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Europe - Page 2

  • La Pologne condamnée…

    La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a condamné la Pologne, bien sûr, dans l’affaire de la forêt de Białowieża : le gouvernement polonais n’aurait pas dû couper les arbres malades pour empêcher la contamination des arbres sains…

    Bien sûr, c’est un pur hasard si le jugement est prononcé par un juge polonais, Marek Safjan, qui fut nommé président du Tribunal constitutionnel de Pologne (la bête noire du gouvernement actuel) par le président Aleksander Kwasniewski qui était un ancien ministre du régime communiste…

    Peut-être n’est-il pas inutile de savoir ce qui est exactement reproché au gouvernement polonais.

    C’est de ne pas avoir « interdit de tuer intentionnellement » « les coléoptères saproxyliques, à savoir le bupreste splendide (Buprestis splendens), le cucujus vermillon (Cucujus cinnaberinus), le phryganophile à cou roux (Phryganophilus ruficollis) et le Pytho kolwensis », et d’avoir omis d’assurer la protection de la chouette chevêchette (Glaucidium passerinum), de la chouette de Tengmalm (Aegolius funereus), du pic à dos blanc (Dendrocopos leucotos) et du pic tridactyle (Picoides tridactylus)…

    Il ne s’agit donc même pas des arbres, mais d’insectes et d’oiseaux dont la vie aurait pu être perturbée par les abattages… en vertu de la directive 92/43, telle que modifiée par la directive 2013/17, ainsi que de l’article 4, paragraphes 1 et 2, de la directive 2009/147/CE, et de l’annexe I de la directive 92/43, telle que modifiée par la directive 2013/17…

    En bref le gouvernement polonais a méconnu les droits des coléoptères saproxyliques en ne laissant pas pourrir les arbres malades, et a méconnu les droits des oiseaux à nicher sur des arbres malades...

  • Hongrie ou Pologne ?

    Hier soir, les députés polonais ont voté un amendement à l’une des lois de réforme de la Justice, en signe de bonne volonté vis à vis de Bruxelles. Le texte devrait être adopté aujourd’hui par le Sénat.

    « Nous voulons mettre un terme au conflit, et y parvenir rapidement », a dit le président de la Diète.

    Selon cet amendement le ministre de la Justice devra consulter les juges d’un tribunal avant de décider de remplacer ou non son président. En cas de refus, une commission judiciaire (où les élus du PiS sont majoritaires) sera consultée.

    Selon la présidente du Tribunal suprême, les concessions faites par le PiS sont « illusoires » et « ne vont pas aider à la résolution du conflit en cours » car elles « ne concernent pas les questions les plus controversées ».

    Mais, dès mercredi, Frans Timmermans avait déclaré qu’un accord pourrait être trouvé très bientôt avec la Pologne, laissant entendre que la procédure contre Varsovie pourrait être abandonnée.

    C’est que, au lendemain de la nouvelle victoire électorale de Viktor Orbán, c’est la Hongrie qui redevient la première bête noire de l’UE. Chacun son tour. Hier, la Néerlandaise Judith Sargentini, de la « gauche verte » (sic), a présenté un projet de rapport, au nom de la Commission des libertés civiles du Parlement européen, indiquant que l’UE devrait prendre des sanctions contre la Hongrie en raison d’un « risque clair de sérieuse violation » des valeurs européennes, des droits fondamentaux et de l’état de droit dans ce pays… Le texte demande même de déclencher la procédure de l'article 7, celle qui avait été déclenchée contre la Pologne...

  • Essaye encore…

    Screenshot-2018-4-11 ALLEA Becomes Knowledge Partner of Re-Imagine Europa -.pngUne bande de vieux européistes, avec à leur tête Valéry Giscard d’Estaing, 92 ans, lance aujourd’hui à Bruxelles une initiative intitulée « Re-imagine Europa ». (Bien sûr c’est en anglais et le site internet est uniquement en anglais. Un hommage au Brexit, sans doute…) Le titre du discours de VGE est : « Europa : the last chance for Europe ». De son vivant, sans aucun doute. Mais comment peut-on… imaginer lancer une nouvelle initiative avec comme tête d’affiche un politicien de 92 ans ?!!!

