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Le blog d'Yves Daoudal - Page 1822

  • Saint Charles Borromée

    Secrétaire d’État de Pie IV, saint Charles se trouva aux côtés du Pontife à l’une des époques les plus décisives pour l’histoire de la papauté. Il s’agissait de savoir si le Saint-Siège s’engagerait enfin d’une manière résolue dans la voie de la réforme ecclésiastique, si longtemps et si universellement réclamée ; ou bien s’il ajournerait encore cette difficile entreprise, se contentant, comme malheureusement quelques-uns des Pontifes de ce siècle, de demi-mesures.

    Ce fut sous l’influence personnelle de saint Charles que Pie IV se décida pour la réforme ; et de ce jour le Saint, au nom et avec l’autorité de son oncle, marcha hardiment dans la voie ouverte, sans considérations humaines. On peut donc dire que, de Rome, il dirigea la dernière période du Concile de Trente, et ce qui est encore plus important, lorsque le Concile eut été approuvé par le Pape, saint Charles s’appliqua avec toute son énergie à en réaliser effectivement le plan de réforme.

    Ici commence la seconde partie de la vie de saint Charles. Pie IV étant mort, il se fixa définitivement dans son Église de Milan, où étaient à relever les ruines accumulées par de longues années de mauvais gouvernement, en l’absence des pasteurs légitimes.

    Saint Charles, pour sanctifier son troupeau, commença par se sanctifier lui-même. Comme Jésus avait voulu racheter le monde moins par sa prédication et ses miracles que par sa passion, ainsi saint Charles s’offrit-il comme une victime à Dieu pour son peuple par une vie très austère. Les âmes, disait-il, se gagnent à genoux, faisant ainsi allusion à ses longues prières au pied du Crucifix ou dans la crypte de l’église du Saint-Sépulcre à Milan.

    L’activité déployée par saint Charles en toute sorte de labeur pastoral est incroyable. Son champ d’action, à titre de métropolitain de Milan et de légat du Saint-Siège, était immense. Et pourtant il n’y eut pas de village des Alpes ou de pays perdu où saint Charles ne se rendît pour y faire la visite pastorale. Ses biographes nous disent qu’en moins de trois semaines il lui arriva de consacrer quinze églises.

    L’archevêque de Milan avait alors à résoudre d’importants et difficiles problèmes. L’hérésie, qui avait infecté les cantons suisses confinant au diocèse, menaçait de contaminer aussi celui-ci. Il fallait tout au moins en paralyser l’influence et saint Charles le fit. Il fallait en outre former des évêques et des prêtres inspirés par l’idéal le plus élevé : le Saint érige des collèges et des séminaires, rassemble des conciles, promulgue des canons, favorise l’ouverture de maisons religieuses pour l’éducation de la jeunesse.

    L’affaiblissement de l’esprit ecclésiastique dans le clergé est presque toujours favorisé par le pouvoir civil qui avilit en effet le prêtre pour pouvoir ensuite se l’assujettir plus aisément. Saint Charles fut le vengeur intrépide de l’autorité épiscopale ; aussi non seulement il eut à lutter contre les chanoines, les religieuses et les religieux qui s’étaient écartés de leur route primitive — par exemple les Humiliés qui allèrent jusqu’à tenter d’assassiner le Saint ! — mais il trouva des adversaires beaucoup plus redoutables dans les gouverneurs de Milan, trop jaloux des prétendues prérogatives de la couronne d’Espagne.

    Ainsi vécut, agit et combattit le grand saint Charles Borromée, qui se montra le digne champion de la lutte sacrée pour laquelle il s’immola. Usé avant le temps par les dures fatigues de sa vie pastorale, il mourut sur la brèche le 3 novembre 1584, âgé seulement de quarante-six ans.

    Bienheureux cardinal Schuster

  • La Grèce et la zone euro

    Il est assez ahurissant d’entendre tous ces hommes politiques qui parlent de l’affaire grecque (et les journalistes, évidemment) évoquer une sortie de la Grèce de la zone euro. Y compris notre ministre des Affaires européennes, Jean Leonetti, dont on n’avait jamais entendu dire, il est vrai, qu’il eût des compétences dans ce domaine avant d’être nommé à ce poste. A moins qu’il s’agisse d’appliquer à l’euro la loi sur la fin de vie. Et en effet il serait bon d’arrêter l’acharnement thérapeutique, et même les transfusions qui nourrissent le cancer de la dette…

    Le président de la Commission européenne a pourtant rappelé à plusieurs reprises qu’il n’est pas possible de sortir de la zone euro.

