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Le blog d'Yves Daoudal - Page 2755

  • Parrainages : l’aberration

    Il y a ceux qui continuent de dire : Le Pen bluffe, il se pose comme d’habitude en victime, mais il a déjà ses 500 parrainages. Ceux-là sont tout simplement des menteurs, car en 2002 les portes du Paquebot leur étaient ouvertes, et ils ont pu constater que Le Pen disait vrai, qu’il a atteint les 500 parrainages au dernier moment, par une exceptionnelle mobilisation des cadres et militants du Front national, y compris le dimanche de Pâques. Hier, Jean-Marie Le Pen a demandé aux salariés du Paquebot, sur la base évidemment du volontariat, de venir samedi et dimanche pour téléphoner aux maires. Or ce n’est pas le genre de la maison de gâcher le week-end des salariés pour faire du « bluff ».

    A contrario, il y a ceux qui prétendent que Le Pen fait le martyr mais qu’en réalité il ne veut pas se présenter, car il voit qu’il ne pourra pas être au second tour : l’affaire des parrainages est un bon prétexte. Ceux-là ne connaissent vraiment pas le personnage. Même s’il voyait qu’il ne peut pas être présent au second tour, il continuerait de se battre. Mais en outre l’hypothèse est fausse. Le Pen est persuadé qu’il sera au second tour, et ce ne sont pas les sondages officiels du moment qui peuvent le faire changer d’avis, y compris leur soudaine passion pour Bayrou. Même en en restant à ces sondages, sans autre considération (et il y en a bien d ‘autres, de fond), Le Pen est nettement plus haut qu’il ne l’était en 2002. Ce n’est assurément pas un motif de baisser les bras... Doit-on rappeler qu’en 2002, dans les sondages, Le Pen était quatrième, à un niveau plus bas qu’aujourd’hui, derrière Chirac, Jospin et Chevènement ?

    Mais il y a aussi ceux qui s’inquiètent sérieusement d’une éventuelle absence de Le Pen. Le phénomène prend des proportions étonnantes dans l’appareil de Nicolas Sarkozy, comme en témoigne Le Figaro de ce jour.

    L’éditorial commence par faire litière de soi-disant « bluff » de Le Pen, puis il dénonce le « système absurde des parrainages », et explique pourquoi Sarkozy croit avoir besoin de Le Pen pour remporter la présidentielle, avant de finir par une belle protestation démocratique : quoi qu’il en soit des intérêts des uns et des autres, c’est une « injure à l’esprit de la démocratie » que 30% des électeurs de 2002, déjà privés de représentation à l’Assemblée nationale, puissent être « interdits d’expression à la présidentielle ».

    Pourquoi Nicolas Sarkozy et ses conseillers pensent-ils qu’ils ont besoin de Le Pen ? C’est que, si Le Pen est présent au premier tour, Sarkozy, qui pose évidemment en principe qu’il arrive premier et Le Pen troisième, peut espérer récupérer les deux tiers de ses électeurs. Mais que, si Le Pen est empêché, il ne peut plus compter que sur la moitié de l’électorat potentiel de Le Pen, ce qui peut suffire à lui faire perdre le scrutin.

    On pensera ce qu’on veut de l’analyse, mais ce qui importe est que c’est celle de l’équipe de Sarkozy, et que Le Figaro la porte sur la place publique.

    Dans un article, Le Figaro cite ensuite le directeur de campagne de Sarkozy, Claude Guéant : « Tous les analystes de l’opinion nous disent que le report de voix de Le Pen se ferait moins bien... mais nous avons encore jusqu’au 16 mars » (date limite de dépôt des parrainages ).

    « Jusqu’au 16 mars pourquoi faire ? », s’interroge Le Figaro. Sarkozy ne peut pas demander à des maires UMP de signer pour Le Pen. Cela se saurait inévitablement et serait pain béni pour la gauche. Ce que l’on constate est une montée en puissance de la « déculpabilisation », comme dit Le Figaro. Plusieurs déclarations de responsables UMP, peu à peu, ont insisté sur le fait que tous les courants de l’opinion devaient être représentés, que Le Pen devait pouvoir être candidat, et l’on souligne même aujourd’hui, comme Brice Hortefeux, ami et porte-voix de Sarkozy, qu’accorder son parrainage, à quelque candidat que ce soit, « c’est tout simplement choisir de faire vivre la démocratie ».

