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Le blog d'Yves Daoudal - Page 1821

  • Bienvenue

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    Une communauté religieuse épiscopalienne, les Sœurs des pauvres de tous les saints, est devenue officiellement catholique le 1er novembre, fête de tous les saints, en la basilique du Sanctuaire national de l’Assomption de Baltimore. Ce sont dix religieuses en vrai habit de religieuse. Leur aumônier est lui-même un pasteur épiscopalien ordonné prêtre en juin dernier. Même si c’est une évidence, il est bon de souligner, parce que c’est bon pour l’Eglise, que ce sont les anglicans les plus traditionalistes qui deviennent catholiques.

     

  • Misit Dominus Angelum suum

    R. Misit Dominus Angelum suum, et conclusit ora leonum: * Et non contaminaverunt: quia coram eo iniustitia inventa non est in me.
    V. Misit Deus misericordiam suam, et veritatem suam: animam meam eripuit de medio catulorum leonum.
    R. Et non contaminaverunt: quia coram eo iniustitia inventa non est in me.
    V. Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
    R. Et non contaminaverunt: quia coram eo iniustitia inventa non est in me.

    Le Seigneur a envoyé son ange et a fermé la gueule des lions. Et ils ne (m’) ont pas souillé. Parce qu'on n’a pas trouvé d’injustice en moi devant lui. Dieu a envoyé sa miséricorde et sa vérité, il a arraché mon âme des petits des lions.

    Répons des matines, formé de Daniel 6, 22 et du psaume 56, 4-5. On remarque le curieux « contaminaverunt » (les lions ne m’ont pas contaminé, souillé), quand la Vulgate dit « nocuerunt » : les lions ne m’ont fait aucun mal. Cela est dû au fait que le verbe grec de la Septante veut d’abord dire souiller ; mais il veut dire aussi maltraiter. Le fait d’avoir traduit par « contaminaverunt » veut sans doute dire que les lions païens impurs « contaminaient » les juifs quand ils les mangeaient, et que c’était plus grave que le fait de les dévorer…

  • Un jour, en feuilletant un livre...

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    Un jour, en feuilletant un livre, je suis tombé sur ce portrait de Jésus que j’avais étudié des années auparavant, aux Beaux-Arts de Bologne. J’ai littéralement été saisi par ce regard qui plonge dans vos yeux : j’ai marqué une pause, très longue, qui n’avait rien de naturelle et j’ai compris qu’une rencontre s’opérait. Je n’étais pas seulement devant une page de l’histoire de l’art, mais devant autre chose. Il y avait un appel dans ce regard. C’était lui qui me regardait, tout simplement. Dans Sur le concept du visage du Fils de Dieu, ce regard du Christ est central et rencontre chaque spectateur, individuellement. Le spectateur est sans cesse observé par le Fils de Dieu. Montrer le visage du Fils de Dieu, c’est montrer le visage de l’Homme, Ecce Homo saisi au moment de la fragilité qui ouvre à la Passion.

    ***

    L’incontinence du père est une perte de substance, une perte de soi. Elle est à mettre en regard avec le projet terrestre du Christ qui passe par la kenosis – du verbe grec kénoô : se vider –, c’est-à-dire par l’abandon de sa divinité pour intégrer pleinement sa dimension humaine, au sens le plus concret du terme. C’est le moment où le Christ entre dans la chair de l’homme en mourant sur la croix. Jésus est depuis toujours le modèle de l’Homme. Depuis la crucifixion, Dieu s’est abaissé jusque dans notre misère la plus triviale : il nous précède dans la souffrance en général, et dans celle de la chair en particulier.

    ***

    Un homme mis devant d’autres hommes – les spectateurs –, qui, par un effet de miroir, se retrouvent eux-mêmes mis à nus. Nous regardons l’action théâtrale devant nous : un vieux père incontinent que son fils nettoie. Mais nous sommes en permanence regardés par le Christ. Notre apparent voyeurisme se retourne par un inattendu jeu de miroir. Nous sommes tous, nous les spectateurs, l’objet de Son regard. Cette histoire-là, cette condition nous appartient. C’est nous qui sommes sur le plateau. Cette condition de kenosis nous concerne : elle regarde chacun de nous. Dans ce travail, je me tiens particulièrement à distance de la mystique et de la mystification parce qu’il s’agit, en définitive, du portrait d’un homme, un homme mis à nu devant d’autres hommes lesquels sont, à leur tour, mis à nu par cet homme.

    ***

    À la fin du spectacle, un voile noir coule sur le portrait du Fils de Dieu : Dieu se retire dans le brouillard du fond de scène, depuis lequel il avait fait son apparition. Il est venu à nous et nous a regardés : il l’a fait. Le noir représente la couleur de l’univers infini. Déchirer la toile figurant le visage du fils de Dieu ne constitue pas un geste iconoclaste : ce geste nous indique au contraire un chemin, un passage à accomplir à travers la membrane d’une image, un passage à travers le Christ, une identification complète avec le Christ, un bain en lui, une mise au monde de lui en nous.

