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Europe - Page 3

  • Manfred Weber et la Hongrie

    Manfred Weber, Spitzenkandidat du PPE aux prochaines élections européennes, a lancé hier un ultimatum à Viktor Orbán, une « dernière chance » pour que son parti puisse rester au sein du PPE, dit-il au détour d'une interview dans un journal : il doit « immédiatement et définitivement cesser la campagne anti-Bruxelles de son gouvernement », « s’excuser auprès des autres partis membres du PPE », et « il est essentiel que l'Université d'Europe centrale soutenue par Georges Soros puisse durablement rester à Budapest ».

    Réponse de Zoltan Kovacs, porte-parole du gouvernement, en trois tweets :

    Le PPE et les conditions de Manfred Weber : L’immigration est au cœur de ce débat avec le PPE. Nous écoutons d’autres opinions, y compris celle de Weber. Mais la défense des valeurs chrétiennes européennes et l'arrêt de l’immigration sont plus importants que la discipline de parti. Sur cela, nous ne pouvons pas céder. 1/3

    En ce qui concerne la question de l’Université d’Europe centrale : Remarquable, la façon dont le réseau Soros fait avancer ici aussi son programme. Comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, le Közép-európai Egyetem continue de fonctionner à Budapest conformément à la législation hongroise. 2/3

    L’éducation, en fait, relève de la compétence du gouvernement national; les critiques sur ce point ne sont donc pas valables. Nos règles et lois s’appliquent à tous les établissements d’enseignement en Hongrie de façon égale, sans exception, pas même pour l’université Soros. 3/3

    ["Közép-európai Egyetem" est le nom hongrois de l’Université d’Europe centrale. C’est une façon de dire que l’université continuera si son fonctionnement est conforme à la loi hongroise, comme le souligne le tweet suivant.]

  • Une réponse à Macron

    Screenshot_2019-03-06 Dear Mr Macron, your arrogance will only make Europe’s problems worse.png

    En réponse à « l’attaque acerbe sur le Brexit », dans la fameuse lettre de Charlemagne Macron sur la « renaissance de l’Europe », le directeur du groupe de réflexion Open Europe, Henry Newman, écrit :

    « Vous affirmez que le Brexit est un "mensonge" et vous vous plaignez que qu’on n’ait pas dit la "vérité" aux Britanniques... Avez-vous suivi nos débats avant le référendum ? Il a souvent semblé que tout le pays discutait des avantages du marché unique et de ce que signifiait quitter l'UE. (…) 17,4 millions de personnes ont voté en faveur de la sortie de l'UE. Il est insultant pour eux et pour nos processus politiques d’insinuer qu'ils “se repliaient dans le nationalisme” ou qu’ils n’aient pas été informés de leur “perte d'accès au marché de l'UE”. (…) Votre lettre contient diverses suggestions pour améliorer l'UE. Certains peuvent être les bienvenues, d'autres moins. Mais chaque proposition implique que l’UE gagne de plus en plus de pouvoirs et une plus grande influence sur la vie des citoyens, au détriment des États souverains, alors que nous savons tous les deux qu’une majorité importante dans l’ensemble du bloc veut que l’UE fasse exactement le contraire. Pour vous, il semble que la réponse à chaque question soit toujours davantage de Bruxelles. (…) Je crains que votre arrogance ne risque d’aggraver les problèmes de l’Europe et non de les résoudre, que vous ne perpétuiez les divisions au lieu d’y répondre. »

    D’où le titre de l'article, paru dans le Telegraph :

    Cher Monsieur Macron, votre arrogance ne fera qu'aggraver les problèmes de l'Europe.

  • La palme

    Pour la palme de la désinformation du jour il y a trois nommés.

