L’ADQ (Action démocratique Québec) est venu troubler le jeu politique québécois, dominé jusqu’ici par le parti libéral et le parti québécois. ADQ crée la surprise en remportant 41 sièges (contre 5 dans le parlement précédent), entre le parti libéral (48 contre 72) et le parti québécois (36 contre 45). Le chef d’ADQ, Mario Dumont, a été contre l’indépendance du Québec quand il était le chef des jeunes libéraux, puis partisan de l’indépendance lors du dernier référendum. Aujourd’hui l’ADQ prône l’autonomie renforcée, avec reconnaissance de la citoyenneté québécoise, mais sans sortir de la fédération. Le parti insiste sur l’identité québécoise et sur la défense de la famille, mais son discours est très politiquement correct et soigneusement lissé (dans le chapitre sur la famille, il n’y a pas un mot sur l’avortement ou sur le mariage, a fortiori homosexuel). Mario Dumont est parfois catalogué de « populiste », mais il a menacé de procès un adversaire qui le comparait à Le Pen...
Le blog d'Yves Daoudal - Page 2738
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Québec : la spectaculaire percée de l’ADQ
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L’« observatoire » de la « laïcité »
Le décret créant l’Observatoire de la laïcité est paru ce jour au Journal Officiel. C’était une promesse de Jacques Chirac, formulée dans son célèbre discours sur la laïcité en décembre 2003 (suite à la mission Stasi). Mais l’idée vient d’ailleurs : le Grand Orient de France avait créé dès 1998 un observatoire international (sic) de la laïcité, avec le soutien et le concours du CAEDEL (centre d’action européenne démocratique et laïque), de la Ligue de l'Enseignement, de la Fédération Humaniste Européenne et de « diverses obédiences maçonniques adogmatiques ».L’Observatoire de la laïcité est « institué auprès du Premier ministre ». Il « assiste le gouvernement dans son action visant au respect du principe de laïcité dans les services publics », et il est chargé d’« éclairer les pouvoirs publics sur la laïcité ». Il remet chaque année un rapport qui est rendu public.
Il est composé de 23 personnes, hauts fonctionnaires de divers ministères, deux députés, deux sénateurs, et « dix personnalités désignées en raison de leur compétence et de leur expérience ».
On constate qu’au premier rang des sept ministres chargés de l’exécution du décret figure le « ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur ». Mais depuis hier il n’y a plus de « ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur »...
La véritable laïcité est un concept élaboré par l’Eglise catholique explicitant le commandement du Christ de rendre à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu. Evoquer la laïcité en dehors de ce contexte, en ignorant l’Eglise, est la preuve même qu’on ne parle pas de laïcité, mais de laïcisme maçonnique. (Cf. le discours du pape sur l’Europe.)
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La tortue et les lièvres
Jean-Marie Le Pen sur i-Télé/France Inter : « Je suis la tortue, je suis parti il y a un an avec mes petites pattes, avec ma maison sur le dos, je ne suis pas trop loin de la ligne quand je vois encore gambader dans les champs, se saoulant de serpolet et de thym, un certain nombre de grands lièvres qui croient qu’ils vont arriver à me placer leur pointe de vitesse. »
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Où est passé Jack Lang ?
Devant un parterre de cultureux de gauche (pléonasme) venus avec elle à Nantes, pour des « rencontres sur la culture » organisées par Jean-Marc Ayrault, Ségolène Royal a déclaré qu’elle « se tournait rarement vers le passé » (du passé faisons table rase), mais que son « vœu le plus cher était de voir la France retrouver le souffle culturel du 10 mai 1981 ».
On ne voit pas du tout ce que fut le souffle culturel du 10 mai 1981, en dehors de la l’envolée aussi vaine que maçonnique de Jack Lang sur les Français qui ont « franchi la frontière qui sépare la nuit de la lumière ».
Mais sans doute est-ce cela qu’il fallait célébrer, puisque Jack Lang, éternel ministre de la Culture , est aussi le « conseiller spécial » de Marie-Ségolène, toujours sur la brèche pour défendre les propos les plus indéfendables de sa candidate.
