Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Le blog d'Yves Daoudal - Page 2529

  • Chypre : un président communiste...

    Demetris Christofias, le candidat du « parti progressiste du peuple des travailleurs » (ou « des masses travailleuses »), AKEL, a remporté sans surprise l’élection présidentielle de Chypre.

    Au premier tour, les trois candidats avaient obtenu autour de 30% chacun. Le troisième, donc éliminé, était le président sortant, Tassos Papadopoulos, de « centre droit ». Il avait appelé à voter pour le candidat communiste au second tour, contre le candidat de droite, celui-ci étant le plus favorable à un arrangement avec les Turcs.

    Demetris Christofias était le président du Parlement. Il a fait ses études à l’Académie des « sciences sociales » de Moscou, d’où il est sorti docteur en « philosophie de l’histoire » en 1974, pour prendre aussitôt les rênes de l’organisation des jeunes communistes à Chypre. On le dit aujourd’hui modéré et n’ayant pas l’intention de nationaliser l’économie chypriote. Mais devant le quartier général de son parti, la foule agitait des drapeaux rouges et l’effigie de Che Guevara...

    Sur le plan européen, il pourrait être un grain de sable dans la machine à fabriquer un super-Etat. Mais un tout petit grain de sable : on a déjà vu que l’opinion de Chypre ne comptait guère et qu’il lui était quasiment impossible de faire jouer son droit de veto...

    Addendum. Le président de la Commission européenne en personne, José Manuel Barroso, "encourage fortement" le nouveau président à saisir l'opportunité que constitue son élection pour "démarrer sans tarder des négociations sous les auspices des Nations Unies avec le leader de la communauté chypriote-turque au sujet d'un accord global".

  • Cuba : Castro après Castro

    Il était amusant (si l’on peut dire) de lire les commentaires de ceux qui célébraient déjà les changements à venir à Cuba après l’annonce du retrait de Fidel Castro. Ces gens-là, qui se piquent d’analyses politiques, ne savent donc toujours pas ce qu’est un régime communiste.

    Les voilà donc déçus de voir que rien ne change.

    Le régime est même plus que jamais verrouillé. Fidel a mis à sa place son frère Raul, qui a aussitôt déclaré que Fidel ne disparaissait pas et qu’il s’attacherait à lui demander conseil. Le numéro 2 est José Ramon Machado Ventura, 77 ans, dirigeant historique de la « vieille garde », compagnon de combat de Fidel Castro et de Che Guevara, chef du département à l’organisation du PC depuis 1990, et désormais premier vice-président du Conseil d’Etat. Ricardo Alarcon, 70 ans, reste président du Parlement, un poste qu’il occupe depuis 1993. A la Défense , Raul Castro est remplacé par le général Casas Regueiro, 72 ans, qui était son bras droit. A l’Intérieur est reconduit le général Aberlardo Comé Ibarra, 68 ans, l’un des jeunes de la vieille garde. Etc. Le plus jeune des dirigeants est Felipe Perez Roqua, 42 ans, reconduit au ministère des Affaires étrangères : c’est l’ancien secrétaire personnel de Castro...

  • Kurdistan : c’est une vraie guerre

    Contrairement aux premières incursions de l’armée turque au Kurdistan irakien, l’offensive menée depuis jeudi dernier est une véritable guerre.

    Selon l’état-major de l’armée turque, les opérations ont déjà fait 112 morts parmi les « rebelles » (le PKK), compte non tenu des personnes tuées par les bombardements, et 15 soldats turcs. Le PKK annonce 3 morts de son côté, et 47 chez les soldats turcs. Samedi, le PKK a annoncé avoir abattu un hélicoptère turc. Dimanche, l’armée turque a indiqué qu’un de ses hélicoptères a été « détruit pour une raison inconnue ».

