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  • Là-bas aussi…

    Alors que les Fulanis (bergers peuls islamistes) sèment la terreur depuis des années dans plusieurs pays d’Afrique, génocidant les paysans catholiques et étendant sans cesse "leur" territoire, voici qu’un évêque catholique, Mgr Matthew Hassan Kukah, s’en prend… aux catholiques qui osent dire qu’ils en ont assez.

    Lors d’un séminaire sur les « fausses nouvelles et discours d’incitation à la haine », organisé par le Centre d’études africaines Olusegun Obasanjo de la National Open University du Nigeria, Mgr Hassan Kukah, évêque de Sokoto, a déclaré que « la diffusion de discours d’incitation à la haine à l’encontre des bergers Fulanis, en cours sur les réseaux sociaux, constitue une menace pour l’unité et la paix du Nigeria ». Les discours d’incitation à la haine envers un groupe particulier de personnes ont toujours précédé les génocides dans tous les coins du monde, a-t-il dit, comparant l’incitation à la haine envers les Fulanis à ce qui arriva aux Igbos avant la guerre civile nigériane (1967-1970). Avertissant que le pays se trouve au bord d’un précipice très dangereux, Mgr Kukah a invité les responsables du pays à tenir la situation bien en main et tous les Nigérians à être les gardiens de leurs propres frères en évitant d’utiliser le critère du profil ethnique et religieux dans leurs rapports les uns avec les autres.

    La référence aux Igbos avant la guerre civile est hallucinante, car là encore, là déjà, ce sont des chrétiens qui se sont fait massacrer par des musulmans…

    On trouvera ci-dessous le témoignage d’un autre évêque, Mgr Juan José Aguirre Muños, en Centrafrique, publié par la même agence Fides il y a deux mois. Certes, il faut attendre la fin pour qu’il remarque que les Peuls « bien armés » qui « laissent sur leur passage une traînée de sang qui s’allonge de jour en jour » sont musulmans, et que les paysans qu’ils massacrent sont chrétiens, mais enfin il le dit, après avoir clairement montré d’où vient la haine, et quels sont les véritables enjeux.

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  • C’est le Liban

    Finalement, le concert du groupe Mashrou’Leila au festival de Byblos a été annulé, « pour éviter une effusion de sang », selon le communiqué grandiloquent de la direction du festival.

    Lundi, la commission épiscopale maronite s’était réunie et avait considéré que l’absence d’excuses publiques du groupe « pour avoir porté atteinte à des symboles sacrés » démontrait « leur volonté de gagner du temps » (deux des membres s’y étaient engagés auprès de l’évêque de Byblos). En conséquence, la commission, qui fait partie du Centre catholique d’information, lequel est habilité pour faire valoir ses demandes concernant le respect de la religion chrétienne auprès du gouvernement, a demandé que le concert soit annulé. C’est le festival lui-même qui, hier, a préféré annoncer l’annulation.

    Peu avant, les trois députés de Byblos (Jbeil en arabe), Ziad Hawat (Forces libanaises), Simon Abi Ramia (Courant patriotique libre) et Moustapha Husseini (chiite), avaient publié un communiqué conjoint :

    Sur la base de l'intérêt public, conformément aux dispositions de la Constitution et des lois libanaises, afin de préserver l'image de Jbeil et son rôle dans le respect du sacré, des valeurs et des principes, et à l'issue de plusieurs réunions loin des médias avec le comité d'organisation du Festival international de Byblos, ainsi qu'avec les autorités religieuses, judiciaires et sécuritaires concernant le concert de Mashrou' Leila et ses répercussions, les députés de Jbeil ont exprimé au comité d'organisation le souhait d'annuler l'événement.

    Neemat Frem, député de la circonscription voisine de Jounieh et président de la commission parlementaire de l'Economie, avait comuniqué :

    Je ne suis pas de ceux qui croient que Dieu a besoin d'être défendu. Mais c'est une affaire de principe et de droit. Le Liban est le pays des libertés et il est aussi, dans son essence et sa Constitution, le pays du respect des valeurs religieuses et des symboles sacrés. Les membres de Mashrou' Leila ont rencontré des responsables civils et religieux et des membres du groupe ont reconnu que certaines de leurs chansons ont porté atteinte aux symboles religieux et manifesté l’intention de présenter des excuses et de supprimer ce qui devrait être supprimé. Face à cette réalité, et parce que le groupe essaie de profaner et d'insulter les valeurs et symboles religieux, j'appelle à l'annulation du concert dans son intégralité, la liberté ne peut se transformer en un point de vue.

