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Le blog d'Yves Daoudal - Page 1655

  • "L’Église représente la mémoire de l’humain face à une civilisation de l’oubli"

    Extrait du discours de Benoît XVI à la Curie.

    Pour l’Église de notre temps, je vois surtout trois domaines de dialogue dans lesquels elle doit être présente, dans la lutte pour la personne humaine et pour ce que signifie être une personne humaine : le dialogue avec les États, le dialogue avec la société – qui inclut le dialogue avec les cultures et la science – et, enfin, le dialogue avec les religions. Dans tous ces dialogues, l’Église parle à partir de la lumière que lui offre la foi. Toutefois, elle incarne en même temps la mémoire de l’humanité qui, depuis les origines et à travers les temps, est la mémoire des expériences et des souffrances de l’humanité, dans laquelle l’Église a appris ce que signifie être humains, en en expérimentant la limite et la grandeur, les possibilités et les limitations. La culture de l’Humain, dont elle se fait la garante, est née et s’est développée à partir de la rencontre entre la révélation de Dieu et l’existence humaine. L’Église représente la mémoire de l’humain face à une civilisation de l’oubli, qui désormais connaît seulement elle-même et son propre critère de mesure. Mais, de même qu’une personne sans mémoire a perdu sa propre identité, de même une humanité sans mémoire perdrait sa propre identité. Ce qui a été montré à l’Église, dans la rencontre entre la révélation et l’expérience humaine, va, certes, au-delà du domaine de la raison, mais ne constitue pas un monde particulier qui serait sans aucun intérêt pour le non croyant. Si l’être humain, par sa pensée, entre dans la réflexion et dans la compréhension de ces connaissances, celles-ci élargissent l’horizon de la raison et ceci concerne aussi ceux qui ne réussissent pas à partager la foi de l’Église.

  • "La question de la famille est la question de l’être humain lui-même"

    Extrait (ou plutôt passage central) du discours de Benoît XVI à la Curie.

    La grande joie avec laquelle des familles provenant du monde entier se sont rencontrées à Milan a montré que, malgré toutes les impressions inverses, la famille est forte et vivante encore aujourd’hui. Cependant la crise qui – particulièrement dans le monde occidental – la menace jusque dans ses fondements est aussi incontestable. J’ai été frappé du fait qu’au Synode on a souligné à maintes reprises l’importance de la famille pour la transmission de la foi, comme lieu authentique où se transmettent les formes fondamentales du fait d’être une personne humaine. On les apprend en les vivant et aussi en les souffrant ensemble. Et ainsi, il apparaît avec évidence que la question de la famille n’est pas seulement celle d’une forme sociale déterminée, mais celle de la question de l’être humain lui-même – de la question de ce qu’est l’être humain et de ce qu’il faut faire pour être de façon juste une personne humaine. Dans ce contexte, les défis sont complexes. Il y a avant tout la question de la capacité de l’homme de se lier ou de son manque de liens. L’être humain peut-il se lier pour toute une vie ? Cela correspond-il à sa nature ? N’est-ce pas en opposition avec sa liberté et avec la dimension de son auto-réalisation ? L’être humain devient-il lui-même en demeurant autonome et en entrant en contact avec l’autre uniquement par des relations qu’il peut interrompre à tout moment ? Un lien pour toute la vie est-il en opposition avec la liberté ? Le lien mérite-t-il aussi qu’on en souffre ? Le refus du lien humain, qui se répand toujours plus à cause d’une compréhension erronée de la liberté et de l’auto-réalisation, comme aussi en raison de la fuite devant le support patient de la souffrance, signifie que l’homme demeure fermé sur lui-même et, en dernière analyse, conserve son propre « moi » pour lui-même, et ne le dépasse pas vraiment. Mais c’est seulement dans le don de soi que l’être humain se réalise lui-même, et c’est seulement en s’ouvrant à l’autre, aux autres, aux enfants, à la famille, c’est seulement en se laissant modeler dans la souffrance, qu’il découvre la dimension du fait d’être une personne humaine. Avec le refus de ce lien disparaissent aussi les figures fondamentales de l’existence humaine : le père, la mère, l’enfant ; des dimensions essentielles de l’expérience du fait d’être une personne humaine tombent.

