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  • Pause

    Je viens seulement de récupérer ma connexion internet. Et jusqu'à la fin de la semaine je ferme la boutique pour cause d'invasion familiale.

    Je ne suis pas mécontent de vous laisser avec la belle séquence d'Adam de Saint-Victor. Profitez-en pour la relire et apprendre un peu de latin...

    Et je vous souhaite une très bonne nouvelle année.

  • Spendor Patris et figura

    Spendor Patris et figura,
    Se conformans homini,
    Potestate, non nature,
    Partum dedit virgini.

    Celui qui est la splendeur du Père et sa forme incréée, a pris la forme de l’homme. Sa puissance, et non la nature, a rendu féconde une vierge.

    Adam vetus,
    Tandem laetus,
    Novum promat canticum;
    Fugitivus,
    Et captivus,
    Prodeat in publicum.

    Que le vieil Adam se console enfin ; qu’il chante un cantique nouveau. Longtemps fugitif et captif, qu’il paraisse au grand jour.

    Eva luctum,
    Vitae fructum
    Virgo gaudens edidit.
    Nec sigillum Propter ilium,
    Castitatis perdidit.

    Ève enfanta le deuil ; une vierge, dans l’allégresse, enfante le fruit de vie. Et ce fruit n’a point lésé le sceau de sa virginité.

    Si crystallus sit humecta,
    Atque soli sit obiecta,
    Scintillat igniculum.
    Nec crystallus rumpitur,
    Nec in partu solvitur
    Pudoris signaculum.

    Si le cristal humide est offert aux feux du soleil, le rayon scintille au travers. Et le cristal n’est point rompu : ainsi n’est point brisé le sceau de la pudeur dans l’enfantement de la Vierge.

    Super tali genitura,
    Stupet usus et natura,
    Deficitque ratio.
    Res est ineffabilis
    Tam pia, tam humilis
    Christi generatio.

    A cette naissance, la nature est dans l’étonnement, la raison est confondue. C’est chose inénarrable, cette génération du Christ, si pleine d’amour et si humble.

    Frondem, florem, nucem, sicca
    Virga profert, et pudica
    Virgo Dei Filium.
    Fert coelestem
    Vellus rorem,
    Creatura Creatorem,
    Creaturae pretium.

    D’une branche aride sont sorties la feuille, la fleur et la noix ; et de la Vierge pudique, le Fils de Dieu. La toison a porté la rosée céleste, la créature le Créateur, rédempteur de la créature.

    Frondis, floris, nucis, roris:
    Pietati Salvatoris
    Congruunt mysteria.
    Frons est Christus, protegendo ;
    Flos, dulcore; nux, pascendo ;
    Ros, coelesti gratia.

    La feuille, la fleur, la noix, la rosée : emblèmes mystérieux de l’amour du Sauveur. Le Christ est la feuille qui protège, la fleur qui embaume, la noix qui nourrit, la rosée de céleste grâce.

    Cur quod Virgo peperit
    Est Judaeis scandalum,
    Cum virga produxerit
    Sicca sic amygdalum ?

    Pourquoi l’enfantement de la Vierge est-il un scandale au Juif, quand il a vu l’amandier fleurir sur une verge desséchée ?

    Contemplemur adhuc nucem :
    Nam prolata flux in lucem
    Lucis est mysterium.
    Trinam gerens unionem,
    Tria confert, unctionem,
    Lumen et edulium.

    Contemplons encore la noix ; car la noix, mise en lumière, offre un mystère de lumière. En elle trois choses sont réunies ; elle nous présente trois bienfaits : onction, lumière, aliment.

    Nux est Christus ; cortex nucis,
    Circa carnem poena crucis
    Testa, corpus osseum.
    Carne tecta deitas,
    Et Christi suavitas,
    Signatur per nucleum.

    La noix est le Christ ; l’écorce amère de la noix est la croix dure à la chair ; l’enveloppe marque le corps. La divinité, revêtue de chair, la suavité du Christ, c’est le fruit caché dans la noix.

    Lux est caecis, et unguentum
    Christus aegris, et fomentum
    Piis animalibus.
    O quam dulce sacramentum!
    Foenum carnis in frumentum
    Convertit fidelibus.

    Le Christ, c’est la lumière des aveugles, l’onction des infirmes, le baume des cœurs pieux. Oh ! qu’il est suave, ce mystère qui change la chair, cette herbe fragile, en divin froment pour les fidèles !

    Quos sub umbra Sacramenti,
    Jesu, pascis in praesenti,
    Tuo vultu satia.
    Splendor, Patri coaeterne,
    Nos hinc transfer ad paternae
    Claritatis gaudia. Amen.

    Ceux que, dans cette vie, tu nourris, ô Jésus ! sous les voiles de ton Sacrement, rassasie-les un jour de l’éclat de ta face. Coéternelle splendeur du Père, enlève-nous de ce séjour jusqu’aux joies des clartés paternelles. Amen.

    Adam de Saint-Victor, traduction dom Guéranger

  • En Suède

    Il y a deux mois, les Démocrates suédois faisaient tomber le gouvernement, deux mois seulement après son installation. Le Premier ministre était donc contraint d’organiser de nouvelles élections. Lesquelles risquaient de voir les Démocrates suédois gagner encore des voix et des sièges. Mais l’UMPS locale a trouvé la solution : une union de la droite et de la gauche. Pour cela, le Premier ministre accepte le contre-budget de l’opposition (celui qui avait été voté par les Démocrates suédois pour mettre le gouvernement en minorité), moyennant quelques modifications de façade, à quoi s’ajoute l’engagement pris par l’opposition de… ne pas s’opposer jusqu’à… 2022…

    Les principaux partis se félicitent bruyamment de cet accord qui met hors jeu le diabolique « parti anti-immigration ».

    Sans considérer le fait que leur accord fait des Démocrates suédois le seul parti d’opposition…

  • Noël en Chine

    Les autorités de la région de Wenzhou (province du Zhejiang) – 7 millions d’habitants - ont interdit cette année toute manifestation évoquant plus ou moins Noël dans les écoles, les qualifiant de « kitsch » et de « non chinoises ».

    C’est dans cette province (de 44 millions d’habitants) que se poursuit une campagne de suppression des croix sur les églises, officiellement pour des raisons d’urbanisme, en fait pour réduire la « pollution spirituelle occidentale ».

    C’est aussi dans cette province que sont fabriquées 60% des décorations de Noël vendues dans le monde…

    Le christianisme pose un problème de plus en plus grave aux autorités chinoises, car un nombre croissant de cadres officiellement communistes athées sont secrètement chrétiens (comme en témoigne le fait que le parti a dû rappeler de façon énergique qu’on ne peut pas être communiste et avoir une religion). Une étude menée dans les universités de Pékin et de Shanghai a montré que 60% des étudiants souhaitent en savoir davantage sur le christianisme. Alors que le 25 décembre n’est évidemment pas férié, des milliers de non-chrétiens se rendent dans les églises le jour de Noël. A Pékin, il y a eu 3.000 baptêmes la nuit de Noël.

  • Mgr Bonny en remet une couche

    L’évêque d’Anvers Mgr Johan Bonny « plaide samedi, dans De Morgen, pour une reconnaissance ecclésiastique des relations bi- et homosexuelles », écrit La Libre. Il déclare notamment :

    « Nous devons chercher au sein de l'Eglise une reconnaissance formelle de la relationnalité qui est également présente chez de nombreux couples bi- et homosexuels. Tout comme il existe dans la société une diversité de cadres juridiques pour les couples, il devrait également y avoir une diversité de formes de reconnaissance au sein de l'Eglise. »

    Mgr Bony avait déjà défrayé la chronique début septembre, un mois avant le synode, avec une lettre de 24 pages, traduite en cinq langues, où il se prononçait pour une évolution de l’approche, du vocabulaire et de la pratique de l’Eglise concernant les questions familiales et sexuelles, citant abondamment François et appelant à « oser aller du vécu à la doctrine ».

    Mgr Johan Bonny est donné comme le « très probable » successeur de Mgr Léonard (qui aura 75 ans le 6 mai prochain) comme archevêque de Malines-Bruxelles et primat de Belgique…

  • Quem vidistis pastores

    Cinquième jour de l’octave de Noël. Aux matines on reprend notamment le répons Quem vidistis pastores du premier nocturne des matines de Noël.

    Le voici par les moines de Solesmes.

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    podcast

    Qui avez-vous vu, bergers ? Dites-le-nous ; apprenez-nous quel est celui qui a paru sur la terre ! Nous avons vu le Nouveau-Né, et les Chœurs des Anges qui louaient ensemble le Seigneur. Dites-nous ce que vous avez vu ? et annoncez la naissance du Christ.

