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  • 3e dimanche après Pâques

    Jubiláte Deo, omnis terra, allelúia : psalmum dícite nómini ejus, allelúia : date glóriam laudi eius, allelúia, allelúia, allelúia.
    Dícite Deo, quam terribília sunt ópera tua, Dómine ! in multitúdine virtútis tuæ mentiéntur tibi inimíci tui.

    Poussez vers Dieu des cris de joie, ô terre entière, alléluia ; chantez un hymne à son nom, alléluia ; rendez glorieuse sa louange, alléluia, alléluia, alléluia.
    Dites à Dieu, que vos œuvres sont terribles, Seigneur. A cause de la grandeur de votre puissance, vos ennemis vous adressent des hommages menteurs.

    La mélodie de l'introït est divisée en deux parties. La première partie est subdivisée par les impératifs Jubilate, dicite et date. Chacun de ces mots, à sa manière, s'élève jusqu'au do, et sa dernière syllabe se trouve sur le fa, la note la plus basse de cette première partie. La première et la troisième phrases se terminent sur la tonique ; la conclusion de la deuxième sur le la est une variation agréable, dont la première partie de l'alléluia reprend le motif du psaume. Cet alléluia se retrouve également dans les introïts du troisième mode, par exemple celui du mercredi de la Pentecôte. On peut considérer le motif sur dicite comme un modèle pour l'extension sur nomini ejus et gloriam laudi ejus.

    Le triple alléluia qui constitue la deuxième partie est en fait un autre impératif : Louez le Seigneur ! Mais la ligne mélodique diffère des impératifs précédents. Elle descend d'abord au ré, puis au do, et enfin s'élève avec une force irrésistible jusqu'au do.

    Bien que la mélodie ait une portée plutôt limitée (la première partie se limite à une quinte), elle n'en a pas moins quelque chose d'impressionnant. Avec ses nombreuses quartes, elle s'efforce de pénétrer dans le cœur des gens et de les propulser dans l'atmosphère de joie dont elle est elle-même remplie. Comme l'omnis terra est souligné avec force ! Tous les pays doivent se joindre à cette liesse. Tel devrait être, en tout cas, l'effet sur nous-mêmes de la méditation sur les œuvres merveilleuses de Dieu, sur la réalisation de son plan de salut, sur la rédemption par la mort du Christ sur la croix, sur notre prédestination à la gloire éternelle. Cette seule pensée suffirait pour que la terre entière se prosterne humblement devant la face de Dieu, le cœur rempli de joie. Cela arrivera un jour ; lors de la grande résurrection finale, toute la terre se prosternera devant son Roi, son Seigneur, son Dieu. Alors, ceux qui se posent aujourd'hui en ennemis du Christ et de son royaume ne pourront que se jeter à genoux pour l’adorer, et toute l'armée céleste lui chantera son Alléluia éternel.

    Dom Dominic Johner

  • Saint Pierre de Vérone

    Ce saint Dominicain (+ 1252), martyr de la foi dans ses fonctions d’inquisiteur contre les hérétiques manichéens, fut très honoré au XVe siècle en Italie, où l’on compte un bon nombre d’autels et d’images en son honneur. L’introduction de sa fête dans le calendrier de l’Église universelle remonte à Sixte-Quint, saint Pie V l’ayant omise dans la nouvelle réforme du Bréviaire promulguée par lui. La messe est celle du Commun des Martyrs au temps pascal : Protexisti, mais les collectes sont propres. L’épître est celle du Commun des Martyrs hors du temps pascal ; elle a été choisie non seulement parce qu’elle traite de la résurrection du Christ, mais aussi parce que, décrivant la vie difficile, les persécutions et les peines supportées par Paul et par Timothée dans la diffusion de la foi chrétienne, elle trace aussi le programme de vie de tout véritable ouvrier évangélique. Quasi male operans. Voilà l’idée que le monde se fait de l’apôtre du Christ, et, sous cette imputation, il le condamne à mort. Paul observe toutefois qu’on ne peut enchaîner la parole de Dieu. Le martyre est une semence de nouveaux chrétiens, et pour un confesseur de la foi qui est mis à mort, surgissent cent autres qui continuent son œuvre.