    La municipalité de Byblos a salué une « bonne décision et une démarche positive pour l'intérêt général et celui de Jbeil et de ses habitants, par respect pour les symboles et les pratiques religieuses ».

    Pas moins de 11 lobbies (dont on voit ce qu’ils représentent) disent avoir saisi le procureur général pour que des poursuites judiciaires soient engagées « contre les personnes et les acteurs politiques ayant publiquement incité à la violence contre le groupe »…

  • Saint Ignace de Loyola

    Deus, qui ad majórem tui nóminis glóriam propagándam, novo per beátum Ignátium subsídio militántem Ecclésiam roborásti : concéde ; ut, eius auxílio et imitatióne certántes in terris, coronári cum ipso mereámur in cælis. Per Dóminum.

    « Dieu qui, pour propager la plus grande gloire de votre Nom, avez voulu fortifier par un nouveau soutien l’Église militante grâce au bienheureux Ignace, faites que, en l’imitant maintenant dans le combat, nous puissions avoir part un jour à sa couronne dans le ciel ». Le programme de saint Ignace, évoqué dans cette collecte : Ad majorem Dei gloriam, se rattache, dans la tradition de l’ascèse catholique, à celui qui fut donné jadis par le Patriarche du monachisme occidental à ses fils : Ut in omnibus glorificetur Deus. Nous connaissons les relations de saint Ignace avec les Bénédictins du Mont-Serrat, où il se retira immédiatement après sa conversion ; avec les moines du Mont Cassin, où il demeura quelque temps dans la solitude, et avec les cénobites de Saint-Paul à Rome où il émit ses vœux et où il fut canoniquement élu premier préposé général de la nouvelle Compagnie. Il n’est pourtant pas possible de démontrer que la devise de saint Ignace découle de celles des moines bénédictins. Un même esprit, celui des saints, a employé, pour s’exprimer, des mots analogues ; et il en va de même au sujet des rapports existant entre le petit Livre des Exercices spirituels et l’Exercitatorium de l’abbé Garcia de Cisneros dont le Saint aurait eu connaissance, dit-on, au Mont-Serrat.

    Bienheureux cardinal Schuster

    [Il est plus que probable que saint Ignace ait connu le livre de dom Garcia de Cisneros (cousin du cardinal Jiménez de Cisneros tout récemment croisé chez sainte Anne), abbé de Montserrat, publié en 1500. Ignace se rendit à Montserrat en 1522 puis à Manrèse, à 23 km de là, où il passa près d’un an, retournant chaque samedi à Montserrat voir son confesseur, tandis qu’il fréquentait à Manrèse un prieuré bénédictin dépendant de Montserrat, et qu’il commençait à écrire ses Exercices. Mais – comme on peut s’en douter – les exercices du bénédictin, même au goût du jour, et ceux du jésuite sont quelque peu différents. Voir ici.]

  • Saints Abdon et Sennen

    Nous trouvons aujourd’hui un bel exemple du caractère dramatique de la célébration de la messe dans les temps anciens. C’est un spectacle composé de quatre scènes distinctes où interviennent, tour à tour, les saints martyrs, le Christ, le chœur (nous-mêmes) et l’Église.

    Transportons-nous par la pensée au tombeau de nos martyrs. Au cours de la vigile nocturne, nous avons entendu la lecture des actes des martyrs ; c’est maintenant l’heure de la messe. Les saints sont présents à nos côtés. Le chœur exprime les sentiments qu’il éprouve au cours de l’action. Sentiments humains au début. Nous entendons, rendus avec un grand réalisme, les soupirs des victimes enchaînées, dans les affres de leur prison, nous voyons comment va bientôt couler leur sang. La nature se révolte, elle réclame justice.

    podcast

    Intret in conspéctu tuo, Dómine, gémitus compeditórum : redde vicínis nostris séptuplum in sinu eórum : víndica sánguinem Sanctórum tuórum, qui effúsus est.
    . Deus, venérunt gentes in hereditátem tuam : polluérunt templum sanctum tuum : posuérunt Jerúsalem in pomórum custódiam.

