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Le blog d'Yves Daoudal - Page 1933

  • Jubilate Deo, omnis terra : servite Domino in lætitia

    Jubilez en Dieu, toute la terre : servez le Seigneur dans la joie.

    C’est le premier verset du psaume 99, qui est le verset de psaume de l’introït du 1er dimanche après l’Epiphanie (qui peut également être la messe de ce jour de férie).

    Une autre spécificité de cette messe (voir ma note d’hier) est que ce verset de psaume est aussi le texte de l’Alléluia, et celui de l’offertoire, qui y ajoute les mots suivants du psaume (dans une version antérieure à la Vulgate) : « Intrate in conspectu ejus in exsultatione : quia Dominus ipse est Deus. »

    Cette messe insiste ainsi sur la joie que produit la Théophanie, sur l’universalité du salut qu’apporte le Verbe incarné, et sur sa Seigneurie universelle.

    L’antienne de l’offertoire, disait le bienheureux cardinal Schuster, « est un vrai chef-d’œuvre musical. La luxuriante mélodie correspond à l’âge d’or de la Schola romaine, et l’on voit bien que le compositeur a voulu en goûter toute la saveur spirituelle, avec ces mélismes accumulés sur le jubilate Deo omnis terra, que l’on chante jusqu’à deux fois. »

  • Diplomatie pontificale, en termes directs…

    Extraits du discours de Benoît XVI (en français, comme d'habitude) aux membres du corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, à l’occasion des vœux pour la nouvelle année.

    Oui, regardant vers l’Orient, les attentats qui ont semé mort, douleur et désarroi parmi les chrétiens d’Iraq, au point de les inciter à quitter la terre où leurs pères ont vécu pendant des siècles, nous ont profondément accablés. Je renouvelle aux Autorités de ce pays et aux chefs religieux musulmans mon appel anxieux à œuvrer afin que leurs concitoyens chrétiens puissent vivre en sécurité et continuer à apporter leur contribution à la société dont ils sont membres à plein titre. En Egypte aussi, à Alexandrie, le terrorisme a frappé brutalement des fidèles en prière dans une église. Cette succession d’attaques est un signe de plus de l’urgente nécessité pour les Gouvernements de la Région d’adopter, malgré les difficultés et les menaces, des mesures efficaces pour la protection des minorités religieuses. Faut-il encore une fois le dire ? Au Moyen-Orient, « les chrétiens sont des citoyens originels et authentiques, loyaux à leurs patries et s’acquittant de tous leurs devoirs nationaux. Il est naturel qu’ils puissent jouir de tous les droits de la citoyenneté, de la liberté de conscience et de culte, de la liberté dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement et dans l’usage des moyens de communication. » (Message au Peuple de Dieu de l’Assemblée Spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des Evêques, n. 10).

    Parmi les normes qui lèsent le droit des personnes à la liberté religieuse, une mention particulière doit être faite de la loi contre le blasphème au Pakistan: j’encourage à nouveau les Autorités de ce pays à faire les efforts nécessaires pour l’abroger, d’autant plus qu’il est évident qu’elle sert de prétexte pour provoquer injustices et violences contre les minorités religieuses. Le tragique assassinat du Gouverneur du Pendjab montre combien il est urgent de procéder dans ce sens : la vénération à l’égard de Dieu promeut la fraternité et l’amour, et non pas la haine et la division.

    Déplaçant notre regard de l’Orient à l’Occident, nous nous trouvons face à d’autres types de menaces contre le plein exercice de la liberté religieuse. Je pense, en premier lieu, à des pays dans lesquels on accorde une grande importance au pluralisme et à la tolérance, mais où la religion subit une croissante marginalisation. On tend à considérer la religion, toute religion, comme un facteur sans importance, étranger à la société moderne ou même déstabilisant et l’on cherche par divers moyens à en empêcher toute influence dans la vie sociale. On en arrive ainsi à exiger que les chrétiens agissent dans l’exercice de leur profession sans référence à leurs convictions religieuses et morales, et même en contradiction avec celles-ci, comme, par exemple, là où sont en vigueur des lois qui limitent le droit à l’objection de conscience des professionnels de la santé ou de certains praticiens du droit.

    Dans ce contexte, on ne peut que se réjouir de l’adoption par le Conseil de l’Europe, au mois d’octobre dernier, d’une Résolution qui protège le droit du personnel médical à l’objection de conscience face à certains actes qui lèsent gravement le droit à la vie, comme l’avortement. Une autre manifestation de la marginalisation de la religion, et, en particulier, du christianisme, consiste dans le bannissement de la vie publique des fêtes et des symboles religieux, au nom du respect à l’égard de ceux qui appartiennent à d’autres religions ou de ceux qui ne croient pas. En agissant ainsi, non seulement on limite le droit des croyants à l’expression publique de leur foi, mais on se coupe aussi des racines culturelles qui alimentent l’identité profonde et la cohésion sociale de nombreuses nations. L’année dernière, certains pays européens se sont associés au recours du Gouvernement italien dans la cause bien connue concernant l’exposition du crucifix dans les lieux publics. Je désire exprimer ma gratitude aux Autorités de ces nations, ainsi qu’à tous ceux qui se sont engagés dans ce sens, Episcopats, Organisations et associations civiles ou religieuses, en particulier le Patriarcat de Moscou et les autres représentants de la hiérarchie orthodoxe, ainsi qu’à toutes les personnes - croyants mais aussi non-croyants - qui ont tenu à manifester leur attachement à ce symbole porteur de valeurs universelles.