    La foi est le trésor le plus précieux non seulement pour chaque âme en particulier, mais aussi pour les États et pour le monde en général. Dans les temps profondément religieux, tels que le moyen âge, l’hérésie était considérée comme un crime contre la foi et contre l’État et, après l’anathème de l’Église, elle était punie, par le juge laïque, des peines les plus graves du code criminel. Quiconque a connaissance des horreurs des guerres religieuses dues aux disciples de Luther en Allemagne, aux Calvinistes et aux Huguenots en France, ne pourra pas ne pas louer la prudente institution, par l’Église, de l’Inquisition, qui—sauf les déviations, dans un but politique, imposées parle gouvernement espagnol — devait, dans l’intention des papes, protéger l’unité religieuse et sociale de la chrétienté tout entière.

    C’est pourquoi la répression de la propagande hérétique par les soins de l’Inquisition était considérée vraiment comme un Sanctum Officium, puisque, sauvegardant le plus grand bien que possèdent les peuples, c’est-à-dire la foi, elle éloignait des États ces germes de haine, de révolutions et de guerres, qui, si souvent, naissent de différends religieux.

    Bienheureux cardinal Schuster

    Le polyptyque d’Andrea di Giovanni.

    Saint Pierre de Vérone chez Fra Angelico.

    Les antiennes et le répons dominicains.

  • La persécution

    Le président du conseil régional de Ternopil a « constaté de nombreux faits de violation en ce qui concerne l'utilisation des terres sur le territoire de la réserve » de la laure de Potchaïev. Et que ces faits sont suffisants pour résilier le contrat de bail avec l’Eglise orthodoxe ukrainienne. Puisque c’est évidemment le but du jeu. « Nous avons fait appel au gouvernement, au ministre de la Culture, nous continuons à faire pression sur les autorités et nous exigeons qu'elles examinent immédiatement cette question », a-t-il ajouté, non sans annoncer avoir lancé une collecte de signatures « pour la libération des sanctuaires ukrainiens ».

    Hier, la commission du Parlement ukrainien « pour la politique humanitaire » avait proposé aux députés de voter un texte demandant au gouvernement de « vérifier d’urgence le respect des termes du contrat d’utilisation du complexe de bâtiments de la Laure de Potchaïev ». Eh bien le conseil régional l’a déjà fait. Il ne reste donc plus qu’à expulser les moines.

    Le président du conseil régional de Ternopil a déclaré dans la foulée que les 80 paroisses de l’Eglise orthodoxe ukrainienne qui existent encore dans la région vont être « transférées » à la secte du pouvoir. Il a expliqué que si seulement 13 églises avaient été volées jusqu’ici, c’est parce que le ministère de la Justice « bloquait » les « transferts ». Mais le 22 mars le conseil régional a voté une motion de révocation du ministre de la Justice, « c'est pourquoi les communautés ont commencé à se faire réenregistrer activement ». Sic. « Ce ne sera pas facile, mais notre tâche est de les éradiquer définitivement », a-t-il conclu, après avoir souligné que la principale tâche des autorités est de « libérer » la laure de Potchaïev des moines qui y sont depuis 800 ans.

    *

    Le conseil régional de Vinnytsia a voté la décision de retirer à l’Eglise orthodoxe ukrainienne le droit d’utiliser tous les terrains qu’elle occupe dans la région. Et pour la deuxième fois il demande instamment au Parlement de voter d’urgence les lois interdisant l’Eglise orthodoxe ukrainienne sur tout le territoire de l’Ukraine.