    Bien entendu il s’agit d’une énième resucée de la propagande en faveur d’une « Europe plus intégrée ». Mais, concrètement, on apprend seulement que « Re-imagine Europa » va travailler sur deux questions clefs : « un système économique plus loyal et plus compétitif pour l’Europe », et « la démocratie dans une réalité post-factuelle ». Sic. En anglais dans le texte : « Democracy in a Post-Factual Reality ».

    Screenshot-2018-4-11 Why - Reimagine Europa.pngAh si, attendez, il y a aussi deux vieux dans un coin qui radotent : « Nous sommes dans une nouvelle phase de l’intégration européenne - qui appartient à une nouvelle génération - plus active, plus inventive et plus unie - qui entre dans la vie active. »

    Au fait, l’autre signataire de la bafouille, c’est Helmut Schmidt. Il est mort en 2015 (à 96 ans : même la photo est très vieille). Quelqu’un pourrait leur dire, à « Re-imagine Europa », que ça ne va pas faciliter la discussion ?

    Le problème de ces ringards, morts ou pas encore morts, c’est que ceux qui inventent l’Europe de l’avenir sont ailleurs et ont, eux, un véritable dynamisme. Et que leur vision de l’Europe est à l’opposé de leur super-Etat centralisé qui finira immanquablement dans la poubelle de l’histoire. La véritable Europe on la prépare à Budapest, à Varsovie, à Prague, à Visegrád, et à Vienne et à Milan, et à Londres... Une Europe des Etats, une Europe des nations, une Europe de la libre coopération dans le respect de l’histoire et des traditions.

  • Brexit

    Le directeur général de Barclay, Jes Staley, s’exprimait hier au Kings College.

    Il a notamment déclaré : « Il y a des raisons de penser que pendant une certaine période le PIB du Royaume-Uni va probablement croître moins qu’il l’aurait fait sans le Brexit, mais comme il continuera de croître ça ne fera pas les grands titres ».

    Il a ajouté que les opportunités du Brexit, notamment la séparation de la bureaucratie bruxelloise et le recentrement à Londres des prises de décision, aideraient à faire du Royaume-Uni un pays plus compétitif après son départ de l’UE.

    L’inquiétude pour l’avenir de la compétitivité britannique vient plutôt de la décision du gouvernement américain de réduire les taux des taxes de 20%.

  • Viktor Orbán

    Le 15 mars dernier, Viktor Orbán a prononcé un grand discours à l’occasion du 170e anniversaire de la révolution de 1848. Le Visegrád Post l’a traduit intégralement. En voici trois extraits, pour inciter à le lire en entier.

    La situation actuelle, chers amis, c’est qu’on veut nous prendre notre pays. Pas d’un coup de plume, comme il y a cent ans à Trianon ; maintenant, ils veulent que nous cédions volontairement notre pays à d’autres, sur une période de quelques décennies. Ils veulent que nous le cédions à des étrangers venant d’autres continents, qui ne parlent pas notre langue et qui ne respectent pas notre culture, nos lois ou notre mode de vie : des gens qui veulent remplacer ce qui est à nous par ce qui est à eux. Ce qu’ils veulent, c’est que désormais ce ne soit plus nous et nos descendants qui vivions ici, mais d’autres. Il n’y a pas d’exagération dans ce que je viens de dire. Jour après jour, nous voyons les grands pays et nations d’Europe de l’Ouest perdre leurs pays : petit à petit, quartier par quartier, et de ville en ville. Le fait est que ceux qui n’arrêtent pas l’immigration à leurs frontières sont perdus : lentement mais sûrement ils sont consommés. Des forces extérieures et des puissances internationales veulent nous imposer tout cela, avec l’aide de leurs alliés dans notre pays.

    L’Europe est déjà aujourd’hui envahie. Si nous n’agissons pas, dans les prochaines décennies, des dizaines et des dizaines de millions d’Afrique et du Moyen-Orient vont venir en Europe. La partie occidentale de l’Europe assiste à cela les mains en l’air. Quiconque met les mains en l’air se désarme soi-même et ne décide plus de son propre sort. L’Histoire des perdants est écrite par quelqu’un d’autre. Les jeunes d’Europe occidentale vont faire l’expérience de devenir une minorité dans leur propre pays, et perdront le seul endroit du monde qu’ils pouvaient considérer comme leur patrie.

