Le blog d'Yves Daoudal - Page 1698
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Veillée du 13 octobre
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Saint Denis
Le premier texte où il est question de saint Denis (de Paris) est la Vie de sainte Geneviève, qui fut écrite peu après la mort de la sainte. Les chapitres 13 à 18 racontent comment sainte Geneviève fit construire la première église en l’honneur de saint Denis, à l’emplacement de l’actuelle basilique (traduction du R.P. Lallemant, 1859).
XIII. Mais je ne dois pas oublier ici la dévotion toute particulière qu'elle avait pour le village appelé Cathoeul, où saint Denis avait été enterré avec saint Rustique et saint Eleuthère, les compagnons de son martyre. Car comme l'un de ses plus grands et plus fervents désirs était d'y faire bâtir une église en l'honneur de ce saint évêque, si elle eût eu le moyen de l'entreprendre, et qu'un jour les prêtres du bourg lui étaient venus au-devant selon leur coutume, elle leur parla en cette sorte : « Mes vénérables pères en Jésus-Christ, je vous prie et vous conjure de m'aider dans le dessein d'élever un temple sous le nom de Saint-Denis, et d'y vouloir tous contribuer de vos soins et de vos facultés, car il ne faut pas douter, disait-elle, que ce lieu-ci ne soit digne d'un respect et d'une vénération singulière. » Mais lui ayant répondu qu'ils craignaient que cette grande entreprise ne surpassât leurs forces qui étaient petites, et qu'ils n'avaient pas seulement le moyen d'avoir de la chaux, on remarqua que son visage, devenant tout d'un coup lumineux par un rejaillissement d'une lumière intérieure et extraordinaire dont le Saint-Esprit venait de la remplir, elle se mit à leur dire comme par manière de prophétie : « Que quelqu'un d'entre vous s'en aille, je vous prie, vers le pont de la ville, et qu'il me rapporte ce qu'il y aura entendu. »
XIV. En effet ces ecclésiastiques étant allés en ce lieu, et prenant garde à ce qu'ils pourraient entendre qui pût aider au dessein de cette sainte fille, ils aperçurent deux hommes qui gardaient les portes de la ville lesquels s'étant approchés, s'entretenaient ensemble, et dont l'un disait à l'autre que, cherchant à la piste un de ces animaux qui était séparé des autres, il avait découvert un lieu où était un four plein de chaux d'une prodigieuse grandeur : ce qui donna occasion à l'autre de déclarer qu'il en avait aussi trouvé un auquel on n'avait pas encore touché, dans la forêt prochaine, sous la racine d'un arbre que le vent avait arraché depuis peu. Ces bons prêtres les ayant entendus, ne furent pas moins surpris d'étonnement que d'admiration et de joie ; ils bénirent Dieu de tant de grâces et de faveurs qu'il faisait à sa servante, et ayant reconnu les lieux où étaient ces fours à chaux, ils allèrent lui en faire leur rapport, dont elle reçut aussi tant de satisfaction qu'elle ne put s'empêcher d'en répandre des larmes de joie ; et aussitôt qu'ils furent sortis de sa maison, elle se jeta sur ses genoux, et passa toute la nuit en pleurs et en prières, demandant à Dieu avec beaucoup d'ardeur qu'il lui donnât les moyens nécessaires pour bâtir une église en l'honneur de ce glorieux martyr.
XV. Et quoiqu'elle eût ainsi passé la nuit sans dormir, elle ne laissa pas d'aller en diligence, dès la pointe du jour, chez le prêtre Genesius, pour implorer son secours et son conseil en l'exécution de ce grand dessein ; et lui ayant raconté comme Dieu, par une spéciale providence, avait déjà fourni la chaux pour bâtir, ce bon prêtre, à cette merveilleuse nouvelle, se jeta à ses pieds comme pour l'adorer, et lui promit de s'employer sans remise et sans relâche à ce qu'elle lui ordonnait ; si bien que cette église fut bientôt élevée jusqu'au comble, tous les habitants des lieux circonvoisins y contribuant, à la sollicitation de sainte Geneviève.
