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  • 12e dimanche après la Pentecôte

    Benedícam Dóminum in omni témpore : semper laus ejus in ore meo.
    In Dómino laudábitur ánima mea : áudiant mansuéti, et læténtur.

    Je bénirai le Seigneur en tout temps ; sa louange sera toujours dans ma bouche.
    Mon âme mettra sa gloire dans le Seigneur ; que les doux m’entendent, et qu’ils se réjouissent.

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    Musicalement, ce graduel est assez curieux. Il est indiqué comme étant du 7e mode, mais il est manifeste que la dominante est do, et non ré comme ce devrait être. Il s’agit donc plutôt a priori d’un 8e mode. Mais la gamme est bien celle du 7e mode, montant de la tonique sol au sol à l’octave supérieure. Mais le corps du graduel ne se termine pas sur la tonique : il se termine sur un la. On constate alors que toute la phrase « in ore meo », et même les dix notes précédentes, sont exactement (à la quinte supérieure) celles de « protege me » du graduel du 10e dimanche, qui est, et clairement, du… premier mode.

    Don Johner relève d’autres particularités, notamment une formule qui appartient aux graduels du 3e mode (sur « mansueti »).

    Et il est patent que Dominum et Domino ont exactement la même noble et royale mélodie.

  • Greta chez Merkel (quelle époque)

    Masquée, bien sûr, bon petit soldat de la pensée unique. Ce qui souligne son regard toujours aussi méchant, même si elle veut plus que jamais passer pour une petite fille qu'elle n'est plus depuis longtemps.

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  • La phrase du jour

    Alexandre Loukachenko : « Macron a déclaré qu'il souhaitait assurer une médiation dans les négociations en Biélorussie. Laissez-moi y aller en premier, je ferai l'intermédiaire entre les Gilets jaunes et Macron. »

  • Le Cœur immaculé de Marie

    Le propre de la « Congrégation de France » de l’ordre bénédictin publié par Solesmes en 1925 avait au 9 juillet une fête du Cœur très pur de la Bienheureuse Vierge Marie. Au deuxième nocturne des matines la lecture était celle de cet extrait du sermon de saint Bernardin de Sienne sur la Visitation (qui est abrégé dans la fête actuelle) :

    Quel mortel, s’il ne s’appuie sur la Parole divine, osera célébrer peu ou prou, de ses lèvres non circoncises ou même souillées, cette véritable Mère de Dieu et des hommes, que Dieu le Père, avant tous les siècles, a prédestinée à rester perpétuellement vierge, que le Fils a choisie pour sa très digne Mère, en qui le Saint-Esprit a préparé le séjour de toute grâce ?

    Par quelles paroles le pauvre homme que je suis osera-t-il exalter les sentiments si profonds conçus par ce Cœur Très Pur et exprimés par cette bouche Très Sainte, alors que la langue de tous les Anges en est incapable ? Car le Seigneur a dit : « L’homme bon tire de bonnes choses du bon trésor du cœur » ; et cette parole aussi peut-être un trésor.

    Peut-on concevoir, parmi les simples hommes, quelqu’un de meilleur que celle-là, qui mérita de devenir la Mère de Dieu, qui pendant neuf mois a abrité Dieu lui-même dans son cœur et dans ses entrailles ? Quel trésor est meilleur que cet Amour divin lui-même, dont le Cœur de la Vierge était l’ardente fournaise ? De ce Cœur donc, comme de la fournaise du feu divin, la bienheureuse Vierge a tiré de bonnes paroles, c’est-à-dire les paroles d’une très ardente charité. De même que d’un vase plein d’un vin souverain et excellent ne peut sortir que du très bon vin ; ou comme d’une fournaise très ardente ne peut sortir qu’un feu brûlant ; ainsi, de la Mère du Christ n’a pu sortir qu’une parole d’amour et de zèle souverains et souverainement divins.

    C’est le fait d’une maîtresse et d’une dame sage que de proférer des paroles peu nombreuses, mais solides et pleines de sens. Ainsi nous trouvons dans l’Évangile, à sept reprises, sept paroles seulement, d’une sagesse et d’une force étonnantes, prononcées par la Très Bénie Mère du Christ : il est ainsi montré mystiquement qu’elle fut pleine de la grâce septiforme.

    Avec l'ange, elle n'a pris la parole que deux fois :

    - Comment cela se pourra-t-il faire puisque je ne connais pas d'homme ? (Luc I 34)

    - Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole ! (Luc I 38).

