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  • A bientôt

    Et maintenant je me prends une petite semaine de vacances…

    En vous souhaitant une bonne année, une bonne santé, et comme on ajoute en Bretagne, le paradis à la fin de vos jours (hag ar baradoz e fin ho puhez).

  • Le message du 1er janvier

    Le message de Benoît XVI pour la Journée mondiale de la paix, le 1er janvier, porte la date du 8 décembre (fête de l’Immaculée Conception) et a été rendu public le 11 décembre. Il a été commenté par les médias comme un message « écologique ». En bref, le pape rejoint le GIEC et les prophètes de l’Apocalypse du réchauffement climatique. La Croix évoquait ainsi le document :

    « S’il porte comme titre La Famille humaine, sa première partie rappelle combien l’institution familiale – fondée sur le mariage – doit être préservée comme facteur de paix. Mais toute la seconde partie du message est un vibrant appel à une meilleure protection de la planète et en faveur d’une politique mondiale de l’environnement équitable. Il faut, explique Benoît XVI, penser la terre comme notre maison commune. » Et ce journal ajoutait que s’il avait déjà insisté à plusieurs reprises sur ce sujet, « c’est la première fois que Benoît XVI développe le thème de façon aussi complète ».

    En réalité, ce sont 2 paragraphes sur 15 (les numéros 7 et 8) qui traitent de cette question... Il ne s’agit donc ni de « toute la seconde partie du message », ni d’un développement complet de ce thème. La Croix et les autres commentateurs de la pensée unique occultent ainsi ce qui est central dans la seconde partie : la loi morale naturelle.

    L’an dernier déjà, Benoît XVI avait évoqué le thème écologique, mais en liant explicitement la paix avec la nature et la paix entre les hommes et la paix avec Dieu. Il disait que nous devons avoir « toujours plus présents à l’esprit les liens qui existent entre l’écologie naturelle, à savoir le respect de la nature, et l’écologie humaine » et il ajoutait : « L’expérience montre que toute attitude irrespectueuse envers l’environnement porte préjudice à la convivialité humaine, et inversement. Un lien indissoluble apparaît toujours plus clairement entre la paix avec la création et la paix entre les hommes. L’une et l’autre présupposent la paix avec Dieu. »

    Loin de sacrifier tout à coup à la dictature écolo-mondialiste, le pape rappelle ce que l’Eglise a toujours enseigné : il faut respecter la nature parce que c’est la création de Dieu.

    Non seulement le pape ne s’inscrit pas dans le contexte du terrorisme climatique actuel, mais quand il fait allusion aux débats actuels, c’est pour souligner, d’une part que « respecter l’environnement ne veut pas dire que l’on considère la nature matérielle ou animale comme plus importante que l’homme » (il vise ici ceux, de plus en plus nombreux, qui voient l’homme comme un ennemi de la déesse Terre), et que d’autre part « il convient que les évaluations se fassent avec prudence, dans un dialogue entre experts et sages, sans précipitations idéologiques vers des conclusions hâtives ».

    C’est clair.

    En fait, ce très beau message, qu’il faut voir dans son ensemble, apparaît comme un développement de la phrase de Centesimus annus que citait le pape l’an dernier : « Non seulement la terre a été donnée par Dieu à l’homme qui doit en faire usage dans le respect de l’intention primitive, bonne, dans laquelle elle a été donnée, mais l’homme, lui aussi, est donné par Dieu à lui-même et il doit donc respecter la structure naturelle et morale dont il a été doté ». Ce qui annonce le développement sur la loi morale naturelle dans les paragraphes 11 à 13.

    Les premiers paragraphes sont une défense de la famille, « la famille naturelle en tant que profonde communion de vie et d’amour, fondée sur le mariage entre un homme et une femme ». Le pape en profite pour rappeler la doctrine catholique sur les droits de l’homme, en citant le préambule de la Charte des droits de la famille : « Les droits de la personne, bien qu’exprimés en tant que droits de l’individu, ont une dimension foncièrement sociale qui trouve dans la famille son expression innée et vitale. »

    Reprenant les expressions qui définissent la famille, il souligne que lorsqu’on l’appelle la cellule première et vitale de la société on dit « quelque chose d’essentiel » : c’est dans la famille qu’on « fait l’expérience de certaines composantes fondamentales de la paix » : la justice, l’amour, l’autorité, le service, le pardon... Ainsi la famille est-elle « la première et irremplaçable éducatrice à la paix ».

    De ce fait, porter atteinte à la famille, qui est « la principale “agence“ de paix », c’est porter atteinte à la paix dans le monde, qui est une grande famille. Mais là, le pape souligne aussitôt que pour que soient posées les conditions d’une humanité pacifiée, pour que l’humanité soit une famille, il est nécessaire que chacun se reconnaisse responsable devant Dieu. « Sans ce Fondement transcendant, la société est seulement un conglomérat de voisins, non une communauté de frères et de sœurs, appelés à former une grande famille ».

    C’est alors que le pape est conduit à évoquer la « maison » de la famille humaine, qui est la terre. Une maison commune dont il faut évidemment prendre soin, de façon commune et concertée.

    Après un paragraphe sur la justice dans les relations économiques, qui doit se référer à la justice et à la sincérité dans les relations familiales, le pape évoque longuement la loi morale naturelle, en poursuivant l’analogie familiale : « Une famille vit en paix si tous ceux qui la composent se plient à cette norme commune. »

    « La norme juridique (…) a comme critère la norme morale fondée sur la nature de choses. » Il insiste de nouveau très fortement sur cette question, en l’appliquant notamment aux relations internationales. Pour que les normes juridiques soient vraiment efficaces, « il faut remonter à la norme morale naturelle, fondement de la norme juridique, sinon cette dernière reste soumise à des consensus fragiles et éphémères. » Et encore : « Il est indispensable de revenir à cette loi fondamentale et de consacrer à cette recherche le meilleur de nos énergies intellectuelles. »

    Avant de rappeler la nécessité du désarmement, particulièrement nucléaire, le pape souligne que le souci de rendre les normes internationales plus conformes à la loi morale naturelle doit permettre « d’éviter qu’elles ne se réduisent à des procédures faciles à contourner pour des motifs égoïstes ou idéologiques ».

    Ces deux derniers mots sont en quelque sorte la trame de son discours. L’homme doit lutter contre l’égoïsme et rejeter l’idéologie, dans tous les domaines. Cela concerne aussi bien la famille que la société, aussi bien les relations internationales que le souci de la planète. Il n’y a pas de discours spécifiquement écologique dans ce message. Il y a la doctrine sociale de l’Eglise, dans toute son ampleur.