    Le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, dans un traité soigneusement documenté et profondément touchant, a montré que l’atteinte à l’authentique forme de la famille, constituée d’un père, d’une mère et d’un enfant – une atteinte à laquelle nous nous trouvons exposés aujourd’hui – parvient à une dimension encore plus profonde. Si jusqu’ici nous avons vu comme cause de la crise de la famille un malentendu sur l’essence de la liberté humaine, il devient clair maintenant qu’ici est en jeu la vision de l’être même, de ce que signifie en réalité le fait d’être une personne humaine. Il cite l’affirmation devenue célèbre, de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient ». Dans ces paroles se trouve le fondement de ce qui aujourd’hui, sous le mot « gender », est présenté comme une nouvelle philosophie de la sexualité. Le sexe, selon cette philosophie, n’est plus un donné d’origine de la nature, un donné que l’être humain doit accepter et remplir personnellement de sens, mais c’est un rôle social dont on décide de manière autonome, alors que jusqu’ici c’était à la société d’en décider. La profonde fausseté de cette théorie et de la révolution anthropologique qui y est sous-jacente, est évidente. L’être humain conteste d’avoir une nature préparée à l’avance de sa corporéité, qui caractérise son être de personne. Il nie sa nature et décide qu’elle ne lui est pas donnée comme un fait préparé à l’avance, mais que c’est lui-même qui se la crée. Selon le récit biblique de la création, il appartient à l’essence de la créature humaine d’avoir été créée par Dieu comme homme et comme femme. Cette dualité est essentielle pour le fait d’être une personne humaine, telle que Dieu l’a donnée. Justement, cette dualité comme donné de départ est contestée. Ce qui se lit dans le récit de la création n’est plus valable : « Homme et femme il les créa » (Gn 1, 27). Non, maintenant ce qui vaut c’est que ce n’est pas lui qui les a créés homme et femme, mais c’est la société qui l’a déterminé jusqu’ici et maintenant c’est nous-mêmes qui décidons de cela. Homme et femme n’existent plus comme réalité de la création, comme nature de l’être humain. Celui-ci conteste sa propre nature. Il est désormais seulement esprit et volonté. La manipulation de la nature, qu’aujourd’hui nous déplorons pour ce qui concerne l’environnement, devient ici le choix fondamental de l’homme à l’égard de lui-même. L’être humain désormais existe seulement dans l’abstrait, qui ensuite, de façon autonome, choisit pour soi quelque chose comme sa nature. L’homme et la femme sont contestés dans leur exigence qui provient de la création, étant des formes complémentaires de la personne humaine. Cependant, si la dualité d’homme et de femme n’existe pas comme donné de la création, alors la famille n’existe pas non plus comme réalité établie à l’avance par la création. Mais en ce cas aussi l’enfant a perdu la place qui lui revenait jusqu’à maintenant et la dignité particulière qui lui est propre. Bernheim montre comment, de sujet juridique indépendant en soi, il devient maintenant nécessairement un objet, auquel on a droit et que, comme objet d’un droit, on peut se procurer. Là où la liberté du faire devient la liberté de se faire soi-même, on parvient nécessairement à nier le Créateur lui-même, et enfin par là, l’homme même – comme créature de Dieu, comme image de Dieu – est dégradé dans l’essence de son être. Dans la lutte pour la famille, l’être humain lui-même est en jeu. Et il devient évident que là où Dieu est nié, la dignité de l’être humain se dissout aussi. Celui qui défend Dieu, défend l’être humain !

     

  • O Oriens

    O Orient, splendeur de la lumière éternelle, et soleil de justice : venez et éclairez ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort.