    Chers jeunes, peut-être ressentez-vous que le monde vous appartient, et que vous pouvez faire face à tout. Et vous avez raison : un manque d’ambition est la définition de la médiocrité. Et la vie n’est bonne à rien si l’on n’en fait rien, si on ne tente rien. Mais dans votre vie aussi viendra un moment où vous réaliserez que vous avez besoin d’un lieu, d’une langue, d’une maison où vous vous sentirez chez vous, entouré des vôtres et vivant votre vie dans la bienveillance et la sécurité. Un endroit où vous pourrez rentrer, et où vous pourrez sentir que la vie a un sens, et qu’à la fin tout cela ne tombera pas dans l’oubli. Et cela s’ajoute et s’insère dans une merveilleuse construction millénaire, qu’on appelle tout simplement la patrie, la patrie hongroise. Mes chers jeunes Hongrois, maintenant la patrie a besoin de vous. La patrie a besoin de vous, venez combattre avec nous, afin que, quand vous en aurez besoin, votre patrie soit toujours là pour vous.

  • En Autriche

    Un Autrichien vient de prouver qu’on peut faire échec à la discrimination positive et aux pratiques du suprémacisme féministe.

    Il s’appelle Peter Franzmayr – et il ne fait pas mystère d’être un sympathisant du FPÖ. Il avait porté plainte pour discrimination après qu’on lui eut préféré une femme dans le cadre d’une promotion interne à un très haut niveau du ministère des Transports en 2011, alors qu’il avait été légèrement mieux classé qu'elle à l'issue du processus de sélection.

    Le Tribunal administratif fédéral lui a donné raison, relevant « une tendance claire à traiter plus favorablement (la femme) que les autres candidats depuis le début ». Doris Bures, ministre des Transports de l’époque, a défendu son choix, soulignant que la décision finale avait été prise en raison de la « sous-représentation massive des femmes » à ce niveau (mais la femme en question était déjà à la tête du régulateur ferroviaire…). Elle a ajouté : « J'espère que la décision actuelle ne remet pas en cause le principe de promotion des femmes. » Ce jugement remet heureusement en cause la promotion discriminatoire, et il serait bon qu’il fasse jurisprudence dans tous les pays qui s’abandonnent au suprémacisme féministe.

    Peter Franzmayr recevra 317.368 euros de dédommagements. Et il vient d’être nommé à la tête d’Asfinag, les autoroutes autrichiennes.

  • Encore Horst Seehofer

    Le ministre de l’Intérieur allemand Horst Seehofer a encore déclenché une polémique, dimanche, deux jours après la précédente, cinq jours après sa nomination…

    Il a déclaré dans une interview à l’édition du dimanche de Die Welt que les contrôles aux frontières de l’Allemagne doivent se poursuivre et même être renforcés, tant que l’UE ne sera pas en mesure de contrôler efficacement ses frontières extérieures. « Et je ne vois pas qu’elle y réussisse dans un avenir prévisible. »

    D’autre part il demande que soient nommés davantage de juges administratifs pour accélérer les expulsions des demandeurs d’asile déboutés. Et il veut identifier « tous les obstacles à l’expulsion ».

    Enfin, concernant les pays de l’est qui refusent d’accueillir des « réfugiés », il accuse la Commission européenne d’avoir une attitude contre-productive en leur « faisant la leçon ».

    Si le mépris affiché de Seehofer pour les règles de l’espace Schengen fait grincer ici ou là, c’est surtout sa mise en cause de la Commission européenne qui a fait réagir, car c’est un crime de lèse-majesté. On ne veut même pas entendre qu’il a ajouté : « Si nous continuons à négocier patiemment, nous gagnerons une bonne partie des pays pour la répartition des réfugiés. » Mais, s’apercevant sans doute qu’il s’avançait de façon quelque peu inconsidérée, il a poursuivi : « « Une autre partie des pays participera d’autres façons, par exemple par l’envoi d’agents aux frontières ou d’argent pour la sécurité des frontières communes »…

  • En Grèce

     

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    Il y a encore des pays de l’Union européenne où la liberté d’expression n’est pas un vain mot. Par exemple la Grèce, où un évêque poursuivi pour homophobie par 8 militants LGBT a été relaxé.