  • Dimanche dans l’octave de Noël

    « Et voici qu'il y avait à Jérusalem un homme du nom de Siméon. Et c'était un homme juste et craignant Dieu, qui attendait la consolation d'Israël. »

    Non seulement les anges et les prophètes, les bergers et les parents, mais encore les vieillards et les justes apportent leur témoignage à la naissance du Seigneur. Tout âge, l'un et l'autre sexe, les événements miraculeux en font foi : une Vierge engendre, une stérile enfante, un muet parle, Elisabeth prophétise, le mage adore, l'enfant renfermé dans le sein tressaille, une veuve rend grâces, un juste est dans l'attente. C'était bien un juste, car il attendait non son profit mais celui du peuple, désirant pour son compte être délivré des liens de ce corps fragile, mais attendant de voir le Promis : car il savait le bonheur des yeux qui le verraient.

     « Maintenant, dit-il, laissez partir votre serviteur. » Vous voyez ce juste, enfermé, pour ainsi dire, dans la prison de ce corps pesant, souhaiter sa délivrance pour commencer d'être avec le Christ : car « être délivré et avec le Christ est bien préférable » (Phil., I, 23). Mais celui qui veut être libéré doit venir au Temple, venir à Jérusalem, attendre l'Oint du Seigneur, recevoir dans ses mains la Parole de Dieu et comme l'étreindre dans les bras de sa foi. Alors il sera libéré et ne verra point la mort, ayant vu la vie.

    Vous voyez quelle abondance de grâce a répandue sur tous la naissance du Seigneur, et comment la prophétie est refusée aux incroyants, mais non pas aux justes. Voici qu'à son tour Siméon prophétise que Notre Seigneur Jésus-Christ est venu pour la ruine et la résurrection d'un grand nombre, pour faire entre justes et injustes le discernement des mérites et, selon la valeur de nos actes, nous décerner, en juge véridique et équitable, soit les supplices, soit les récompenses.

    « Et ton âme, dit-il, sera traversée d'un glaive. » Ni l'Écriture ni l'histoire ne nous apprend que Marie ait quitté cette vie en subissant le martyre dans son corps ; or, ce n'est pas l'âme, mais le corps, qu'un glaive matériel peut transpercer. Ceci nous montre donc la sagesse de Marie, qui n'ignore pas le mystère céleste ; car « la parole de Dieu est vivante, puissante, plus aiguë que le glaive le mieux aiguisé, pénétrante jusqu'à diviser l'âme et l'esprit, les jointures et les moelles ; elle sonde les pensées du coeur et les secrets des âmes » (Héb., IV, 12) : car tout dans les âmes est à nu, à découvert devant le Fils, auquel les replis de la conscience n'échappent point.

     Ainsi donc Siméon a prophétisé, une femme mariée avait prophétisé, une vierge avait prophétisé ; il fallait encore une veuve pour qu'il n'y manquât aucun genre de vie, aucun sexe. C'est pourquoi Anne nous est présentée : les mérites de son veuvage et sa conduite obligent à la juger tout à fait digne d'annoncer la venue du Rédempteur de tous. Ayant détaillé ses mérites en un autre endroit, dans notre Exhortation aux veuves, nous ne croyons pas devoir les reprendre ici, pressés que nous sommes d'aborder un autre sujet. Pourtant ce n'est pas sans intention qu'ont été mentionnés les quatre-vingt-quatre ans atteints dans son veuvage ; car ces sept douzaines et ces deux quarantaines semblent indiquer un nombre sacré.

    (Saint Ambroise, traité sur saint Luc)

  • Ce qu’est devenue la politique…

    Dans Le Figaro Magazine, ce propos de Sébastien Huyghe, tête de liste UMP à Lille :

    « Il faut être l’antithèse de Martine Aubry, revendiquer un changement de génération et insister sur la nécessité d’un changement d’attitude et de méthodes. »

    Mais de politique il n'est pas question...

  • Philippe de Villiers

    Dans Le Figaro Magazine :

    En dépit de son goût pour le verbe, Philippe de Villiers s’est quasiment abstenu de toute déclaration publique hostile au « traité simplifié » depuis six mois. Très affecté par son échec à la présidentielle le 22 avril (2,2% des voix), le créateur du Puy du Fou – qui fêtera ses 30 ans cette année – n’est plus sûr de vouloir jouer un rôle au plan national. Soucieux de ne rien dire qui puisse compromettre sa réélection comme président du conseil général de Vendée, Villiers a aussi décidé de garder le silence pour ne pas entraîner des représailles de l’UMP d’ici aux cantonales de mars prochain.

  • Anecdote

    Ce matin je vais à la pharmacie. En repartant, j’aperçois un Maghrébin qui fait la queue. Comme il n’y en a guère dans ma commune, la femme voilée que je vois dehors est forcément sa femme. Elle est immobile, le regard vague, à côté d’un landau. Dans le froid humide.

    Tout le monde dans la pharmacie aurait trouvé normal de se pousser un peu pour faire une place à cette femme et à son bébé. Mais il n’y avait même pas besoin de se pousser. C’est une grande pharmacie, et il y avait largement de la place, malgré la queue, pour plusieurs mères et plusieurs landaus.

    Peut-être que l’homme venait prendre des médicaments pour sa femme. Et que le pharmacien aurait aimé demander ou donner des précisions à cette femme. Mais non. Elle attend dehors.

    Je ne sais pas combien de temps elle a dû attendre, immobile, dans le froid humide, avec son bébé dans le landau. Car cela peut être long, à la pharmacie.
    Manifestement, cette femme a l’habitude d’attendre son mari dehors, avec le bébé, quel que soit le temps.

    J’étais tellement choqué qu’en arrivant au supermarché je ne savais plus ce que j’étais venu acheter.

    Mesdames Messieurs les apôtres de la tolérance, de l’ouverture aux autres, de l’acceptation des différences, voilà ce que vous prônez : il faudrait trouver cela normal. Et même « enrichissant », n’est-ce pas, puisque nous devons nous enrichir de nos différences.

    Eh bien je ne trouverai jamais cela normal. Encore moins enrichissant. Je trouve cela barbare.

    Et vous n’arriverez pas à me persuader que la civilisation chrétienne n’est pas meilleure que celle qui oblige une femme à rester dans le froid humide avec son bébé.

  • Saint Thomas de Cantorbéry

    Un nouveau Martyr vient réclamer sa place auprès du berceau de l'Enfant-Dieu. Il n'appartient point au premier âge de l'Eglise ; son nom n'est point écrit dans les livres du Nouveau Testament, comme ceux d'Etienne, de Jean, et des enfants de Bethléem. Néanmoins, il occupe un des premiers rangs dans cette légion de Martyrs qui n'a cessé de se recruter à chaque siècle, et qui atteste la fécondité de l'Eglise et la force immortelle dont l'a douée son divin auteur. Ce glorieux Martyr n'a pas versé son sang pour la foi ; il n'a point été amené devant les païens, ou les hérétiques, pour confesser les dogmes révélés par Jésus-Christ et proclamés par l'Eglise. Des mains chrétiennes l'ont immolé ; un roi catholique a prononcé son arrêt de mort ; il a été abandonné et maudit par le grand nombre de ses frères, dans son propre pays : comment donc est-il Martyr ? comment a-t-il mérité la palme d'Etienne ? C'est qu'il a été le Martyr de la Liberté de l'Eglise. (...)