    *

    Le ministre de la Culture a expliqué qu’il avait l’intention de faire de la laure inférieure des Grottes de Kiev un centre d’artisanat populaire, et le lieu d’autres activités de ce type. Mais le directeur par intérim de la « Réserve de la Laure » fait savoir que la prise du monastère par l’Etat pose un problème. Le financement de la « réserve » est aujourd’hui extrêmement limité à cause de la guerre, et « un autre problème se pose : lorsque la Laure inférieure sera entièrement transférée, le territoire de la Réserve et le nombre de ses objets (sic) doubleront », ce qui « soulève la question d’un financement supplémentaire ». (Il n’y a qu’à demander aux Américains : ils ne sont plus à quelques millions de dollars près…)

    Et il y a encore un autre problème : à l'heure actuelle, a-t-il dit, la Réserve « ne dispose pas de spécialistes » capables de s'occuper des Grottes (des « structures souterraines », selon son expression).

    Et il y a encore un autre problème : parmi le « grand nombre de pièces de musée » qui vont être récupérées, il y a des « reliques ». Le ministre de la Culture les avait également qualifiées de « pièces de musée », mais le directeur de la Réserve considère qu’il faut trouver un moyen pour que les moines puissent « poursuivre leurs activités » en ce qui les concerne. Mais il refuse de dire s’il y aura un monastère… « Cette question est actuellement étudiée à différents niveaux, car l'action des moines sur les saintes reliques est un certain rituel, un certain rituel qui doit demeurer sans équivoque. Quant à la manière de procéder, elle doit faire l'objet d'un accord au niveau du clergé et au niveau des organes de l'État responsables de la politique religieuse. Car nous ne pouvons pas permettre que les reliques se transforment simplement en objets à stocker. » Ce qui pose encore un problème : la secte du pouvoir n’a quasiment pas de moines. Pour l’heure, la plupart des moines orthodoxes ukrainiens sont toujours dans l’Eglise orthodoxe ukrainienne qu’on doit éradiquer.

    *

    En ce moment je lis les lettres de saint Basile. Ce matin je suis tombé sur celle-ci, dont le destinataire était l’évêque de Thessalonique. Le parallèle avec la situation ukrainienne est frappant.

    Tes récits, c’est la résistance des athlètes, les corps déchirés pour la piété, la fureur barbare méprisée par ceux dont le cœur ne se trouble pas, les tourments variés infligés par les persécuteurs, la constance des combattants dans tous leurs supplices, le bois, l’eau, tout ce qui peut faire les martyrs accomplis. Et ici, quel est l’état des choses ? La charité s’est refroidie. L’enseignement des Pères est saccagé ; il y a de fréquents naufrages de la foi ; les bouches des hommes pieux se taisent ; les peuples, chassés des maisons de prières, lèvent en plein air leurs mains vers le Maître qui est dans les cieux. Et, bien que les afflictions soient lourdes, il n’y a de martyre nulle part, parce que ceux qui nous maltraitent portent le même nom que nous. Pour toutes ces raisons prie toi-même le Seigneur, et associe tous les nobles athlètes du Christ à ta prière pour |’Eglise, afin que, si quelques moments sont encore laissés au monde tel qu’il est ordonné, et si toutes choses ne sont pas poussées dans le mouvement contraire, Dieu, réconcilié avec ses Eglises, les ramène à la paix d’autrefois.

  • Les armes de l’Ukraine

    Le Pentagone affirme que 98% des armes promises à l’Ukraine ont été livrées.

    Un conseiller de Zelensky affirme que seulement 2% des armes promises ont été livrées.

    Ou bien l’un des deux ment.

    Ou bien les deux mentent. Ce qui est le plus probable.

    Mais la troisième solution est que les deux parties disent la vérité.

    Et que donc 96% des armes arrivent sur le marché noir…

    *

    Les Américains et les Britanniques disent que des armes à munition d’uranium appauvri ont déjà été livrées à l'Ukraine. Ils ne veulent pas dire combien, et ils ne veulent pas savoir où elles sont utilisées. Avec leur cynisme habituel, les Britanniques ne craignent pas d’ajouter que les normes internationales ne les obligent en aucune manière à nettoyer ensuite les zones contaminées.