     

    Fête de saint Thomas, apôtre

    Quand ta main toucha le côté du Seigneur, tu trouvas le comble de tous les biens ; car ainsi qu’une éponge mystique, tu en exprimas de célestes liqueurs, tu y puisas la vie éternelle, bannissant toute ignorance dans les âmes, et faisant couler comme de source les dogmes divins de la connaissance de Dieu.

    Par ton incrédulité et par ta foi tu as rendu stables ceux qui étaient dans la tentation, en proclamant le Dieu et Seigneur de toute créature, incarné pour nous sur cette terre, crucifié, soumis à la mort, percé de clous, et dont le côté fut ouvert par une lance, afin que nous y puisions la vie.

    Tu as fais resplendir la terre des Indiens d’un vif éclat, ô très saint Apôtre, contemplateur de la divinité ! Après avoir illuminé ces peuples et les avoir rendus enfants de la lumière et du jour, tu renversas les temples de leurs idoles par la vertu de l’Esprit-Saint, et tu les fis s’élever, ô très prudent, jusqu’à la charité de Dieu, pour la louange et la gloire de l’Église, ô bienheureux intercesseur de nos âmes !

    O contemplateur des choses divines, tu fus la coupe mystique de la Sagesse du Christ ! ô Thomas Apôtre, en qui se réjouissent les âmes des fidèles ! tu retiras les peuples de l’abime de l’ignorance avec les filets du divin Esprit : c’est pourquoi, tu as coulé, semblable à un fleuve de charité, répandant sur toute créature comme une source d’eau vive les enseignements divins. Percé aussi de la lance en ton propre côté, tu as imité la Passion du Christ, et tu as revêtu l’immortalité : supplie-le d’avoir pitié de nos âmes.

    (Liturgie byzantine)

     

    Pour la commémoration du vendredi des quatre temps :

    Nolite timere, quinta enim die veniet ad vos Dominus noster.

    Ne craignez pas, car notre Seigneur viendra à vous le cinquième jour.

    Excita, quaesumus Domine, potentiam tuam, et veni: ut hi, qui in tua pietate confidunt, ab omni citius adversitate liberentur.

    Excitez votre puissance, Seigneur, et venez, pour que vos fidèles confiants en votre bonté, soient très vite délivrés de tout ce qui leur fait obstacle.

  • Dans le Financial Times, un article de… Benoît XVI

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    Le Financial Times avait demandé un article à Benoît XVI pour Noël. Le pape a accepté, et le journal économique publie le texte, intitulé Un temps pour l’engagement des chrétiens dans le monde. A la fin il est indiqué : « Cet article est de l’évêque de Rome et auteur de “L’enfance de Jésus”. »

    Voici la deuxième moitié.

    Les chrétiens luttent contre la pauvreté parce qu'ils reconnaissent la dignité suprême de tout être humain, créé à l'image de Dieu et destiné la vie éternelle. Ils œuvrent pour un partage équitable des ressources car, gardiens de la création de Dieu, ils croient que nous avons le devoir de prendre soin des plus faibles et des plus vulnérables. Les chrétiens sont opposés à la cupidité et à l'exploitation, convaincus que la générosité et l'amour désintéressé, enseignés et vécus par Jésus de Nazareth, sont le chemin qui mène à la plénitude de vie*. La foi en la destinée transcendante de tout être humain implique l'urgence de la tâche de promouvoir la paix et la justice pour tous.

    Comme ces objectifs sont largement partagés, une grande et fructueuse collaboration est possible entre les chrétiens et les non chrétiens. Oui, les chrétiens ne rendent à César que ce qui appartient à César, pas ce qui appartient à Dieu. Au long de l’histoire, il est arrivé que les chrétiens ne puissent pas accéder aux demandes de César. Du culte de l'empereur de la Rome antique aux régimes totalitaires du siècle passé, César a essayé de prendre la place de Dieu. Quand les chrétiens refusent de se prosterner devant les faux dieux proposés aujourd’hui, ce n'est pas parce qu'ils ont une vision du monde désuète. C’est plutôt parce qu'ils sont libres des contraintes idéologiques et inspirés par une si noble vision de la destinée humaine qu’ils ne peuvent être de connivence avec quoi que ce soit qui pourrait y porter atteinte.

    En Italie, de nombreuses crèches sont ornées de ruines romaines qui rappellent que la naissance de l'Enfant Jésus marque la fin de l'ordre ancien, le monde païen, dans lequel les revendications de César semblaient impossible à contester. Maintenant, il y a un nouveau roi, qui ne met pas sa confiance dans la force des armes, mais dans la puissance de l'amour.

    Il apporte l'espérance à tous ceux qui, comme lui-même, vivent en marge de la société. Il apporte de l'espoir à ceux qui sont vulnérables aux aléas d'un monde précaire. De la crèche, le Christ nous appelle à vivre comme des citoyens de son royaume céleste, un royaume que toutes les personnes de bonne volonté peuvent aider à construire ici sur terre.

    * Il y a ici, dans la « traduction » fournie par le VIS, un effroyable contresens. Dans l’ensemble (en dehors de l’avant-dernier paragraphe), cette traduction n’est pas bonne, comme c’est presque toujours le cas dans les bulletins de VIS. 

  • Le petit chaperon rouge

    A voir : un original et joli « doodle Google », aujourd’hui et seulement aujourd’hui, pour les 200 ans des contes de Grimm.

  • Une culture de l’abus liturgique

    Le blog Summorum Pontificum signale que le tout nouvel évêque d’Ivrée dans le Piémont, Mgr Edoardo Cerrato, assistera à une messe selon la forme extraordinaire le 11 janvier prochain.

    Mais beaucoup plus intéressant est le cadre de cette messe : il s’agit d’une soirée intitulée « Les droits de Dieu et la liturgie catholique ». La messe sera célébrée par Don Nicola Bux, qui présentera un conférencier nommé Daniele Nigro, lequel parlera de son livre intitulé Les droits de Dieu : la liturgie après Vatican II, préfacé par le cardinal Raymond Burke.

    Or, selon Summorum Pontificum, ce livre « se penche, d’un point de vue canonique, sur l’échec de la réforme liturgique conciliaire et l’installation d’une culture de l’abus liturgique qu’aucune instruction romaine ne semble pouvoir corriger ».

    S’il en est vraiment ainsi, c’est un grand et prometteur moment de lucidité...

  • Χαῖρε, κεχαριτωμένη : Réjouis-toi, pleine de grâce

    Dans sa catéchèse d’hier, le pape a repris des éléments des pages 46 à 49 de son livre L’enfance de Jésus. Mais le propos n’est pas tout à fait le même : ici il se concentre davantage sur la salutation de l’Ange à Marie, et l’on ne peut que conseiller d’imprimer cette catéchèse et de la glisser dans le livre.

    Benoît XVI avait remarqué que l’Ange saluait la Vierge en grec : Χαῖρε (Khairè), ce qui était le salut banal quand deux personnes se rencontraient, mais que le sens originel du mot était « Réjouis-toi », et qu’il y avait ici en effet l’annonce de la joie (celle dont parleront les anges à Bethléem).

    Il avait remarqué que l’on trouve déjà ce « Khairè ! », réjouis-toi, dans la prophétie de Sophonie, 3, 14, joie qui annonce la rédemption par la venue du Seigneur au sein de la fille de Sion. Dans sa catéchèse, il ajoute trois autres références (de la Bible grecque), mais sans les citer, à cette joie qui annonce la venue du Christ. Les voici. Joël 2, 21 : « Réjouis-toi et tressaille d'allégresse, parce que le Seigneur se glorifie de faire. » Zacharie 9, 9 : « Réjouis-toi très fort, fille de Sion, annonce à haute voix, fille de Jérusalem. » (C’est la prophétie des Rameaux, qui continue ainsi : « Voici que ton roi vient à toi, juste et sauveur, plein de douleur, il est monté sur un âne, et sur un ânon petit de l’ânesse. ») Lamentations de Jérémie, 4, 21 : « Réjouis-toi, fille d’Idumée, qui habites la terre : la coupe du Seigneur va passer à toi, tu seras ivre et tu épancheras. »

    Dans la catéchèse, il poursuit : « Le salut de l’ange à Marie est donc une invitation à la joie, à une joie profonde ; il annonce la fin de la tristesse qui existe dans le monde devant les limites de la vie, la souffrance, la mort, la méchanceté, les ténèbres du mal qui semble obscurcir la lumière de la bonté de Dieu. C’est une salutation qui marque le début de l’Evangile, de la Bonne Nouvelle.