    Que le gémissement des captifs pénètre jusqu’à vous, Seigneur : et pour ceux qui nous entourent faites retomber dans leur sein au septuple l’outrage qu’ils ont fait tomber sur vous : vengez le sang de vos Saints, qui a été répandu.
    Ô Dieu, les nations sont venues dans votre héritage : elles ont souillé votre saint temple : elles ont fait de Jérusalem une cabane à garder les fruits.

    C’est maintenant l’Église qui parle pour revendiquer les intérêts de ses enfants ; les martyrs ont acquis de grands mérites qui doivent obtenir aux fidèles le pardon de leurs fautes (Oraison).

    Deus, qui sanctis tuis Abdon et Sennen ad hanc glóriam veniéndi copiósum munus grátiæ contulísti : da fámulis tuis suorum véniam peccatórum ; ut, Sanctórum tuórum intercedéntibus méritis, ab ómnibus mereántur adversitátibus liberáti. Per Dóminum.

    Dieu, vous avez fait à vos saints Abdon et Sennen le don insigne de la grâce d’arriver à cette gloire : accordez à vos serviteurs le pardon de leurs péchés : afin que, aidés des mérites de vos Saints, nous puissions être délivrés de toute adversité.

    Les martyrs eux-mêmes interviennent alors (à l’Épître, comme assez souvent) ; ils nous encouragent par le récit de leur vie : « Frères, montrons-nous dignes ministres de Dieu par une grande constance dans les tribulations, dans les nécessités, dans les angoisses, sous les coups, dans les prisons... » Les saints peuvent prendre ce passage à la lettre, et ils nous exhortent à une sorte de martyre selon nos diverses conditions : « dans les émeutes, dans les travaux, les veilles, les jeûnes ; par la pureté, par la longanimité, par la bonté... » Qui que nous soyons, riches ou pauvres, estimés ou méprisés, servons le Seigneur ! De nouveau, les martyrs nous disent ce qu’ils furent pendant leur vie : nous sommes « considérés comme des imposteurs, et pourtant nous sommes véridiques... comme des mourants, et pourtant nous vivons : comme des pauvres, nous qui en enrichissons un grand nombre ; comme des gens dénués, nous qui possédons tout ». Cette Épître dans la bouche de nos saints est singulièrement touchante et saisissante.

    A l’entendre, nous (le chœur), nous nous faisons une idée nouvelle du martyre : « Dieu est glorifié dans ses saints, admirable dans sa majesté... » (Graduel).


    podcast

    Gloriósus Deus in Sanctis suis : mirábilis in majestáte, fáciens prodígia. ℣. Déxtera tua, Dómine, glorificáta est in virtúte : déxtera manus tua confrégit inimícos.

    Dieu est glorifié dans ses Saints : admirable dans sa majesté, il fait des prodiges. Votre droite, Seigneur, s’est signalée par sa force : votre main droite a brisé ses ennemis.

    Voici enfin apparaître le Christ, Roi des martyrs. Nous l’entendons proférer les béatitudes : « Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice. Bienheureux êtes-vous lorsque les hommes vous maudissent et vous persécutent. Réjouissez-vous et tressaillez de joie, car votre récompense sera grande dans les cieux » (Évangile).

    Le chœur ne sait plus dire autre chose que ces mots : « Dieu est admirable dans ses saints » (Offertoire).


    podcast

    Mirábilis Deus in Sanctis suis : Deus Israël, ipse dabit virtútem et fortitúdinem plebi suæ : benedíctus Deus, allelúia.

    Dieu est admirable dans ses saints. Le Dieu d’Israël donnera lui-même à son peuple la puissance et la force. Dieu soit béni. Alléluia.