    Le Monde :

    La droite européenne lance la procédure d'exclusion du Hongrois Viktor Orban

    Le Figaro :

    La droite européenne lance la procédure d’exclusion d’Orban et son parti

    Le HuffPost :

    La droite européenne (sans LR) demande l'exclusion d'Orban du PPE

    La désinformation de ces trois titres est tellement énorme qu’il est difficile de les distinguer. Même en tenant compte du fait que dans un titre il faut simplifier à l’excès. On considérera donc qu’en parlant d’« Orban » les uns et les autres entendent le président du parti hongrois Fidesz, c’est-à-dire en fait le parti lui-même (comme le précise Le Figaro). Le problème se situe dans l’expression « la droite européenne ». Car c’est doublement faux, quelle que soit la définition qu’on donne à cette expression. Plusieurs partis européens peuvent se réclamer de la droite européenne, si tant est que le PPE se dise de droite… Car en l’occurrence on désigne ainsi le PPE. Et c’est ici qu’apparaît la plus grosse désinformation. Car le PPE ne lance pas la procédure d’exclusion du Fidesz, encore moins « demande »-t-il son exclusion… de lui-même.

    La vérité est que 12 partis membres du PPE demandent l’exclusion du Fidesz, et que l’« Assemblée politique » du PPE se réunira le 20 mars pour examiner la question.

    Quand on ne connaît pas la situation, on peut penser en effet que 12 partis, c’est, en gros, le PPE lui-même. Sauf que le PPE c’est 51 partis membres, 6 partis associés (de pays non membres de l’UE, dont le parti norvégien qui fait partie des 12 contre Orban), et 19 membres observateurs.

    En ce qui concerne le Parlement européen, puisque c’est essentiellement de quoi il est question, le PPE a 217 députés, et ceux qui demandent l’exclusion du Fidesz sont 32. Parmi eux aucun « poids lourd » (français, allemand, italien, espagnol, polonais), aucun député d’Europe de l’Est à l’exception des 3 « chrétiens-démocrates » lituaniens.

    C’est donc un mensonge de dire que « la droite européenne » demande l’exclusion d’Orban.

    Cette opération permet surtout de voir quels sont les pires partis appartenant au PPE. Les voici dans leur ordre d’importance :

    1 Le parti social démocrate du Portugal (6 députés). Il faut dire qu’on ne voit pas vraiment en quoi un parti social démocrate serait de droite

    - l’Appel chrétien démocrate des Pays-Bas (5 députés).

    - Nouvelle Démocratie de Grèce (5 députés) – pas très nouvelle : c’est le vieux parti de Karamanlis.

    4 Le parti chrétien-social du Luxembourg (3 députés).

    - les Modérés de Suède (3 députés)

    - le parti de la coalition nationale de Finlande (3 députés)

    -les chrétiens-démocrates de Lituanie (3 députés).

    7 Les chrétiens-démocrates flamands de Belgique (2 députés).

    8 Le Centre démocrate humaniste de Belgique (1 député)

    - les chrétiens-démocrates de Suède (1 député)

    - le parti populaire du Portugal (1 député).

    Voilà qui rétablit l’affaire à ses justes proportions. Mais qui remporte la palme ? Je pense que c’est le HuffPost. D’un côté il vend la mèche en précisant que LR ne fait pas partie des demandeurs (pour lancer une pique contre le parti de Wauquiez et Bellamy qui se fait le complice d’Orban), mais ce faisant il veut faire croire qu’en dehors de LR toute la « droite européenne » est unie contre le Fidesz, ce qui est le contraire de la réalité.

  • Viktor Orbán

    Alors que dix partis membres du PPE ont demandé l’exclusion du Fidesz, notamment après la campagne d’affiches en Hongrie contre Jean-Claude Juncker, Viktor Orban a traité ceux qui demandent son exclusion d’idiots utiles de la gauche, puis il a annoncé que la campagne contre Juncker se terminerait le 15 mars.

    Parce que alors sera lancée une campagne contre Frans Timmermans…

  • Estonie

    Le parti libéral européiste estonien, La Réforme, qui avait remporté le plus grand nombre de sièges (30) en 2015 mais se trouvait dans l’opposition (à la coalition entre les conservateurs et les sociaux-démocrates…), a augmenté son score à 27,7%, remportant 34 des 101 sièges.

    Les deux partis de la coalition au pouvoir (conservateurs et sociaux-démocrates…) ont perdu des plumes, mais le parti populaire conservateur d’Estonie (EKRE), étiqueté chez nous « d’extrême droite », a bondi de 8,1% à 17,8%, passant de 7 sièges à 19.