    Mgr Ambroise, évêque de Kalavryta en Achaïe, en décembre 2015, avait écrit sur son blog à propos de la discussion de la loi sur le Pacs local :

    Crachez leur dessus ! Rabaissez-les ! Votez contre eux ! Ils ne sont pas humains ! Ce sont des monstres de la nature ! Mentalement et spirituellement malades ! Ce sont des malades mentaux !

    Le moins qu’on puisse dire est que le propos est violent, et, il faut le dire, pas très catholique… Chez nous la condamnation serait sévère.

    Au tribunal d’Aigion, Mgr Ambroise a été relaxé des charges d’incitation publique à la violence et abus de fonctions ecclésiastiques. Les juges ont suivi le procureur qui avait souligné que le propos s’adressait non aux invertis mais aux députés, et considéré qu’il n’y avait pas d’appel à la violence. L’évêque avait insisté sur le fait que son appel à cracher sur les invertis était « métaphorique » (en grec !) – il demandait aux députés de rejeter le texte - et que tout le monde l’avait compris puisque personne ne l’a pris au mot.

    D’autre part les maires de Kalavryta et de Aigion ont témoigné du travail social spectaculaire de l’évêque dans les deux villes, où l’aide est fournie sans aucune discrimination.

    Mgr Ambroise est coutumier de propos « incorrects ». L’année suivante, il avait dénoncé le blasphème d’une affiche de la « gay pride » de Thessalonique qui montrait un crucifix avec à la place de l’inscription « I.N.R.I. » le drapeau arc-en-ciel. Il disait :

    Les dévots et les adeptes du rapport intime rugueux, connu sous le nom de Gays, nous provoquent encore une fois ! Ils organisent encore une fête des homosexuels à Thessalonique, à savoir une fête de l’anormalité et du déshonneur, la 5e de ce type, annoncé comme un «fête de fierté» !!

    En d'autres termes, ce genre de gens éthiquement anormaux du point de vue du christianisme, qui sont dans le prolongement de ceux qui vivaient autrefois à Sodome et Gomorrhe, nous défient et s’exhibent devant nous avec fierté, et comme ils disent, ils vont célébrer leur passion ! Mais ce n’est pas de la fierté, comme ils le prétendent, c’est être impudique et scandaleux ! Malheureusement, l'impudeur est aujourd'hui “à la mode” !!!! Dans quelques années, à la façon dont les choses se passent, les gens normaux et physiologiques courront se cacher tandis que les anormaux nous doubleront et auront le contrôle, avec leur orgueil odieux.

    En 2014 il avait dénoncé la loi dite antiraciste :

    Avec la nouvelle loi qui entre en application, ceux qui parleront de la patrie et de patriotisme risqueront la prison. Un prêtre qui parlerait en chaire contre les Témoins de Jéhovah ou d’autres religions peut être déclaré raciste et emprisonné. Bientôt nous deviendrons des étrangers dans notre patrie. Je ne sais pas si je vivrai assez pour voir cela, mais vos enfants seront sûrement esclaves des musulmans. La Grèce est en train de disparaître, la foi est en train de disparaître… Gardez la flamme de la patrie et de la foi.

    En octobre dernier, appuyé par son clergé unanime, il avait fait sonner les cloches de toutes les églises de son diocèse, à midi, pendant une semaine, pour protester contre une loi qui permet de changer de genre plus facilement. C’est un « fait satanique » qui conduira à « la destruction de la cohésion sociale et à la nécrose spirituelle de l’homme », avait-il dit, tandis que tous les prêtres signaient un texte disant:

    C'est une inspiration scandaleuse de changer de genre en quelques minutes, par une simple déclaration, si contraire au don de Dieu aux personnes. Qui a une « dysphorie de genre » est un malade mental.

  • Crise slovaque

    Le premier ministre slovaque Robert Fico a présenté hier soir sa démission au président de la République Andrej Kiska.

    C’est le dernier événement en date de la crise qui secoue le pays depuis la découverte du meurtre, le 26 février, d’un journaliste, Jan Kuciak, qui enquêtait sur la corruption dans les cercles du pouvoir en liaison avec la mafia calabraise.