    Le Sacrifice peut maintenant commencer, le sacrifice du Christ sur le tombeau des martyrs, double sacrifice bien que ne faisant qu’un dans cette union de la tête et des membres. Notre mère l’Église supplie de nouveau que les liens des martyrs nous délivrent des liens du péché.

    Dom Pius Parsch

    (Moniales d'Argentan, sous la direction de dom Gajard.)

  • En attendant la Finlande…

    Dans son discours à l’université d’été de Bálványos, Viktor Orbán a ironisé sur le fait que la Finlande, qui préside l’UE ce semestre, va enquêter sur l’état de droit en Hongrie…

    Et – puisque Madame le ministre Judit Varga est parmi nous – n’oublions pas non plus que nous aurons des combats à mener également sur le terrain de l’Etat de droit. Nous aurons besoin de nerfs solides. Pas pour défendre notre position – parce que cela, comme Madame le ministre l’a déjà montré, ne pose pas de problème – mais pour ne pas nous laisser aller à éclater de rire et pour ne pas vexer nos partenaires par un excès d’hilarité. C’est le plus dur. C’est pour cela qu’il nous faudra de bons nerfs et de la maîtrise de soi. Voilà tout de suite la période qui vient, où nous allons examiner avec nos amis Finlandais la situation de l’Etat de droit en Hongrie. Nous allons examiner cela avec nos amis Finlandais. La Finlande, Mesdames et Messieurs, est un Etat où il n’y a pas de Cour constitutionnelle. La protection de la constitution est assurée par une commission du Parlement spécialement constituée à cet effet. Imaginez un instant, dans l’Etat de droit hongrois, si nous disions tout d’un coup que nous supprimons la Cour constitutionnelle et que c’est la Commission de la Constitution du Parlement qui exerce le contrôle de constitutionnalité. C’est à peu près la situation en Finlande. Ou voici un autre exemple éloquent : en Finlande, l’Académie est placée sous le contrôle et la direction du ministère de l’Education. Imaginez un instant, si nous avions clos le débat sur l’Académie des Sciences hongroise en la plaçant sous le contrôle et la direction du ministre de l’Education – rassurez-vous, cher Monsieur le ministre Kásler, ce ne sera pas le cas – mais imaginons-le un instant. Ou imaginez encore cet Etat de droit en Finlande où les juges sont nommés par le président de la République sur proposition du ministre de la Justice. Il nous faudra donc des nerfs solides pour qu’à nos amis Finlandais qui nous interrogeront sur l’Etat de droit nous ne répondions pas avec des sourires ni des rires, mais avec courtoisie et tout le respect qui leur est dû.

  • Illibéral

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    Comme chaque été, Viktor Orbán a fait un important discours, le 27 juillet, à l’« université d’été de Bálványos », rendez-vous des jeunes nationalistes hongrois qui se déroule en Transylvanie, donc en… Roumanie. Cela fait 30 ans que cette université d’été existe, et cela fait 30 ans que Viktor Orbán y prend la parole. Cette année, il a précisé de façon remarquable ce qu’il entend par « démocratie illibérale ». En résumé : « La signification de la politique illibérale n’est autre que la liberté chrétienne. »

    Voici ce développement, qui est l’essentiel du discours de cette année, et mérite d’être lu in extenso.