Tiens. Jack Lang n’était pas à Nantes... Et cette absence a été l’événement du jour. Marie-Ségolène aurait-elle fait franchir à Jack Lang la frontière qui sépare la lumière de la nuit ?
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Benoît XVI et l’identité de l’Europe
Benoît XVI et l’identité de l’Europe
L’agence Zenit a publié une traduction française du discours de Benoît XVI sur l’Europe. En voici quelques extraits.
Sous l'aspect démographique, on doit malheureusement constater que l'Europe semble avoir emprunté une voie qui pourrait la conduire à disparaître de l'histoire.
On ne peut pas penser édifier une authentique « maison commune » européenne en négligeant l'identité propre des peuples de notre continent. Il s'agit en effet d'une identité historique, culturelle et morale, avant même d'être géographique, économique ou politique; une identité constituée par un ensemble de valeurs universelles, que le christianisme a contribué à forger, acquérant ainsi un rôle non seulement historique, mais fondateur à l'égard de l'Europe. Ces valeurs, qui constituent l'âme du continent, doivent demeurer dans l'Europe du troisième millénaire comme un « ferment » de civilisation. Si elles devaient disparaître, comment le « vieux » continent pourrait-il continuer de jouer le rôle de « levain » pour le monde entier ?
N'est-il pas surprenant que l'Europe d'aujourd'hui, tandis qu'elle vise à se présenter comme une communauté de valeurs, semble toujours plus souvent contester le fait qu'il existe des valeurs universelles et absolues. Cette forme singulière d'« apostasie » d'elle-même, avant même que de Dieu, ne la pousse-t-elle pas à douter de sa propre identité ? De cette façon, on finit par répandre la conviction selon laquelle la « pondération des biens » est l'unique voie pour le discernement moral et que le bien commun est synonyme de compromis. En réalité, si le compromis peut constituer un équilibre légitime d'intérêts particuliers différents, il se transforme en mal commun chaque fois qu'il comporte des accords qui nuisent à la nature de l'homme.
Une communauté qui se construit sans respecter la dignité authentique de l'être humain, en oubliant que chaque personne est créée à l'image de Dieu, finit par n'accomplir le bien de personne. Voilà pourquoi il apparaît toujours plus indispensable que l'Europe se garde d'adopter un comportement pragmatique, aujourd'hui largement diffusé, qui justifie systématiquement le compromis sur les valeurs humaines essentielles, comme si celui-ci était l'inévitable acceptation d'un prétendu moindre mal. Ce pragmatisme, présenté comme équilibré et réaliste, au fond ne l'est pas, précisément parce qu'il nie la dimension de valeur et d'idéal qui est inhérente à la nature humaine. De plus, lorsque s'ajoutent à ce pragmatisme des tendances et des courants laïcistes et relativistes, on finit par nier aux chrétiens le droit même d'intervenir en tant que tels dans le débat public ou, tout au moins, on dévalorise leur contribution en les accusant de vouloir sauvegarder des privilèges injustifiés. A l'époque historique actuelle, et face aux nombreux défis qui la caractérisent, l'Union européenne, pour être le garant valide de l'Etat de droit et le promoteur efficace de valeurs universelles, ne peut manquer de reconnaître avec clarté l'existence certaine d'une nature humaine stable et permanente, source de droits communs à toutes les personnes, y compris celles-là mêmes qui les nient. Dans ce contexte, il faut sauvegarder le droit à l'objection de conscience, chaque fois que les droits humains fondamentaux sont violés.
