Dans le numéro de cette semaine de National Hebdo, un reportage, par Jean-François Touzé, de la visite de Jean-Marie Le Pen en Charente et en Vendée, mon éditorial sur le discours des Herbiers, la revue de presse de Topoline sur l’honneur bradé des policiers (un bon policier est un policier qui ne se défend pas), le portrait d’Arlette Laguiller par Michel Limier, une analyse de la situation d’Airbus par Alexandre Martin, la purge chez les conseillers du roi du Maroc par Jean Roberto, un entretien avec Jean-Michel Dubois sur les BBR du Bourget (du 10 au 12 novembre), les réminiscences à bâtons rompus de Jean Bourdier (sur René Hardy), Université de misère et misère de l’université par Béatrice Pereire…
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Le nouveau numéro de Reconquête
70 boulevard Saint-Germain, 75005 Paris
Abonnement annuel 45 euros
Dans ce numéro :
Editorial : L’islam n’est pas raisonnable, par Yves Daoudal
L’affaire Redeker, par Bernard Antony
Les réactions au discours de Benoît XVI, un procès d’intention, par Christian Gouyaud
Le rapport Machelon-Sarkozy ou l’islamisation forcée de la société française, par Yann Baly
Les mensonges de la guerre d’Espagne : la lettre de Pio Moa
Attentats de Madrid : une affaire d’Etat, par David Fontey
Chronique de la culture de mort et des résistances de la vie
Choses vues des enfers
Le blog à part de Bernard Antony
In memoriam : Jean Caunes
Les livres
Quelques pierres de mon jardin, par Jacques Lorcey
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Censure israélienne
Le Parlement européen a « décidé » de « reporter » une visite de députés au Proche Orient, « pour des raisons techniques liées au bon déroulement du programme ». En fait, les autorités israéliennes avaient menacé d’annuler certains points du programme si le Parlement européen maintenait la présence de Marine Le Pen dans la délégation. Bruno Gollnisch a demandé au président du Parlement de « rappeler aux autorités israéliennes que ce n’est pas aux gouvernements autres à déterminer la composition de la délégation du Parlement européen ».
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Benoît XVI et l’immigration
Recevant le nouvel ambassadeur de Belgique auprès du Saint-Siège, le pape Benoît XVI a notamment déclaré : « Aujourd’hui l’accueil d’immigrés de plus en plus nombreux et la multiplication sur un même sol de communautés différentes par leur culture d’origine ou leur religion rendent absolument nécessaire, dans nos sociétés, le dialogue entre les cultures et entre les religions ». Il convient d’accueillir les immigrés d’une manière « qui respecte toujours leur dignité », a-t-il ajouté, en précisant : « Pour cela, il importe de mettre en œuvre une politique d’immigration qui sache concilier les intérêts propres du pays d’accueil et le nécessaire développement des pays les moins favorisés. »
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Ravis de la crèche
Le Collectif national des groupements de pharmaciens d’officine (CNGPO) se dit « satisfait » de la baisse de 35 à 15 % du taux de remboursement de 41 médicaments, décidée par le gouvernement, estimant que cela s’inscrit dans une « démarche nécessaire d’éducation des Français à la santé ». Or chacun sait qu’il n’y a là aucune autre « démarche » que financière : face au trou de la Sécu , on ne sait rien faire d’autre que de diminuer les prestations et augmenter les cotisations. Chaque année on décrète ainsi que quelques dizaines de médicaments ont un effet médical insuffisant et vont être moins remboursés ou pas remboursés du tout. Certains de ces médicaments sont réellement efficaces et largement utilisés. Les malades les paient plein pot et continuent de payer des cotisations toujours en hausse. Et le trou de la Sécu reste intact. Il faudra donc dérembourser de nombreux autres médicaments (tous, pourquoi pas), pour une éducation plus efficace des Français à la santé.
