A la suite de l’affaire Terri Schiavo, la Conférence épiscopale américaine avait demandé au Vatican la position officielle de l'Eglise catholique sur l'alimentation des personnes dans un état végétatif permanent. « Peut-on interrompre la nourriture et l'hydratation par voies artificielles à un patient en état végétatif permanent lorsque des médecins compétents jugent avec la certitude morale que le patient ne reprendra jamais conscience ? »
La réponse de la congrégation pour la doctrine de la foi est « non » : « L'administration de nourriture et d'eau, même par des voies artificielles, est en règle générale un moyen ordinaire et proportionné au maintien de la vie. Elle est donc obligatoire dans la mesure et jusqu'au moment où elle montre qu'elle atteint sa finalité propre, qui consiste à hydrater et nourrir le patient. »
La Congrégation rappelle que le patient en était végétatif permanent « est une personne avec sa dignité humaine fondamentale, à laquelle on doit donc procurer les soins ordinaires et proportionnés, qui comprennent, en règle générale, l'administration d'eau et de nourriture, même par voies artificielles ». Car « si on ne leur administre pas artificiellement de nourriture ni des liquides, ils meurent »; or « la cause de leur mort n'est pas une maladie mais uniquement le fait de l'inanition et de la déshydratation ».
Evoquant les cas exceptionnels où ce n’est pas possible (dans certaines régions isolées et pauvres), elle ajoute que ces cas « n'enlèvent rien au critère général selon lequel l'administration d'eau et de nourriture représente toujours un moyen naturel de conservation de la vie ».
Soulignons que la loi française sur la fin de vie (loi Leonetti) est contraire à cet enseignement : dans ses motifs, elle assimile hydratation et nourriture non à un soin naturel mais à un « traitement » médical qu’on peut arrêter. C’est en cela qu’elle est, par la bande, une loi d’euthanasie. Nous étions peu nombreux à l’avoir remarqué, et les autorités catholiques étaient restées muettes ; les députés catholiques avaient voté la loi comme un seul homme. Deux ans après, Mgr Vingt-Trois a fini par s’en rendre compte (dans une remarquable déclaration commune avec le grand rabbin de Paris).
