A la fin de son article sur le rapprochement entre Rome et Moscou, Sandro Magister publie de larges extraits d'un texte très intéressant du patriarche Cyrille. Petit extrait, à propos du « nouveau style de vie né en dehors de toute tradition et formé sous l'influence de la réalité postindustrielle » :
« A la base de ce modèle de vie il y a les idées du néolibéralisme, qui unit l'anthropocentrisme païen, apparu dans la culture européenne à l'époque de la Renaissance, à des éléments de la théologie protestante et de la pensée philosophique d'origine juive. Ces idées ont pris leur forme définitive à la fin de l'époque des Lumières. La Révolution française est l'évènement qui conclut cette révolution philosophique et spirituelle, à la base de laquelle on trouve le refus de la signification normative de la tradition. »
Le blog d'Yves Daoudal - Page 2060
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Un texte du patriarche Cyrille
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Mardi de Pentecôte
Dans la leçon d'aujourd'hui, le Sauveur propose une similitude relative à son troupeau, et à là porte par laquelle on entre dans la bergerie. Que les païens disent : Nous nous conduisons sagement ; s'ils n'entrent point par la porte, à quoi leur sert ce dont ils font parade ? Bien vivre, voilà où chacun doit trouver le moyen de toujours vivre ; car à quoi sert la bonne vie, si elle n'aboutit à la vie éternelle ? Evidemment, ceux-là ne doivent point avoir la réputation de bien vivre, qui sont assez aveugles pour ne pas savoir où ils tendent, ou assez orgueilleux pour ne pas s'en occuper. Quant à l'espérance vraie et certaine de vivre toujours, personne ne peut l'avoir s'il ne connaît préalablement la vie, c'est-à-dire le Christ, et s'il n'entre dans la bergerie par la porte.
Les hommes dont nous parlons cherchent souvent aussi à persuader aux autres de bien vivre, sans être, pour cela, chrétiens. Ils veulent entrer par une autre porte, pour enlever les brebis et les tuer, et non, comme le pasteur, pour les conserver et les sauver. On a vu certains philosophes disserter subtilement sur les vertus et les vices ; ils distinguaient, ils définissaient, ils établissaient des raisonnements sur des pointes d'aiguilles, ils remplissaient des livres , ils vantaient leur sagesse à grand renfort de déclamations pompeuses ; ils allaient jusqu'à dire aux hommes : Suivez-nous, entrez dans notre secte, si vous voulez vivre heureux. Mais ils n'étaient pas entrés par la porte ; ils voulaient perdre, détruire et égorger.
Que dirai-je des Juifs ? Les Pharisiens lisaient les Ecritures, et ce qu'ils lisaient leur parlait du Christ ; sa venue était l'objet de leurs espérances ; il était au milieu d'eux, et ils ne le reconnaissaient pas ; ils se vantaient d'être du nombre des voyants, c'est-à-dire du nombre des sages, ils refusaient de confesser le Christ et n'entraient point par la porte ; eux aussi, par conséquent, s'ils parvenaient à entraîner après eux quelques adeptes, ils les séduisaient, non pour les délivrer, mais pour les égorger et les faire mourir. Laissons-les donc pareillement de côté, pour savoir si ceux qui se glorifient de porter le nom de chrétiens entrent tous par la porte.
Ils sont innombrables ceux qui, non contents de se glorifier comme voyants, prétendent être regardés comme étant illuminés par le Christ; on ne voit pourtant en eux que des hérétiques. Peut-être sont-ils entrés par la porte ? Non. Au dire de Sabellius, le Fils n'est autre que le Père ; néanmoins, s'il est le Fils, il n'est pas le Père. Celui qui affirme que le Fils est le Père, n'entre point par la porte. Arius dit à son tour : Autre chose est le Père, autre chose est le Fils. Il s'exprimerait avec justesse, s'il disait : autre, et non autre chose. En disant : autre chose, il se met en contradiction avec celui qui a proféré ces paroles: « Mon Père et moi, nous sommes a une seule et même chose ». Lui non plus n'entre point par la porte, puisqu'il parle du Christ, non dans le sens de la vérité, mais selon son sens propre. Tu profères un nom qui ne s'applique à aucune réalité. Il est évident que le nom de Christ doit s'appliquer à . quelque chose de réel ; crois donc à ce quelque .chose, si tu veux que le nom de Christ ne soit point vide de sens. Un autre, venu je ne sais de quel pays, comme Photin, soutient que le Christ est un homme et qu'il n'est pas Dieu ; celui-là n'entre pas. davantage par la porte, car le Christ est, en même temps, homme et Dieu. Mais il est inutile de citer un plus grand nombre d'erreurs; à quoi nous servirait d'énumérer tous les vains systèmes des hérétiques ? Tenez ceci pour certain : le bercail du Christ, c'est l'Eglise catholique ; quiconque veut y pénétrer, doit passer par la porte et confesser hautement le vrai Christ, et il doit non seulement confesser le vrai Christ, mais chercher la gloire du Christ, et non la sienne propre; car en cherchant leur propre gloire, beaucoup ont plutôt dispersé les brebis du Sauveur, qu'ils ne les ont réunies ensemble. La porte, qui est le Seigneur Christ, ne s'élève pas bien haut; pour y passer, il faut s'abaisser, afin de pouvoir y entrer sans se blesser la tête. Celui qui s'élève au lieu de s'abaisser, veut escalader le mur; et celui qui escalade le mur, ne s'élève que pour tomber.
Saint Augustin -
Yves-Marie Laulan au Centre Charlier
Yves-Marie Laulan, économiste, démographe, président de l'Institut de Géopolitique des Populations, donnera une conférence au Centre Henri et André Charlier jeudi 27 mai, à 19h 30, sur le thème : "De la société de confiance à la société de méfiance : Une réflexion sur le dépérissement du climat social".
70 Boulevard Saint-Germain, Paris 5e. Téléphone : 01 40 51 74 07. La conférence sera suivie du traditionnel buffet. Participation aux frais : 8 €. Étudiants, chômeurs : 4 €.
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Le jour du baptême de la Russie fête nationale
Ça date d'il y a un mois, mais c'est toujours bon à prendre...
La Douma, la chambre basse du Parlement russe, a voté, le 21 avril dernier, en faveur de l'instauration de la "journée du baptême de la Russie ancienne [la "Rus"]" comme fête nationale, le 28 juillet, le jour où l'Eglise orthodoxe russe commémore le saint grand prince Vladimir de Kiev (selon l'ancien calendrier julien), qui adopta le christianisme à la fin du 10e siècle, et avec lui tout son peuple. Un amendement en ce sens a été adopté en première lecture pour inscrire le 28 juillet parmi la liste des "Jours de gloire militaire et dates du souvenir en Russie", indique à ce propos une dépêche de l'agence semi-officielle Interfax. Cet amendement a été préparé conformément à des instructions du président de la Fédération de Russie, Dimitri Medvedev, et du Premier ministre, Vladimir Poutine, signées en août 2009, précise la même source.
Déjà en 2007, l'Eglise orthodoxe russe avait obtenu du gouvernement et du Parlement l'instauration d'une "Journée de l'unité nationale", le 4 novembre, jour de la fête de l'icône Notre-Dame de Kazan, en remplacement de la "Journée de la concorde et de la réconciliation", fêtée le 7 novembre, qui avait elle-même remplacé, au début des années 1990, la "Journée de la Révolution d'Octobre" de l'époque soviétique.(SOP)
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Alors la politique devient opprimante
Propos de Benoît XVI recevant les participants au congrès de la Fondation Centesimus Annus Pro Pontifice :
« L'exclusion de la religion du domaine public, comme, par ailleurs, le fondamentalisme religieux, empêchent la rencontre entre les personnes et leur collaboration en vue du progrès de l'humanité. La vie publique s'appauvrit et la politique devient opprimante et agressive. »(VIS)
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Le racisme anti-blanc poursuivi à Montpellier
Un avocat de Montpellier, Alain Ottan, est passé vendredi devant la commission de discipline des avocats de la cour d'appel, parce qu'il avait contesté un jugement de cour d'assises en disant que le jury était « blanc, exclusivement blanc », et que cela expliquait pourquoi le gendarme poursuivi pour la mort de Mourad avait été acquitté.
Le bâtonnier n'ayant pas bougé, c'est le parquet général qui a engagé la poursuite disciplinaire. « La liberté d'expression a aussi ses limite, Me Ottan a fait du racisme au nom de l'antiracisme », a déclaré l'avocat général.
Me Ottan est défendu par Me Philippe Expert et par Me Michel Tubiana, ancien président de la Ligue des droits de l'homme. Il risque quelques mois de suspension.