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Le mythe Descoings s’effondre pour de bon
Six mois après la mort de Richard Descoings dans un palace newyorkais, la Cour des comptes se livre à un travail de démolition de sa politique, au marteau-piqueur et au bulldozer. Dès le 3 septembre, elle avait demandé que soit gelé le processus de désignation du successeur de Descoings jusqu’à la publication, en novembre, de son rapport définitif. Ce rapport qui a déjà été transmis au Monde par des petites mains pressées…
En bref, « la politique de développement de Sciences Po n'a pu être mise en œuvre qu'au prix d'une fuite en avant financière et d'une gestion peu scrupuleuse des deniers publics ». Les dirigeants s’en mettaient plein les poches, et le ministère avait augmenté d’un tiers les subventions sans aucun contrôle…
On rappellera quand même que Richard Descoings était un véritable héros de la pensée unique, encensé en permanence par tous les médias du système, et aussi bien par le pouvoir sarkozyste que par la gauche.
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Mauvais Nobel 2011
La Libérienne Leymah Gbowee, prix Nobel 2011 de la Paix avec sa compatriote Ellen Johnson Sirleaf, présidente du pays, démissionne de la commission de réconciliation nationale du Liberia. Elle affirme qua la lutte contre la corruption n’a fait aucun progrès, et qu’elle regrette de na pas avoir parlé plus tôt.
Ce n’est pas vraiment une surprise. Mais il fallait absolument donner le Nobel à la « première femme élue présidente d’un pays africain »…
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Un bon Nobel 2012
Le prix Nobel de médecine 2012 a été décerné au biologiste John Gurdon et au médecin et chercheur Shinya Yamanaka, pour leurs travaux sur les cellules souches. Sur les cellules souches adultes. Pour avoir montré qu’on pouvait programmer des cellules différenciées adultes pour qu'elles redeviennent pluripotentes, ce qui a ouvert, dit le comité Nobel, un potentiel infini en thérapie cellulaire. D’autant que ces cellules adultes remplacent avantageusement les cellules souches embryonnaires sur le plan scientifique.
Addendum
Des précisions (et bémols) chez Jeanne Smits.
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Monsieur le Maire…
De nombreux maires affirment qu’ils ne célébreront pas de « mariages » homosexuels, même si la loi le leur fait obligation sous peine de graves sanctions.
Ces réactions sont assurément utiles et bonnes à prendre. Toutefois, elles laissent planer une très importante incertitude.
Combien de ces maires omettent-ils sciemment d’ajouter ce qu’ils pensent si fort qu’on a parfois l’impression de l’entendre ?
« Je ne célébrerai jamais de mariage homosexuel, parce que c’est contraire à mes convictions… mais de toute façon il y aura toujours un adjoint pour le faire. » Ce qui en effet permet de braver les sanctions…
Mais s’il y a partout un adjoint pour le faire, il n’y aura nulle part de maire qui refuse de célébrer un « mariage » homosexuel…
(Précision : ceci n’est ni une hypothèse d’école ni un propos en l’air, mais résulte d’une expérience personnelle.)
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Le synode
La XIIIe Assemblée générale ordinaire du synode des évêques s’est ouverte hier par une messe présidée par le pape. Le thème du synode est : La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne. Extrait de l’homélie du Saint-Père :
Maintenant, je voudrais réfléchir brièvement sur la « nouvelle évangélisation », en la mettant en rapport avec l’évangélisation ordinaire et avec la mission ad gentes. L’Église existe pour évangéliser. Fidèles au commandement du Seigneur Jésus Christ, ses disciples sont allés dans le monde entier pour annoncer la Bonne Nouvelle, en fondant partout les communautés chrétiennes. Avec le temps, elles sont devenues des Églises bien organisées avec de nombreux fidèles. À des périodes historiques déterminées, la divine Providence a suscité un dynamisme renouvelé de l’activité évangélisatrice de l’Église. Il suffit de penser à l’évangélisation des peuples anglo-saxons et des peuples slaves, ou à la transmission de l’Évangile sur le continent américain, et ensuite aux époques missionnaires vers les populations de l’Afrique, de l’Asie et de l’Océanie.