  • Macron réinvente l’hôpital...

    « On est dans une période où on refonde, on est en train de réinventer un modèle. C’est plus dur de le réinventer quand tout n’a pas été détruit. »

  • Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

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    (Vitrail de l’église de Montfort-sur-Meu.)

    Comme beaucoup de saints canonisés à l’ère moderne (c’est-à-dire depuis la Renaissance), saint Louis-Marie Grignion de Montfort est gratifié d’une messe propre qui tente de raconter sa vie et son œuvre plutôt que de louer Dieu. Il convient de reconnaître que cette messe composée lors de sa canonisation en 1947 reprend des versets qui sont autant d’allusions remarquables aux périples et à l’enseignement du prédicateur breton.

    Introït

    Quam pulchri super montes pedes annuntiantis et prædicantis pacem; annuntiantis bonum, prædicantis salutem, dicentis Sion: Regnabit Deus tuus! Alleluia, alleluia.
    Audite hæc, omnes gentes; auribus percipite, omnes qui habitatis orbem.

    Qu'ils sont beaux sur les montagnes les pieds du porteur de bonnes nouvelles, qui publie la paix, qui annonce le bonheur, qui proclame le salut, qui dit à Sion : Voici que règne ton Dieu ! (Isaïe 52,7.)
    Ecoutez cela, tous les peuples, percevez par vos oreilles, vous tous qui habitez la terre (psaume 48).

    Alléluia

    Alleluia, alleluia. Nos autem prædicamus Christum crucifixum : Dei virtutem, et Dei sapientiam Alleluia. Sicut qui thesaurizat, ita et qui honorificat matrem: et in die orationis suæ exaudietur. Alleluia.

    Alléluia, alléluia. Nous prêchons, nous, un Christ crucifié : puissance de Dieu et sagesse de Dieu (I Corinthiens 1,23-24). Alléluia. Celui qui honore sa Mère amasse un trésor, et il sera exaucé au jour de sa prière, alléluia. (Ecclésiastique 3,5-6.)

    Offertoire

    O Domine, quia ego servus tuus, ego servus tuus, et filius ancillæ tuæ. Dirupisti vincula mea : tibi sacrificabo hostiam laudis, alleluia.

    O Seigneur, je suis votre serviteur, je suis votre serviteur et le serviteur de votre servante ; vous avez rompu mes liens ; je vous offrirai un sacrifice de louange, alléluia. (Psaume 115.)

    Communion

    Sicut qui thesaurizat, ita et qui honorificat matrem : et in die orationis suæ exaudietur, alleluia.

    Celui qui honore sa Mère amasse un trésor, et il sera exaucé au jour de sa prière, alléluia.

  • La dictature

    Vera Jourova, vice-présidente de la Commission européenne, commissaire « chargée des valeurs et de la transparence » (sic et re-sic), dit qu’elle se sent « de plus en plus mal à l’aise sur Twitter » en raison de la « propagande russe » qui s’y exprime. Et elle s’inquiète de voir Twitter manquer de personnel dédié à la censure.  Twitter ne respecte pas « ses engagements à l’égard du code de lutte contre la désinformation », dit-elle.

    C’est un écho de ce que disait l’autre jour le triste pitre Thierry Breton : « À partir de septembre Elon Musk fera ce qu'on lui demandera de faire s'il veut continuer à opérer. »

    Ne craignant pas non plus le ridicule, la Jourova a hasardé :

    « Je comparerais la situation avec la conduite sur autoroute. Si vous dépassez la vitesse autorisée, vous êtes sanctionné et vous risquez un jour d’être privé de votre permis de conduire. »

    Bref, ce sont bien des flics.

    Mais il y a quelque chose d’étonnant : les censeurs de l’UE voient partout de la « propagande russe », et ils ne voient nulle part, jamais, de propagande ukrainienne.

    Ce seul fait les disqualifie et les discrédite.