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La loi suprême de l’Eglise
Edward N. Peters, docteur en droit canon et professeur au séminaire du Sacré-Cœur de Detroit, a été nommé par Benoît XVI consultant près le Tribunal suprême de la Signature apostolique :
« Beaucoup de personnes m'ont aimablement transmis leurs félicitations pour l'honneur qui m'est fait et je les remercie très sincèrement de leurs amabilités. Mais je tiens à souligner que je considère cette nomination moins comme un honneur que comme une invitation à servir plus efficacement la mission de l'Église, Speculum Iustitiæ. Tout en étant prêt à mettre mon expérience en matière de droit canon et de droit public au service de l'Église, j'ai en tête ce que le canon 1752 souligne, à savoir que "le salut des âmes [est] la loi suprême de l'Église". Le salut n'est pas, en fin de compte, l'œuvre de la loi, mais celle de l'amour. En tant que telle, c'est une œuvre à laquelle nous pouvons et devons tous contribuer. »
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Le feu de Dieu
Voici la fin de l'homélie de Benoît XVI lors de la messe de la Pentecôte, qui est en quelque sorte la suite du début de sa méditation avant la procession aux flambeaux à Fatima.
Le feu de Dieu, le feu de l'Esprit Saint, est celui du buisson ardent (cf. Ex 03:02). C'est une flamme qui brûle mais ne détruit pas, et qui au contraire, en éclatant, fait émerger la partie la meilleure et la plus vraie de homme, comme en une fusion, révèle sa forme intérieure, sa vocation à la vérité et l'amour.
Nous avons déjà observé que la flamme de l'Esprit Saint brille mais ne brûle pas. Et pourtant, elle opère un changement, et doit donc consumer quelque chose dans l'homme, les scories qui le corrompent et font obstacle à sa relation avec Dieu et avec son prochain. Cependant cet effet du feu divin nous effraie, nous avons peur d'être « brûlé », préférant rester comme nous sommes. C'est parce que souvent, nos vies sont établies selon la logique de l'avoir, de la possession et de ne pas se donner. Beaucoup de gens croient en Dieu et admirent la figure de Jésus-Christ, mais quand on leur demande de perdre quelque chose d'eux-mêmes, alors ils reculent, ils ont peur des exigences de la foi.
Il y a la peur de devoir renoncer à quelque chose de beau, auquel nous sommes attachés, la peur que suivre le Christ nous prive de la liberté, de certaines expériences, d'une partie de nous-mêmes. D'un côté nous voulons être avec Jésus, le suivre de près, d'un autre nous avons peur des conséquences que cela entraîne.
Chers frères et sœurs, nous avons toujours besoin de nous entendre dire ce que le Seigneur Jésus rappelait souvent à ses amis: "N'ayez pas peur". Comme Simon Pierre et les autres, il nous faut laisser sa présence et sa grâce transformer notre cœur, toujours sujet aux faiblesses humaines. Nous devons savoir reconnaître que perdre quelque chose, y compris soi-même pour le vrai Dieu, le Dieu d'amour et de vie, c'est en fait gagner, et se retrouver plus pleinement.
Celui qui se confie au Christ expérimente déjà dans cette vie la joie et la paix du cœur, que le monde ne peut donner, et ne peut pas nous enlever dès lors que Dieu nous en a fait don. Cela vaut donc la peine de se laisser toucher par le feu du Saint-Esprit! La douleur que cela nous cause est nécessaire à notre transformation. C'est la réalité de la croix: ce n'est pas pour rien que dans le langage de Jésus, le feu est avant tout une représentation du mystère de la croix, sans lequel il n'y a pas de christianisme.
Par conséquent, éclairé et consolé par ces paroles de vie, élevons notre invocation: Viens, Esprit Saint! Allume en nous le feu de ton amour! Nous savons qu'il s'agit d'une prière audacieuse, avec laquelle nous demandons à être touchés par la flamme de Dieu, mais nous savons que cette flamme - et elle seule - a le pouvoir de nous sauver. Nous ne voulons pas, pour défendre notre vie, perdre la vie éternelle que Dieu veut nous donner. Nous avons besoin du feu de l'Esprit Saint, parce que seul l'amour rachète. Amen. -
Lundi de Pentecôte
« Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde, pour juger le monde, mais afin que le monde soit sauvé par lui ». Ainsi le médecin s'approche du malade, pour lui rendre, autant que possible, la santé. Mais le malade se donne à lui-même la mort, s'il refuse d'observer les prescriptions du médecin. Le Sauveur est venu en ce monde; pourquoi l'appelle-t-on Sauveur du monde, si ce n'est qu'il est venu pour sauver le monde et non four le juger? Tu refuses te salut qu'il t'apporte ? Tu seras jugé d'après ta conduite. Que dis-je, tu seras jugé ? Ecoute ce que dit Jésus : « Qui croit en lui ne sera point jugé; mais qui n'y croit pas », à ton avis que va-t-il dire? Il sera jugé? Non; « il est déjà jugé ». Le jugement n'a pas encore paru, mais le jugement est déjà rendu. Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent, il connaît ceux qui sont destinés à recevoir la couronne et ceux qui doivent être jetés dans les flammes; il sait quel est le froment qui se trouve dans son aire, il sait aussi quelle est la paille, il distingue entre le bon grain et l'ivraie. Celui qui ne croit pas est déjà jugé. Pourquoi? « Parce qu'il ne croit pas au nom du Fils unique de Dieu ».
« Or, voici le jugement : la lumière est venue en ce monde et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière; car leurs oeuvres étaient mauvaises». Mes frères, où sont ceux dont le Seigneur trouve les oeuvres bonnes? Nulle part; car il a trouvé mauvaises les oeuvres de tous. Comment donc y en a-t-il eu pour agir selon la vérité et venir à la lumière? Il y en a eu, puisque le Sauveur ajoute : « Mais celui qui accomplit la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient manifestées parce qu'elles sont faites en Dieu ». Comment certains hommes ont-ils opéré le bien, de façon à venir à la lumière, c'est-à-dire à Jésus-Christ? Comment d'autres ont-il préféré les ténèbres? Car si Jésus-Christ trouve tous les hommes pécheurs, s'il les guérit tous de leurs péchés, si le serpent, figure du Sauveur mis en croix, guérissait ceux qui avaient été mordus, si enfin le serpent n'a été élevé qu'en raison de ta morsure des serpents, c'est-à-dire si le Seigneur est mort pour les hommes trouvés par lui dans le péché et condamnés à mourir, quel sens donner à ces paroles: « Voici leur jugement; la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, car leurs oeuvres étaient mauvaises?» Qu'est-ce que cela? Quels sont ceux dont les oeuvres étaient bonnes? N'êtes-vous pas venu pour justifier des pécheurs? Mais, ajoute-t-il: « Ils ont préféré les ténèbres à la lumière ». Là se trouve toute la force du raisonnement du Sauveur. Plusieurs, en effet, ont aimé leurs péchés, plusieurs les ont confessés; or, celui qui confesse ses péchés et s'en accuse, commence à agir conjointement avec Dieu. Dieu accuse tes péchés; si tu en fais autant, tu te joins à lui. Il y a en nous comme deux choses distinctes : l'homme et le pécheur. Comme homme, nous sommes l'ouvrage de Dieu; comme pécheurs, nous sommes notre propre ouvrage. Détruis ce que tu as fait, afin que Dieu sauve ce qu'il a créé. Il faut haïr en toi ton oeuvre et y aimer l'ouvrage de Dieu. Or, quand ce que tu as fait commencera à te déplaire, alors tu commenceras à faire le bien, puisque tu accuses tes mauvaises oeuvres. Le commencement du bien n'est autre chose que la confession du mal.Saint Augustin
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Pentecôte
Le cinquantième jour (« Pentecôte ») est celui de la plénitude de la Révélation, sept semaines après Pâques (le nombre parfait au carré : 7x7).
50, c'est aussi 40 + 10. Les 40 jours entre Pâques et l'Ascension, miroir glorieux des 40 jours du carême. On ajoute aux 40 jours de la présence du Seigneur ressuscité le 10 de la Loi (le Décalogue) pour arriver à la manifestation de la loi d'amour par l'effusion du Saint-Esprit.
Or la Pentecôte juive célébrait la révélation de la Torah à Moïse sur le mont Sinaï, 50 jours après la manducation de l'agneau de la Pâque. La Loi nouvelle reçoit le sceau de l'Esprit 50 jours après la résurrection de l'Agneau.
« De la sorte, comme le dit saint Léon, le chrétien attentif reconnaît aisément que les débuts de l'Ancien Testament étaient ordonnés aux commencements de l'Évangile et que c'est par le même Esprit, auteur de la première alliance, qu'a été fondée la seconde. »