Sur cet arrière-plan dynamique, il me plaît aussi de regarder les deux figures lumineuses que je viens de proclamer Docteurs de l’Église : Saint Jean d’Avila et Sainte Hildegarde de Bingen. Dans notre temps, l’Esprit Saint a aussi suscité dans l’Église un nouvel élan pour annoncer la Bonne Nouvelle, un dynamisme spirituel et pastoral qui a trouvé son expression la plus universelle et son impulsion la plus autorisée dans le Concile Vatican II. Ce nouveau dynamisme de l’évangélisation produit une influence bénéfique sur deux « branches » spécifiques qui se développent à partir d’elle, à savoir, d’une part, la missio ad gentes, c’est-à-dire l’annonce de l’Évangile à ceux qui ne connaissent pas encore Jésus Christ et son message de salut ; et, d’autre part, la nouvelle évangélisation, orientée principalement vers les personnes qui, tout en étant baptisées, se sont éloignées de l’Église, et vivent sans se référer à la pratique chrétienne. L’Assemblée synodale qui s’ouvre aujourd’hui est consacrée à cette nouvelle évangélisation, pour favoriser chez ces personnes, une nouvelle rencontre avec le Seigneur, qui seul remplit l’existence de sens profond et de paix ; pour favoriser la redécouverte de la foi, source de grâce qui apporte la joie et l’espérance dans la vie personnelle, familiale et sociale. Évidemment, cette orientation particulière ne doit diminuer ni l’élan missionnaire au sens propre, ni l’activité ordinaire d’évangélisation dans nos communautés chrétiennes. En effet, les trois aspects de l’unique réalité de l’évangélisation se complètent et se fécondent réciproquement.
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Sainte Brigitte
Ayant quitté la Suède en 1349, Brigitte s'établit à Rome, siège du Successeur de Pierre. Son transfert en Italie constitua une étape décisive pour l'élargissement non seulement géographique et culturel, mais surtout spirituel, de l'esprit et du cœur de Brigitte. Beaucoup de lieux d'Italie la virent encore en pèlerinage, désireuse de vénérer les reliques des saints. Elle visita ainsi Milan, Pavie, Assise, Ortona, Bari, Benevento, Pozzuoli, Naples, Salerne, Amalfi, le Sanctuaire de saint Michel Archange sur le Mont Gargano. Le dernier pèlerinage, effectué entre 1371 et 1372, l'amena à traverser la Méditerranée en direction de la Terre Sainte, lui permettant d'embrasser spirituellement, en plus de beaucoup de lieux sacrés de l'Europe catholique, les sources mêmes du christianisme dans les lieux sanctifiés par la vie et par la mort du Rédempteur.
En réalité, plus encore que par ce pieux pèlerinage, c'est par le sens profond du mystère du Christ et de l'Église que Brigitte participa à la construction de la communauté ecclésiale, à une période notablement critique de son histoire. Son union intime au Christ s'accompagna en effet de charismes particuliers de révélation qui firent d'elle un point de référence pour beaucoup de personnes de l'Église de son époque. On sent en Brigitte la force de la prophétie. Son ton semble parfois un écho de celui des anciens grands prophètes. Elle parle avec sûreté à des princes et à des papes, révélant les desseins de Dieu sur les événements de l'histoire. Elle n'épargne pas les avertissements sévères même en matière de réforme morale du peuple chrétien et du clergé lui-même (cf. Revelationes, IV, 49; cf. aussi IV, 5). Certains aspects de son extraordinaire production mystique suscitèrent en son temps des interrogations bien compréhensibles, à l'égard desquelles s'opéra le discernement de l'Église; celle-ci renvoya à l'unique révélation publique, qui a sa plénitude dans le Christ et son expression normative dans l'Écriture Sainte. Même les expériences des grands saints, en effet, ne sont pas exemptes des limites qui accompagnent toujours la réception par l'homme de la voix de Dieu.