    Avec Elisabeth deux fois aussi, d'abord pour la saluer (Luc I 40), ensuite pour louer Dieu, lorsqu'elle dit :

    - Mon âme magnifie le Seigneur (Luc I 46).

    Avec son Fils deux fois encore. La première dans le temple :

    - Mon Fils pourquoi nous as-tu fait cela ? (Luc II 48).

    La seconde, aux noces :

    - Ils n'ont pas de vin (Jean II 3).

    Aux serviteurs une fois seulement :

    - Faire tout ce qu'il vous dira (Jean II 5).

    Et dans tous les cas, elle a fort peu parlé. Mais elle s’est dilatée davantage dans la louange de Dieu et dans l’action de grâces, lorsqu’elle a dit : « Mon âme magnifie le Seigneur… ». Là, ce n’est pas avec l’homme, mais avec Dieu qu’elle a parlé.

    Ces sept paroles, elle les a prononcées selon les sept progrès et actions de l’amour, en observant une progression et un ordre admirable : ce sont là comme sept flammes de la fournaise de son cœur. L'âme aimante, qui les considère et les rumine, s'écrie avec le prophète : Combien douces à mon palais (c'est-à-dire toute mon affectivité) sont vos paroles ! Cette douceur que l'âme aimante éprouve en ces paroles de la Bienheureuse Vierge, est l'ardeur d'un pieux amour qu'elle éprouve en elle, par expérience. Qu'elle dise donc, l'âme aimante : « Combien douces à mon palais sont vos paroles ! » (Psaume 118).

    Distinguons par ordre ces sept flammes d'amour des paroles de la Vierge bénie.

    - La première est la flamme de l'amour séparant.

    - La seconde, de l'amour transformant.

    - La troisième, de l'amour communiquant.

    - La quatrième, de l'amour jubilant.

    - La cinquième, de l'amour savourant.

    - La sixième, de l'amour compatissant.

    - La septième, de l'amour consumant.

  • Le jihad au Niger, dans l’indifférence

    « Tout est arrivé au début de la semaine passée dans le village de Djaheli, à quelques 18 Km de Bomoanga. Ils sont arrivés avec une vingtaine de motocyclettes, armés, chacun ayant le visage masqué. Ils ont d'abord attendu le retour des paysans chez eux, vers le soir. Ensuite, ils ont encerclé et saccagé le village avant de partir après avoir tué auparavant deux personnes accusées de connivence avec les autorités » indique depuis Niamey à l'Agence Fides le Père Mauro Armanino, missionnaire de la Société des Missions africaines.

    « La nouvelle n'a été reprise par personne parce que la mort de paysans par rapport à celle d'occidentaux n'a pas la même importance » affirme le père Armanino. « Le message des assaillants, de présumés djihadistes installés depuis longtemps sur zone, peut se résumer de la sorte : détruire, démolir l'Eglise, entraîner des conversions à l'islam sous la menace de la destruction du village » souligne le missionnaire qui ajoute : « Par ailleurs, est implicite « l'invitation » à ne pas collaborer avec les forces gouvernementales sous peine de finir sa vie comme les deux personnes tuées sur place ».

    Bomoanga est le village dans lequel, le 17 septembre 2018, a été enlevé le Père Pierluigi Maccalli. « Vingt-trois mois après son enlèvement, la passion de sa population se poursuit – souligne le Père Armanino. Une délégation de la population en question, dans le cadre d'une rencontre avec l'évêque du Diocèse, accompagnée de l'Administrateur de la Paroisse de Makaloni, actuellement isolée, a souligné trois aspects fondamentaux. Ils pourraient être résumés en trois questions simples et essentielles : Comment continuer à vivre la foi ? Comment se procurer la nourriture nécessaire à la famille ? Où se réfugier ? ».
    « Il est bon de rappeler que, dans la zone frontalière du Burkina Faso, le nombre des évacués a dépassé le million de personnes soit 5 % de la population du pays » conclut le missionnaire. (L.M., agence Fides)

  • Une nouvelle mosquée…

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    Dans un décret présidentiel publié ce jour au Journal officiel de Turquie, Erdogan ordonne d'« ouvrir au culte » musulman l’église Saint-Sauveur-de-la-Chora.

    Cette église avait elle aussi été transformée en mosquée, en 1511, puis en musée par l’Etat « laïque », en 1948.

    Le Conseil d’Etat avait décidé le 8 novembre 2019 que cette église devait retourner à son « culte initial » (sic). Curieusement, Erdogan a attendu un mois après la nouvelle profanation de Sainte-Sophie (ordonnée celle-là immédiatement après la décision du Conseil d’Etat) pour réaliser celle-ci.

