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Pologne - Page 9

  • Mgr Wielgus saisit la justice

    Mgr Wielgus, qui a démissionné de l’archevêché de Varsovie le jour-même de son intronisation à cause des révélations sur ses relations avec la police secrète communiste, a saisi la justice pour se faire disculper des accusations qui ont été portées contre lui. « La collaboration de mon client n’a jamais été effective, et une partie des documents le concernant a été falsifiée », a déclaré son avocat. Le tribunal spécial décidera la semaine prochaine s’il est compétent. C’est la première fois qu’il examinera le cas d’un évêque.

  • Entre héroïsme et compromis

    Joaquin Navarro-Valls, qui était le directeur de la salle de presse du Saint-Siège sous Jean-Paul II, a livré son témoignage sur l’affaire Wielgus au quotidien La Repubblica. « Comme je l’ai appris moi-même lors de mes séjours en Pologne au début des années 80, il faut bien connaître la situation pour mettre les faits en perspective. Dans cette optique, les motivations données par le nouvel archevêque polonais, c’est-à-dire la possibilité d’étudier à l’étranger et garantir sa propre sécurité, décrivent une situation, une logique, qui étaient très répandues à cette époque dans les pays de l’Est. Wielgus n’aurait jamais pu avoir les autorisations pour étudier à l’étranger s’il n’avait pas accepté le compromis offert par le régime. Et cette situation était commune à beaucoup de ses concitoyens, prêtres ou pas. Dans ces pays, la situation pour beaucoup de prêtres et d’évêques était très difficile à vivre : ils vivaient dans une tension permanente ente héroïsme et compromis. » Et d’ajouter à propos de Jean-Paul II : « La perception de cette réalité était très claire pour celui qui allait devenir le prêtre le plus célèbre de Pologne : Karol Wojtyla. Lui pourtant n’avait jamais accepté le moindre compromis avec le régime communiste. » Mais Jean-Paul II lui disait, en faisant référence à de tels faits, que non seulement il faut apprendre à pardonner,  mais qu’il n’y a besoin d’aucun pardon pour les « fautes » de tant de personnes commises pendant ces années.

    Cette affaire me fait penser à une anecdote qui a priori n’a rien à voir (sinon que c’est un peu l’inverse) mais indique bien les préjugés de ceux qui prétendent trancher sans savoir, sans connaître la complexité des choses. Un sociologue s’était rendu en Pologne pour évaluer les progrès de l’athéisme dans ce pays soumis au communisme depuis une bonne génération. Il avait choisi un village, dont il interrogeait systématiquement les habitants. Il avait exclu d’emblée de son champ de recherche, évidemment, la petite nomenklatura locale, évidemment athée. Mais il ne trouvait que des catholiques pratiquants. Pas un seul athée. En désespoir de cause, il alla chez le maire, responsable local et cadre provincial du parti communiste. Lequel lui répondit que naturellement il était catholique et allait à la messe tous les dimanches…

  • Vengeance d’outre-tombe

    Tout n’est pas clair dans l’affaire de Mgr Wielgus, qui a démissionné de son mandat d’archevêque de Varsovie au début de sa messe d’intronisation. Il semble qu’il ait cherché à minimiser sa « collaboration » avec la police secrète communiste. Cela dit, la plupart des commentateurs ignorent de quoi ils parlent. Eux-mêmes qui collaborent en permanence, sans vergogne, avec la police de la pensée, se prennent pour des justiciers de façon éhontée.

    Mgr Wielgus, a signé, semble-t-il à plusieurs reprises, des papiers selon lesquels il consentait à être un informateur de la police secrète. C’était dans le cadre de ses études d’histoire de la philosophie médiévale, qui impliquaient qu’il sorte du pays. Le fait de signer un tel papier n’était rien d’autre qu’une annexe quasi obligatoire du passeport et n’engageait à rien, sinon que cela pouvait être ensuite un moyen de pression (éventuellement efficace si la personne est promue à des postes de responsabilité). La commission épiscopale a confirmé l’existence de ses documents, mais a souligné que cela ne prouvait pas que Mgr Wielgus ait nui à qui que ce soit. Car il n’y a justement aucune trace de notes ou de rapports qu’il aurait fournis à la police secrète. Il y eut ainsi, pour une raison ou pour une autre, et souvent moins nobles que des études, de très nombreux « collaborateurs » de la police secrète, qui n’ont jamais eu l’intention de collaborer à quoi que ce soit.

    Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, a constaté que la démission de Mgr Wielgus était la meilleure solution, pour répondre au trouble provoqué par des « révélations » qui ont « gravement compromis sa crédibilité ». Mais, a-t-il ajouté, il s’agit d’un élément parmi d’autres d’une campagne contre l’Eglise en Pologne, qui « ressemble beaucoup à une bizarre alliance entre ses ennemis d’hier et d’autres adversaires, à une vengeance de qui l’a persécutée jadis avant d’être vaincu par la foi et la volonté de liberté du peuple polonais ».

    Il s’agit en effet d’une vengeance d’outre-tombe du communisme vaincu, et qui n’a pas fini de faire des victimes. Ce que le P. Lombardi appelle une « bizarre alliance » n’est pas si bizarre. Les « révélations » communistes ont pour relais des journaux et plumitifs d’extrême droite, ce qui n’a rien d’étonnant. On avait bien vu des activistes d’extrême droite devenir des cadres communistes, ou même des taupes communistes au sein de l’Eglise.

    Contrairement à ce qui a été dit ici et là, Radio Maryja, cataloguée chez nous comme intégriste, d’extrême droite, xénophobe, antisémite, etc., n’a participé en rien à la campagne contre Mgr Wielgus. Elle a au contraire (si je ne me trompe) défendu le prélat et soutenu les manifestations en sa faveur. Comme l’irréprochable Mgr Glemp, qui demeure provisoirement archevêque de Varsovie.

  • Les Polonais font face aux eurocrates

    La Pologne a tenu ferme sur son veto, empêchant le lancement ce vendredi des négociations sur un nouvel accord de partenariat euro-russe lors du sommet d’Helsinki, à cause de l’embargo russe sur la viande et les légumes polonais.

    L’AFP donne le ton méprisant et dépité des commentaires, pointant le « manque de savoir faire », « la maladresse de la Pologne », considérant que l’UE est « affaiblie face à Poutine » à cause du maintien du veto polonais. Et de citer des « spécialistes » anonymes selon lesquels le gouvernement polonais « a fait preuve d'un manque de diplomatie évident », et des diplomates qui reprochent aux Polonais, « coutumiers des frictions avec l'UE depuis leur entrée dans le bloc européen en 2004, de n'avoir ni préparé le terrain en se cherchant des appuis parmi les autres Etats membres, ni donné aucune marge de négociations à leur chargé d'affaires à Bruxelles » : « Lors des réunions mercredi et jeudi avec les ambassadeurs des 25 pour tenter de débloquer la situation, ce dernier était obligé d'appeler Varsovie et d'attendre une réponse qui tardait à venir aux propositions de compromis présentées par la présidence finlandaise de l'UE. Du coup, il n'y a pas eu de véritables négociations autour d'un texte qui aurait pu finalement satisfaire les Polonais, négociations qui auraient porté sur le choix des mots, voire des virgules, auquel la plupart des ambassadeurs des 25 auprès de l'UE sont rompus. »

    Mais les Polonais ne sont pas entrés dans l’Union européenne pour discuter des virgules. Les frères Kaczynski avaient prévenu qu’ils défendraient les intérêts nationaux de la Pologne. C’est ce qu’ils font. Et ils le font manifestement avec détermination, sans se laisser impressionner par les « spécialistes » et les « diplomates ».

    Au passage, on remarque qu’en usant courageusement de leur droit de veto, ils sapent encore un peu plus les projets de Constitution européiste. C’est cela qu’on ne peut pas leur pardonner…

  • Pologne : le retour de Lepper

    Limogé du gouvernement le 21 septembre, Andrzej Lepper, chef du parti nationaliste Samoobrona, a été réintégré hier dans ses fonctions de vice-Premier ministre et ministre de l’Agriculture. La coalition PiS, Samoobrona, Ligue des familles polonaises, est officiellement reconstituée, autour d’une « déclaration de programme ». Les frères Kaczynski ont ainsi pris de vitesse l’opposition qui avait programmé un vote aujourd’hui sur l’auto-dissolution du Parlement et des élections anticipées. Vote qui n’avait aucune chance d’aboutir, puisqu’il faut réunir les deux tiers des députés, mais qui, face à une majorité affaiblie, aurait constitué une importante nouvelle étape dans le combat acharné mené par l’opposition pour faire tomber le gouvernement.

  • Une bonne nouvelle

    medium_Mirosław_Orzechowski.jpgEt comme de bien entendu, cette bonne nouvelle vient de Pologne. Le vice-ministre polonais de l'Education Miroslaw Orzechowski a déclaré au quotidien Gazeta Wyborcza que « la théorie de l'évolution est un mensonge, une erreur que l'on a légalisée comme une vérité courante ». La théorie de l'évolution est « une conception lâche d'un vieil homme non-croyant ». « Nous n'allons pas la retirer des manuels scolaires, mais il faut commencer à en discuter. Il ne faut pas enseigner les mensonges, tout comme il ne faut pas enseigner le mal à la place du bien et la laideur à la place de la beauté. » Voilà qui est bien dit.