    Signe évident qu’à l’UMP on sait très bien que Le Pen n’a pas ses parrainages, l’équipe de Sarkozy est passée à la vitesse supérieure, et Le Figaro est chargé de le faire savoir : deux maires UMP ont écrit à leur parti pour faire savoir que Sarkozy n’avait pas besoin de leur parrainage et qu’ils avaient l’intention de signer pour Le Pen. Autrement dit, non seulement un maire UMP qui signe pour Le Pen ne se fera pas taper sur les doigts (il y a quelques mois c’était interdit), mais il est en quelque sorte cité en exemple...

    Quoi qu’il en soit des résultats de ces gesticulations, c’est une nouvelle preuve que le système des parrainages, tel qu’il est aujourd’hui, est une aberration.

  • Paralysé depuis 38 ans

    Voyons donc ce que le Christ a voulu mous faire entendre par ce paralytique : « Il était malade depuis trente-huit ans ». Comment ce nombre d’années indiquait-il plutôt la maladie que la santé ? Le nombre quarante nous est signalé comme un nombre sacré, parce qu’en un sens, il est parfait. Vous le savez, le jeûne tire sa consécration de ce nombre de jours. En effet, Moïse a jeûné quarante jours ; Elie a fait de même ; et notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ a aussi jeûné le même espace de temps. Moïse représentait la loi, Elie les Prophètes, et Jésus-Christ l’Evangile.

    Considéré dans son sens large, et pris en général, le jeûne consiste à s’abstenir de tout péché et de toutes les iniquités du siècle; oui, voilà le véritable jeûne : « C’est renoncer à l’impiété, aux désirs du siècle, et vivre dans le siècle avec tempérance, avec justice et avec piété». Dans le cours de cette vie, nous observons, en quelque sorte, l’abstinence du carême, lorsque nous nous conduisons bien et que nous nous abstenons du péché et des plaisirs défendus. Le nombre quarante indique en un sens que les bonnes œuvres sont arrivées à leur terme: par bonnes œuvres j’entends surtout un certain retranchement des désirs coupables du siècle, c’est-à-dire, le jeûne pris dans son acception la plus étendue.

    Ecoute l’Apôtre. Voici ce qu’il dit lui-même : « L’amour est la plénitude de la loi ». Comment nous vient la charité ? Par la grâce de Dieu, par l’Esprit-Saint. Nous ne pouvons la posséder de nous-mêmes, comme si nous la faisions ; c’est un don de Dieu, et un don inappréciable : « Car, dit Paul, la charité de Dieu a été répandue dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné ». La charité accomplit donc la loi, et c’est en toute vérité qu’il a été dit : « La charité est la plénitude de la loi. » La charité accomplit la loi : et à l’entier accomplissement de la loi, en n’importe quelles œuvres, se rapporte le nombre quarante.

    Mais, relativement à la charité, nous avons reçu deux commandements : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit, et tu aimeras ton prochain comme toi-même. Ces deux commandements renferment toute la loi et les Prophètes. » La veuve de l’Evangile n’a-t-elle pas fait don à Dieu de deux misérables pièces qui composaient tout son avoir ? Est-ce que l’hôtelier n’a pas reçu deux deniers pour veiller à la guérison du malheureux blessé que des voleurs avaient laissé à moitié mort sur le chemin ? Jésus n’a-t-il point passé deux jours chez les Samaritains, pour les affermir dans la charité ? Lorsqu’il s’agit de quelque bonne œuvre, le nombre deux a donc trait au double précepte de la charité: de là il suit que le nombre quarante indique l’entier accomplissement de la loi, et que la loi n’est accomplie que par l’observation du double précepte de la charité : alors, pourquoi s’étonner si celui à qui le nombre deux manquait pour parvenir à quarante, gisait sous le poids de la maladie ?