Toutefois, il n'est pas douteux qu'en reconnaissant la sainteté de Brigitte, l'Église, sans pour autant se prononcer sur les diverses révélations, a accueilli l'authenticité globale de son expérience intérieure. Brigitte se présente comme un témoin significatif de la place que peut tenir dans l'Église le charisme vécu en pleine docilité à l'Esprit de Dieu et en totale conformité aux exigences de la communion ecclésiale. En particulier, les terres scandinaves, patrie de Brigitte, s'étant détachées de la pleine communion avec le siège de Rome au cours de tristes événements du XVIe siècle, la figure de la sainte suédoise reste un précieux « lien » œcuménique, renforcé encore par l'engagement de son Ordre dans ce sens.
(Jean-Paul II, motu proprio Spes ædificandi proclamant sainte Brigitte de Suède, sainte Catherine de Sienne et sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix co-patronnes de l'Europe, 1er octobre 1999)
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19e dimanche après la Pentecôte
Les introïts sont généralement des versets de psaume. Ces antiennes étaient en fait le « refrain » que l’on chantait après le chant de chacun des versets du dit psaume, du temps que la liturgie déployait tous ses fastes. Il arrive parfois que l’introït soit pris d’un autre livre de la Bible, et il est facilement identifiable. Dans le propre de saints, il y a (je crois) deux introïts qui ne sont pas scripturaires : le « Salve sancta parens » des messes de la Sainte Vierge, et le « Gaudeamus omnes » qui fut celui de sainte Agathe avant de parsemer le cycle. Dans le propre du temps, il n’y a qu’un seul introït dont on ne puisse pas trouver l’origine biblique, alors qu’il ressemble beaucoup à un verset biblique, c’est celui du 19e dimanche après la Pentecôte :
Salus pópuli ego sum, dicit Dóminus : de quacúmque tribulatióne clamáverint ad me, exáudiam eos : et ero illórum Dóminus in perpétuum.
Je suis le salut du peuple, dit le Seigneur, dans toutes leurs tribulations, s’ils m’invoquent, je les exaucerai et je serai leur Seigneur à jamais.
Le psaume est le 77, où l’on ne trouve rien qui corresponde. (On évoque parfois le psaume 36, mais ce serait contraire aux règles qui étaient respectées aux premiers siècles d’avoir une antienne qui soit tirée d’un autre psaume ; en outre, la présence du mot « salus » n’est pas vraiment suffisante…)
La station romaine de ce 19e dimanche est à la basilique des saints Côme et Damien, les célèbres médecins martyrs. Or la fête des saints Côme et Damien est le 27 septembre. Dans les plus anciens documents romains, cette messe était celle qui précédait leur fête.
Au VIIIe siècle, le pape Grégoire II reprit cet introït et en fit aussi l’introït de la messe du jeudi de la mi-carême, qui célèbre… les saints Côme et Damien.
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Les Pussy Riot en icônes…
La Commission d’enquête de la Fédération de Russie (équivalent russe du FBI) a lancé une enquête sur une exposition intitulée « Combat spirituel », au centre d’art contemporain Winzawod de Moscou. Il s’agit de peintures (absolument sinistres) d’Evgenia Maltseva, qui utilise notamment les techniques de l’icône pour rendre hommage au combat des Pussy Riot. L’une des « œuvres » est même un détournement de la Trinité de Roublev où les trois personnes sont les trois jeunes blasphématrices condamnées.
Plus généralement, l’exposition vise à « libérer l’icône de ses chaînes historiques de dogmatisme, d’obscurantisme et d’ignorance ». Sic.
Le patriarcat orthodoxe a dénoncé une « attaque cynique contre la culture russe ».
NB - Au fait, si vous étiez adhérent de l'Agrif, vous auriez lu ceci depuis longtemps:
