Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Europe - Page 3

  • Europe de la Défense

    Hier, les ministres de la Défense de 23 pays de l’UE ont signé un document comportant 20 « engagements » censés jeter les bases d’une « coopération structurée permanente » (CSP).

    Bien sûr, Federica Mogherini a aussitôt commenté : « Nous vivons un moment historique pour la défense européenne. »

    Dans un sens c’est vrai, puisqu’il y a 60 ans que le projet de défense européenne a… échoué.

    Mais, nous dit-on, tout est nouveau désormais. A cause de la « crise en Crimée », de Poutine en général, mais aussi de Trump… Ces gens-là sont bien dangereux et il faut donc se serrer les coudes…

    Voilà donc un petit pas de plus vers l’Etat européen. Tout petit, cependant, pour l’instant. Car les décisions de la CSP devront être prises à l’unanimité. Autant dire que, dans un domaine où les intérêts des uns et des autres demeurent largement divergents, il n’y en aura pas beaucoup…

  • Transparence…

    Le 20 novembre, les ministres des Affaires étrangères de l’UE voteront pour déterminer laquelle des 19 villes candidates accueillera l’Agence européenne de médecine, et laquelle des 8 villes candidates accueillera l’Autorité bancaire européenne, après le Brexit.

    Les ministres écriront leurs choix sur des feuilles de papier, qui aussitôt après… seront détruites. C’est une grande première.

    Après la réunion aura lieu une conférence de presse où sera proclamé le choix des villes.

    Les bulletins seront détruits parce qu’il avait été décidé que ce serait un scrutin « secret »…

    Secret mais compliqué : il faut bien s’amuser un peu. Pour chaque agence, il peut y avoir trois tours. Au premier tour, chaque Etat membre a trois votes : l’un qui vaut trois points, un autre qui vaut deux points, le troisième un point. Si une ville obtient 14 points au premier tour, elle a gagné.

    Mais personne ne saura qui a voté quoi et quelles villes ont obtenu tant de points, puisque tout sera détruit. Le Conseil européen invente le vote dont on ne connaîtra aucun chiffre, qui ne fera donc l’objet d’aucune publication dans la base de documents de l’UE.

    Une autre règle du système de vote veut qu’une ville l’emporte si elle obtient 14 points avec seulement des votes à trois points, alors qu’une autre ville aura eu plus de points, mais avec des votes à un ou deux points. Ce sont les « trois points » qui priment…

    Ainsi, n’importe quel pays candidat pourra faire valoir que c’est lui qui a eu le plus de voix et qu’il aurait dû avoir l’Agence, et personne ne pourra le contester puisque tout aura été détruit.

    Je me demande jusqu’où ils vont aller.

  • Glyphosate et démocratie

    Comme on pouvait le prévoir, la Commission européenne a échoué ce matin à faire renouveler la licence du glyphosate pour cinq ans (après avoir échoué à la faire renouveler pour 15 ans, puis pour 10 ans).

    Il y a eu 14 pays pour la proposition, 9 contre (dont la France), et 5 abstentions (dont celle de l’Allemagne qui est déterminante pour la non-obtention d’une majorité qualifiée).

    Il est rare, et même rarissime, que la Commission européenne soit ainsi rembarrée. En général les Etats membre disent oui à tout, sous réserve de quelques modifications marginales, histoire de montrer qu’on n’est pas complètement des esclaves.

    Ainsi l’affaire du glyphosate a le mérite de montrer un aspect très méconnu de la très particulière démocratie européenne (dont l’exécutif, faut-il le rappeler, n’a été élu par personne). Quand la Commission n’arrive pas à ses fins et que le temps presse (la licence du glyphosate expire le 15 décembre), elle réunit un "comité d’appel", ce qu'elle va donc faire. Le "comité d'appel" est formé de représentants de haut niveau des Etats membres. Ou bien le comité d’appel rend les armes, ou bien il persiste dans l’opposition. Dans ce cas… c’est la Commission européenne qui prend la décision finale…

  • Il y avait longtemps…

    Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, s’est livré à une nouvelle diatribe contre la Pologne hier devant la commission des libertés civiles du Parlement européen. Il a demandé au gouvernement polonais de prendre en considération les inquiétudes de l’exécutif de l’UE et des organismes tels que la Commission de Venise afin de s’assurer que les réformes de la justice n’enfreignent pas les règles de l’UE. Or « la Commission est d'avis que ces lois créent une menace à l'état de droit, une menace systémique à l'état de droit en Pologne », a-t-il répété.

    Et Timmermans est dépité de n’avoir pas pu en parler de vive voix avec les ministres polonais malgré ses nombreuses « invitations ».

    Il a conclu de façon dramatique :

    « Si nous ne maintenons pas l’état de droit en Europe, nous abandonnerons les valeurs les plus fondamentales de la coopération européenne, et cela ne concernera pas seulement l'Etat membre Pologne, mais nous affectera tous. »

    Prochaine diatribe la semaine prochaine, en plénière du Parlement européen.

  • UE

    Le Spiegel fait état d’une étude de l’armée allemande intitulée « Perspective stratégique 2040 » qui élabore six scénarios d’évolution de l’UE qui seraient « plausibles à l’horizon 2040 ».

    Parmi ces scénarios, il en est un qui juge donc « plausible » que l’élargissement de l’UE ait été abandonné et que d’autres Etats que le Royaume-Uni aient quitté la communauté, qui a perdu sa compétitivité. Un autre scénario juge « plausible » une UE divisée Est contre Ouest, avec un groupe de pays de l’Est qui réussissent à geler l’intégration européenne et qui sont rejoints par des pays de l’Ouest, certains des pays de l’Est adoptant même le « modèle politique de la Russie ».

    Dans les deux cas l'UE s'effondre.

    Ce qui est étonnant n’est assurément pas l’élaboration de ce genre de scénarios, mais que ce soit le fait d’une organisation aussi politiquement et européennement correcte que l’armée allemande.

  • Bregret ?

    Un nouveau mot est apparu dans le paysage politique britannique : « Bregret ». Il s’agit de montre que de plus en plus de Britanniques « regrettent » d’avoir voté pour le Brexit. A grand renfort de sondages, bien sûr. Sauf que les sondages ne montrent pas cela. Il y a toujours une majorité pour le Brexit. Mais elle avait été gonflée par des anti-Brexit qui étaient devenus pro-Brexit (si bien qu’en mai il y avait 68% de pro-Brexit), et dont beaucoup sont redevenus anti-Brexit. Le « Bregret » concerne donc seulement ceux qui ont deux fois changé d’avis… et changeront encore.

    Une firme qui a changé d’avis, c’est UBS. La plus grande banque de gestion de fortune du monde avait annoncé qu’à cause du Brexit elle devrait retirer de Londres un millier de ses agents. C’est « de plus en plus improbable », déclare aujourd’hui le directeur exécutif du groupe, depuis que des « clarifications réglementaires et politiques » ont été apportées.

    D’autre part, une étude de Colliers International souligne que Londres reste la place la plus attractive d’Europe pour les firmes comme pour les employés.

  • Alerte LGTBI

    Deux agences européennes, celles des médicaments et l’Autorité bancaire, sont installées au Royaume-Uni. Après le Brexit elles devront déménager. Mais parmi les pays qui souhaitent les accueillir, il y en a quatre qui n’ont aucun partenariat pour les couples à sexe unique. Ilga-Europe lance l’alerte rouge. Ilga-Europe, c’est la branche européenne de l’« International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association ». Un lobby généreusement financé par la Commission européenne (donc par nous).

    Donc, si par malheur l’un de ces pays accueille une des deux agences, les couples unisexe qui y sont employés n’ont aucune garantie juridique que leurs « droits » seront respectés.

    « Qu’arrive-t-il aux droits des personnels LGBTI si l’agence des médicaments va à Bratislava, Bucarest, Sofia ou Varsovie, ou si l’Autorité bancaire va dans la capitale polonaise ? », se demande, au comble de l’angoisse, Katrin Hugendubel, « directrice du plaidoyer » à Ilga-Europe. La législation européenne n’est pas claire, dit-elle. Certes, les citoyens européens on la liberté de circulation, mais que se passe-t-il si le partenaire vient d’un pays extérieur à l’UE ?

    Hein ?

    Personne ne peut répondre. Et c’est effroyable.

    Et il y a même des pays qui ne reconnaissent pas la liberté de circulation. Enfin, un. Celui que Katrin Hugendubel a déjà cité deux fois : la Pologne, bien sûr. Toujours la Pologne.