    Ce mot de Liberté de l’Eglise sonne mal aux oreilles des politiques. Ils y voient tout aussitôt l'annonce d'une conspiration ; le monde, de son côté, y trouve un sujet de scandale, et répète les grands mots d'ambition sacerdotale ; les gens timides commencent à trembler, et vous disent que tant que la foi n'est pas attaquée, rien n'est en péril. Malgré tout cela, l'Eglise place sur ses autels et associe à saint Etienne, à saint Jean, aux saints Innocents, cet Archevêque anglais du XII° siècle, égorgé dans sa Cathédrale pour la défense des droits extérieurs du sacerdoce. Elle chérit la belle maxime de saint Anselme, l'un des prédécesseurs de saint Thomas, que Dieu n'aime rien tant en ce monde que la Liberté de son Eglise ; et au XIX° siècle, comme au XII°, le Siège Apostolique s'écrie, par la bouche de Pie VIII, comme elle l'eût fait par celle de saint Grégoire VII: C'est par l'institution même de Dieu que l'Eglise, Epouse sans tache de l'Agneau immaculé Jésus-Christ, est LIBRE, et qu'elle n'est soumise à aucune puissance terrestre.

    Or, cette Liberté sacrée consiste en la complète indépendance de l'Eglise à l'égard de toute puissance séculière, dans le ministère de la Parole, qu'elle doit pouvoir prêcher, comme parle l'Apôtre, à temps et à contre-temps, à toute espèce de personnes, sans distinction de nations, de races, d'âge, ni de sexe ; dans l'administration de ses Sacrements, auxquels elle doit appeler tous les hommes sans exception, pour les sauver tous ; dans la pratique, sans contrôle étranger, des conseils aussi bien que des préceptes évangéliques ; dans les relations, dégagées de toute entrave, entre les divers degrés de sa divine hiérarchie ; dans la publication et l'application des ordonnances de sa discipline; dans le maintien et le développement des institutions qu'elle a créées ; dans la conservation et l'administration de son patrimoine temporel ; enfin dans la défense des privilèges que l'autorité séculière elle-même lui a reconnus, pour assurer l'aisance et la considération de son ministère de paix et de charité sur les peuples.

    (Dom Guéranger, Année liturgique, 1846)

  • De l’inconvénient de Charm el-Cheikh

    Communiqué de Jean-Marie Le Pen

    Après la libération des hôtesses de l’air espagnoles et des journalistes français, Nicolas Sarkozy avait prononcé cette phrase historique : « J’irai chercher ceux qui restent, quoi qu’ils aient fait ».

    Mais le transfèrement des Français condamnés au Tchad a eu lieu aujourd’hui, tandis que Nicolas Sarkozy est en vacances à Charm el-Cheikh. Il n’aura donc pas pu réitérer sa médiatique opération libyenne.

    Les citoyens français, qui prennent déjà leur part dans la rançon exigée de l’Union européenne pour les infirmières bulgares, se demandent surtout  si c’est à eux qu’il revient aussi de payer la rançon de 6,3 millions d’euros exigée par le Tchad. Et combien de rançons ils devront payer à l’avenir dans des opérations de ce type.

    On attendrait du ministre des Affaires étrangères, spécialiste des questions humanitaires, une sérieuse réflexion sur l’activité humanitaire dans certains pays où elle devient une monnaie d’échange.

    Mais M. Kouchner a été aussi muet dans l’affaire tchadienne qu’il le fut dans l’affaire libyenne.

    Si Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un jet privé pour se rendre en Egypte, on constate que sur cet important et coûteux sujet n’y a pas de pilote dans l’avion France.

  • Colonnes en danger...

    Ecoutez la plainte déchirante du pauvre grand artiste Daniel Buren à propos de ses tristement célèbres colonnes qui défigurent depuis 1986 la cour d’honneur du Palais Royal :

    C'est une pièce qui est à 50% détruite... C'est une forme de vandalisme, mais c'est du vandalisme d'Etat. Il n'y a plus d'eau depuis huit ans : c'est un bail pour une pièce qui repose au moins à 50% sur son côté fontaine. Il n'y a plus d'électricité non plus. Je me bats depuis des années et j'ai vu les choses péricliter ministre après ministre... Des milliers de gens viennent du monde entier voir quelque chose qui est à moitié détruit... »

    Il n’y a que deux solutions, ajoute-t-il : « la plus satisfaisante, c'est de remettre sur pied la pièce, comme on nettoie une fontaine et on la remet en marche. Ou alors, on a décidé qu'on ne veut pas la remettre en place et je ne peux pas accepter qu'on la laisse en l'état. Dans ce cas, il faut démolir et refaire toute la place. »

    Mais oui, démolissons, et restaurons toute la place !

    Mais ce n’est évidemment pas la solution qui sera retenue. On va se mettre en quatre pour sauver le chef-d’œuvre de M. Buren. Michel Clément, directeur de l'architecture et du patrimoine au ministère de la Culture , indique que la rénovation des colonnes « est programmée, mais dans le cadre d'un ensemble de restaurations importantes au Palais Royal », qui doivent s'étaler de 2007 à 2011. La restauration des colonnes peut être envisagée « en 2009 » : il en coûtera 3,2 millions d’euros...

  • Un RMIste sur trois n’est pas inscrit à l’ANPE...

    Une étude fait apparaître qu’un RMIste sur trois seulement est inscrit sur les listes de l’ANPE (338.800 sur 1.067.700). Et l’étude est digne de foi : elle émane de l’Observatoire de l’ANPE.

    Or, par définition, les RMIstes sont au chômage.

    Faut-il rappeler que ce sont les statistiques de l’ANPE qui donnent les « chiffres du chômage » ? En novembre, Martin Hirsch avait explicitement avoué que s’il y a si peu de RMIstes inscrits à l’ANPE, c’est qu’« on leur demande de ne pas s’y inscrire pour ne pas alourdir les statistiques ». Mais il était largement en dessous de la réalité : il parlait de la moitié des RMIstes...

    En outre, les effectifs de RMIstes inscrits à l’ANPE sont en baisse, notamment en raison... de « la forte hausse des du nombre de bénéficiaires de contrats aidés ».

    Mais seules trois sorties de l’ANPE sur dix correspondent à une « reprise d’emploi » (aidé ou non). Car les « motifs de sortie d’ordre administratif » (en clair, les radiations) sont plus courantes (sic) pour les RMIstes...