    L’interprétation internationale peut être résumée de la manière suivante : le monde doit fonctionner sur la base des démocraties libérales, principalement en Europe, ces démocraties doivent bâtir et mettre en œuvre une sorte d’internationale libérale, dont un empire libéral doit sortir. L’Union européenne n’est rien d’autre que l’incarnation de cette idée, mais du temps de l’administration démocrate les Etats-Unis réfléchissaient aussi à quelque chose de comparable à l’époque du président Obama, à l’échelle mondiale. Vu sous cet angle, il est clair que ce qui se passe en Hongrie ne correspond pas à ce schéma. C’est quelque chose d’autre. La Hongrie fait autre chose, elle donne le jour à autre chose. Oui, mais à quoi ? A cette question, l’on peut donner une réponse philosophique – nous nous y essaierons – mais aussi une réponse de politique concrète. Je choisirai maintenant cette dernière. C’est à partir de là que l’on peut comprendre ce qui s’est passé et ce qui se passe en Hongrie, quelle était la situation que les forces citoyennes, nationales et chrétiennes ont reçue en héritage en 2010, après avoir gagné les élections avec une majorité parlementaire des deux tiers. Cette situation peut être résumée autour des points suivants. Le premier est que la part prépondérante des charges de la Hongrie était portée par moins de la moitié de la population active. Traduit en chiffres, cela voulait dire que sur les 10 millions de Hongrois, il y en avait 3,6 millions qui travaillaient, sur lesquels 1,8 million payaient des impôts. C’étaient eux qui portaient sur leur dos les charges du pays. Il est clair que c’était là une forme longue et pénible de suicide. Je signale entre parenthèses qu’aujourd’hui 4,5 millions de Hongrois sont au travail, et que tout le monde paie des impôts. Le second problème que nous devions résoudre était que l’endettement avait lentement enseveli sous lui les individus, les familles, les entreprises, et aussi l’Etat. Nous avions hérité d’une situation d’endettement sans espoir. Nous avons constaté en 2010 que l’identité culturelle de notre communauté, de la Hongrie était en pleine décomposition. Nous avons constaté que la conscience de l’appartenance à la nation était en voie de disparition. Nous avons constaté que nos communautés d’au-delà des frontières étaient soumises à une pression assimilatrice constante, à laquelle elles n’étaient pas en mesure de résister. Et nous avons constaté que les capacités physiques préposées à la défense de notre souveraineté : la police, l’armée, étaient sclérosées. Comme Gyula Tellér l’avait écrit à l’époque, la Hongrie était en 2010 en train de se vider matériellement, spirituellement et biologiquement. Le premier ministre et le gouvernement devaient donc répondre à la question de savoir si la solution de ces problèmes hongrois était envisageable dans le cadre de la démocratie libérale ? A cette question, nous avons résolument répondu non. Ce n’était pas envisageable. Ce cadre-là ne permet pas de trouver les bonnes réponses à ces questions. Il fallait donc trouver autre chose. Nous avons déclaré qu’il faut conserver le cadre de l’économie de marché libérale qui subsistait du changement de régime libéral, qu’il faut conserver les institutions démocratiques, juridiques et politiques, mais qu’il faut modifier radicalement le mode de structuration de la société et de la communauté. En d’autres termes : démocratie oui, libéralisme non.

    Et c’est alors qu’est arrivé le débat : qu’est-ce donc que cette démocratie illibérale, une démocratie chrétienne à l’ancienne ou un système basé sur la nation ? Il est peut-être utile de rappeler ici en quelques mots la différence entre le premier changement de régime, que nous avons appelé changement de régime libéral, et le second, que nous pouvons appeler changement de régime illibéral ou fondé sur la nation. Nous avons revisité et placé sur de nouvelles bases la relation qui s’établit entre la communauté et l’individu. Dans le système libéral, la société et la nation ne sont rien d’autre qu’une masse d’individus en concurrence les uns avec les autres. Ce qui les rassemble, c’est la constitution et l’économie de marché. Il n’y a pas de nation, ou s’il y en a tout de même une, c’est seulement une nation politique. Je voudrais ici ouvrir une parenthèse et rendre hommage à László Sólyom7, qui a fait œuvre définitive pendant sa présidence quand il a étudié et précisé, à la fois juridiquement et philosophiquement, le concept de la nation culturelle par opposition avec la nation politique. Fin de la parenthèse. Puisque donc il n’y a pas de nation, il n’y a pas non plus de communauté, ni d’intérêt communautaire. Voilà, en gros, ce qu’est la relation entre l’individu et la société dans la conception libérale. Face à cela, la conception illibérale ou d’inspiration nationale affirme que la nation est une communauté déterminée par son histoire et sa culture, une organisation qui s’est formée au cours de l’histoire et dont les membres doivent être protégés et préparés à faire face ensemble aux défis du monde. Dans la conception libérale, la performance individuelle, ce que fait chacun, s’il vit une vie productive ou une vie improductive, est une affaire strictement personnelle et ne peut pas faire l’objet d’un jugement moral. Face à cela, dans un système d’inspiration nationale, la performance individuelle qui mérite en premier lieu la reconnaissance est celle qui sert en même temps le bien de la communauté. Il faut l’entendre au sens large. Voilà par exemple nos patineurs qui ont gagné une médaille d’or : une performance sportive d’excellence est aussi une performance individuelle qui sert en même temps le bien de la communauté. Quand nous les citons, nous ne disons pas qu’ils ont gagné une médaille d’or, mais que nous avons gagné l’or olympique : leur performance individuelle a bien clairement servi aussi les intérêts de la communauté. Dans un système illibéral ou d’inspiration nationale, la performance digne de reconnaissance n’est pas une affaire personnelle et revêt des formes bien définies. Il en est ainsi de l’auto-responsabilisation et du travail, de la capacité à créer et à subvenir à sa propre existence, de l’étude et d’un mode de vie sain, du paiement de l’impôt, de la fondation d’une famille et de l’éducation des enfants. Ou encore de la capacité à s’y retrouver dans les affaires et dans l’histoire de la nation, et de la participation à la réflexion sur le devenir de la nation. Ce sont des capacités que nous reconnaissons, que nous valorisons, que nous considérons comme de rang supérieur et que nous soutenons. Voilà en quoi ce qui est arrivé en Hongrie en matière de relation entre l’individu et la société diffère totalement de la situation qui prévalait en 1990, au moment du changement de régime libéral.