    Le traité européen n’envisage pas une telle possibilité, pour une raison très simple, c’est que l’adhésion à l’Union européenne implique nécessairement que le pays adhérent ait l’euro comme monnaie. Les nouveaux adhérents s’engagent formellement à abandonner leur monnaie nationale pour l’euro aussitôt que les conditions économiques dans leur pays rendent possible cette conversion. L’expression « monnaie unique » veut clairement dire que l’euro est la monnaie de l’UE et qu’il n’y a pas d’autre monnaie dans l’UE.

    Si cela n’est pas une évidence pour tout le monde, c’est que l’UE a admis un certain nombre de dérogations, permettant à certains pays de ne pas adopter l’euro. Et elle permet aujourd’hui à certains nouveaux adhérents (parce qu’elle n’a guère le choix) de repousser à la saint glin-glin leur passage à l’euro. Mais le principe demeure, et s’applique particulièrement aux pays qui font partie de la zone euro : on ne peut pas quitter la zone euro, parce que c’est une partie intégrante et indivise de l’adhésion à l’UE.

    Ce qui est possible, en revanche, mais seulement depuis le traité de Lisbonne, c’est qu’un pays de l’UE quitte l’UE. Ce que peut donc négocier la Grèce.

    Cela dit, compte tenu des dérogations qui font qu’il y a de fait une zone euro qui est distincte de la zone UE, on peut imaginer que les Grecs s’en servent pour tenter de négocier une sortie de la zone euro sans sortir de l’UE. Mais il faut savoir qu’à ce moment-là il faut modifier le traité européen. Or il s’agit d’une modification majeure, car elle touche à ce qui est le cœur même du traité européen depuis le traité de Maastricht. D’ici que cette modification soit ratifiée par tous les pays, la zone euro aura eu le temps d’éclater dix fois.

    Comme si une absurdité ne suffisait pas, les mêmes qui nous disent que la Grèce peut sortir de la zone euro ajoutent que cela n’aura aucune conséquence pour le reste de l’UE puisque le PIB de la Grèce c’est 2% du PIB de l’UE. Ces gens-là font semblant d’ignorer que la crise de la dette dépasse de très loin le cadre grec et implique tous les pays de l’UE, et que si la Grèce quitte l’UE la partie de dominos ne fait que commencer…

  • Daoudal Hebdo N° 145

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    Daoudal Hebdo N° 145

    Dans ce numéro

     Page 2
    « Sur le concept du visage du Fils de Dieu »

     Pages 3 & 4
    Un contrefeu à la dérive pro-avortement de l’ONU : les “Articles de San José”

     Page 5
    Le drapeau d’Al Qaïda flotte sur Benghazi

     Page 6
    Nouveau feu vert pour la grande mosquée de Turin
    Au Luxembourg

     Page 7
    Un tribunal bêtement anticlérical

     Page 8
    Assise : les trois coups
    Dimanche prochain…

    Daoudal Hebdo, BP 16023, 56160 Guémené-sur-Scorff

    abonnement un an 180 € (papier), 100 € (par courriel)
    Abonnement 6 mois noir et blanc : 70 €

    Spécimen gratuit sur simple demande

  • L’image de l’exil

    En ce jour de férie on peut célébrer la messe du 20e dimanche après la Pentecôte, qui a été remplacée dimanche par la fête du Christ Roi. Voici l’introduction de l’analyse qu’en fait dom Pius Parsch :

    La liturgie continue de développer le thème de l’espérance ; toutefois c’est plutôt ici le côté négatif sous l’image de l’exil : La vie terrestre est l’exil de la patrie céleste. L’homme doit se considérer comme un étranger sur terre (Offert.), il doit supporter l’exil terrestre en esprit de pénitence (Intr.), il doit bien employer le temps de cet exil (« rachetez le temps », Épître) par l’anéantissement du péché (Or., Secr.) , par la conduite d’une vie sainte (Intr., Ep., Comm.). Il doit en particulier entretenir une sainte nostalgie de l’éternelle patrie (Ev., Grad., Off., Comm.). Le point culminant de toute la messe est le chant de l’Offertoire ; nous y trouvons l’expression de toute notre nostalgie céleste (espérance) : « Nous étions assis sur les bords des fleuves de Babylone et nous pleurions tandis que nous évoquions ton souvenir, Sion. »

  • Commémoraison de tous les fidèles défunts

    Fidelium Deus, omnium Conditor et Redemptor : animabus famulorum, famularumque tuarum remissionem cunctorum tribue peccatorum ; ut indulgentiam quam semper optaverunt, piis supplicationibus consequantur : Qui vivis…

    O Dieu, Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés, afin qu’elles obtiennent, par nos humbles prières, le pardon qu’elles ont toujours désiré. Vous qui vivez…

  • Toussaint

    Je vis une grande troupe que personne ne pouvait compter, de toutes les nations, qui était debout devant le trône.

