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Europe - Page 3

  • Les acharnés du cordon

    Les eurodéputés, nous dit Euractiv, « appliquent le cordon sanitaire à Beata Szydło ».

    Avec un acharnement antidémocratique qui en dit long.

    On se souvient que, contrairement aux usages et au simple bon sens, tout ce qui est à droite du PPE a été exclu des 14 vice-présidences du Parlement européen, vice-présidences instituées précisément pour refléter la diversité politique du Parlement. Mais en ces temps de diversité obligatoire, il y en a une qui est interdite… De même, le groupe ID (Rassemblement national, Ligue…) a été exclu des présidences et vice-présidences des commissions, ce qui est contraire au règlement même du Parlement.

    Pour faire bonne mesure et pour humilier spécialement la Pologne, on a refusé aussi la présidence de la commission emploi et affaires sociales à Beata Szydło, du groupe CRE, ancien Premier ministre de Pologne. Le 10 juillet, cette commission était la seule à ne pas avoir de président. Nouveau round le 15 juillet. Le co-président du groupe CRE Raffaele Fitto (dont Euractiv fait un « coordinateur du groupe PPE », bravo les spécialistes…) a de nouveau présenté Beata Szydło comme candidate à la présidence de la commission. L’opposition à Beata Szydło est menée par le groupe Rèniou Iourop : les amis de Macron ont déclaré qu’ils n’accepteraient d’ailleurs aucun candidat du groupe CRE. En violation du règlement du Parlement, comme le leur a fait remarquer Raffaele Fitto.

    Cette commission est (depuis le 10 juillet) la seule à ne pas avoir de président, ce qui rend impossible la réunion de la Conférence des présidents et donc l’audition des nouveaux commissaires…

  • Petite provoc

    La nouvelle présidente slovaque, Zuzana Čaputová, du parti « Slovaquie progressiste », est une caricature de l’idéologie dominante… de l’ouest, militante européiste des droits LGBT et de l’avortement. Le président de la Slovaquie n’a quasiment aucun pouvoir, mais ça n’empêche pas d’aller faire de l’agitation ailleurs. Ainsi Zuzana Čaputová est-elle allée chez les voisins hongrois pour faire sa petite provoc. Elle a rencontré son homologue János Áder, et elle a déclaré à propos du groupe de Visegrád :

    « Pour que notre coopération ait un sens, elle ne doit pas se limiter à la protection des intérêts régionaux. Il doit s’agir de promouvoir les valeurs démocratiques, les valeurs de liberté et d’État de droit ainsi que les valeurs de l’intégration européenne (…) afin que nous ne soyons pas perçus comme ceux qui divisent ou affaiblissent l’UE. »

    Puis elle a rencontré Viktor Orbán, et elle a fait l’éloge de la « démocratie libérale ».

    La bonne presse hongroise a annoncé sa visite comme celle d’un « agent de George Soros »…

  • Lorenzo Fontana

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    Le ministre italien des Affaires européennes Paolo Savona avait quitté le gouvernement en mars pour prendre la direction de la commission de surveillance de la Bourse italienne. On ne s’est pas pressé pour lui trouver un remplaçant… Manifestement on attendait les élections européennes. Matteo Salvini a choisi son ami Lorenzo Fontana, et le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, s’est dit « content d’accepter la proposition ».

    Lorenzo Fontana était jusqu’ici ministre de la Famille. Militant pour la vie, catholique pratiquant qui va à la messe de saint Pie V (il avait dit à propos du motu proprio Summorum Pontificum : « C'est un événement d'importance historique, qui marque un retour à la tradition »), il avait déclaré dès sa nomination : « Les familles arc-en-ciel n'existent pas dans la loi italienne. » « Les familles sont celles qui sont naturelles, où un enfant doit avoir un père et une mère », et « la famille naturelle est attaquée » par les militants LGBT qui « veulent nous dominer et effacer notre peuple ». Et aussi ceci qui est fort à propos ces jours-ci : « L’avortement est la première cause de féminicide au monde ».

    Lorenzo Fontana est tout aussi direct quand il s’agit de l’Union européenne. Et c’est la première fois dans toute l'Europe qu’est nommé un tel ministre des Affaires européennes. Rappel de ce qu’il disait en 2017 lors d’un meeting de la Ligue :

    Nous sommes contre l'Europe de la franc-maçonnerie, nous sommes contre l'Europe de la "Finance", nous sommes contre l'Europe de Soros: nous sommes contre ceux qui veulent l’invasion islamique de notre Europe; nous sommes contre ceux qui veulent que nous soyons envahis par les migrants, parce qu'ils disent que nous avons un problème démographique, alors nous avons besoin des immigrants. Oui! Nous sommes contre cette Europe ! Mais la vérité est que NOUS SOMMES les vrais patriotes européens ! Nous aimons l'Europe. Certes, nous voulons une Europe qui a LÉPANTE dans ses racines, quand nos navires se sont battus contre l'invasion islamique et ne se sont pas honteusement couchés comme aujourd'hui !

    Notre Europe demande aux familles d'avoir plus d'enfants ! Et pas que les immigrants doivent venir parce que nous avons un problème démographique ! Nous voulons aider les Européens à avoir plus d'enfants européens ! C'est ce que nous voulons pour notre Europe ! Nous voulons une Europe où le mariage est entre une mère et un père ! Et que les enfants sont donnés à une mère et un père ! Les autres choses détestables, nous ne voulons même pas les entendre mentionnées !

    C'est donc une Europe où il y a un grand conflit en cours ! Nous représentons l'identité et le patriotisme, ceux qui aiment la terre de leurs pères. Et contre nous, nous avons ceux qui veulent la standardisation, qui veulent la mondialisation, qui veulent que nous soyons tous des numéros, qui veulent que nous soyons tous des consommateurs ! Mais nous aimons l'identité, la tradition, les peuples et la variété. Il est clair que ce que nous devons faire – vu que c'est un défi mondial - c'est regarder non seulement nos régions - même si c'est très important - non seulement « La Padanie », pas seulement toute l'Italie ou toute l'Europe, mais il faut regarder le monde entier - et former une «alliance identitaire», un «front identitaire» - qui combat la franc-maçonnerie de Bruxelles et également mondiale, qui veut nous détruire, qui veut nous anéantir !

  • Démocrates européens

    Alors que les… 14 vice-présidents du Parlement européen sont censés refléter la diversité politique de l’hémicycle, on note qu’il y a cinq vice-présidents PPE, trois vice-présidents socialistes, deux vice-présidents Rèniou Iourop, deux vice-présidents verts, un vice-président communiste, et un non-inscrit. Tout ce qui est à droite de ce panel (groupes CRE et ID) a été exclu. (Verts : 74 députés, ID : 73 députés, CRE : 62 députés, communistes : 41 députés.)

    Plus fort encore : les présidences et les quatre vice-présidences des commissions doivent être réparties entre les groupes au pro rata : ce n’est pas une tradition, c’est noir sur blanc dans le règlement, avec la « méthode d’Hondt » qui doit être suivie. Le groupe ID (Rassemblement national et Ligue) devait ainsi obtenir la présidence de deux commissions : il n’en a aucune. Ni aucune vice-présidence.

    Et bien sûr il fallait le camouflet spécial à la Pologne. Beata Szydło (CRE), ancien Premier ministre, devait être présidente de la commission emploi et affaires sociales. Sa candidature a été rejetée, pour punir la Pologne d’avoir refusé que Frans Timmermans devienne président de la Commission européenne… (La commission emploi et affaires sociales est de ce fait la seule, à ce jour, à ne pas avoir de président…)

  • Histoire belge

    Charles Michel, le Premier ministre belge, qui restait Premier ministre après les élections dans l’attente de la nomination d’un nouveau gouvernement, ce qui n’est pas pour demain, a été nommé président du Conseil européen. Il ne pourra donc pas nommer le prochain commissaire européen belge. Or personne d’autre n’a ou n’aura autorité pour le faire tant qu’il n’y aura pas de nouveau gouvernement.

    De Bruxelles à Bruxelles en passant par Bruxelles : c’est l’impasse.

  • Leur Europe

    Le président du Parlement européen a été élu selon la tradition par consensus droite-gauche, et tout ce petit monde (Bellamy en premier) s’est levé pour féliciter l’heureux vainqueur socialiste.

    Thierry Mariani, qui raconte cette pitrerie, ajoute ce qui s’en est suivi quant à l’élection des vice-présidents :

    Les discours que j’ai entendus depuis deux jours ont porté sur la tolérance, les valeurs et la démocratie. En réalité, on a deux groupes dont le groupe ECR où on retrouve essentiellement les Polonais du PiS, et le nôtre. Ils représentent 160 voix, c’est-à-dire 20 % du parlement. Ils se sont vus exclus de toutes les vice-présidences.