  • Benazir Bhutto

    Communiqué de Jean-Marie Le Pen

    L’assassinat de Benazir Bhutto, l’un des seuls dirigeants féminins d’un pays islamique, est évidemment condamné sans réserve par tous les responsables politiques dignes de ce nom. Il constitue en outre un avertissement solennel à tous ceux qui se bercent d’illusions pacifistes sur la réalité de la menace islamiste dans le monde.

  • La gauche à droite (ou le contraire)

    Alain Marleix, le secrétaire national de l’UMP aux élections, est très content. Nicolas Sarkozy lui avait donné pour mission de transposer aux municipales « l’ouverture » qu’il a réalisée au gouvernement : il recense déjà « 500 candidats » issus de la gauche ou des « milieux proches de la gauche ». « Il y a une belle moisson, et cela arrive tous les jours : il y a un tel malaise au PS », se félicite-t-il. « Aujourd’hui, on recense en moyenne entre un et deux candidats d’ouverture dans chacune des 280 villes de plus de 30.000 habitants. »

    Et ce ne sont pas des candidats décoratifs : nombre d’entre eux figurent en deuxième ou en troisième position. A Chartres, c’est un conseiller général PS, à Angers, un ex-adjoint PS, à Nantes, un adjoint de Jean-Marc Ayrault... A Toulouse, c’est un sénateur socialiste. A Colmar, le maire UMP se vante d’avoir cinq colistiers de gauche. Et ce n’est pas fini. On parle par exemple à Rouen du président fabiusien de la communauté d’agglomération...

    D’autre part, l’UMP a investi comme tête de liste des personnalités de gauche, comme Jean-Marie Bockel (Mulhouse), Yves Urieta (Pau), Roger Didier (Gap), Jean-Marie Kutner (Schiltigheim)...

    Naturellement, l’UMP débauche également, autant qu’elle le peut, des membres du Modem. Plusieurs maires sortants, du parti de François Bayrou, sont déjà investis têtes de liste UMP...

    L’ouverture, c’est aussi la « diversité ». Mais l’UMP investit des « issus », comme têtes de liste, dans des endroits où la gauche est majoritaire et non ralliée...

     Nicolas Sarkozy taille ainsi des croupières au PS et au PRG (et au MoDem), et en même temps il brouille les cartes. Il ne sera pas facile de commenter l’élection d’une liste où l’UMP a des candidats de gauche, ou d’une liste de gauche avec des élus UMP, ni d’établir les rapports de force.

    Pour nous cela ne posera aucun problème : il y a longtemps que nous parlons de l’UMPS...

    Quand aux cocus de la présidentielle, peut-être vont-ils commencer enfin à se réveiller...

  • Les zozos de l’Arche

    J’écrivais hier que du point de vue français les zozos de l’Arche « pourraient passer en justice ». Mon conditionnel était un irréel. Mais ce n’est peut-être pas si irréel. Car j’avais oublié que deux juges ont été saisis d’une information judicaire ouverte le 26 octobre pour exercice illégal de l’activité d’intermédiaire en vue d’adoption, aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France, et escroquerie.

    Le retour imminent des zozos ne sera donc sans doute pas le point final de leur aventure judicaire.

    Rappelons aussi le mot historique de Nicolas Sarkozy après la libération de l’équipage espagnol de l’avion : « J’irai chercher ceux qui restent, quoi qu’ils aient fait. »

    Mais Sarkozy se prélasse à Charm el Chiekh, et l’on dit que les zozos vont être rapatriés dès aujourd’hui.

    Ce sera raté pour aller les chercher...

  • La liturgie de ce jour et l’avortement

    L’an dernier j’avais commenté cette curieuse particularité de la liturgie des Saints Innocents que l’Apocalypse y est omniprésente. Notamment à l’office des matines, où 11 répons sur 12 viennent du livre prophétique de saint Jean (fêté la veille). On peut faire un autre commentaire.

    La raison de cette foison de citations du passage de l’Apocalypse lu à l’épître est que l’Eglise applique aux Saints Innocents ce que dit saint Jean des 144.000 élus qui viennent de la grande tribulation, qui ont lavé leur tunique dans le sang de l’Agneau, qui sont vierges et suivent l’Agneau partout où il va.

    Cette insistance a conduit certains commentateurs médiévaux à affirmer que Hérode avait massacré 144.000 enfants. Ce qui est évidemment absurde. Les enfants massacrés par Hérode furent sans doute une trentaine. C’est ce qu’estimaient certains historiens, et la découverte par les coptes, il y a un siècle, d’un charnier à Bethléem, datant du début du Ier siècle, avec les ossements d’une trentaine de petits enfants, paraît le confirmer. Les études réalisées sur ces ossements, et les miracles qui se sont produits, ont conduit l’Eglise copte à authentifier ces reliques. A noter qu’une partie d’entre elles ont été confiées au Dr Villette par le curé des chiffonniers du Caire : elles se trouvent au sanctuaire pro-vie de Saint-Joseph du Saint Sauveur à Chantemerle-les-Blés.

    Chacun sait que le nombre de 144.000 symbolise une immense multitude : 12x12x1000 (le chiffre de la plénitude au carré, multiplié par mille).

    Aujourd’hui, lors de la fête des Saints Innocents, chacun pense naturellement aux victimes de l’avortement. Et ce n’est pas un hasard si des reliques des Saints Innocents se trouvent en une chapelle autour de laquelle a été édifié le Mémorial des Innocents, en mémoire des millions de bébés légalement tués dans le monde.

    Ainsi, cette liturgie qui évoque une multitude de victimes, et qui insiste lourdement sur ce point, paraît bien être prophétique à son tour, et s’appliquer aux innombrables victimes de l’avortement légal, petits martyrs modernes de ceux qui par ces lois blasphèment l’Incarnation.

  • Saints Innocents

    Innocentes pro Christo infantes occisi sunt, ab iniquo rege lactentes interfecti sunt ; ispum sequuntur Agnum sine macula, et dicunt semper : Gloria tibi Domine.

    Les bébés innocents ont été tués pour le Christ, les enfants à la mamelle ont été massacrés par le roi inique ; c’est l’Agneau sans tache qu’ils suivent, et ils disent pour toujours : Gloire à toi, Seigneur.

    (Antienne du Magnificat)

  • Le vrai Bolufer

    Une perle de Jean-Paul Bolufer relevée dans Le Monde par Le Salon Beige :

    « Me présenter comme un "catholique conservateur" "ancien militant contre l'avortement" est une caricature ridicule. J'appartiens à la famille des chrétiens sociaux et milite notamment à Evangile et Société, qui est une association oecuménique diffusant l'enseignement social. »

    Exit donc le catholique de droite, exit le militant contre l’avortement. Reste son appartenance revendiquée (malgré ces dénégations) à la famille des chrétiens sociaux. Ce qu’il illustre par son appartement de 190 m2 dans un des endroits les plus huppés de la capitale, loué à un prix de HLM (c’est là qu’est le côté social).