    Il y avait déjà eu des manifestations contre la corruption, mais cette fois c’est un séisme. Dès le 28 février le ministre de la Culture démissionnait parce qu’il « ne pouvait pas supporter » qu’un journaliste soit tué. L’opposition appelait à la démission du gouvernement, et il y a eu plusieurs grandes manifestations, dont celle qui a réuni 40.000 personnes à Bratislava vendredi dernier, la plus grande depuis l’indépendance du pays. Le ministre de l’Intérieur, qui est un proche de Fico, a démissionné lundi. Le petit parti hongrois, membre de la coalition hétéroclite (socialo-populistes, nationalistes, centristes, Hongrois) a demandé de nouvelles élections, mais hier soir son chef a déclaré qu’il appréciait la démission de Robert Fico, espérant que la situation se calmerait.

    La décision est entre les mains du président : soit il refuse la démission de Robert Fico, soit il nomme un nouveau Premier ministre du même parti (si la coalition survit), soit il convoque de nouvelles élections.

    Quant à l’enquête sur le meurtre du journaliste et de sa compagne, elle est menée par la police slovaque avec l’appui de celles de la Tchéquie, d’Italie, de Scotland Yard et… du FBI…

    Ceci se passe alors que le Parlement européen doit envoyer une mission d’observation extraordinaire en Slovaquie pour examiner les potentielles fraudes dans l’utilisation des fonds européens pour l’agriculture, qui, selon l’enquête de Jan Kuciak, étaient au cœur des opérations de la mafia calabraise dans l’est de la Slovaquie…

    Voilà le petit pilier slovaque du groupe de Visegrád dans la tourmente… Mais c’était déjà de loin le plus fragile.

    Addendum

    Le président Kiska a chargé Peter Pellegrini de former un nouveau gouvernement. Peter Pellegrini était vice-Premier ministre, membre du SMER, le parti de Robert Fico.

  • La Pologne les rend fous

    La Pologne a demandé à l’Irlande l’extradition d’un des ses ressortissants, Artur Celmer, recherché dans son pays pour trafic de drogue.

    Mardi, Aileen Donnelly juge à la Haute Cour (et lesbienne militante) a annoncé qu’elle allait saisir la Cour de Justice de l’UE pour lui demander si cet homme pourrait bénéficier d’un jugement équitable dans son pays.

    Car selon elle on assiste depuis deux ans en Pologne à « ce qui apparaît comme un démantèlement législatif délibéré, calculé et provocateur de l’indépendance de la Justice, qui est un élément clef de l’état de droit ». La « constitutionnalité des lois polonaises ne peut plus être effectivement garantie » et si Celmer est extradé « il sera jugé dans une juridiction où le ministre de la justice est maintenant le procureur et a le droit de jouer un rôle actif » dans les nominations judiciaires. Aileen Donnelly ne paraît pas savoir que le ministre de la Justice était déjà le procureur général…

    Ceux que ça intéresse pourront se reporter à l’article de l’Irish Times pour prendre connaissance de l’interminable et répétitive logorrhée d’Aileen Donnelly. Ou à son résumé sur EUobserver.

    Le vice-ministre polonais de la Justice, Marcin Warchol, a répliqué que l'Irlande ne devrait pas faire de la politique à partir d'une affaire de trafic de drogue. Il a ajouté que la saisine de la CJE par le juge irlandais devait être rejetée, parce qu'elle n’a pas compris la nature des réformes judiciaires. « Il est incompréhensible que des réflexions générales, abstraites, des projections et des spéculations deviennent la base d'une décision aussi importante que le transfert d'un criminel recherché dans toute l'Europe. »

    Certains voient déjà la Cour européenne donner raison à la Haute Cour irlandaise, qui ainsi ne reconnaîtrait plus les tribunaux polonais comme des tribunaux légitimes, avec les conséquences que cela implique…

    Mais on apprend que le 9 mars, les Premiers ministres des pays du Conseil de la Baltique se sont réunis à Vilnius pour évoquer divers projets communs (dont celui de ressusciter l'antique « route de l’ambre »). A cette occasion, les dirigeants de la Lituanie, de la Lettonie et de l’Estonie ont déclaré qu’ils s’opposeraient à toute sanction contre la Pologne du fait des réformes judiciaires. Avec la Hongrie, cela fait donc désormais quatre Etats membres qui rendent impossibles les sanctions de l’article 7.