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  • Sainte Marthe

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    (Sainte Marthe, église Sainte-Madeleine de Troyes, œuvre du « maître de Chaource », XVIe siècle.)

    Les trois belles oraisons de la messe dans le propre de Provence (traduction du missel du Barroux).

    Onipotens sempiterne Deus, qui Unigenitum tuum pro salute hominum in terris conversantem sanctissimæ Virginis Marthæ hospitio suscipi voluisti : præsta, quæsumus ; ut, ejusdem Virginis meritis et intercessione, in cælorum domicilio recipi misericorditer valeamus. Per Dominum…

    Dieu éternel et tout-puissant, qui avez voulu que votre Fils unique, séjournant sur terre pour le salut des hommes, fût reçu comme hôte par la bienheureuse Vierge Marthe, nous vous en prions : faites que par les mérites et l’intercession de cette vierge nous puissions être reçus avec miséricorde dans la demeure des cieux. Par notre Seigneur…

    Admitte, pie et misericors Deus, hostias et preces quas in sancto altari tuo tibi devote offerimus ob commemorationem sanctæ Virginis tuæ Marthæ : ut sicut illa pura tibi mente servivit in terris, ita nos ejus intercessione, post hujus ministerii decursum, feliciter vivamus in cælis. Qui vivis…

    Dieu de bonté et de miséricorde, recevez les hosties et les prières qu’en mémoire de votre sainte vierge Marthe nous vous présentons avec dévotion sur votre saint autel ; et de même qu’elle vous a servi sur la terre avec une âme pure, qu’ainsi, par son intercession, après le cours de notre service ici-bas, nous vivions aux cieux dans la félicité. Vous qui vivez…

    Sumptis, Domine, salutis æternæ mysteriis, te suppliciter exoramus : ut intercedente beata et gloriosa Virgine Martha, hospita tua, illius gaudiorum efficiamur participes, et æterni præmii cohaeredes. Qui vivis…

    Ayant reçu les sacrements du salut éternel, Seigneur, nous vous supplions humblement ; que par l’intercession de la bienheureuse et glorieuse Vierge Marthe, nous devenions participants de ses joies et cohéritiers de sa récompense éternelle. Vous qui vivez…

  • 7e dimanche après la Pentecôte

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    Omnes gentes, pláudite mánibus : jubiláte Deo in voce exsultatiónis.
    . Quóniam Dóminus excélsus, terríbilis : Rex magnus super omnem terram.

    Nations, frappez toutes des mains ; célébrez Dieu par des cris d’allégresse.
    . Car le Seigneur est très haut et terrible, roi suprême sur toute la terre.