  • Scoop

    La grande nouvelle du jour, c'est la naissance d'un petit-fils (ben oui, c'est pour ça que je n'étais pas là cet après-midi): le premier enfant de ma fille Anne-Enora et de son mari Nicolas. Il s'appelle Youenn, comme le parrain de ma fille, qui est le fils d'un grand militant breton, Herry Caouissin, écrivain et cinéaste, secrétaire et héritier de l'abbé Perrot. (Youenn est une des formes de Yves en breton).

    Evidemment il est très beau, quelle question...

  • National Hebdo N° 1223

    Dessin d’Ignace : Sarkozy qui sifflote, en père Noël au vêtement rapiécé, avec des cadeaux avariés...

    « Une fin d’année difficile ». Pour tout le monde. Et particulièrement pour National Hebdo. A la place de mon édito on trouvera une lettre du directeur du journal, Jean-Claude Varanne, expliquant la situation difficile dans laquelle se trouve notre hebdomadaire. Les pertes du Figaro ou de Libération ou du Monde se montent à des millions d’euros, ce qui ne constitue aucune menace pour leur survie. Les nôtres sont de quelques dizaines de milliers d’euros, et risquent de nous être fatales... Si chaque lecteur envoyait 20 euros, cela sauverait le journal à court et même à moyen terme. Mais le problème de fond, comme celui d’autres publications de notre famille, est que les abonnés ne sont pas assez nombreux...

    Michel Limier fait le portrait de Carla Bruni, qui n’a pas nos problèmes...

    Jean Roberto expose les trois idées fausses qui sous-tendent l’idée d’une Union euroméditerranéenne.

    J’évoque Sarkozy en Afghanistan et à Rome, les négociations avec la Turquie , l’obsession de l’anti-discrimination...

    Alexandre Martin se penche sur la dégringolade des classes moyennes, et sur l’enterrement définitif du charbon.

    Serge Omara relate les activités du Front national dans les régions (liquidation de Charles Jourdan, vote des budgets).

  • Culture de vie en Croatie

    La loi sur l'avortement n'a pas été modifiée en Croatie, et pourtant les avortements ont diminué de 88,5% entre la chute du communisme en 1989 et 2005. Il y a là matière à réflexion.

    L’agence Zenit a rencontré Marijo Zivkovic, président du Centre pour la Famille, de Zagreb, en Croatie, lors de la rencontre organisée le 11 décembre dernier à Strasbourg par le Mouvement pour la vie italien. Il a expliqué que la baisse du taux d'avortements en Croatie est « entièrement le fruit du travail d'éducation et de formation à l'Evangile de la vie promu par l'Eglise et les associations catholiques ».

    En 1989, dernière année du régime communiste en Croatie, 40.000 avortements ont été enregistrés dans le pays alors qu'en 2005, il y en a eu 4.600.

    Contrairement à l'ensemble de l'Europe, la Croatie a vu en 1995 une augmentation de 11% du nombre de jeunes âgés de moins de 14 ans ; de plus en plus de familles avec au moins trois enfants ; un faible taux de divorces, un taux très faible de personnes porteuses du virus du SIDA et un faible taux de personnes utilisant le préservatif.

    Le Centre pour la famille a distribué, depuis 1993, quatre millions et demi de brochures avec des chapelets pour la vie, ainsi que des textes et des images pro-vie.

    Les autorités croates ont réagi en encourageant un renouvellement démographique, expliquant que les familles stables et nombreuses sont un bien pour l'ensemble du pays. Jean-Paul II s'est rendu en Croatie en 1994, 1998 et 2003, et a chaque fois promu l'Evangile de la vie.

    Marijo Zivkovic explique que ce succès est également dû à « l'utilisation, de la part de l'Eglise, d'un langage non clérical ».

    Pour montrer combien la culture de la vie a imprégné la Croatie , Mario Zivkovic fait remarquer que la pièce croate de 25 Kuna (qui équivaut à trois euros), frappée en l'an 2000, représente un enfant dans le ventre de sa mère, avec une partie du cordon ombilical.

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    Et en entrant dans la zone euro, la Croatie s'interdira de frapper de telles pièces. Voilà qui est tragiquement symbolique de ce qu'est la perte de souveraineté.

  • Les zozos condamnés...

    La cour criminelle de N’Djamena a condamné les six Français de l’Arche de Zoé à huit ans de travaux forcés.

    Cette « lourde condamnation de tous les Français, y compris médecins ou bénévoles, relève sans doute plus d’un véritable racisme anti-français que de la justice », dénonce Bruno Gollnisch dans un communiqué. « Quelles qu’aient été les imprudences et les fautes des dirigeants de l’Arche de Zoé, elles n’ont pu être possibles sans la complicité de cadres tchadiens, de chefs de village voire de certaines familles. » De fait, deux intermédiaires tchadiens, mais deux seulement, ont été condamnés à quatre ans de prison.

    Cet aspect de l’affaire ne peut en effet être éludé, et il est mis en relief par la sévérité du verdict, de même que par l’uniformité des peines prononcées. C’est un cas de figure comparable à l’affaire des infirmières en Libye, avec même cette similitude de la demande d’un million d’euros par enfant au Tchad, et d’un million de dollars par enfant victime du sida en Libye.

    Dans un cas comme dans l’autre, les autorités vont dans le sens des sentiments anti-occidentaux de l’opinion publique de leur pays, et les confortent. C’est d’autant plus évident qu’il y a une grande part de comédie dans ces procès, organisés dans un unique dessein de politique intérieure. Dans l’affaire libyenne, Kadhafi savait parfaitement que les infirmières bulgares seraient libérées à l’issue de leur procès. Dans l’affaire tchadienne, il est clair que les condamnés seront également rapatriés et seront, discrètement ou non, libérés.

    « Si cette triste affaire pouvait servir à quelque chose, ce serait de faire cesser les actions humanitaires ou prétendues telles en direction de peuples et de pays qui n’en veulent pas et les ressentent comme autant d’humiliations », conclut Bruno Gollnisch.

    C’est en effet une question qui se pose. Mais elle ne peut pas occulter l’autre question, sur le ménage à faire dans les associations humanitaires. Dans l’affaire des zozos de l’Arche, il y a la question franco-française. Même en admettant que ces gens-là aient réellement voulu sauver des enfants du Darfour, et quelles que soient les évidentes complicités dont ils ont bénéficié au Tchad (sans parler de l’attitude des autorités tchadiennes dans le déroulement des opérations), il reste qu’ils avaient l’intention de faire immigrer clandestinement en France 103 enfants soi-disant malades et blessés alors qu’ils étaient en pleine forme, pour les vendre à des « familles d’accueil » qui pourraient les adopter.

    Vu du point de vue français, ils pourraient passer en justice pour cela. Et de ce même point de vue, ils vont très bien s’en sortir. Toutefois, leur mésaventure va sans doute faire réfléchir leurs éventuelles émules. Tandis qu’il revient aux véritables associations humanitaires, et au gouvernement qui est forcément impliqué dans ce genre d’affaire, de réfléchir sur les actions dans des pays (notamment musulmans) où la haine de l’Occident en fait des cibles de choix.