    (extraits du 17e traité sur saint Jean, de saint Augustin)

  • Rapport sur le repos dominical : un leurre

    Le Conseil économique et social a approuvé à une très large majorité (143 voix sur 184 votants) son rapport sur le travail le dimanche, qui avait été demandé par le Premier ministre. Dans ce rapport, le CES recommande de ne pas banaliser le dimanche en généralisant l’ouverture des commerces, et de maintenir le principe du repos dominical, qui constitue « une règle protectrice pour les salariés et les bases d’un équilibre sociétal ».

    On pourrait se réjouir de cette prise de position, et certains l’ont fait sans aller voir plus loin. Or, en réalité, le rapport du CES va permettre d’augmenter le nombre de salariés travaillant le dimanche...

    En effet, le CES propose de « simplifier et clarifier les règles existantes » et d’en « harmoniser les modalités d’application ». On sait ce que cela veut dire.

    Par exemple, puisqu’il y a des commerces (hôtellerie, restauration, fleuristes) qui bénéficient d’une dérogation permanente, le CES propose de conférer à tous les commerces une dérogation sur cinq dimanches dans l’année.

    D’autre part, dans les zones touristiques, certains commerces peuvent obtenir une dérogation préfectorale : le CES  suggère de généraliser cette dérogation à l’ensemble des commerces.

    Le ministre du Commerce Renaud Dutreil a aussitôt réagi en annonçant qu’il proposerait « dans les prochains jours » des mesures concrètes, notamment sur la question des zones touristiques.

    Et c’est ainsi que la réitération d’un principe conduit à des applications concrètes exactement inverses...

  • Un deuxième lycée musulman

    Le rectorat de Lyon et le Conseil académique de l’Education nationale s’opposaient à l’ouverture d’un lycée musulman par l’association Al Kindi (c’est le nom d’un savant arabe du IXe siècle qui est considéré comme le premier philosophe musulman), pour des raisons de sécurité, et pour absence de direction effective. Selon le rectorat, le futur directeur sert de prête-nom pour mettre en place une « direction de paille »… Quant au tribunal administratif, saisi par l’association, il refusé de se prononcer, estimant que seules les instances juridiques de l’Education nationale étaient compétentes, à savoir le Conseil académique, et le Conseil supérieur de l’Education en appel.

    L’association a naturellement fait appel auprès du Conseil supérieur de l’Education, lequel a décidé que le « groupe scolaire » Al Kindi devait ouvrir. Lorsque le CSE prend une telle décision, elle a valeur juridictionnelle et s’impose donc au ministère. Lequel, par conséquent, a « pris acte » de la décision.

    Et c’est ainsi que sur ordre de l’Education nationale laïque va s’ouvrir à Lyon un collège-lycée musulman…

    Ce sera le deuxième en France après le lycée Averroès de Lille, et le premier en taille puisqu’il a une capacité d’accueil de 140 élèves.

  • Le mot commençant par N

    C’est un des sommets du délire du politiquement correct aux Etats-Unis. On ne doit jamais dire « nigger » (nègre), même pour condamner l’emploi de ce mot. On dit « le mot commençant par N ». Comme s’il n’y avait qu’un seul mot commençant par N…

    Hier, le conseil municipal de New York a adopté à l’unanimité une « mesure déclarant un moratoire symbolique de l’usage du mot commençant par N ».

    Le plus fort est que le conseil municipal de New York entend ainsi répondre à l’usage croissant du « mot commençant par N »… par les jeunes Noirs eux-mêmes dans leur rap…

  • Les manœuvres contre Le Pen

    Jean-Marie Le Pen a tenu ce matin une conférence de presse pour attirer l’attention de l’opinion publique sur les manœuvres dont il est victime dans la collecte des parrainages, et pour lancer un nouvel appel solennel aux maires, afin qu’ils aient le courage d’accomplir la mission qui leur est confiée.