    Dans un premier temps, elle affirmait :

    « Quatre des six pays qui n’ont pas de partenariat [les deux autres sont la Lituanie et la Lettonie] ont dit qu’ils reconnaissaient la liberté de circulation pour les couples de même sexe. La Pologne et la Slovaquie ont clairement dit qu’elles ne le faisaient pas. »

    Mais EUobserver s’est renseigné auprès des Slovaques. Le ministre de la Santé a répondu : « Nous n’avons pas de législation pour les partenaires de même sexe, c’est vrai. Mais une fois que vous avez votre partenaire, peu importe le sexe, et que vous venez en Slovaquie, vous avez les mêmes droits que les gens de sexe différent. »

    EUobserver a demandé confirmation (sic, parce qu’on n’y croyait pas) à l’ambassadeur slovaque à Bruxelles. Lequel a en effet confirmé : « Il faut clairement comprendre que oui, la directive sur la liberté de circulation permet au personnel LGBTI de l’agence des médicaments – ou à tout autre citoyen de l’UE – d’emménager et de vivre en Slovaquie dans les mêmes conditions que les couples mariés de sexe différent. »

    Si c’est vrai c’est génial (« great »), a réagi Katrin Hugendubel.

    Hum… Mais les Slovaques paraissent bien parler de citoyens de l’UE, pas de partenaires étrangers…

    Quoi qu’il en soit la Pologne reste à part. D’ailleurs on ne lui demande même pas sa position...

    Au fait, tout ce cirque, ça concerne combien de personnes ? Deux ? Quatre ? Aucune ?

  • Glyphosate

    La Commission européenne propose désormais de renouveler la licence du glyphosate pour cinq ans, après avoir échoué à la faire passer pour 15 ans, puis pour 10 ans.

    Le nouveau vote aura lieu le 9 novembre.

    Mais la Commission ne précise pas si c’est la dernière autorisation, ou si elle reviendra à la charge dans cinq ans…

    Addendum

    Le gouvernement français répond qu'il s'en tient à sa proposition de quatre ans...

  • Dictateurs

    La Commission européenne a publié hier son « programme de travail » pour 2018. Pathologiquement autiste, la Commission continue imperturbablement dans la direction du toujours plus d’intégration européenne, préférant entendre Merkel et Macron que les peuples qui envoient des messages de plus en plus critiques.

    Au milieu de la propagande convenue du tout va bien et tout va aller de mieux en mieux, et de façon de plus en plus démocratique (c’est à tous les paragraphes), on apprend que la Commission va faire pression pour que soient employées les « clauses passerelles » afin de diminuer les domaines où les Etats peuvent encore opposer leur veto.

    Il faut « continuer de réfléchir à l’idée de listes transnationales [chère à Macron], en tant que moyen de rendre les élections européennes encore plus européennes et plus démocratiques » (sic), « continuer d’explorer le concept d’un président unique du Conseil européen et de la Commission », et créer la « fonction de ministre européen permanent de l’économie et des finances ».

    Et bien sûr, comme on le savait déjà, on va étendre les pouvoirs du parquet européen qui vient d’être créé.

    On lit aussi, au passage, qu’il y aura un plan d’action commun sur la vaccination, qui « aidera les États membres à mettre en œuvre des programmes de vaccination, à réduire les hésitations à l’égard de la vaccination et à renforcer la fourniture de vaccins ». Bon, ça chez nous c’est déjà fait…

    Et ces salauds osent dire qu’ils cherchent « les moyens de renforcer encore la subsidiarité »…

    Enfin, on remarque que la Commission européenne dit de plus en plus souvent « l’Europe » pour désigner l’Union européenne, comme si la Suisse, la Norvège, et bientôt le Royaume-Uni, n’étaient pas en Europe.

  • Pollueurs

    Les Etats membres de l’UE devaient voter aujourd’hui sur le renouvellement de l’autorisation d’emploi du glyphosate, mais… il n’y a pas eu de vote, parce que la Commission européenne n’a pas pu trouver de majorité pour son projet pourtant sérieusement revu à la baisse. Comme quoi l’argent des lobbies n’a pas toujours gain de cause…

    La Commission européenne souhaitait que l’autorisation soit renouvelée pour 15 ans. Devant le tollé, elle avait réduit la période à 10 ans. Mais il paraissait impossible d’obtenir un consensus sur ces dix ans. Hier, le Parlement européen votait pour une interdiction totale du glyphosate en 2022. Du coup, ce matin, la Commission européenne avait encore réduit ses prétentions, demandant aux Etats membres de renouveler l’autorisation pour cinq à sept ans. Mais elle n’a donc pas trouvé de majorité.

    Aucune date n’a été donnée pour une nouvelle réunion. L’autorisation du glyphosate se termine au 31 décembre.