    L’introït de ce dimanche est l’un des plus brefs du répertoire. Dépourvu de tout effet, il chante avec légèreté une joie profonde, se permettant seulement sur le mot « jubilate » une envolée jusqu’au sommet du mode. Au moyen âge le verset psalmodié était assez souvent non le verset qui suit immédiatement l’antienne, comme c’est l’usage lorsque l’antienne est le premier verset du psaume, mais le verset suivant : « Subjecit populos nobis, et gentes sub pedibus nostris » (il nous a soumis des peuples, et des nations sous nos pieds), comme on le voit ici sur l’antiphonaire de Hartker (codex 339 de Saint-Gall). Sans doute pour éviter le trop grand contraste entre l’allégresse de l’antienne et le Dieu « terrible » du verset.

  • De la Sainte Vierge le samedi

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    Ivoire, XIIIe siècle, Louvre

    Quam vília de seípsa sénserit édocet María, et quod omne quidquid boni mériti hábuit, hoc supérna grátia largiénte percéperit, dicens: Quia respéxit humilitátem ancíllæ suæ; ecce enim ex hoc beátam me dicent omnes generatiónes. Húmilem quippe Christi ancíllam suo iudício se fuísse demónstrat: sed respéctu se grátiæ cæléstis repénte sublimátam pronúntiat, atque in tantum glorificátam, ut sua beatitúdo præcípua mérito cunctárum géntium voce mirétur. Addidit étiam adhuc divínæ pietátis múnera, quæ mirabíliter accépit, digna gratiárum actióne colláudans. Quia fecit mihi magna qui potens est, et sanctum nomen eius. Nihil ergo suis méritis tríbuit, quæ totam magnitúdinem ad illíus donum refert, qui essentiáliter potens et magnus exístens, fidéles suos de parvis atque infírmis, fortes fácere consuévit et magnos.

    Quand Marie dit : « Il s’est penché sur son humble servante, et désormais tous les âges me diront bienheureuse », elle nous apprend les humbles sentiments qu’elle a d’elle-même. Elle nous dit avoir reçu tout ce qu’il peut y avoir de bien en elle par largesse de la grâce divine. Elle montre, certes, qu’elle se considère comme la pauvre servante du Christ. Mais tout de suite, par respect de la grâce céleste, elle reconnaît sa noblesse et se dit tellement glorifiée que la voix de tous les peuples admirera à juste titre son singulier bonheur. Et ces faveurs de la divine bonté – ces faveurs qu’elle a si merveilleusement accueillies –, elle trouve même le moyen de les faire croître en chantant une digne action de grâces : « Le Puissant a fait pour moi des merveilles, Saint est son nom. » Elle n’attribue rien à ses propres mérites. Toute sa grandeur, elle la rapporte au don de celui qui est puissant et grand par essence, lui qui a coutume de rendre forts et grands ses fidèles, tout petits et faibles qu’ils soient.

    Saint Bède, homélie en la fête de la Visitation, lecture des matines.

  • En Grèce

    Une circulaire de l’Eglise orthodoxe de Grèce indique que le Saint Synode a décidé, le 9 juillet, d’instituer un « Jour de l’enfant à naître ». Ce sera le dimanche après Noël. (Dommage que les orthodoxes ne suivent pas le mouvement lancé par le président argentin Carlos Menem en 1999 et aussitôt promu par Jean-Paul II, d’une Journée internationale de l’enfant à naître le 25 mars, fête de l’Annonciation, alors même que lors de la proclamation de Buenos Aires il y avait des orthodoxes – et des protestants, et des juifs, et même des musulmans.)

    L’Eglise orthodoxe entend ainsi lutter contre la dénatalité (la Grèce devrait perdre entre un demi-million et un million d’habitants d’ici 20 ans si rien n’est fait). Il y aurait 300.000 avortements par an dans ce pays de moins de 11 millions d’habitants (plus d’une femme sur cinq a déjà avorté).

    Le métropolite Ignace a rappelé que depuis 1999 l’Eglise a pris des initiatives pour lutter contre la dénatalité : en Thrace elle verse une allocation pour le troisième enfant, elle a ouvert des crèches gratuites dans tous les diocèses et apporte des aides financières aux familles.

    De son côté, le nouveau gouvernement a promis une allocation de 2.000 € pour chaque naissance et 1.000 € pour les mères de moins de 30 ans.