    Alors qu’il avait obtenu, au prix d’un « travail harassant », environ 500 promesses de parrainages, il lui manque une centaine de signatures réelles.

    Outre le fait que des maires qui avaient promis leur signature par écrit « ne se sentent pas obligés d’honorer leur engagement », la collecte est affectée par une « manœuvre de grande envergure », constatée notamment dans les régions où les parrainages sont les plus nombreux : Bourgogne, Franche-Comté, Picardie.

    Le mode opératoire est toujours le même : de faux journalistes, se réclamant de tel ou tel organe local ou régional, téléphonent aux maires en leur disant qu’ils savent que celui-ci a l’intention de signer pour Jean-Marie Le Pen. Ils lui demandent s’il n’a pas peur des représailles, comment ses concitoyens vont réagir, affirment qu’ils vont écrire un article sur lui, voire même lui demandent s’il compte s’investir auprès de Le Pen, témoigner en sa faveur lors de ses prochains procès… Et si le maire demande au faux journaliste comment il sait qu’il a promis sa signature à Jean-Marie Le Pen, il répond que c’est le Front national qui le lui a dit. Naturellement, le maire s’estime trahi.

    Les journaux en cause ont commencé à s’émouvoir de ce procédé, comme en témoigne un article de l’Union de Reims d’hier.

    En France Comté, il a été constaté qu’après le coup de téléphone du faux journaliste, le maire reçoit un nouvel appel, d’un secrétaire qui lui propose de parler avec Philippe de Villiers. Si le maire refuse, il reçoit ensuite de nouveaux appels.

    Enfin, le Front national s’est procuré une lettre que Jacques Bompard, vice-président du MPF, envoie aux maires pour les dissuader d’accorder leur parrainage à Jean-Marie Le Pen.

    Ces procédés étant évidemment contraires à la loi, Jean-Marie Le Pen a déposé 14 plaintes contre X, et entend déposer une plainte personnelle contre Philippe de Villiers, qui a poussé l’indécence jusqu’à déclarer à la télévision que Jean-Marie Le Pen avait ses 500 parrainages et faisait « son numéro habituel de victimisation », ce qui est aussi une façon de faire pression sur les maires.

    Jean-Marie Le Pen a lancé un nouvel appel solennel aux maires, afin qu’ils « passent outre aux manœuvres, aux chantages et aux menaces », et qu’ils fassent preuve de civisme, de courage et d’indépendance d’esprit, en remplissant la « mission démocratique » de « gardiens du pluralisme politique » qui leur a été confiée par le législateur.

    Les 500 parrainages doivent être déposés au Conseil constitutionnel avant le 18 mars à 18 h.

  • Prodi passe l’épreuve du Sénat…

    Romano Prodi avait donné sa démission de président du Conseil en Italie, mais le président de la République l’avait reconduit. Hier, il devait obtenir la confiance du Sénat, qui l’avait mis en minorité la semaine dernière, et le suspense était à son comble. Prodi a obtenu 162 voix, soit exactement ce qui est sa très courte majorité dans la chambre haute.

    Mais cela ne change rien à l’extrême fragilité de son gouvernement. Pour obtenir ce vote, il avait fait la veille un discours ultra-consensuel, d’où les sujets qui fâchent l’extrême gauche étaient absents, et avant le scrutin il a prononcé une nouvelle allocution consensuelle, apaisant cette fois son aile centriste catholique en indiquant que pour le projet de Pacs à l’italienne il souhaitait une « ample convergence » avec l’opposition et laisserait au Parlement le soin de « rechercher des solutions partagées »… alors que le projet de loi avait été adopté au cours d’un conseil des ministres extraordinaire convoqué dans ce seul but.

  • National Hebdo N° 1180

    « Quel président pour la France ? … Le seul candidat de la Nation , de la Patrie et de la République ». Ce titre encadre une photo de Jean-Marie Le Pen à la convention présidentielle de Lille, largement évoquée dans ce numéro.