    « Mais pourquoi Marie est-elle ainsi invitée à se réjouir ? La réponse se trouve dans la seconde partie de la salutation : Le Seigneur est avec toi. »

    Dans son livre, Benoît XVI signale seulement le lien entre joie et grâce établi par la salutation angélique : Χαῖρε, κεχαριτωμένη, Khairè, kekharitoménè : le second mot est le participe parfait du verbe qui veut dire remplir de grâce. La grâce, c’est kharis, mot de même racine que khara, la joie, souligne le pape (en fait, même kharis peut vouloir dire la joie). Dans sa catéchèse il ajoute :

    « Dans cette expression aussi, on perçoit encore plus clairement la source de cette joie de Marie : la joie provient de la grâce, elle vient donc de la communion avec Dieu, de la connexion vitale qu’elle a avec lui, du fait qu’elle est la demeure de l’Esprit Saint, totalement modelée par l’action de Dieu. Marie est la créature qui a, de manière unique, ouvert grand les portes à son Créateur, elle s’est remise entre ses mains, sans limites. Elle vit entièrement de et dans la relation avec le Seigneur. (…) »

  • O clavis David

    O Clef de David, et sceptre de la maison d’Israël ; qui ouvrez, et nul ne peut fermer ; qui fermez, et nul ne peut ouvrir : venez, et tirez de la prison le captif qui est assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort.

  • La crèche de la cathédrale de Carrare

    La crèche c'est ça :

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    Les quatre bidons représentent, dans le fond, l'âne et le boeuf, et, devant, la Sainte Vierge (en bleu, bien sûr) et saint Joseph. On entend des chants de Noël couverts par des bruits de bombes et de mitrailleuses. Le curé de la cathédrale a béni cette "installation" réalisée par un "collectif d'artistes" et dédiée à une Ukrainienne retrouvée morte près de la ville, en espérant que cettte oeuvre nous fasse réfléchir et aider les autres...

    La cathédrale (romane), c'est ça:

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  • La « santé reproductive » aux Philippines

    Le Sénat a voté à son tour (par 13 voix contre 8) – le Sénat des Philippines n’a que 24 membres – le projet de loi sur la « santé reproductive » (concernant non les bovins ni les porcs, mais les femmes). Le président Aquino a aussitôt déclaré qu’il signerait la loi avant la fin de l’année.

    Mgr Gabriel Reyes, Evêque d’Antipolo et président de la Commission épiscopale Famille et Vie, a envoyé une note à l’agence Fides. « Nous sommes déjà comme en dictature, dit-il, parce que l’exécutif contrôle le Congrès et la magistrature. » Comme nombre d’autres observateurs, il affirme que le président a « acheté le vote », via la contribution électoraliste que les parlementaires reçoivent afin de financer des projets spécifiques dans leurs districts d’origine (qu’ils appellent comme les Américains « pork barel », baril de porc…). Au moins cinq membres du Congrès (Assemblée nationale) et d’autres parlementaires, remarque l’évêque, « ont changé de position à cause de la pression de Malacañang » (le palais de la présidence de la République), ajoutant que « ceci peut devenir une menace pour la démocratie du pays ».

    Le gouvernement a souligné que dans le budget de l’Etat qui vient d’être voté, le budget du ministère de la Santé prévoit déjà les fonds destinés à fournir des services d’éducation sexuelle dans les écoles et à offrir une assistance publique en matière de contraceptifs et de méthodes de planification familiale.