    Je rappelle que les verts ont 74 sièges et ont eu deux vice-présidences. En revanche le groupe ID où se trouve le Rassemblement national a 73 sièges et zéro vice présidence.

    Les règlements de compte minables sont allés jusqu’à élire un non inscrit comme vice président.

    Pourquoi le non inscrit a été élu ? C’est un Italien qui déteste monsieur Salvini. On se trouve aujourd’hui avec un parlement qui expliquera à la planète entière qu’il faut respecter les minorités et qui a sciemment liquidé 27 % des parlementaires pour qu’ils ne soient pas représentés aux vice présidences. Très sincèrement, on s’attend à la même chose aux Commissions. Ce sont des beaux discours, des petits calculs et des grands arrangements. Welcome in Europe !

  • En Grèce

    La « droite » a obtenu la majorité absolue aux législatives, et la gauche perd donc le pouvoir.

    Le nouveau Premier ministre est le libéral Kyriákos Mitsotákis (diplômé de Harvard et de Stanford), qui a prêté serment ce jour à 13 h, devant le président de la République et l’archevêque Jérôme II d’Athènes.

    On dit que le ministre des Affaires étrangères devrait être Margaritis Schinas, actuelle porte-parole en chef de la Commission européenne.

    C’est tout dire…

    Toutefois cela nous épargne la réédition de la pénible cérémonie où Tsipras avait refusé la présence de représentants de l’Eglise de Grèce, et de prêter serment sur l’Evangile, ce qui était sans précédent.

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    (A gauche sa femme Mareva Grabowski et leurs trois enfants Constantin, Sophie et Daphné.)

  • Šefčovič

    Vice-président de la Commission européenne chargé de l'Union de l'énergie dans l’actuel organigramme, le Slovaque Maroš Šefčovič était annoncé comme futur Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Mais c’est l’Espagnol Josep Borrell qui a été désigné. Maroš Šefčovič entend bien rester néanmoins à la Commission européenne, mais ça coince en Slovaquie. Depuis qu’il a vanté haut et fort les mérites non seulement professionnels mais personnels et familiaux de l’homme qui écrit ses discours, le parti national slovaque, qui fait partie de la coalition au pouvoir, considère qu’il ne peut plus lui donner son aval. Car le « nègre » de Šefčovič est un inverti qui élève avec son « mari » des enfants issus de mères porteuses. Le commissaire trouve cela vraiment très bien, mais le parti national slovaque juge que c’est « éthiquement inacceptable »…

  • Demi-président

    Le Parlement européen a élu président le socialiste italien David Sassoli.

    Je n’avais jamais entendu parler de lui. Il était pourtant déjà l’un des vice-présidents (muet) du Parlement européen.

    En fait David Sassoli, dont la fiche Wikipedia, même en italien, est désespérément vide, était le présentateur du 20h à la première chaîne italienne, qui s’est trouvé un confortable fromage de pénarde reconversion…

    Naturellement, David Sassoli n’est qu’un demi-président. Car au milieu du mandat, l’homme de gauche sera remplacé par un homme de droite, selon le consensus établi. (Nouvelle preuve que Macron a vraiment raté son coup.)

  • Etats-Unis d’Europe

    Les 28 ont réussi à trouver un président de la Commission européenne : c’est Ursula von der Leyen, l’actuelle ministre de la Défense d’Allemagne. Elle est ouvertement pour des « Etats-Unis » d’Europe. Au moins c’est clair.

    La présidence du Conseil revient au Premier ministre belge libéral et européiste Charles Michel, et la présidence de la BCE à Christine Lagarde, directrice du FMI.

    Addendum. Le nouveau "Haut Représentant" bla-bla-bla est le ministre socialiste espagnol des Affaires étrangères Josep Borell.

    Addendum 2. Ce sont les pays du groupe de Visegrád qui ont empêché la nomination de Frans Timmermans. Réaction d'Iratxe Garcia, chef du groupe socialiste : « Il est inacceptable que les gouvernements populistes représentés au Conseil excluent le meilleur candidat uniquement parce qu’il a défendu l’État de droit et nos valeurs européennes communes ».