralines avec de l’alcool s’adressent uniquement aux adultes or nous avons la volonté d’offrir nos produits de manière universelle au plus large panel possible. »

    Il est urgent que Godiva change de logo… et de nom, puisqu’il s’agit de la fameuse lady Godiva qui selon la légende avait traversé Coventry entièrement nue sur un cheval… Tout au moins il serait indiqué de lui mettre un niqab.

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  • L’Irexit ferait-il son chemin ?

    L’économiste Ray Kinsella (ancien professeur à la principale école de commerce irlandaise) a publié le 30 août une tribune dans l’Irish Times, intitulée Pourquoi l’Irlande devrait sérieusement considérer un Irexit.

    C’est un événement, que dans un pays dont toutes les institutions sont fanatiquement européistes, dans le journal qui est le symbole même de la pensée unique, on puisse lire un article, et solidement argumenté, sur l’opportunité et même la nécessité pour l’Irlande de quitter l’Union européenne en raison du Brexit.

    L’argument principal est bien sûr celui que j’avais évoqué le 19 mai dernier : l’économie irlandaise est dépendante de l’économie britannique et les deux sont très liées à l’économie américaine, l’Irlande aurait donc tout à gagner à suivre le Royaume-Uni, alors qu’elle a tout à perdre en restant dans l’UE. Depuis lors, un rapport rédigé par un ancien diplomate irlandais, mais publié par un organisme britannique, a souligné que l’Irlande devrait « prendre sérieusement en considération » l’idée d’un retrait de l’UE. (L’Irish Times y avait brièvement fait écho.)

    Ray Kinsella constate d’abord que la classe politique irlandaise « a fait de l’Union européenne le dépositaire de nos intérêts nationaux et lui a cédé ses responsabilités pour les négociations sur les relations futures avec notre voisin le plus proche et plus grand partenaire commercial ». Ce qui « n’a aucun sens ».

    Il dit ensuite que « le Brexit signifie que l’Irlande, qui partage une position commune sur des questions clefs avec le Royaume-Uni, devient marginalisée, périphérique et dépendante ». Car l’UE « est un géant politique hégémonique et de plus militarisé, contrôlé par l’Allemagne et, dans une moindre mesure, par une identité d’intérêts franco-allemande ». Alors que les débats sur le Brexit auraient dû provoquer une réforme de l’UE, ce centre allemand et franco-allemand désormais débarrassé du problème va faire avancer son programme de centralisation et d’intégration sans la moindre considération pour les petits pays périphériques, dont l’Irlande.

    Il conclut : « La politique, ce doit être parler de l’Irexit. En priorité. »

    Pour être complet, signalons que le 6 janvier 2017, l’avocat Noel Whelan, chroniqueur à l’Irish Times, avait évoqué dans ce journal une interview de Nigel Farage à la télévision irlandaise. L’ancien chef de l’UKIP disait que si le Brexit était un succès les Irlandais seraient conduits à réexaminer leurs relations avec l’UE. Le ministre irlandais des Affaires étrangères avait immédiatement réagi en disant que c’était « fanciful thinking » : une idée chimérique, illusoire. Noel Whelan avait conclu son article en disant qu’il y a quelques années, affirmer que les Britanniques voteraient le Brexit ou que Donald Trump serait président des Etats-Unis aurait été qualifié de « fanciful thinking ».

  • Menteurs

    Les journaux, sous l’inspiration de l’AFP, titrent

    Orban veut faire payer par Bruxelles la moitié de sa clôture antimigrants

    ou

    La Hongrie veut faire payer sa clôture antimigrants à l’UE

    Ce n’est pas la clôture d’Orban, et ce n’est pas une clôture de la Hongrie, c’est, pour ce qui concerne celle qui est à la frontière de la Serbie, une clôture à la frontière extérieure de l’UE, celle que l’agence Frontex devrait surveiller, ce qu’elle est incapable de faire : il serait donc tout simplement normal que l’UE en paye une partie. Sauf si l’UE renonce à toute frontière et veut voir venir tous les « migrants », bien sûr.

    Addendum

    La réponse de la Commission européenne n'a pas traîné :

    Nous ne finançons pas de clôtures ou de barrières aux frontières extérieures.

    Laissons passer tout le monde...

  • Fake news

    Mariya Gabriel, commissaire européen au numérique depuis le mois dernier, va créer un groupe d’experts sur les « fake news », et rédiger une proposition de consultation publique sur le sujet.

    « Il est évident que nous avons besoin d’une approche européenne, en plus des pratiques et lois nationales », dit-elle. « Si nous ne mettons rien en place, les exemples d’abus ne feront que se multiplier. Il est réellement important d’assurer ce type de cohérence au niveau européen. »

    Mariya Gabriel applique ainsi ce que le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, lui a demandé dans sa lettre de mission : « La Commission doit examiner les défis que créent les plateformes en ligne pour nos démocraties en ce qui concerne la dissémination d’informations fausses et initier une réflexion sur ce qui pourrait être fait au niveau européen pour protéger les citoyens. »

    Je ne sais pas qui a inventé ce concept de « fake news », mais c’est proprement génial d’avoir réussi à imposer l’idée que les informations et commentaires non conformes à la pensée unique sont de « fausses informations ». Puisque c’est faux on peut évidemment les interdire… (C’est déjà mis en application en France notamment pour le « délit d’entrave numérique » à l’avortement, et depuis longtemps par la législation « anti-raciste ».)