  • Chronique des cinglés

    Les organisateurs du Tour de France ont décidé que dorénavant il n’y aura plus deux « miss » sur le podium pour le vainqueur de l’étape, parce que c’est « sexiste » : il y aura « une hôtesse et un hôte ».

    D’abord c’est gravement discriminatoire : transphobique, nonbinarophobique, intersexephobique, et j’en passe.

    Mais surtout les organisateurs du Tour paraissent ne pas avoir remarqué que cette compétition est à ce point sexiste qu’aucune femme ne peut y participer. Alors que la moindre des choses serait qu’une femme le gagne tous les deux ans.

  • Mensonge quotidien

    Screenshot_2020-08-20 Coronavirus le nombre de nouveaux cas au plus haut depuis fin avril en Allemagne.png

    Et chez nous aussi : "Il n'y a jamais eu autant de cas depuis la fin du confinement".

    On ne nous dit évidemment pas la différence qui change tout : fin avril TOUS les cas détectés l’étaient sur des malades. Aujourd’hui la PLUPART des "contaminés" ne sont pas malades.

  • Sainte Jeanne de Chantal

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  • Saint Bernard

    Comme Bernard, envoyé nouvellement à Clairvaux, devait recevoir l'ordination du ministère auquel il s'était associé, et que le siège de Langres, que regardait cette ordination, vaquait alors, les frères cherchèrent où ils le mèneraient pour être ordonné; et aussitôt s'offrit à eux l'excellente réputation du vénérable évêque de Châlons, le très-célèbre maître Guillaume de Champeaux, et il fut résolu de l'envoyer vers lui. Bernard se rendit à Châlons, emmenant avec lui un certain Helbold, moine de Cîteaux. Le jeune homme, d'un corps faible et moribond, et d'un extérieur chétif, entra dans la maison dudit évêque, suivi d'un moine plus âgé que lui, et remarquable par sa taille, sa force et sa beauté. A leur vue, les uns se mirent à rire, d'autres à railler, et d'autres, interprétant la chose selon son vrai sens, à révérer Bernard. Comme on demandait qui des deux était l'abbé, les yeux de l'évêque s'ouvrirent les premiers, et il reconnut le serviteur de Dieu, et le reçut comme tel. Comme, dans leur premier entretien particulier, la retenue de ses paroles montrait de plus en plus, mieux que n'aurait pu le faire aucun discours, la sagesse du jeune homme, l'homme sage comprit que l'arrivée de cet hôte était une visite divine. Les soins pieux de l'hospitalité ne lui manquèrent pas, jusqu'à ce que l'entretien en étant venu entre eux jusqu'à la familiarité et liberté de la confiance, Bernard se recommanda auprès de l'évêque plus encore par la sympathie qui naquit entre eux que par ses paroles. Enfin, depuis ce jour et cette heure, ils ne firent qu'un cœur et une âme dans le Seigneur, au point que, dans la suite, souvent l'un eut l'autre pour hôte, que Clairvaux était la propre maison de l'évêque, et que les gens de Clairvaux jouissaient non seulement de la maison de l'évêque, mais encore par lui de toute la ville de Châlons. Bien plus, par lui encore, la province de Reims et toute la Gaule furent dévotement excitées à révérer l'homme de Dieu. Tous apprirent de cet éminent évêque à accueillir et révérer Bernard comme l'ange de Dieu, car un homme, jouissant d'une si grande autorité, et qui affectionnait un moine inconnu et si humble, paraissait alors avoir pressenti en lui la grâce.

    Peu de temps s'étant écoulé, comme la maladie de l'abbé s'était aggravée au point qu'on n'attendait plus que sa mort, ou pour lui une vie plus cruelle que la mort, l'évêque vint le voir. L'ayant vu, l'évêque dit qu'il avait l'espoir de lui conserver non seulement la vie mais encore la santé, s'il consentait à son dessein et souffrait que, conformément à la nature de sa maladie, on prît quelque soin de son corps ; mais Bernard ne pouvait être fléchi facilement sur la rigueur habituelle de sa vie. L'évêque se rendit vers le chapitre de Cîteaux ; et là, en présence de quelques abbés qui s'étaient assemblés, s'étant, avec une humilité pontificale et une charité sacerdotale, prosterné de tout son corps à terre, il demanda et obtint que Bernard fût remis en son obéissance, pour un an seulement. Que pouvait-on en effet refuser à une si grande humilité de la part d'un homme d'une telle autorité ? Etant donc retourné à Clairvaux, il fit faire à Bernard une petite maison hors du cloître et des murs du monastère, ordonnant de n'observer en rien à son égard, pour le boire ou le manger, ou autre chose de cette sorte, la règle de l'ordre ; de ne lui causer aucun souci sur le soin de la maison, et de le laisser vivre selon la manière établie par lui.