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Tempus meum nondum advenit
« Or, Jésus leur dit : Mon temps n’est point encore venu; mais votre temps est toujours prêt ». Eh quoi ! le temps du Christ n’était-il pas encore arrivé ? Pourquoi donc le Christ était-il venu, si son temps ne l’était pas encore ? N’avons-nous pas entendu dire à l’Apôtre : « Mais lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils ? » Si donc le Christ a été envoyé dans la plénitude des temps, il l’a été quand il a dû l’être ; il est venu, quand il a fallu qu’il vînt. Quel est donc le sens de ces paroles : « Mon temps n’est pas encore arrivé ? » Comprenez bien, mes frères, dans quelle intention lui parlaient ces hommes, peu semblaient lui donner des conseils comme à un frère. Ils l’engageaient à acquérir de la gloire ; dominés par je ne sais quel sentiment mondain et terrestre, ils le priaient de ne point rester dans l’obscurité et l’oubli. A des gens qui le conjuraient de penser à la gloire, dire « Mon temps n’est pas encore venu », c’était dire : Le temps de ma gloire n’est pas encore arrivé. Voyez combien est profond le sens de ces paroles : on lui parlait d’acquérir de la gloire, pour lui, il a voulu que sa grandeur fût précédée par les humiliations, il a voulu que le chemin pour arriver à l’élévation fût celui de l’humilité. Ceux de ses disciples qui désiraient s’asseoir, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche, recherchaient aussi la gloire : ils considéraient le but, mais ils ne considéraient pas la voie à suivre. Afin qu’ils pussent arriver à la céleste patrie selon les règles de la justice, le Sauveur les ramena au chemin qui y conduit. La patrie est élevée ; humble est la voie. La patrie, c’est la vie du Christ : la voie, c’est sa mort. Le séjour du Christ, voilà la patrie ; sa passion, voilà le chemin qui y mène. Pourquoi prétendre entrer dans la patrie, si l’on refuse d’en suivre le chemin ? Enfin, telle fut sa réponse à ceux qui recherchaient la grandeur : « Pouvez-vous boire le calice que je boirai moi-même ? » Voilà par quel chemin on arrive l’élévation que vous désirez. Le calice dont il leur parlait était celui des humiliations et des souffrances.
(saint Augustin, commentaires sur saint Jean)
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Venez-tous !
Hier sur RTL/LCI, Ségolène Royal a affirmé que les parents ou grands-parents d’enfants scolarisés, en situation irrégulière, devaient être régularisés. Le journaliste, manifestement interloqué, a répété sa question. Et elle a répété le même propos.
Autrement dit, le gouvernement de Ségolène Royal régularisera tous les clandestins pour peu qu’ils aient des enfants. Avis à la planète entière : venez clandestinement avec un enfant, on vous donnera automatiquement des papiers.
Une seule condition : on vous donnera aussi un drapeau tricolore, que vous devrez arborer dans votre foyer, et accrocher à la fenêtre le 14 juillet. Identité nationale oblige.
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Ils n’ont pas honte
Sarkozy à propos de la surenchère sur l’identité nationale : « Je suis heureux d’avoir montré le chemin. »
Villiers : « Je me sens rejoint... mais c’est celui qui le premier a mis au cœur de sa campagne le patriotisme, la fierté d’être français, qui au bout du compte va être considéré comme la référence »... Car les électeurs « préfèreront le modèle à la contrefaçon »...
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Bécassine au Sénat
Marie-Ségolène ne veut plus supprimer le Sénat, car elle a changé d’avis après ses « consultations ». Elle précise : « Dans la réforme des institutions, moi, cela ne m’aurait pas gênée de supprimer le Sénat. Je vais lui supprimer le pouvoir de veto. »
On aimerait savoir dans quel article de la Constitution le Sénat aurait un « pouvoir de veto », et dans quel article de la Constitution le président de la République a le pouvoir de supprimer au Sénat le pouvoir de voter les lois.
Elle dit vraiment n’importe quoi, avec un autoritarisme de plus en plus inquiétant : « Je veux », « Je ferai », comme si le président de la République avait tous les pouvoirs...
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Le catastrophique refroidissement de la planète
En 1975, des scientifiques (climatologues et météorologues) tiraient la sonnette d’alarme sur le refroidissement de la planète. Ils prévoyaient des catastrophes, notamment une gigantesque pénurie alimentaire dans l’hémisphère nord, car la chute des températures allait notamment réduire de façon drastique la production de céréales au Canada et en URSS, tandis que des pays comme le Pakistan, le Bangladesh, l’Indonésie, et toute l’Indochine, allaient être frappés par une terrible sècheresse. Ces scientifiques s’alarmaient de l’indifférence des politiques devant ces effroyables perspectives, qui allaient se concrétiser dans les dix ans. La revue Newsweek s’en faisait l’écho, avec carte et graphique à l’appui : newsweek_coolingworld.pdf