    On s’attendait à une percée des « populistes », mais pas à ce point, dans un pays considéré comme l’un des plus « europhiles »…

    Naturellement, dans un pays où les conservateurs peuvent s'allier aux socialistes, l'EKRE n'a aucune chance de participer à une coalition. Jusqu'à la prochaine fois...

  • Leur Europe

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    « Je suis heureuse de vous annoncer que j’ai remporté le prix “Jeune Européen de l’année 2019” décerné par le Parlement européen et la Fondation Schwarzkopf. C’est notre victoire collective : pour les jeunes femmes, pour les filles de migrants, pour l’Europe, pour l’Unité dans la Diversité, pour la paix. »

    Et pour l’islam, oublie volontairement de dire Yasmine, qui est toujours voilée sur les photos.

    (Yasmine se présente comme diplômée de Sciences Po Bordeaux et du Middlebury Institute of International Studies de Monterey dans le Vermont, experte Paix et Sécurité du « Youth Hub AUEU » (Union africaine – Union européenne) et lauréate de Women Deliver.)

  • La Commission et la vérité

    Sous le titre « Les faits comptent », la Commission européenne répond en sept points à la campagne de désinformation du gouvernement hongrois complotiste contre les autorités de l’UE qui favoriseraient l’immigration.

    On a beau être habitué aux mensonges de Bruxelles, ce texte est proprement ahurissant, surtout pour ce qui est du mépris abyssal dans lequel les auteurs du libelle tiennent les Hongrois et leurs gouvernants.

    D’un autre côté, c’est un véritable cadeau qui est fait à Viktor Orbán, car ses services vont pouvoir se délecter de montrer à quel point les eurocrates sont des menteurs.

    Il serait trop long et parfaitement inutile ici de réfuter les sept points. Le premier suffira. Aux Hongrois qui dénoncent les quotas de relocalisation des migrants, la Commission ose répondre que « la relocalisation de réfugiés de l’extérieur de l’UE s’est toujours faite et se fera toujours sur une base purement volontaire ». Sic. Cela, c’est la réponse en gros caractères. Ensuite il y a l’explication (hyper-jésuitique) de cette énormité : il faut distinguer les réfugiés qui sont encore à l’extérieur de l’UE - là c’est sur une base volontaire – et les réfugiés qui sont dans l’UE et qu’il faut répartir. Là ce n’est plus du tout volontaire, d’accord. Mais le plan ne concernait que très peu de gens, et très très peu pour la Hongrie, et le plan n’existe plus. La Commission oublie de dire que c’était un premier plan, qu’elle avait traîné la Hongrie devant la Cour de Justice, et que la Hongrie avait été condamnée… au moment où le plan s’achevait. Il devait être suivi d’un autre, plus important, plus contraignant, mais les eurocrates durent abandonner parce que l’opposition n’était pas seulement de la Hongrie mais de la Pologne, de la Tchéquie, de la Slovaquie, et que d’autres étaient en train de s’y joindre, notamment le Danemark, et peut-être les Pays-Bas, sans parler de la Bulgarie…

    Un autre gros mensonge hyper-jésuitique gros comme un paquebot : « La Commission ne travaille pas avec des organisations qui facilitent la migration irrégulière. » Et dans les explications une autre énormité : « Il n’y a pas de preuves d’ONG travaillant avec des réseaux de passeurs pour aider des migrants à entrer dans l’UE. » Juste avant on lit ceci : « Sauver des vies en mer et s’occuper des personnes vulnérables qui ont fui un bain de sang et la guerre et qui ont besoin de la protection internationale n’est pas la même chose que promouvoir la migration irrégulière. » Il n’y a pourtant pas besoin d’être expert pour voir que la quasi totalité des migrants sur les bateaux sont des noirs d’Afrique sub-saharienne qui ne fuient aucune guerre…

    Pour continuer à s’amuser, c’est ici (en anglais. Il y a aussi une version en hongrois. Mais dans aucune autre langue, parce qu’on n’en est pas trop fier quand même…)

    Et à la fin il y a le rappel du dogme, en gros caractères :