    Dans ce même temps, je commençai à fréquenter Clairvaux et Bernard lui-même. L'étant allé voir avec un autre abbé, je le trouvai dans sa cabane, tel qu'on voit des lépreux dans les carrefours publics. Je le trouvai, d'après l'ordre de l'évêque et des abbés, comme on l'a dit, dégagé de toute inquiétude sur les soins intérieurs et extérieurs de la maison, tout entier à Dieu et à lui-même, et comme ravi dans les délices du Paradis. Etant entré dans cette chambre royale, comme je considérais l'habitation et l'habitant, cette maison, j'en atteste le Seigneur, m'inspira un aussi grand respect que si je me fusse approché de l'autel de Dieu. Je sentis autour de cet homme une si grande suavité et un si grand désir d'habiter avec lui dans cette pauvreté et simplicité, que si ce jour-là on m'eût donné le choix, je n'eusse rien tant souhaité que de rester toujours là avec lui pour le servir. Nous ayant tour à tour reçus avec joie, comme nous lui demandions ce qu'il faisait et comment il vivait, nous souriant à sa manière gracieuse : « Bien, dit-il ; moi, à qui jusqu'à présent obéissaient des hommes raisonnables, par le juste jugement de Dieu, j'ai été soumis à la domination d'une certaine bête sans raison. » Il parlait d'un homme grossier et vain, absolument ignorant, qui se vantait de le guérir de la maladie dont il était attaqué, et entre les mains duquel il avait été remis pour lui obéir, par l'évêque, les abbés et ses frères. Là, ayant mangé avec lui, quand nous pensions qu'un homme si malade et l'objet de tant de soins devait être traité de la manière convenable, la vue des mets qu'on lui servait par l'ordre des médecins et auxquels eût à peine touché un homme en bonne santé pressé par les angoisses de la faim, nous inspira du dégoût, et la règle du silence eut peine à nous empêcher d'assaillir de colère et d'injures ce médecin, comme un sacrilège et un homicide. Celui qui en était l'objet prenait tout indifféremment et trouvait tout bon ; ses sens étaient pervertis et son goût presque éteint, et à peine discernait-il quelque chose. En effet, on sait que pendant plusieurs jours il mangea pour du beurre du sang cru qu'on lui servit par erreur, il but de l'huile pour de l'eau, et il lui arrivait beaucoup de choses semblables. Il disait qu'il ne trouvait de goût qu'à l'eau, parce que quand il la buvait, elle lui rafraîchissait la gorge et le gosier.

    Voilà donc l'état dans lequel je le trouvai ; c'est ainsi qu'habitait l'homme de Dieu dans sa solitude. Mais il n'était pas seul : avec lui étaient Dieu et la garde et la consolation des saints anges, comme le démontrèrent des signes manifestes. Une certaine nuit que son âme s'était en quelque sorte fondue au dedans de lui-même dans l'attention plus qu'ordinaire qu'il donnait à son oraison, légèrement endormi, il entendit comme les voix d'une nombreuse multitude passant près de lui. S'étant éveillé, et entendant plus distinctement ces mêmes voix, il sortit de la cellule où il était couché, et suivit ces voix qui s'éloignaient. Non loin de là était un lieu couvert d'épines et d'arbrisseaux, mais en ce moment bien différent de ce qu'il avait coutume d'être. Il s'y trouvait des chœurs disposés de distance en distance, et l'homme saint écoutait avec transport. Il ne connut le mystère de cette vision que lorsque, quelques années après, l'édifice du monastère ayant été reconstruit autre part, il vit que son oratoire était placé dans le même lieu où il avait entendu ces voix. Je demeurai quelques jours avec lui, moi indigne, m'étonnant partout où je tournais les yeux, comme si je voyais de nouveaux cieux, une nouvelle terre, les antiques sentiers de nos pères les premiers moines d'Egypte, et dans ces sentiers les traces récentes des hommes de notre temps.

    Guillaume de Saint-Thierry, Vie de saint Bernard, ch. 7 (traduction Guizot).