    Romeo Castellucci, Avignon, juillet 2011

  • 21e dimanche après la Pentecôte

    On lit dans L’Année liturgique de Dom Guéranger : « L'approche du jugement final, l'état lamentable du monde dans les années qui précéderont immédiatement ce dénouement de l'histoire humaine, inspire et remplit maintenant la Liturgie. Aujourd'hui, la partie de la Messe qui frappait surtout nos pères était l'Offertoire tiré de Job, avec ses Versets aux exclamations si expressives, aux répétitions si instantes ; et l'on peut dire, en effet, que cet Offertoire donne bien le vrai sens qu'il convient d'attribuer au 21e Dimanche après la Pentecôte. »

    De cet offertoire il ne reste que le répons dans le missel, alors que ce sont les quatre versets qui sont véritablement extraordinaires, qui anticipent les effets baroques par leurs répétitions haletantes qui culminent à la fin par les 9 (neuf) « ut videam bona » (que je voie le bonheur), et leurs variations musicales…

  • De la Sainte Vierge le samedi

    « Je m'approchai de la prophétesse, et elle conçut et enfanta un fils » (Isaïe, 8,3). Que Marie fût la prophétesse, dont s’est approché Isaïe par une prédiction de l’esprit, personne ne dira le contraire, si l’on se souvient des paroles de Marie, qui a parlé sous l’inspiration de l’Esprit. Car que dit-elle ? « Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit exulte en Dieu mon sauveur. Parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante, voici en effet que désormais toutes les générations me diront bienheureuse. » Si tu appliques ton attention à toutes ces paroles, tu ne peux absolument pas nier qu’elle fût la prophétesse, car l’Esprit du Seigneur vint sur elle, et la puissance du Très-Haut la prit sous son ombre.

    Saint Basile, traité sur Isaïe (aux matines de l’Office de la sainte Vierge en novembre).

  • Jean Leonetti a compris…

    Ce matin, Jean Leonetti a dit que sortir de l’euro, c’est sortir de « l’Europe ». (Encore un effort, et il fera la distinction entre l’Europe et l’Union européenne, car si la Grèce sortait de l’UE, ce n’est pas pour autant qu’elle deviendrait asiatique.)

    Sans doute a-t-il suivi la conférence de presse du nouveau président de la BCE, Mario Draghi, qui a en effet martelé, en réponse aux journalistes qui lui parlaient de l’éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro, que le traité européen ne le permettait pas, et qu’on ne pouvait pas passer outre, car c’est un point important.

  • Circulez, y a rien à voir

    Selon le rapport de Conseil national des droits de l’homme, en Egypte, aucune des balles trouvées sur le lieu du massacre des manifestants coptes le 9 octobre n’était une balle de l’armée. Ces balles mystérieuses ont été tirées par des « groupes non identifiés ». D'autre part, le rapport n'évoque pas les manifestants horriblement écrasés par des véhicules de l'armée...

    NB. Le Conseil national des droits de l’homme avait été créé par Moubarak pour montrer que son régime respectait parfaitement les droits de l’homme. Il est donc aujourd’hui aux ordres de l’armée.

  • Chrétiens du Pakistan

    Amanat Masih avait été arrêté pour blasphème, et relaxé par une cour d’appel qui avait constaté que les accusations portées contre lui étaient fausses. Des musulmans, sous la direction d’un imam, ont enlevé son fils Shahzad et son épouse Rukhsana, les prenant en otages afin de faire sortir Amanat Masih de sa clandestinité (puisqu’il doit se cacher depuis qu’il a été relaxé…). Les haut-parleurs de la mosquée ont annoncé que Shahzad et Rukhsana s’étaient convertis à l’islam.

    Mais l’ONG « World Vision in Progress » qui assiste Amanat Masih a réussi à faire échouer la manœuvre et à faire libérer le couple.

    Selon World Vision in Progress il y a eu 24 cas de conversions forcées de jeunes filles chrétiennes à l’islam au Pendjab ces trois derniers mois.

    (Fides)

     

  • Boubakeur et le droit canon

    On sait comment Dalil Boubakeur fait protestation permanente d’être un adepte de la démocratie et de la laïcité à la française. Mais il n’y a pas besoin de le pousser pour qu’il réagisse en vrai musulman, c’est-à-dire en musulman incapable d’imaginer qu’il puisse y avoir une autre vision du monde que le totalitarisme islamique.

    Ainsi a-t-il déclaré, à propos de l’incendie de Charlie Hebdo, que le mot charia « fait frémir la presse et l’Occident » mais que les gens qui l’utilisent ne savent pas ce qu’il signifie. Or il s’agit, explique-t-il, du « système des règles qui régissent notre vie quotidienne ». Et si l’on veut trouver un équivalent dans le monde catholique, « il y a un droit très clair, qui s’appelle le droit canon ».

    Sauf que le droit canon, justement, n’est pas du tout le système des règles qui régissent la vie quotidienne des catholiques. Car le Fondateur de l'Eglise a inventé la laïcité, la distinction entre le religieux et le profane, et le droit canon ne concerne que les affaires proprement religieuses.

  • Nouvel affront du gouvernement irlandais à l’Eglise

    Le gouvernement irlandais a décidé de fermer son ambassade auprès du Saint-Siège, parce qu’il est obligé de faire des économies tous azimuts, et que les relations avec le Saint-Siège ne sont pas économiquement rentables…

    Malgré le laborieux contre-feu du P. Lombardi (« Ce qui est important, ce sont les rapports diplomatiques entre le Saint-Siège et les Etats, et pour ce qui est de l’Irlande, ils ne sont pas remis en question »), il est clair qu’il s’agit d’une nouvelle attaque du gouvernement irlandais contre l’Eglise, dans la ligne de la violente charge du Premier ministre en juillet dernier.

    J’imagine que cette décision doit provoquer une certaine émotion dans le pays…

    Sur le site de l’ambassade, on peut lire un historique de la villa Spada, siège de l’ambassade, qui « apparaît aujourd’hui comme un symbole de la longue et fructueuse relation de l’Irlande avec le Saint-Siège »…