  • Les sanctions, ça marche

    Bloomberg constate que la production industrielle russe a augmenté de 1,2% l’an dernier, alors que les économistes prévoyaient une baisse de 1,4%.

  • La persécution

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    Des militants nationalistes ukrainiens ont dressé hier soir à l’entrée du monastère des Grottes de Kiev deux grands panneaux de 3 mètres de haut.

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    D’un côté, les méchants qui « crucifient » l’Ukraine. Au premier chef évidemment Vladimir Poutine. Avec le patriarche Cyrille, le métropolite primat de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, le père abbé du monastère, Prigojine et Kadirov, Loukachenko, et aussi Victoria Kokhanovska, et même… tout-à-fait à droite… celui qui était il y a peu encore le plus célèbre conseiller de Zelensky : Oleksiy Arestovitch…

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    De l’autre côté la consommation du blasphème : « Le Christ est ressuscité, l’Ukraine ressuscitera », avec les héros qui vont permettre ce miracle : au premier rang bien sûr Zelensky, flanqué de ses deux autorités ecclésiastiques : le métropolite grec-catholique et Serge Doumenko dit « métropolite Epiphane ». On voit aussi notamment Stoltenberg, Duda, Trudeau, Johnson, Sean Penn… Et dans les noms de ceux qui font ressusciter l’Ukraine, plus haut, on n’a pas oublié Bandera…

    Il s’agit de « protéger l’identité ukrainienne », a dit à Kanal 5 l’un des organisateurs. Protéger l’identité ukrainienne contre le monastère qui est le centre même de l’identité ukrainienne…

    *

    La commission du Parlement ukrainien « pour la politique humanitaire et d’information » a proposé aux députés de voter un texte présenté ainsi :

    « Afin de protéger l’espace national, d’empêcher les manifestations de propagande par les représentants de l’Église orthodoxe ukrainienne, et aussi de restaurer l’État de droit et la justice historique, le projet de décret propose de s’adresser au gouvernement pour qu’il vérifie d’urgence le respect des termes du contrat d’utilisation du complexe de bâtiments de la Laure de Potchaïev et d’autres biens, qui sont la propriété de l’État. »

    Ce projet « recommande fortement » que le gouvernement « suive la même voie concernant la Laure de Potchaïev que celle suivie par l’État concernant la Laure des Grottes de Kiev », a précisé le président de la commission.

    *

    Le conseil municipal de Tchernivsti a décidé de retirer à l’Eglise orthodoxe ukrainienne le droit d’utiliser les terres utilisées par 24 paroisses et monastères. Un avocat de Tchernivsti a fait remarquer qu’une telle décision ne peut être prise qu’après le jugement d’un tribunal constatant que l’Eglise viole les conditions d’utilisation du terrain. Mais qu’importe le droit. Le conseil municipal ne craint pas de préciser qu’il va maintenant vérifier si les 24 terrains sont une propriété municipale…

    La région de Tchernivsti, l’une des plus frappées par la persécution, est historiquement roumaine : c’est la Bucovine du nord (et les orthodoxes de la Bucovine toujours roumaine sont les plus actifs sur les réseaux sociaux pour défendre l’Eglise orthodoxe d’Ukraine). Le député roumain Dumitru Viorel Focșa a lancé hier un appel au Parlement et au gouvernement roumains :

    « Malheureusement, les autorités du nord de la Bucovine, qui est une région multiethnique, ont copié les décisions prises dans d'autres régions, d'autres villes et dans les terres mono-ethniques d'Ukraine. Les églises qui n'ont pas voulu se séparer de l'Église orthodoxe ukrainienne risquent de perdre les terres sur lesquelles elles officient depuis des décennies. En conséquence, les Roumains risquent de perdre un certain nombre de leurs églises. Les églises de nos ancêtres, dont certaines ont été construites avec des fonds de l'Église ou de l'État roumain, n'appartiendront plus à la communauté roumaine, pour des raisons difficiles à expliquer et à comprendre. Nous demandons des consultations immédiates avec les membres de la communauté roumaine - paroissiens, prêtres, responsables d'associations, intellectuels - avant de prendre toute décision sur le sort des lieux de culte qui ont une valeur historique et culturelle pour nous. »