    L’armée turque pilonne des localités kurdes depuis le territoire turc et envoie des troupes par hélicoptère. Les peshmerga (qui ne sont plus aujourd’hui des « rebelles » mais des forces régulières kurdes...) font état de combats dans la région d’Harkuk. Un correspondant de l’AFP a vu plus d’une dizaine d’avions de chasse se diriger vers cette région. L’agence Firat News, proche du PKK, signale des raids aériens et des combats dans la région de Zap.

    Le chef de l’aile militaire du PKK, Bahoz Erdal, a appelé les jeunes Kurdes de Turquie à « rendre la vie insupportable dans les grandes métropoles » et à... « brûler chaque soir des centaines de voitures »... L’organisation de jeunesse du PKK a appelé à des actes de violence dans tous les pays où se trouve une minorité kurde...

    Le « gouvernement » irakien, assurant comprendre les « préoccupations légitimes » de la Turquie, appelle le gouvernement turc à « retirer ses troupes du sol irakien au plus vite », car, dit-il, « l’opération est une menace pour la souveraineté de l’Irak » (sic), et pour « la sécurité et la stabilité de la région ».

    Le « gouvernement » irakien ne peut que gémir tout doucement. Il n’a aucune autorité sur le Kurdistan, que les Américains ont rendu pleinement autonome depuis la première guerre du Golfe, et les Turcs sont ouvertement appuyés par les Américains dans cette opération, notamment en fournissant le travail de renseignement sur la localisation et les déplacements des hommes du PKK.

    Ceux qui sont dans une situation délicate sont les chefs du Kurdistan : le « président » irakien Talabani, et surtout le président de la région autonome, son frère ennemi Barzani, qui est le chef dynastique de la partie du Kurdistan frontalière avec la Turquie, ouvertement protégé par les Etats-Unis et protecteur occulte du PKK...

    Sans doute les Turcs ont-ils de bonnes raisons de vouloir éradiquer le PKK. Sans doute aussi vaudrait-il mieux qu’ils commencent par reconnaître l’identité kurde et donner des droits aux Kurdes de Turquie, plutôt que de se lancer dans une guerre qui ne peut qu’accroître la déstabilisation de cette région poudrière. Une fois encore, les Etats-Unis jouent un très mauvais jeu.

  • Lorsque la Vierge chercha à comprendre l’incompréhensible

    Acathiste à la Mère de Dieu, strophe III

    Lorsque la Vierge chercha à comprendre l’incompréhensible, elle dit à l’envoyé : Dites-moi comment peut-il naître un fils de mes chastes entrailles ? Et lui de répondre avec effroi par ces acclamations :

    Salut, initiée à la décision indicible. Salut, ô silence pour ceux qui sollicitent une preuve.
    Salut, ô prémice des miracles du Christ. Salut, vous êtes le faîte de ses commandements.

    Salut, ô échelle céleste par laquelle Dieu est descendu. Salut, ô pont menant au ciel ceux de la terre.

    Salut, ô étonnement des anges connu de tous. Salut, ô vous qui êtes pour les démons une blessure provoquant leurs lamentations.

    Salut, vous qui avez engendré la lumière d’une façon indescriptible.

    Salut, vous qui n’avez appris à personne à dire « comment ».

    Salut, vous qui dépassez la connaissance des sages. Salut, vous qui éclairez l’intelligence des croyants.

    Salut, ô épouse sans époux !

    Salut, ô épouse sans époux !

  • 3e dimanche de carême

    Extrahentes Joseph de lacu, vendiderunt Ismaëlitis viginti argenteis. Reversusque Ruben ad puteum, cum non invenisset eum, scidit vestimenta sua cum fletu, et dixit : Puer non comparet, et ego quo ibo ? At illi, intincta tunica Joseph in sanguine hædi, miserunt qui ferret eam ad patrem et diceret : Vide si tunica filii tui sit, an non.