    Cette réflexion devrait être facilitée par le fait que le ministre des Affaires étrangères est un spécialiste mondialement reconnu de l’aide humanitaire. Mais on ne l’a pas entendu dans l’affaire libyenne, et on ne l’a pas davantage entendu dans l’affaire tchadienne. Ni en tant que ministre, alors qu’il s’agit d’affaires étrangères, ni en tant que « french doctor », alors qu’il s’agit de sa spécialité. C’est une anomalie de plus...

  • Le Noël du Spiegel

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    Le numéro de Noël (daté du 22 décembre) du grand hebdomadaire allemand Der Spiegel : le Coran, le livre le plus puissant du monde...

    (via Bafweb)

  • 10 églises attaquées en Inde

    Des Hindous, soutenus par le Vishwa Hindu Parishad (Conseil mondial Hindou), ont mis le feu à six églises et en ont pillé quatre autres au cœur de l'Etat d'Orissa, dans l’est de l’Inde. Un jeune homme est mort dans ces attaques et 30 autres personnes ont été blessées.

    Les autorités ont imposé un couvre-feu dans les quatre villes où ces violences ont eu lieu. Le chef du gouvernement de l'Etat, Naveen Patnaik, a lancé un appel à la paix, affirmant sur une chaîne de télévision, que l'Etat d'Orissa a « une longue tradition de bonne entente entre les communautés » et qu'il « faut la maintenir ».

    Selon les autorités, les violences dans les églises se sont produites au lendemain d'une attaque contre un leader hindou appelé Swami Laxmananand Saraswati, qui fait campagne contre la conversion au christianisme d'Hindous de castes basses (la majorité des chrétiens convertis sont en effet des dalits, ou intouchables).

    La conférence épiscopale s'est dite « profondément choquée » par des « attaques soigneusement planifiées contre des chrétiens innocents », et a appelé le gouvernement indien à assurer la sécurité de « la minuscule communauté d'Orissa ».

  • Le Grand Orient... comme Bayrou

    Suite au discours de Nicolas Sarkozy à Saint-Jean de Latran, le Grand Orient de France exprime son « inquiétude face à toute volonté de présenter le fait religieux comme constitutif de l’identité politique et citoyenne, ce qui pourrait entraîner une sérieuse inflexion du modèle républicain français ».

    « Si l’Histoire a fait de la France “la fille aînée de l’Eglise“, en revanche la République a su opérer une émancipation salvatrice vis-à-vis du religieux en forgeant souvent avec difficulté le concept de laïcité », poursuit le Grand Orient, appelant « tous les hommes de progrès à rester plus que jamais vigilants face à une réforme de la loi de 1905 qui représenterait un véritable danger pour la République ».

    La similitude avec les propos de François Bayrou, hier dans Le Figaro, est frappante...

    « En lisant vos propos, on avait vraiment l'impression de lire l'interview de rentrée d'un ponte du Grand Orient de France... », écrivait hier David Fontey à l'intention de Bayrou...

    Sur ce sujet, j'invite aussi à lire le remarqubale commentaire d'"Antoine" à ma note sur Bayrou.

  • Saint Jean

    L'Eglise connaît deux vies, parce que Dieu lui en a parlé et les lui a fait connaître, l'une qui consiste à croire, l'autre à voir distinctement; l'une qui s'écoule dans ce triste pèlerinage, l'autre qui demeurera pendant l'éternité; l'une, qui se passe dans les agitations, l'autre, où l'on se reposera; l'une, qui appartient à notre voyage ici-bas, l'autre, dont on jouira dans la patrie; l'une, occupée par le travail, l'autre, récompensée par la claire vue de Dieu; dans l'une, on évite le mal et l'on fait le bien, dans l'autre, il n'y a aucun mal à éviter, et l'on y jouit d'un bonheur sans limites: l'une consiste à lutter contre l'ennemi, l'autre, à régner sans rencontrer d'adversaire; dans l'une, on se montre fort contre l'adversité, dans l'autre, rien de pénible ne nous tourmentera; ici, il faut dompter les convoitises charnelles, là, on sera plongé dans un océan de délices spirituelles; l'une est troublée par la difficulté de vaincre, l'autre est tranquille parce qu'elle jouit de la paix de la victoire; au milieu des épreuves, la première a besoin de secours, la seconde ne rencontre aucune difficulté et puise la joie en celui-là même qui aide les malheureux; dans l'une, on vient au secours des indigents, dans le séjour de l'autre, on ne trouve aucun infortuné; ici, on pardonne aux autres leurs péchés, afin d'obtenir d'eux indulgence pour les siens; là, on ne souffre rien qu'on doive pardonner, on ne fait rien qui exige l'indulgence d'autrui; dans l'une, on est accablé de maux pour que la prospérité n'engendre pas l'orgueil; dans l'autre, on est comblé d'une telle abondance de grâces, qu'on est à l'abri de tout mal et qu'on s'attache au souverain bien sans éprouver le moindre sentiment d'orgueil; l'une est témoin du bien et du mal, l'autre ne voit que du bien; l'une est donc bonne, mais malheureuse, l'autre est meilleure et bienheureuse; la première a été figurée par l'apôtre Pierre, la seconde par l'apôtre Jean; l'une s'écoule tout entière ici-bas, elle s'étendra jusqu'à la fin des temps et y trouvera son terme; l'autre ne recevra sa perfection qu'à la consommation des siècles, mais dans le siècle futur elle n'aura pas de fin.; aussi dit-on à l'une « Suis-moi », et à l'autre : « Je veux qu'il demeure ainsi jusqu'à ce que je vienne ; que t'importe? Suis-moi ». Que veulent dire ces paroles? Autant que je puisse en juger, autant que je puis le comprendre, elles n'ont pas d'autre signification que celle-ci: Suis-moi en m'imitant, en supportant comme moi les épreuves de la vie; pour lui, qu'il demeure jusqu'au moment où je viendrai mettre les hommes en possession des biens éternels.

    (Saint Augustin, traité 124 sur l’évangile de saint Jean)

  • Mettre fin à la dérive de l’AME

    L’Aide médicale de l’Etat (AME) est une prise en charge à 100% des soins médicaux et hospitaliers. Instituée par le gouvernement Jospin en 2000, elle est ouverte sous conditions de résidence et de ressources aux personnes qui ne remplissent pas les conditions pour bénéficier de la CMU (couverture médicale universelle). Autrement dit, l’AME bénéficie essentiellement aux immigrés clandestins et à leurs « ayants-droit ».

    Les députés Thierry Mariani et Claude Goasguen ont déposé une proposition de loi, le 5 décembre dernier, visant à réduire les plus graves dérives de l’AME.