    Le conseil municipal de Tchernivsti vient de lui répondre…

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    Le conseil municipal de Bila Tserkva (région de Kiev) a décidé de résilier les 10 contrats de location de terrains avec les communautés de l'Église orthodoxe ukrainienne et leur donne dix jours pour partir, et il a également voté pour le « transfert » de la cathédrale de la Transfiguration, dans les dix jours, aux autorités de la ville… Un seul prêtre avait été autorisé à entrer dans la salle, mais le conseil municipal a voté pour lui interdire de s’exprimer.

    *

    Le conseil municipal de Brovary (région de Kiev) a résilié les contrats d’utilisation de quatre terrains sur lesquels se trouvent cinq sanctuaires de l’Eglise orthodoxe ukrainienne.

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    Le conseil régional de Jitomir a adopté une décision d'interdiction de toute activité de l’Eglise orthodoxe ukrainienne dans la région. Il a également lancé un appel au Parlement pour qu’il adopte les deux projets de loi interdisant l’Eglise orthodoxe ukrainienne sur tout le territoire ukrainien.

    *

    Le conseil municipal d’Irpin envoie un appel au président Zelensky, au Parlement, au gouvernement et au Conseil national de sécurité et de défense pour qu’ils « adoptent d'urgence des lois et des règlements interdisant les activités des organisations religieuses (associations) de l'Église orthodoxe ukrainienne et facilitant la procédure de transfert de ces communautés religieuses vers d'autres organisations religieuses ».

    *

    Selon le député Inna Sovsun, les projets de loi d’interdiction de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, qui sont au Parlement depuis la fin de l’année dernière, n’ont toujours pas été soumis au vote… parce qu’ils n’obtiendraient pas la majorité. Même dans un Parlement où les partis d’opposition (dits « pro-russes ») sont interdits. Y compris dans le groupe du parti de Zelensky. De nombreux députés sont en effet des fidèles (ou des membres sociologiques) de cette Eglise qui est toujours majoritaire…

    Du fait de ce manque de volonté du Parlement, ajoute Inna Sovsun, les autorités locales sont « contraintes » d’utiliser la force contre les fidèles et les prêtres de l’Eglise orthodoxe ukrainienne. Alors que si le Parlement votait l’interdiction cela « réduirait les tensions sur le terrain »…

    *

    L’archevêque Théodose de Sébaste (patriarcat orthodoxe de Jérusalem) lance un nouvel appel en faveur de l’Eglise orthodoxe ukrainienne :

    « Toutes les Églises chrétiennes du monde, ainsi que le Conseil œcuménique des Églises, doivent mettre un terme à ces crimes vraiment terribles contre cette Église bien connue dans le monde entier. L’orthodoxie existe sur le sol ukrainien depuis plus d’un millier d’années, et aujourd’hui, ce pays lui-même souffre de la guerre et de la violence permanente. Comme nous pouvons le constater, l’objectif réel de la pression actuelle sur l’Église orthodoxe ukrainienne canonique est de promouvoir une structure alternative non canonique. Elle a été créée par un accord entre les pays occidentaux et les autorités de Kiev, qui ont entraîné leur pays dans la guerre, souhaitant servir les revendications avides et dominatrices de l’Occident »

    « La persécution des évêques de l’Église orthodoxe ukrainienne doit cesser et la Laure des Grottes de Kiev doit être rendue à ses véritables hôtes. Ce monastère conserve les reliques de nombreux saints pères, et des services et des prières y sont continuellement organisés. Il s’agit d’un centre spirituel, mais pas d’un musée, comme le souhaite le président Zelensky, qui veut le donner à une alternative schismatique non canonique à l’Église orthodoxe ukrainienne canonique ».