    Retirant Joseph de la fosse, ils le vendirent aux Ismaélites pour vingt pièces d’argent. Ruben, revenu au puits, comme il ne le trouvait pas, déchira ses vêtements en pleurant et dit : L’enfant ne paraît plus. Et moi, que vais-je devenir ? Mais eux, ayant trempé la tunique de Joseph dans le sang d’un bouc, envoyèrent un messager qui la porterait à leur père et lui dirait : Vois s’il s’agit de la tunique de ton fils ou non.

    (Répons des matines)

  • Sarkozy au Salon

    Puisque Nicolas Sarkozy ne fait rien comme les autres, et comme il doit parler tout le temps et annoncer quelque chose chaque jour, il a fait un discours pour l’inauguration du salon de l’agriculture.

    Il a dit, à propos de la politique agricole commune :

    « Sur la PAC, je veux la rupture avec le conservatisme et l'immobilisme (...) je suis convaincu que la PAC doit être rénovée, refondée. Je veux être clair: nous veillerons à ce que cet exercice (la présidence française de l'UE) soit l'occasion d'engager dès 2009, je pèse mes mots, une véritable refondation des modalités de mise en œuvre de la PAC dans notre pays, qui se fera en totale cohérence avec nos objectifs politiques de 2013. »

    Et à propos de l’OMC :

    « Les négociations au sein de l'Organisation mondiale du commerce doivent repartir sur des bases saines et des objectifs clarifiés. Je m'opposerai fermement à tout accord qui ne servira pas les intérêts de notre pays. Je regrette que l'Europe accepte des concessions toujours plus importantes sans rien obtenir en retour. Comme il faut l'unanimité, chacun est devant ses responsabilités. » (Ce n’est pas « notre pays », c’est la bureaucratie européenne qui négocie à l’OMC.)

    Commentaire désabusé du président de la FNSEA, pourtant par principe soutient de tout président UMP : « C'est un discours encourageant et mobilisateur pour les agriculteurs, mais comme l'a dit lui-même le président, les paroles c'est une chose, les actes c'est autre chose. »

  • Ils nous prennent pour des demeurés

    Titre du Figaro : « Les infarctus en baisse de 15% depuis l’interdiction du tabac ».

    En un mois et demi, l’interdiction de fumer au bistrot a déjà entraîné une baisse de 15% des infarctus et accidents cérébraux. Selon une « étude » du Pr. Bertrand Dautzenberg, « mandaté » par le ministère de la Santé pour… raconter n’importe quoi.

    Cela aussi, c’est une première : évaluer l’impact d’une mesure sur la santé un mois et demi après sa mise en application. De quoi faire hurler de rire tous les scientifiques non « mandatés ».

    Le hic, c’est qu’on n’avait rien constaté de tel après l’interdiction de fumer dans les lieux publics et les bureaux. Mais le Pr Dautzenberg a réponse à tout : « Cela montre que le secteur des cafés et restaurants était un vecteur important du tabagisme passif », dit-il.

    Tandis que le bureau, ou le salon, où quelqu’un fume, ne l’est pas, sans doute.

    D’autre part, les ventes de tabac sont restées stables.

    Cela voudrait donc dire que le tabagisme passif est beaucoup plus dangereux que le fait de fumer, mais seulement dans les bistrots. Ce qui est totalement absurde.

    Vive la science de Big Brother.

  • Sarkodélire

    Nicolas Sarkozy, ulcéré par la décision du Conseil constitutionnel sur la rétention de sûreté, demande à la Cour de cassation… comment on peut faire pour la contourner…

    « L'application immédiate de la rétention de sûreté aux criminels déjà condamnés reste un objectif légitime pour la protection des victimes », a déclaré David Martinon. Le président de la République a donc demandé au premier président de la Cour de cassation Vincent Lamanda « d'examiner la question et de faire toutes les propositions nécessaires pour l'atteindre. »

    Voilà encore une première.

    « C’est une décision ahurissante, unique dans l’histoire de la Ve République, souligne Laurent Bedouet, le secrétaire général de l’USM. Jamais un président n’a demandé au président de la Cour de cassation comment contourner une décision du Conseil constitutionnel. »

    « Une disposition déclarée anticonstitutionnelle ne peut être promulguée ni mise en application », dit l’article 62 de la Constitution, et les décisions du Conseil constitutionnel « ne sont susceptibles d’aucun recours et s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles ».

    Le président de l’association des avocats pénalistes, Yves Le Borgne, apparaît plus mesuré que l’USM, mais le résultat est le même : « Il n’est pas choquant que le chef de l’Etat puisse réclamer un avis consultatif de la Cour de cassation, dit-il… sauf s’il s’agit d’utiliser une grande institution contre une autre. Dans ce cas, ce serait de la folie. » Or c’est bien de cela qu’il s’agit.

  • Alléluia

    Acathiste à la Mère de Dieu, strophe II

    La sainte, se voyant encore chaste, dit hardiment à Gabriel : Votre discours étrange me paraît difficile à accepter. Comment parlez-vous d’un enfantement qui suivrait une conception sans semence, en vous exclamant : Alléluia !

    Alléluia, Alléluia !

  • L’euthanasie au Luxembourg

    Les députés luxembourgeois ont adopté mercredi à une très courte majorité (30 sur 59) une proposition de loi dépénalisant l’euthanasie.

    On m’a communiqué le texte de la proposition de loi « sur le droit de mourir en dignité », signée par un socialiste et un Vert.

    L’exposé des motifs couvre pas moins de 7 pages en (très) petits caractères. Le texte lui-même de la proposition de loi s’étend sur 5 pages (14 articles en 6 chapitres). Et il y a encore, à la fin, deux pages de « commentaires des articles ».

    On aura compris qu’il s’agit non seulement de faire passer le meurtre des malades pour une bonne action, mais encore de le justifier de façon surabondante en submergeant le citoyen d’un torrent de considérations pseudo-philosophiques, morales et politiques.

    Cela commence d’ailleurs comme un traité sur la mort : « Depuis toujours, l’être humain s’interroge sur la mort... »

    On embraye bientôt sur un long exposé de l’horreur de l’acharnement thérapeutique, qui empêche de mourir « dans la dignité », on évacue rapidement les « soins palliatifs » qui à eux seuls ne sont pas à même de garantir de mourir dans la dignité, et on conclut dès le début de la deuxième page qu’il faut donc dépénaliser l’euthanasie et le suicide assisté.

    Le reste est une très longue justification de l’euthanasie, qui s’appuie sur les « exemples » de la Belgique et des Pays-Bas, retrace les débats sur le sujet au Luxembourg, et définit les termes. Au moins, c’est clair, l’euthanasie, c’est « le fait de donner sciemment et volontairement la mort ». Autrement dit c’est un meurtre pur et simple, qui est cependant justifié dans certaines conditions. On comprend alors que toutes ces pages verbeuses ont pour seul motif d’enrober et de rendre presque invisible cette définition : « Il faut comprendre l’euthanasie comme le fait de donner sciemment et volontairement la mort. »

    L’article 1 de la loi précise : « Il y a lieu d’entendre par euthanasie l’acte, pratiqué par un tiers, qui met intentionnellement fin à la vie d’une personne à la demande de celle-ci. » Et par assistance au suicide, « le fait d’aider intentionnellement une autre personne à se suicider ou de procurer à une autre personne les moyens à cet effet, ceci à la demande de celle-ci ».

    On remarquera l’alinéa 3 de l’article 2, qui fait froid dans le dos : « La demande du patient doit être actée par écrit. Le document est rédigé, daté et signé par le patient lui-même. S’il n’est pas en état de le faire, sa demande est actée par écrit par une personne majeure de son choix, pour autant qu’il ne s’agisse ni d’un héritier légal, ni d’un légataire universel que le patient aura l’intention de désigner dans son testament. »

    La demande « du patient » peut donc être écrite, par exemple, par le meilleur ami de l’héritier, que le malade aura « choisi » dans les conditions que l’on imagine. La loi ne fait nulle mention d’un possible abus de faiblesse...