    Ils rappellent que selon un rapport de l’IGAS, l’AME comptait 191.000 bénéficiaires en 2006, pour un coût estimé à 445 millions d’euros. La prestation moyenne par bénéficiaire s’élève à 2.500 euros, contre 1.500 euros pour un assuré au régime général. En 2003, un rapporteur de l’Assemblée nationale avait constaté des coûts moyens allant jusqu’à 8.000 euros en région parisienne.

    Les abus sont évidents.

    Ils viennent notamment du fait que les « conditions » pour bénéficier de l’AME n’en sont pas. La condition de résidence comme la condition de ressources peuvent être remplies par une « déclaration sur l’honneur », et les demandes d’admission peuvent être reçues par quatre organismes différents. « La multiplication des possibilités de dépôt des demandes ne peut être qu’un facteur aggravant du flou statistique existant aujourd’hui sur les chiffres de l’AME, qui renseignent entre autres sur les chiffres de l’immigration, légale ou illégale. Cette multiplication permet en outre à certaines personnes de présenter plusieurs dossiers, la centralisation des demandes étant de fait difficile devant la complexité administrative. »

    Les deux députés demandent en conséquence que les demandes d’admissions ne puissent se faire qu’à la mairie du lieu de résidence de la personne qui veut bénéficier de l’AME, et que la mairie puisse vérifier les conditions de ressources, d’identité et de résidence, « ce qui paraît être le minimum pour une demande qui a pour effet de permettre des dépenses de soin gratuites pour le bénéficiaire et ses ayants-droit, financées par la société », au bénéfice de clandestins. Il est également proposé de permettre que les demandes d’AME puissent être mémorisées et faire l’objet d’un traitement informatisé afin de lutter contre les détournements de procédure.

    Naturellement, SOS Racisme a vigoureusement réagi en condamnant cette proposition de loi, qui « poursuit deux objectifs détestables : l'association obsessionnelle entre fraude et immigration ainsi que la remise incessante sur le tapis de la question de l'immigration ».
    Et c’est pourquoi la proposition de loi est déjà passée aux oubliettes.

    Il n’est pas question de contrôler les clandestins, même quand il s’agit seulement de s’assurer qu’ils ne fraudent pas en matière de remboursement de soins médicaux.

    En creux, la vaine proposition de loi de Mariani et Goasguen montre quelle est la véritable politique d’immigration de Nicolas Sarkozy.

  • Le message du pape

    De la splendide homélie de Noël prononcée par le pape à la messe de minuit, les médias n’ont retenu que le côté dit « écologique ». Comme si Benoît XVI était une sorte de Nicolas Hulot du Vatican. Voici donc le passage en question. Pour ceux qui sont encore capables de comprendre que le message « écologique » (qui a toujours été le message catholique) s’inscrit dans un contexte spirituel, et quel contexte spirituel, quand le pape fait appel à saint Jean et à saint Grégoire de Nysse…

    Dans certaines représentations de la Nativité à la fin du Moyen-Âge et au début de l’époque moderne, l’étable apparaît comme un palais un peu délabré. Si l’on peut encore en reconnaître la grandeur d’autrefois, il est maintenant en ruines, les murs sont effondrés – il est précisément devenu une étable. Bien que n’ayant aucun fondement historique, cette interprétation exprime cependant sur un mode métaphorique quelque chose de la vérité qui se cache dans le mystère de Noël. (…)

    Dans ses homélies de Noël, Grégoire de Nysse a développé la même perspective en partant du message de Noël dans l’Évangile de Jean : « Il a planté sa tente parmi nous » (1, 14). Grégoire applique ce mot de tente à la tente de notre corps, devenu usé et faible, toujours exposé à la douleur et à la souffrance. Et il l’applique au cosmos tout entier, lacéré et défiguré par le péché. Qu’aurait-il dit s’il avait vu les conditions dans lesquelles se trouvent aujourd’hui la terre en raison de l’utilisation abusive des ressources et de leur exploitation égoïste et sans aucune précaution ? De manière quasi prophétique, Anselme de Canterbury a un jour décrit par avance ce que nous voyons aujourd’hui dans un monde pollué et menacé dans son avenir : « Tout ce qui avait été fait pour servir à ceux qui louent Dieu était comme mort, avait perdu sa dignité. Les éléments du monde étaient oppressés, avaient perdu leur splendeur à cause de l’excès de ceux qui les asservissaient à leurs idoles, pour lesquelles ils n’avaient pas été créés » (PL 158, 955 ss). Ainsi, selon la vision de Grégoire, dans le message de Noël, l’étable représente la terre maltraitée. Le Christ ne reconstruit pas un palais quelconque. Il est venu pour redonner à la création, au cosmos, sa beauté et sa dignité : c’est ce qui est engagé à Noël et qui fait jubiler les anges. La terre est restaurée précisément par le fait qu’elle est ouverte à Dieu, qu’elle retrouve sa vraie lumière; et, dans l’harmonie entre vouloir humain et vouloir divin, dans l’union entre le haut et le bas, elle retrouve sa beauté, sa dignité. Aussi, la fête de Noël est-elle une fête de la création restaurée.

  • Noël à Bagdad

    Une journaliste de l’AFP est allée à la messe de Noël à l’église de la Vierge Marie à Bagdad, dans le quartier chiite de Karrada. Elle a rencontré une fidèle, Yvonne Jadou. Plus rien n’est comme avant, dit-elle. Même les youyous qui accueillent l’arrivée du patriarche, Mgr Delly, « ne sonnent plus comme autrefois ». « Avant 2003, l’église était pleine, les gens chantaient, les gens étaient heureux… Aujourd’hui les gens ne sortent plus, ils ont peur. C’est une peur qui nous suit partout. Mais s’il faut mourir, je préfère mourir ici. »

    Petite bonne nouvelle, rapportée par e-deo : dans le quartier sunnite de Doura, sinistré par de très violents combats, des familles chrétiennes reviennent, et la messe a pu être célébrée dans l’église, fermée il y a deux ans, dont les murs ont été troués par les missiles. Le chef sunnite local promet désormais aux chrétiens la sécurité et leur promet même qu’ils n’auront plus à payer la « redevance de protection » qu’Al Qaïda, dit-il, l’obligeait à percevoir auprès des chrétiens.

  • L’emploi de bombes à sous munitions au Liban était « légal »

    La veille de Noël, l’armée israélienne a publié un communiqué indiquant que suite à son enquête, l’emploi de bombes à sous-munitions au Liban à l’été 2005  a été « légal et conforme au droit humanitaire international ». « L’armée israélienne a dans la plupart des cas utilisé des BASM contre des secteurs inhabités où il n’y avait pas de civils et où opéraient les forces du Hezbollah. Lorsque ces armes ont été utilisées contre des secteurs urbains, il s’agissait de ripostes de caractère défensif contre des attaques à la roquette à partir de villages évacués par la plus grande partie de leurs habitants. » L’armée israélienne « a respecté les lois sur les conflits armés (y compris son obligation d’agir pour réduire au minimum le nombre de victimes civiles) et son engagement à obéir à son éthique ».

    Rappel. Le droit international interdit l'usage de telles armes dans des zones civiles. Selon l’ONU, qui a condamné l'usage des BASM au sud Liban, Israël a largué 4 millions de BASM au cours du conflit. Un million d’entre elles n’ont pas explosé et se trouvent toujours sur le sol libanais. Au moins 38 personnes ont été tuées et 217 blessées et mutilées (dont de nombreux enfants) par des BASM depuis la fin du conflit.

  • Mgr Sabbah à Bethléem

    Extraits de l’homélie de Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, lors de la messe de minuit à Bethléem

    Aucun exclusivisme qui écarte l'autre ou le réduit à un état d'occupation ou de soumission quelconque ne peut s'accorder avec la vocation de cette terre. Terre de Dieu, elle ne peut pas être pour les uns une terre de vie et pour les autres une terre de mort, d'exclusion, d'occupation ou de prisons politiques. Tous ceux que Dieu, le Seigneur de l'histoire, y a rassemblés doivent trouver dans cette terre vie, dignité et sécurité.

    Chacun sait comment se fait la paix. Chacun sait se ce qui est dû à chacun des deux peuples qui habitent ce pays. Ce n'est pas le plus faible qui doit se soumettre et continuer à se dépouiller, mais les plus forts qui ont tout en main qui doivent se détacher et donner au plus faible son dû. Toutes les questions difficiles, avec la volonté ferme de tous pour faire la paix, peuvent alors trouver leur solution. (…)

    A vous, frères et sœurs, à vous tous chrétiens de cette terre, tentés par l'émigration, objet de préoccupation de tous, je vous dis d'abord ce que Jésus nous dit : n'ayez pas peur. Le chrétien n'a pas le droit d'avoir peur, ni de fuir les difficultés. Cela veut dire partager les soucis de tous, construire la paix avec tous et en accepter les sacrifices, la prison, la vie peut-être, ou les difficultés de la vie quotidienne, de l'occupation, du mur qui sépare, du manque de liberté de mouvement : tout cela est le lot de tous, et tous ensemble par nos sacrifices et notre générosité, nous construirons la paix pour tous.

    A ceux tentés ou poussés par les difficultés à quitter le pays, nous disons : ici vous avez une place, et plus qu'une place, vous avez une vocation : celle d'être chrétiens ici, dans la terre de Jésus, et non ailleurs dans le monde. Acceptez votre vocation, bien qu'elle soit difficile. Notre présence ici restera témoin de la vocation universelle de cette terre, terre de Dieu, et terre pour les trois religions et les deux peuples qui l'habitent. Ecoutez la voix de votre vocation et écoutez la voix de tous ceux qui vous veulent ici présents.

    Car ce n'est pas seulement dans un conflit que nous vivons, mais dans une histoire dont Dieu est le maître. Une histoire que Dieu fait et nous invite à la faire avec lui. Il est le Seigneur de toute l'histoire de l'humanité, depuis ses débuts lointains, depuis le temps de l'histoire sainte et jusqu'aujourd'hui. C'est lui qui était, qui est et qui sera. Personne et aucun temps ne peut l'éviter. Il est l'inévitable avec qui et devant qui nous vivons, nous agissons et nous existons (cf. Actes 17,28). Pleins d'espérance, libres de la peur, nous continuons à faire notre chemin.

  • Bayrou gardien du dogme "laïque"

    François Bayrou, qui se pose en catholique pratiquant, avait déjà montré à plusieurs reprises qu’il était le plus sourcilleux gardien du dogme « laïque ». Il en donne un nouvel exemple avec sa condamnation, dans Le Figaro, des propos de Nicolas Sarkozy à Rome :

    « Il y a dans le discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran (…) une remise en cause de la conception de la laïcité républicaine autour de laquelle, depuis la Libération (sic), la France s'est construite. S'exprimant comme président de la République, il introduit la notion de «racines essentiellement chrétiennes» de la France, oubliant le grand mouvement d'émancipation des Lumières. Il affirme que la République a «intérêt» à compter beaucoup de croyants. Il demande aux religions, toujours dans «l'intérêt» de la République, de fonder la morale du pays. C'est le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'État et la religion. Ce mélange des genres n'a jamais produit de bons fruits, je le dis comme citoyen, et je le dis aussi comme chrétien de conviction.

    « La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant «l'espérance» qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, on croyait qu'elle était loin derrière nous ! Ce n'est pas autre chose que «l'opium du peuple» que dénonçait Marx.

    « Quelle est votre conception de la laïcité ?

    « Celle de Jules Ferry. (…) La laïcité est un bien très précieux que la France a su définir avant et mieux que les autres. »

    Petits rappels

    « La République est perdue si l’Etat ne se débarrasse pas de l’Eglise, s’il ne désenténèbre pas les esprits du dogme » (Jules Ferry).

    « Il faut organiser l’humanité sans roi et sans Dieu. » (Jules Ferry).

    « La neutralité de l'École fut toujours un  mensonge. Nous n'avons jamais eu d'autre dessein que de faire une université antireligieuse, et antireligieuse d'une façon active, militante, belliqueuse… » (René Viviani)

    « La neutralité est, elle fut toujours un mensonge. On promit cette chimère pour rassurer quelques timides dont la coalition eût fait obstacle à la loi. » (René Viviani)

    « Nous combattons l'Église et le christianisme parce qu'ils sont la négation du droit humain et renferment un principe d'asservissement intellectuel qui doit être banni de toute œuvre d'éducation. » (Jean Jaurès)

    « Nous nous sommes attachés dans le passé à une oeuvre d'anticléricalisme, à une œuvre d'irreligion. Nous avons arraché les  consciences humaines à la croyance. Lorsqu'un misérable, fatigué du poids du jour, ployait les genoux, nous lui avons dit que derrière les nuages, il n'y avait que des chimères. Ensemble, d'un geste magnifique, nous avons éteint dans le ciel des étoiles qu'on ne rallumera plus. Voilà notre œuvre, notre œuvre révolutionnaire.  Est-ce que vous croyez que l'œuvre est terminée ? Elle commence au contraire... » (René Viviani)

    Quant au "grand mouvement d'émancipation des Lumières", qui a consuit aux totalitarismes nazi et communiste, comme le montrait très bien le cardinal Lustiger, il s'agit, n'est-ce pas, du matérialisme athée des violents pamphlétaires anti-chrétiens d'Holbach et Diderot, et de Voltaire qui écrivait si souvent "Ecrasez l'infâme" qu'il en avait fait une abbréviation: "Ecr. l'inf.", qui est sa marque de fabrique. Etc. Bravo M. Bayrou.