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Les talibans de l’antiracisme
La CGC fait une entrée en fanfare dans le cortège des talibans de l’antiracisme. Le syndicat des cadres s’insurge contre la CGPME qui a annoncé qu’elle ratifierait l’accord sur « la diversité dans l’entreprise » en se félicitant que le texte « incite plutôt qu’il ne contraint ». « Il est inacceptable de baser sa signature sur de telles justifications », déclare la CGC , qui poursuit : « Devant un tel mépris des salariés injustement discriminés, la CGC demande aux autres organisations syndicales de ne pas cautionner, en le signant, un accord qui introduit une nouvelle forme de discrimination entre les salariés selon qu’ils appartiennent à une entreprise de moins de 50 salariés ou de plus de 50 salariés. » En effet le texte prévoit la création d’un « comité élargi de la diversité », obligatoire seulement pour les entreprises dotées d’un comité d’entreprise. Mais la CGC n’envisage pas le cas où dans une petite entreprise, donc à statut discriminatoire quant à la diversité, le patron embaucherait tant de minorités visibles qu’elles rendraient en fait cette entreprise moins discriminatoire que les grandes entreprises qui ne pratiquent pas de discrimination, mais la rendrait à l’inverse plus discriminatoire envers la majorité non visible que les autres petites entreprises qui pratiquent la discrimination en n’embauchant pas assez de minorités visibles.
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Le Parlement européen, l’ETA, Le Pen et l’UDF
Le Parlement européen a adopté hier, par 321 voix contre 311, une résolution présentée par la gauche soutenant « l’initiative de paix entreprise au pays Basque par les institutions démocratiques espagnoles » (autrement dit des négociations avec les terroristes de l’ETA), et a rejeté par 322 voix contre 302 une résolution présentée par la droite refusant « toute concession politique » à l’égard de l’ETA qui n’a pas « opéré les changements nécessaires » malgré l’annonce en mars d’un cessez-le-feu permanent. Jean-Marie Le Pen, qui a suivi attentivement les débats, a publié le communiqué suivant.
« La résolution communiste, socialiste, verte demandant l'autodétermination du pays basque espagnol et la remise en cause de l'intégrité territoriale de l'Espagne, sous la pression de l'organisation terroriste basque ETA, n'a été adoptée aujourd'hui au Parlement européen que par 10 voix de majorité, grâce aux voix des huit députés français de l'UDF.
« Monsieur Bayrou vole au secours de la gauche et défend des positions sécessionnistes et radicales que ne peuvent accepter ses électeurs centristes.
« Il espère ainsi entrer dans une future majorité de gauche socialo-communiste en cas de victoire de Madame Royal. L'UDF ne serait plus ainsi au centre de la vie politique française mais elle basculerait à gauche avec armes et bagages, devenant du même coup compagnon de route de l'ETA. »
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Obsédés
Le gouvernement annonce qu’un nouveau projet de loi sur la parité sera présenté en conseil des ministres d’ici fin novembre, et examiné au Sénat avant la fin de l’année. Ce texte imposera la parité homme-femme dans les exécutifs régionaux et dans les conseils municipaux des villes de plus de 3.500 habitants, il obligera chaque candidat au conseil général à avoir un suppléant du sexe opposé, et il augmentera de 50 % les pénalités financières prévues en cas de non respect de la loi. Il semble qu’on n’ait pas encore trouvé de solution pour la parité à la présidence de la République.
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Imposture
Jacques Chirac est à Pékin, où il a vendu un certain nombre d’airbus et conclu divers autres contrats commerciaux. Ces visites sont toujours accompagnées de commentaires sur les « droits de l’homme » en Chine. On presse le dirigeant occidental de « parler des droits de l’homme », et l’on se désole qu’il ne l’ait pas fait, ou trop discrètement. Cette fois, Chirac est fier d’avoir, non seulement évoqué ouvertement la question, mais d’avoir fait franchir à la Chine un pas de géant dans ce domaine. En effet, les deux présidents ont signé une déclaration, par laquelle la Chine s’engage à protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales.
La déclaration dit même explicitement que c’est du « devoir des Etats de promouvoir et de protéger tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales », en « respectant l’universalité de ces droits » conformément à la charte de l’ONU.
En réalité, cette déclaration n’a strictement aucune valeur d’engagement à quoi que ce soit. C’est une petite poudre cosmétique destinée à faire plaisir aux lobbies de défense des droits de l’homme et à faire croire aux gogos que le commerce n’empêche pas l’éthique…
La déclaration n’engage à rien, pour la bonne raison que tout cela figure déjà dans la Constitution chinoise, qui garantit la liberté de croyance ou de non-croyance religieuse, d’expression, de presse, d’association, de procession (sic), et de manifestation. Et comme si cela ne suffisait pas, un amendement de 2004 stipule que « l’Etat protège et respecte les droits de l’homme ».
Dans la réalité, c’est tout le contraire. Parce qu’une batterie de lois interdit toutes ces libertés. La répression des religions non autorisées (notamment catholique) a même été récemment renforcée, et la dernière loi en date est celle qui censure internet. A l’arrivée de Jacques Chirac, un internaute était d’ailleurs condamné à trois ans de prison pour avoir émis sur son site des idées non conformes.