    A noter aussi une intéressante interview de Guy George, chef de file du Front national en Nouvelle-Calédonie, président de commission dans la province sud et au Congrès.

    Alexandre Martin détaille le programme de « social-économie » de François Bayrou, dont il montre qu’il est « délirant ».

    Michel Limier, après avoir brossé le portrait d’Henri Guaino, s’intéresse aux autres plumes de Nicolas Sarkozy : Nicolas Baverez, Emmanuelle Mignon, Alain Bauer.

    Dans ses Réminiscences à bâtons rompus, Jean Bourdier raconte Henri Charrière, l’auteur de Papillon.

    Béatrice Pereire évoque divers aspects actuels de la « lepénisation des esprits », tandis que Topoline examine le peu de fiabilité des sondages actuels sur la présidentielle, reconnu ­– c’est la nouveauté de 2007 – par certains sondeurs eux-mêmes.

  • L’émigration de l’Evangile

    C’était une païenne de la région de Tyr et de Sidon, qui suppliait le Christ de guérir sa fille. Jésus avait commandé à ses apôtres de ne pas aller prêcher chez les païens, et lui-même répond à la femme : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël. » Il ajoute durement : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux chiens. » Ce sont bien les païens que les Juifs traitaient ainsi de chiens… Mais la femme fait cette réponse d’une immense humilité et d’une immense confiance : « C’est vrai, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Alors le Christ s’exclame : « O femme, grande est ta foi ! Qu’il te soit fait selon ce que tu désires ! »

    C’est là une des prémices de ce que saint Jérôme appelle la « juste émigration aux gentils » de l’Evangile que les Juifs n’ont pas voulu recevoir. Emigration qui se fera après la Résurrection, conformément à ce que le Christ a demandé à ses apôtres. Car le salut doit émigrer pour devenir universel, comme chacun de nous doit émigrer de son petit moi pour entrer dans la communion divine.

  • Sarkozy et l’urgence d’abdiquer la souveraineté

    Nicolas Sarkozy a tenu une longue conférence de presse sur les questions internationales. Il en ressort essentiellement qu’il s’est affirmé une fois de plus comme un partisan résolu de la destruction de ce qui reste de la souveraineté française.

    Il a déclaré en effet que « la première urgence de notre politique internationale » devait être de « résoudre la crise institutionnelle européenne » ouverte par les non français et néerlandais à la Constitution. La résoudre comment ? La réponse est immuable : par un « traité simplifié » qui conserve le pire de la Constitution européenne : une présidence stable du Conseil européen, un ministre européen des affaires étrangères, une extension du domaine de la majorité qualifiée notamment « en matière pénale, judiciaire et d’immigration », une extension des domaines d’intervention du Parlement européen.

    La première urgence de notre politique internationale, pour Sarkozy, est d’élaborer et mettre en œuvre un traité qui interdira à la France d’avoir une politique internationale. Car il n’y aura pas d’autre choix que de suivre celle du ministre européen ad hoc.

    Et pour faire bonne mesure, il veut étendre la majorité qualifiée, c’est-à-dire interdire la possibilité à un Etat membre de refuser ce qui aura été décidé par ses partenaires, notamment dans des domaines spécifiquement régaliens : la justice et l’immigration. En réalité, et il le dit clairement, Sarkozy veut en finir avec le droit de veto, donc avec le dernier vestige de respect des souverainetés nationales : « Je suis convaincu qu’il faut changer la règle de l’unanimité. Il n’est pas concevable qu’un seul Etat membre, voire deux, puissent empêcher l’Union d’avancer. » (Par exemple, il n’est « pas concevable » que le peuple français puisse dire non à la Constitution européenne…)

    Et en étendant les domaines d’intervention du Parlement européen il abaisse encore les Parlements nationaux qui sont déjà à 75 ou 80% de simples chambres d’enregistrement des décisions européennes.

    Certes tout cela n’est pas nouveau. C’est l’essentiel de la Constitution européenne, que Sarkozy entend donc garder tel quel, et faire voter par le Parlement pour éviter que le peuple français vote mal une nouvelle fois…