    Et tous les Anges se tenaient debout autour du trône, et ils tombèrent sur leurs faces devant le trône, et ils adorèrent Dieu.

    Vous nous avez rachetés, Seigneur Dieu, par votre sang, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation, et vous avez fait de nous un royaume pour notre Dieu.

    Bénissez le Seigneur, vous tous ses élus ; célébrez des jours de réjouissance, et rendez-lui gloire.

    Qu’une hymne soit chantée par tous ses Saints, par les fils d’Israël, par le peuple qui l’approche : cette gloire est pour tous ses Saints.

    (Antiennes de la fête)

  • Et on appelle encore ça l’éducation nationale…

    Sans commentaire :

    Suite à l’intervention de l’ADFH et aux réactions de nombreux enseignants, le Ministère de l’Education Nationale a modifié le programme de la nouvelle spécialité « Droit et Grands Enjeux du Monde Contemporain » (DGEMC) en classe de terminale série littéraire.

    Le chapitre 2.5 de ce programme, intitulé « L’évolution de la famille », excluait au départ toute référence explicite aux familles homoparentales. L’ADFH s’en est alors vivement émue auprès de la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire (DGESCO). Les experts de la DGESCO ont finalement accédé à notre demande, et intégré l’étude des familles homoparentales au programme de cet enseignement.

    La version définitive de ce programme, parue au Journal Officiel (arrêté du 12-7-2011 – J.O. du 20-9-2011), indique en effet désormais (chapitre 2.6) :

    « Après avoir constaté l’absence de définition de la famille, on montrera, par une analyse juridique et historique, qu’elle a profondément évolué et qu'elle est devenue multiforme (famille biologique, adoptive, monoparentale, homoparentale, recomposée, nucléaire, élargie) et on proposera aux élèves d'en rechercher une définition. »

    L’ADFH se félicite de la prise en compte des familles homoparentales dans ce programme éducatif, et rappelle qu’elles constituent aujourd’hui une réalité incontestable dans la pluralité des formes familiales existantes. Dans un contexte de vives polémiques et de pressions conservatrices liées à l’étude du genre dans les programmes de première, l’ADFH veillera à ce que le thème de l’homoparentalité soit traité de manière correcte et approfondie dans les manuels de DGEMC à paraître pour la rentrée 2012.

  • La Norvège prend le large

    Selon le dernier sondage, paru aujourd'hui dans Dagbladet, 72% des Norvégiens sont maintenant contre l’adhésion de leur pays à l’UE, et 12% y sont favorables…

     

  • Symbole de la révolution…

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    Le drapeau d’Al Qaïda (drapeau noir avec la Chahada et une pleine lune) flotte sur le palais de justice de Benghazi, d’où est partie la révolution libyenne.

    Photos et vidéo sur Bivouac-ID.

    Photos et article (en anglais) sur Vice.

  • « Sur le concept du visage du Fils de Dieu »…

    La pièce telle qu’elle a été jouée en Avignon, si j’en crois les comptes rendus de l’époque, était au mieux ambiguë (ou nihiliste), au pire blasphématoire.

    La pièce telle qu’elle est jouée à Paris, si j’en crois les comptes rendus de catholiques qui l’ont vue, est au pire ambiguë, au mieux profondément chrétienne.

    Si à la fin de la pièce le visage du Christ apparaît de nouveau, intact, il est difficile de ne pas voir que sa destruction est l’image de la Passion, suivie de la résurrection. Et le reste de la pièce, nonobstant l’obsession scatologique, est une parabole sentie de la condition humaine, car nous sommes en effet tous dans la merde, et nous tachons tout ce que nous touchons, sous le regard de Dieu, qui nous attend, qui attend même nos blasphèmes, ou nos doutes, mais qui est là, qui reste là, même quand nous avons tout démoli, et qui nous attend toujours.

     « Il n’a pas détourné sa face de moi, et quand j’ai crié vers lui il m’a exaucé. »

    Psaume 21, 6 (le psaume de la Passion, qui commence par "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné").