Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que Condoleezza Rice lui avait téléphoné dimanche, et il a compris « qu’elle voulait faire une opération conjointe » contre le PKK en Irak. « Nous pouvons mener une opération commune contre le PKK », a-t-il ajouté.
Hier, George Bush a assuré le président turc Abdullah Gül de l’engagement américain à coopérer avec la Turquie pour combattre les rebelles. Mais cela s’inscrit dans un contexte où Bush a également appelé le Premier ministre irakien, tandis que Condoleezza Rice appelait Bagdad et le gouvernement du Kurdistan irakien à prendre des « mesures immédiates » pour mettre un terme aux opérations du PKK.
Le Chicago Tribune croit savoir que George Bush a dit à Abdullah Gül qu’il envisageait des frappes aériennes.
Mais Robert Gates a dit quant à lui qu’il fallait d’abord obtenir des renseignements « pour trouver ces gens » avant de lancer une opération. Le chef kurde (pardon, le président du Kurdistan irakien), Massoud Barzani, a déclaré de son côté qu’il était impossible de savoir où ils étaient, et encore moins de les combattre, dans les montagnes escarpées du Kurdistan... Pour l’heure, ses pechmergas montent la garde à la frontière turque...
Toutes ces déclarations, et bien d’autres, montrent qu’il se prépare quelque chose. Manifestement les Turcs cherchent à entraîner leurs grands alliés et amis américains avec eux dans des actions au Kurdistan irakien. Ou plutôt à leur faire faire le travail. L’attaque de dimanche, où le PKK a tué 12 soldats turcs, est selon certains la goutte d’eau qui peut faire déborder le vase. Il sera intéressant si de voir si les Américains se lancent dans un nouveau bourbier en Irak...