    Miroslaw Orzechowski est membre de la Ligue des Familles polonaises, dirigée par Roman Giertych, lui-même ministre de l'Education.

    La semaine dernière, le père du ministre, député européen de la Ligue des Familles polonaises, Maciej Giertych, avait organisé au Parlement européen une rencontre consacrée à la théorie de Darwin. « Elle n'est pas soutenue par des preuves », avait-il souligné, réclamant son retrait des manuels scolaires. Rappelons que Maciej Giertych, membre de l’Académie des sciences de Pologne, est un généticien inernationalement reconnu, spécialiste de dendrologie, auteur de plus de 200 communications scientifiques.

    Voici quelques autres précisions sur le vice-ministre. 

    Lorsque le ministre de l’Education Roman Giertych a suspendu la mise en œuvre du programme de scolarisation des enfants de moins de 5 ans, au motif que les parents doivent avoir le droit de décider si leurs enfants sont prêts à être scolarisés, Miroslaw Orzechowski a carrément déclaré que les enfants en bas âge devraient rester à la maison.

    Miroslaw Orzechowski a défrayé la chronique homosexuelle il y a quelques mois en accusant le groupuscule Campagne contre l'homophobie (KPH) et plus précisément son chef, Robert Biedron, le plus connu des militants homosexuels polonais, d'encourager « la dépravation des jeunes ».

    Il est aussi partie prenante dans l’affaire du limogeage du responsable de la formation continue des enseignants qui avait édité une brochure du Conseil de l'Europe contre l’homophobie. Ce limogeage, a clairement indiqué le vice-ministre, « est lié à la publication du manuel Kompas ("Repères") qui donne essentiellement des consignes de collaboration entre élèves et les milieux homosexuels ». Brochure qui en outre, comme le soulignait le ministre Roman Giertych, « critique sévèrement la Pologne et les autres pays qui refusent les mariages homosexuels ».

    C’est à cause de cette affaire que le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Terry Davis, menace de porter devant le comité des ministres « l’homophobie » du gouvernement polonais.

    Vive la Pologne !

    (source de la photographie : chancellerie de la Diète polonaise)

  • Homophobie

    Le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Terry Davis, menace de porter devant le comité des ministres l’homophobie du gouvernement polonais.

    Il s’agit toujours de l’affaire du limogeage du directeur du centre de formation continue des enseignants, consécutif à l’édition en polonais, par cet organisme, d’une brochure du conseil de l’Europe demandant aux enseignants d’inviter des organisations d’homosexuels pour parler de la « discrimination ».

    Terry Davis avait sommé le gouvernement polonais de s’expliquer sur ce « comportement homophobe ». Il vient de recevoir une réponse qui ne le satisfait pas. S’il n’obtient rien de plus, il fera un rapport au comité des ministres pour que les Etats membres se saisissent de ce scandale. Car « les valeurs du Conseil de l’Europe ne sont pas des plats sur un buffet où les gouvernements pourraient piocher à leur guise ».

    Ainsi donc, il est homophobe, selon le Conseil de l’Europe, de refuser la promotion de l’homosexualité, particulièrement auprès des enfants.

    Les « valeurs » de leur Europe sont décidément de plus en plus répugnantes.

  • « Corruption politique »

    Une télé polonaise montre le parti au pouvoir en train d’acheter une députée, le gouvernement convaincu de corruption, le scandale aggrave la crise politique…

    De quoi s’agit-il ? De l’enregistrement, par caméra cachée, d’une conversation entre le directeur de cabinet du Premier ministre et une personnalité du parti Samoobrona, dont le chef a été démissionné du gouvernement et qui a quitté la coalition gouvernementale. Le directeur de cabinet disait à Renata Beger que si elle quittait Samoobrona elle pourrait être nommée vice-ministre de l’Agriculture.

    Où est la « corruption » ? Il s’agit simplement d’une tractation politique, d’une parfaite banalité, dans le cadre du remaniement ministériel. Mais tout est bon contre les frères Kaczynski, coupables d’être trop catholiques et pas assez européens.

  • La Pologne contre le sida

    Le centre gouvernemental polonais de lutte contre le sida lance sa campagne médiatique annuelle de prévention. Elle est intitulée : « Amour, fidélité, confiance. Famille. Ensemble contre le sida. »