Quel mortel saura jamais le nom qu'il faut donner, Seigneur, à celle qui fut ta Mère ? Vierge ? Son fils était sous les yeux de tous. Epouse ? Nul ne célébra jamais les noces charnelles avec Marie.
L'intelligence ne peut atteindre jusqu'à ta Mère : qui donc pourrait te comprendre toi-même ? Si je considère Marie seule en ce monde, elle est ta Mère : si je la confonds avec le reste des femmes, elle est ta Sœur.
Oui, elle est vraiment ta Mère, et parmi les chœurs des saintes femmes, elle est ta Sœur et ton Epouse; tu l'as honorée en toutes manières, toi, la gloire de celle qui t'enfanta.
Elle te fut donnée pour épouse avant ta venue en ce monde; tu vins, et elle te conçut ; tout surpasse, en ce mystère, les forces de la nature : et son enfantement, et la permanence de son titre virginal.
Marie connut toutes les prérogatives de l'épouse. Sans le secours de l'homme, son fils s'anima dans son sein ; le lait des mères abonda dans ses mamelles. Tu dis, et aussitôt cette blanche fontaine jaillit, comme une source, du sein d'une terre altérée.
Soutenue par ta présence au milieu d'elle-même, ta Mère trouva des forces pour te porter, et ce fardeau ne l'écrasa jamais ; elle t'offrit la nourriture, à toi qui voulais avoir faim ; elle te présenta le breuvage, à toi qui, volontairement, connaissais la soif. Désirait-elle te presser contre son cœur ? Ta tendresse lui accordait cette faveur. Tu daignais alors tempérer l'ardeur de tes feux, pour ne pas consumer sa poitrine.
Liturgie syrienne (saint Ephrem)