    Poursuivant ma réflexion, je ne puis passer sous silence une autre atteinte à la liberté religieuse des familles dans certains pays européens, là où est imposée la participation à des cours d’éducation sexuelle ou civique véhiculant des conceptions de la personne et de la vie prétendument neutres, mais qui en réalité reflètent une anthropologie contraire à la foi et à la juste raison.

  • "Get Britain out of the EU"

    Fin novembre, le Daily Express avait lancé une campagne pour le retrait de la Grande-Bretagne de l'UE. Hier, son édition dominicale était un numéro spécial sur cette "croisade": 23 pages ! L'éditorial est intitulé: "Pourquoi nous devons nous libérer de la dictature de l'UE". Au fil des pages: "Bruxelles est un désastre financier", "Nous avons été induits en erreur dès le tout début", "Il est temps de fermer les frontières à l'immigration", "Oui, bien sûr, nous pouvons être prospères en dehors de l'UE"...

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  • Le Vietnam : communiste

    Le Parti communiste vietnamien exclut d'abandonner le système du parti unique : « Le Vietnam ne demande pas, et est déterminé à ne pas avoir de pluralisme ou de système multipartite », a déclaré ce matin Dinh The Huynh, membre du comité central, lors d'une conférence de presse consacrée au congrès du parti, qui va commencer dans deux jours. Motif invoqué : « Quand les Français ont envahi le pays, seul le Parti communiste du Vietnam, avec le peuple, les ont combattus. Et aujourd'hui, il dirige toujours notre peuple pour continuer à remporter des victoires pour la construction et la défense nationales. »

    La radio d'Etat a diffusé un sujet de plusieurs minutes contre le multipartisme.

  • Promesses

    Le 22 janvier 2009, Barack Obama signait un décret ordonnant la fermeture dans l'année de la prison de Guantanamo.

    Deux ans plus tard, 173 prisonniers s’y trouvent toujours, détenus sans procès.

    Lu sur Le Matin :

    « Un peu plus de la moitié pourraient y rester pour une durée illimitée, selon les plans de l’administration Obama, parce qu’il serait trop compliqué de les juger, notamment en raison des mauvais traitements qu’ils ont subis. »

  • C’était Belleville…

    Ou comment la rue Jean-Pierre Timbaud est devenue territoire de l’islam.

    Extraits du reportage (évidemment très complaisant) de Libération :

    Ce coin de Paris attire une clientèle musulmane, adepte d’une sorte de «halal attitude» très en vogue, à la recherche de livres ou de vêtements islamiques, d’ordinateurs pour enfants qui permettent d’apprendre les rudiments du Coran, de produits de beauté garantis sans alcool, d’une pharmacopée inspirée des premiers temps de l’islam. Sur quelques centaines de mètres, dès la sortie du métro Couronnes, le quartier prend des allures de «territoire» islamique avec ses boucheries halal, ses librairies musulmanes, ses magasins de vêtements, une quarantaine d’enseignes, une concentration unique en France.

    Au milieu des années 70, Mohammed Hammami, grâce à la générosité financière de commerçants tunisiens prospères du quartier, y a créé son fief. Le leader religieux tunisien, ancien ouvrier en bâtiment, est alors l’une des figures incontournables du mouvement Tabligh en France. Né au Pakistan dans les années 20, prosélyte et fondamentaliste, le Tabligh - très actif aujourd’hui dans les banlieues difficiles, souvent comparé aux Témoins de Jéhovah - a joué en France un rôle majeur dans la réislamisation des populations immigrées ou issues de l’émigration. Quand la mosquée Omar s’installe rue Jean-Pierre Timbaud, la priorité du mouvement est de réislamiser les populations d’ouvriers maghrébins qui vivent en Occident.

    Autour de la mosquée Omar, les boucheries halal furent les premières à ouvrir, suivies par une petite poignée de librairies musulmanes. Animée et passante, la rue Jean-Pierre Timbaud a toujours eu une tradition commerçante. Couronnes devient aussi un des grands pôles cultuels musulmans de Paris ; boulevard de Belleville, le Tabligh possède en effet un autre lieu de culte, la mosquée Abou Bakr.

    Rue Jean-Pierre Timbaud, les années 90 marquent un tournant. La présence de l’islam s’y affirme. «Cela s’est développé assez vite, se souvient la pharmacienne. Quand les commerçants partaient à la retraite, ils vendaient, et une enseigne islamique prenait la place.»

    NB. Lu sur Wikipedia :

    Le quartier de Belleville a été le théâtre d'agressions contre des intellectuels progressistes algériens. Ainsi, en janvier 2010, des hommes ont tenté d'immoler par le feu la comédienne Rayhana alors qu'elle se rendait à la Maison des Métallos. Le journaliste Mohamed Sifaoui a quant a lui été attaqué à deux reprises dans le quartier et estime que « la rue Jean-Pierre-Timbaud est un territoire qui n’appartient plus à la République ».

  • Le nouveau héros du Pakistan

    Plus de 50.000 personnes ont manifesté dimanche selon la police à Karachi, au Pakistan. La manifestation, prévue avant l’assassinat du gouverneur du Pendjab comme une des multiples manifestations contre tout changement de la loi sur le blasphème, est devenue une manifestation de soutien à l’assassin : « Qadri n’est pas un meurtrier, c’est un héros », scandait la foule en brandissant son portrait.

    Ces dernières semaines, plusieurs ministres avaient pris position pour une modification de la loi sur le blasphème. Hier, le ministre des minorités Shahbaz Bhatti affirmait que malgré les manifestations le gouvernement changerait cette législation et prévenait que les dirigeants islamiques pourraient être accusés d'incitation à tuer s'il y avait d'autres morts. "Nous ne nous laisserons pas intimider", disait-il à l'Associated Press, Peu après, le Premier ministre Yusuf Raza Gilani déclarait à des journalistes à Islamabad, que son gouvernement n'avait "aucune intention" d'amender la loi sur le blasphème.

    Plusieurs fatwas ont été émises à l’encontre de Sherry Rehman, qui a déposé une proposition de loi de modification de la loi sur le blasphème. L’imam d’une des plus grandes mosquées de Karachi l’a déclarée « infidèle » et devant être tuée (wajib-ul-qatl).

  • La Belgique championne d’Europe

    Le record de crise politique était détenu jusqu’ici par les Pays-Bas, restés sans gouvernement pendant 208 jours en 1997. Aujourd’hui, cela fait 209 jours que la Belgique n’a pas de gouvernement.

    La Belgique est désormais en lice pour battre le record mondial, détenu par l’Irak. Ce sera le 29 mars, selon Jean Quatremer qui commente :

    « Curieusement, la plus grande partie de la population semble indifférente à cette crise. Car le pays est loin d’être paralysé, étant déjà largement fédéralisé. La Flandre, la Wallonie et Bruxelles ont des gouvernements qui fonctionnent et, au niveau fédéral, la majorité sortante expédie les affaires courantes. Les indépendantistes flamands voudraient faire la démonstration qu’un gouvernement fédéral n’est plus nécessaire qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. »

  • L’armée française et le français

    « A ce stade, tout laisse à penser qu'ils ont été exécutés par les terroristes », disait hier matin, sur France Info, Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major des armées françaises, à propos des deux Français enlevés au Niger.

    Thierry Burkhard parle comme les médias analphabètes. C’est grave que le porte-parole de l’armée ne sache pas faire la distinction entre une « exécution », accomplie légalement après un procès et une condamnation, et un assassinat.

    On parle beaucoup en ce moment des fautes de français de Nicolas Sarkozy. Mais, en l’occurrence, il a utilisé le mot idoine : "J'ai appris hier dans l'avion qui m'emmenait de Fort-de-France à Pointe-à-Pitre l'assassinat particulièrement odieux de deux de nos compatriotes au Niger (...). C'est la nation tout entière qui condamne un acte barbare perpétré par des barbares, un acte d'une lâcheté inouïe."

  • In excelso throno vidi sedere virum

    In excelso throno vidi sedere virum, quem adorat multitudo Angelorum, psallentes in unum : ecce, cujus imperii nomen est in æternum.

    Sur un trône élevé, j’ai vu un homme que la multitude des anges adore, chantant en chœur : Voici celui dont l’empire est éternel.

    Ce 10 janvier est un jour de férie (sans messe propre). C’est l’occasion de célébrer la messe du 1er dimanche après l’Epiphanie, qui a été remplacée hier par la fête de la Sainte Famille (elle-même supplantée dans les paroisses, en France, par la solennité de l'Epiphanie), sauf dans les monastères bénédictins qui sont ma connaissance les seuls lieux où l’on peut entendre les pièces grégoriennes, particulièrement somptueuses, de ce  dimanche. (A moins que dans quelques rares communautés on chante la messe ce lundi.)

    In excelso throno est l’introït de cette messe. Il souligne le caractère épiphanique de l’évangile de Jésus au Temple parmi les docteurs (comme le fait sur le mode pictural l’icône byzantine). C’est le même évangile que celui de la fête de la Sainte Famille, mais on voit que l’optique est toute différente.

    Cet introït est très particulier. Le plus souvent, l’antienne d'introït est un verset de psaume. Il n’est pas rare toutefois que ce soit un verset d’un autre livre de la Sainte Ecriture. Mais celle-ci est semble-t-il l’une des trois seules qui ne proviennent pas directement de la Bible canonique. Elle est inspirée par deux versets du livre apocryphe d’Esdras IV, sous l’influence de versets d’Isaïe et de l’Apocalypse. (Les deux autres sont le célèbre Requiem æternam de la messe des morts, et celle du mardi de la Pentecôte, qui viennent toutes deux d’Esdras IV.)