  • Saint Pierre Canisius

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    Ayant obtenu à Bologne un doctorat en théologie le 4 octobre 1549, il fut destiné par saint Ignace à l’apostolat en Allemagne. Le 2 septembre de cette même année, 1549, il rendit visite au Pape Paul III à Castel Gandolfo, puis se rendit dans la basilique Saint-Pierre pour prier. Là, il implora l’aide des grands saints apôtres Pierre et Paul, afin qu’ils accordent une efficacité permanente à la Bénédiction apostolique pour son grand destin, pour sa nouvelle mission. Dans son journal, il note certaines phrases de cette prière. Il dit: «J’ai alors ressenti qu’un grand réconfort et que la présence de la grâce m’étaient accordés au moyen de ces intercesseurs [Pierre et Paul]. Ils confirmaient ma mission en Allemagne et semblaient me transmettre, comme apôtre de l’Allemagne, le soutien de leur bienveillance. Tu sais, Seigneur, de combien de façons et combien de fois en ce même jour tu m’as confié l’Allemagne pour laquelle, par la suite, je continuerais à être sollicité, pour laquelle je désirerais vivre et mourir».

    Nous devons tenir compte du fait que nous nous trouvons à l’époque de la Réforme luthérienne, au moment où la foi catholique dans les pays de langue germanique, face à l’attraction de la Réforme, semblait s’éteindre. Le devoir de Pierre Canisius, chargé de revitaliser, de renouveler la foi catholique dans les pays germaniques, était presque impossible. Il n’était possible que par la force de la prière. Il n’était possible qu’à partir du centre, c’est-à-dire d’une profonde amitié personnelle avec Jésus Christ; une amitié avec le Christ dans son Corps, l’Eglise, qui doit être nourrie dans l’Eucharistie, Sa présence réelle.

    En suivant la mission reçue par Ignace et par le Pape Paul III, Pierre Canisius partit pour l’Allemagne et se rendit avant tout dans le duché de Bavière, qui pendant de nombreuses années, fut le lieu de son ministère. En tant que doyen, recteur et vice-chancelier de l’université d’Ingolstadt, il s’occupa de la vie académique de l’Institut et de la réforme religieuse et morale du peuple. A Vienne, où, pendant une brève période, il fut administrateur du diocèse, il accomplit son ministère pastoral dans les hôpitaux et dans les prisons, tant en ville que dans les campagnes, et prépara la publication de son Catéchisme. En 1556, il fonda le Collège de Prague et, jusqu’en 1569, il fut le premier supérieur de la province jésuite de l’Allemagne supérieure.

    Dans le cadre de cette charge, il établit dans les pays germaniques un réseau étroit de communautés de son Ordre, en particulier de collèges, qui devinrent des points de départ pour la réforme catholique, pour le renouveau de la foi catholique. A cette époque, il participa également au colloque de Worms avec les dirigeants protestants, parmi lesquels Philip Mélanchthon (1557); il exerça la fonction de nonce pontifical en Pologne (1558); il participa aux deux Diètes d’Augsbourg (1559 et 1565); il accompagna le cardinal Stanislas Hozjusz, légat du Pape Pie IV auprès de l’empereur Ferdinand (1560); il intervint à la session finale du Concile de Trente, où il parla de la question de la Communion sous les deux espèces et de l’index des livres interdits (1562).

    En 1580, il se retira à Fribourg en Suisse, en se consacrant totalement à la prédication et à la composition de ses œuvres, et c'est là qu'il mourut le 21 décembre 1597. Béatifié par le bienheureux Pie IX en 1864, il fut proclamé en 1897 le deuxième Apôtre de l'Allemagne par le Pape Léon XIII, et canonisé et proclamé Docteur de l'Eglise par le Pape Pie XI en 1925.

    Benoît XVI

    (La gravure de Philippe Galle, pourtant réalisée peu après la mort de saint Canisius, lui donne un an de plus en le faisant mourir en 1598 à l'âge de 77 ans...)