    « L'Union européenne n'est pas et n'a jamais été “Bruxelles” mais un projet piloté et conçu par ses États membres, qui ont chacun décidé, de manière unilatérale et démocratique, que c’est la voie qu’ils souhaitent suivre, y compris la Hongrie. Chacun de ces États membres, y compris la Hongrie, assume à la fois la responsabilité et le mérite des décisions prises collectivement. »

    En bref une fois qu’on y est on ne peut plus rien changer, même quand un gouvernement élu démocratiquement a d’autres intérêts que le gouvernement précédent. Les décisions de l’UE lient pour l’éternité… Avec en prime un autre mensonge : le projet « piloté par les Etats membres », alors que, comme le souligne le traité, c’est la Commission qui est aux commandes.

    Addendum

    Le gouvernement hongrois a réfuté point par point les "arguments" de la Commission dans un texte de huit pages diffusé le 4 mars.

  • Hongrie : la polémique idiote

    Ce qui reste de l’opposition socialiste en Hongrie, complaisamment relayé par l’Afp qui paraît ne pas se rendre compte du grotesque, croit avoir trouvé un cheval de bataille : Viktor Orbán, qui ne cesse de tempêter contre la politique européenne d’immigration et se pose en rempart contre la marée migratoire, accueille en douce des migrants.

    « Les Hongrois ont le droit de connaître la vérité sur la politique pro-immigration du gouvernement hongrois », disent les socialistes en paraphrasant le slogan gouvernemental.

    Mais oui. On a découvert que… 15 Vénézuéliens sont hébergés dans un hôtel de Gárdony. Et qu’ils font partie d’un groupe de 300 réfugiés auxquels le gouvernement hongrois accorde l’hospitalité, avec cours de langue accéléré et accès à l’emploi.

    Comme si cela était contraire à la politique d’immigration de Viktor Orban ! Ces Vénézuéliens sont catholiques, ils viennent via un accord avec l’Ordre de Malte, et en outre ils doivent justifier d’un ancêtre hongrois…

  • Les Hongrois ne lâchent rien

    Le gouvernement hongrois provoque une nouvelle fois l’ire des eurocrates et des médias à leurs ordres, en lançant une nouvelle campagne d’affiches contre les diktats de Bruxelles.

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    « Vous avez le droit de savoir ce que Bruxelles prépare. Ils veulent introduire des quotas obligatoires de relocalisation. Ils veulent affaiblir les droits des Etats de protéger les frontières. Les visas de migrants faciliteraient l’immigration. »

    L’affiche a été publiée sur la page Facebook du gouvernement avec cette légende : « Le gouvernement lance une campagne d'information sur les plans de Bruxelles pour l'immigration. Tout le monde a le droit de connaître les propositions actuelles qui mettent fondamentalement en danger la sécurité de la Hongrie. »

    Addendum

    Jean-Claude Juncker dit qu'il a demandé l'exclusion du Fidesz du PPE.

  • Leur Europe

    La Commission européenne a de nouveau demandé en janvier qu’on s’oriente discrètement et pas à pas vers des prises de décision à la majorité qualifiée en matière fiscale, au lieu de l’unanimité.

    Dans un premier temps ce serait pour les mesures de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales. Puis on pourrait ensuite envisager de rompre l’unanimité dans les dossiers liés à la fiscalité concernant la lutte contre le changement climatique ou la santé publique. Au cours de la troisième phase, la majorité qualifiée serait adoptée pour moderniser les règles communautaires déjà harmonisées, par exemple dans le domaine de la TVA. Et la dernière étape consisterait enfin à introduire ce système pour tout le reste. Au bout du compte la souveraineté des Etats membres en matière fiscale aurait totalement disparu sans que personne ne s’en rende compte…

    Sauf que ça ne fonctionne pas comme ça. La première réunion à huis clos des ministres des Finances a été un fiasco retentissant. Seuls les gouvernements français, allemand et espagnol ont été d’accord pour engager le processus. Derrière, personne n’a suivi. Le ministre luxembourgeois a souligné tout de go que « c’est la souveraineté fondamentale des pays qui est en jeu ». Bon, on comprend pourquoi le Luxembourg a un si soudain accès de souverainisme, mais on ne va pas le lui reprocher…