Le 8 octobre dernier, l’agence zenit interrogeait le célèbre opposant Harry Wu, qui vit en exil après avoir passé 19 ans en camp de concentration pour avoir dénoncé l’invasion de la Hongrie par les Soviétiques. Voici sa réponse à la question sur la situation des droits humains en Chine. Elle dit tout et se passe de commentaires. Vous avez eu la fiction Chirac. Voici la réalité.
« La situation est tout simplement tragique. Dans les laogai plusieurs millions (on ne sait pas le nombre exact) d’hommes, de femmes et d’enfants souffrent, contraints à travailler dans des conditions inhumaines, dans le seul but d’apporter un profit au gouvernement chinois et aux nombreuses multinationales. Et ce n’est pas tout. Des exécutions de masses sont perpétrées. Celles-ci sont suivies de vente d’organes humains. L’exploitation des enfants soumis à des travaux forcés est largement répandue. Les diverses Eglises et communautés de croyants subissent des menaces et des représailles. Avortements et stérilisations forcées sont pratiqués à grande échelle. La psychiatrie en tant qu’instrument d’oppression politique est utilisée de manière abusive. Il s’agit de graves violations des droits humains qui sont perpétrées dans la Chine d’aujourd’hui ! Des faits ignorés par les mass media du monde libre qui ne veulent pas perturber le commerce international. »
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Saint Evariste
Saint Evariste fut le cinquième pape. Il semble avoir disparu des calendriers. Pourtant il y a un dicton qui dit : à Saint-Evariste, jour de pluie, jour triste. Ce qui montre que sa fête fut célébrée autrefois. Cela dit, ce dicton est d'une affligeante banalité. On lira en revanche avec intérêt le très beau texte de dom Guéranger, dans son Année liturgique, que voici.
Tandis que Jean le bien-aimé voyait enfin venir à lui le Seigneur et quittait pour le ciel son séjour d'Ephèse, Rome, sous Evariste, achevait d'arrêter les dispositions du long pèlerinage qui ne se terminera pour elle qu'au dernier des jours. La période bénie des temps apostoliques est définitivement close ; mais la Ville éternelle accroît sans fin son trésor de gloire. Le pontificat nouveau voit la vierge Domitille cimenter dans le sang des Flavii, par son martyre, les fondations de cette Jérusalem qui remplace la première, détruite par les siens. Puis c'est Ignace d'Antioche, apportant « à l'Eglise qui préside dans la charité » le témoignage suprême ; froment du Christ, la dent des fauves du Colisée donne satisfaction à son désir et fait de lui un pain vraiment pur.
Evariste, né en Grèce d'un père juif, fut Souverain Pontife au temps de l'empereur Trajan. Ce fut lui qui divisa entre les prêtres romains les titres des églises de la ville, et ordonna que les sept diacres assisteraient l'évêque quand il prêcherait. Conformément à la tradition apostolique, il ordonna en outre que le mariage se célébrât publiquement et fût béni par le prêtre. Il gouverna l'Eglise neuf ans et trois mois ; en quatre Ordinations au mois de décembre, il ordonna dix-sept prêtres, deux diacres, quinze évêques. Couronné du martyre, on l'ensevelit près du Prince des Apôtres, au Vatican, le sept des calendes de novembre.
Vous êtes le premier des Pontifes à qui l'Eglise se trouva confiée, quand disparurent les derniers de ceux qui avaient vu le Seigneur. Le monde maintenant pouvait dire, sans aucune restriction : Si nous avons connu le Christ selon la chair, nous ne le connaissons plus désormais de cette sorte. L'exil devenait plus absolu pour l'Epouse ; et à cette heure, qui n'était pas sans périls ni angoisses, c'était vous que l'Epoux daignait charger de lui apprendre à poursuivre seule sa route de foi, d'espérance et d'amour. Vous sûtes justifier l'attente de l'Homme-Dieu. Reconnaissance spéciale vous est due de ce chef par la terre, ô Evariste, comme spéciale sans doute est aussi votre récompense. Veillez toujours sur Rome et sur l'Eglise. Enseignez-nous qu'il faut savoir jeûner ici-bas, se résigner à l'absence de l'Epoux quand il se dérobe, et ne l'en servir pas moins, et ne l'en aimer pas moins de tout notre cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces, de tout notre esprit, tant que dure ce monde et qu'il lui plaît de nous y laisser.