    C’est aussi l’une des plus jolies pages chorales de Francis Poulenc, dans ses Quatre motets pour le temps de Noël, ici interprété par l’Ensemble vocal de Provence sous la direction d’Hélène Guy (CD Pierre Verany) :
    podcast

  • Dimanche dans l’octave de la Nativité


    L’introït provient du livre de la Sagesse (XVIII, 14-15), et se rapporte, au sens littéral, à la venue de l’ange exterminateur, au cœur de la nuit, pour le massacre des premiers-nés des Égyptiens, oppresseurs du peuple d’Israël. « Tandis que tout était plongé dans un profond sommeil, et que la nuit était au milieu de son cours, votre Verbe tout-puissant descendit de sa demeure éthérée de gloire. » On y ajoute le psaume 92 : « Le Seigneur a inauguré son règne, il s’est revêtu de gloire, il s’est fait comme un manteau de force et s’en est orné. »

    L’ange exterminateur épargna les maisons des Hébreux sur les portes desquelles avait été répandu le sang de l’agneau pascal. Ce divin messager, ministre de la justice de Dieu pour les uns et sauveur bienfaisant pour les autres, est une figure du Verbe incarné. C’est pourquoi l’Église, suivant en cela l’interprétation authentique de l’apôtre saint Jude (1), applique ce passage de la Sagesse à Jésus. Comme la libération de l’oppression égyptienne, ainsi la délivrance de l’antique joug du péché par le Messie arriva au cœur de la nuit—l’heure de la prière plus intime et plus recueillie — tandis qu’alentour tout le créé se taisait, et que le monde civil lui-même jouissait politiquement de l’inaltérable pax romana inaugurée par Auguste. Les ténèbres sont aussi un symbole de l’ignorance et du péché où se trouvait plongée l’humanité à l’apparition de Jésus, astre splendide du matin.

    Bienheureux cardinal Schuster

    (1) Je veux vous rappeler, quoique vous sachiez fort bien toutes choses, que Jésus, ayant sauvé le peuple du pays d'Egypte, fit ensuite périr ceux qui furent incrédules (Jude 5).

  • Les Suisse et la « mixité culturelle »…

    Intéressant article du Temps, quotidien suisse de la pensée unique, intitulé : Le folklore n’est pas près de disparaître de la télévision.

    Extraits :

    La SRF a été accusée récemment de renier le pays. Le responsable du divertissement voulait promouvoir la mixité culturelle. Mais les programmes représentant une Suisse immuable cartonnent.

    Tous les succès folkloriques, tels que les orchestres du MusikantenStadl et Les Coups de cœur d’Alain Morisod, sont au programme de la RTS en 2015. Même annonce du côté alémanique. Les téléspectateurs retrouveront les épisodes traditionnels de SRF bi de Lüt (chez les gens), cette série d’émissions dédiée à la culture populaire. De nouvelles déclinaisons seront même proposées en 2016, précise Christoph Gebel, responsable du divertissement de la SRF.

    Le public a pu craindre – ou espérer – un peu moins de folklore. Lors d’une journée de réflexion interne à la SRF cet automne, Christoph Gebel s’est interrogé sur le succès «aveuglant» de ces émissions et a appelé à plus d’ouverture. Le divertissement devrait refléter l’ensemble de la société, y compris les 30% d’habitants d’origine étrangère, a-t-il esquissé. Sa réflexion, compilée dans un document interne, a fuité dans la Weltwoche, provoquant une déferlante d’articles inquiets dans la presse alémanique. Le responsable a dû réagir et rassurer les téléspectateurs: il n’est pas prêt à abandonner ces émissions qui cartonnent «de plus en plus».

  • Saint Jean

    La lecture du premier nocturne des matines est le début de la première épître de saint Jean. Cette épître est donc par excellence le texte biblique du jour. Et cela pour une raison précise : elle commence par un véritable hymne à l’incarnation. Et saint Jean est tellement ému d’évoquer ce mystère qu’il en bafouille. D’autre part, les mots qu’il utilise sont à examiner de près, car ils sont d’une particulière richesse :

    Ce qui était (ce qui fut, dit la Vulgate)

    depuis le commencement (dès le commencement ; le deuxième mot est le même que le deuxième mot de son évangile, arkhè, et fait donc allusion au Principe, même si on ne peut pas vraiment traduire « dès le principe » - et c’est pourquoi la Vulgate, ne voulant pas confondre l’imparfait de « ce qui était » avec l’imparfait d’éternité des premiers mots de l’évangile, choisit le prétérite)

    ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux (les verbes sont au parfait, ce qui ici renforce l’affirmation : ce que nous avons réellement, parfaitement entendu de nos oreilles et parfaitement vu de nos propres yeux)

    ce que nous avons contemplé (le verbe est celui qui a donné le mot théâtre, il fut d’abord utilisé pour parler de choses qui suscitent l’étonnement ou l’admiration, d’où son sens d’être spectateur au théâtre, mais dans le Phédon Platon l’utilise pour dire : contempler le vrai et le divin)

    et que nos mains ont touché (le verbe n’est pas celui qui est utilisé habituellement pour dire toucher, il est celui qui veut dire d’abord tâter dans l’obscurité, puis palper, c’est celui qu’utilise le Christ après sa résurrection quand il demande aux apôtres de le palper pour constater qu’il n’est pas un fantôme)

    concernant le Verbe de la Vie

    La traduction fréquente de ces derniers mots : « la parole de vie » oublie qu’il y a l’article défini devant « vie ». Et elle est gravement fautive vu ce qui suit. Car saint Jean, à ces mots, rompt la phrase, et rebondit sur cette « Vie » qu’il vient d’évoquer. Il ne s’agit pas d’une parole de vie, il s’agit bien du Verbe de la Vie, sinon il ne s’interromprait pas pour s’exclamer :

    Et la Vie a été manifestée (ou : s’est manifestée, ou : est apparue – Mais oui ! la Vie s’est manifestée et nous est apparue !)

    et nous l’avons vue (au parfait : nous l’avons bel et bien vue, réellement),

    nous en témoignons (nous en rendons témoignage, nous l’attestons – c’est le mot habituel du témoignage, qui a donné « martyr »),

    et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père (imparfait d’éternité) et qui a été manifestée (ou : s’est manifestée, ou : est apparue).

    Et alors saint Jean reprend le cours de sa phrase pour l’achever, en reprenant les verbes au parfait qui étaient restés en suspens :

    Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ.

    La Vie, dans ce texte, la Vie qui est éternelle et qui est le Christ, c’est zoè (ἡ ζωὴ). Par opposition à l’autre vie que l’on verra quelques versets plus loin (2, 16) : bios (βίος), mot utilisé pour parler de la vie bio-logique, pour dire passer sa vie, finir sa vie, etc. C’est dans l’énumération de ce qu’on a appelé les trois concupiscences : « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie ».

    Mais il y a là une anomalie : même un enfant qui apprend à lire peut constater qu’il n’y a pas trois, mais deux concupiscences. C’est le prurit très occidental de systématisation et de classification rationnelle qui a conduit à inventer trois concupiscences alors qu’il n’y en a que deux. Et du coup on en est même venu à ne pas comprendre ce que disait saint Jean, et à inventer des traductions fantaisistes. Par exemple celle de la Bible de Jérusalem : « l’orgueil de la richesse », ou la prétendue Bible de la liturgie : « l’arrogance de la richesse ». La TOB se permet de gloser et d’interpréter : « la confiance orgueilleuse dans les biens »… Quant à la soi-disant Bible des peuples, marquée par la soi-disant théologie de la libération, elle n’hésite pas à stigmatiser « l’arrogance des riches »…

    Mais le mot est bien « bios », traduit dans la Vulgate par « vita ». Il s’agit de la vie. Certes, le mot peut aussi désigner, éventuellement, selon le contexte, les moyens nécessaires à la vie, des moyens de subsistance, mais jamais les richesses.

    ἡ ἀλαζονεία τοῦ βίου (è alazoneia tou biou) est logiquement traduit dans la Vulgate par : « superbia vitae ». La superbe, ce n’est pas simplement l’orgueil. Le mot grec veut dire essentiellement vantardise, jactance. Saint Cyprien avait traduit : jactantia hujus vitae. La jactance de cette vie. L’expression utilisée par saint Jean désigne quelque chose de plus grave que les deux concupiscences qu’il vient d’évoquer, et qui dépendent de ce troisième élément. Le Père Spicq explique :

    « Si saint Jean n’a point mentionné une troisième épithumia : “la convoitise des richesses”, c’est précisément parce qu’il visait un vice plus grave que l’ostentation des riches ou leur arrogance vis-à-vis des pauvres. Il oppose à Dieu l’orgueil d’une créature, maîtresse de son existence, qui décide et dirige le cours de sa vie sans tenir compte de Dieu. Cette suffisance est la contradiction même du devoir absolu d’adorer Dieu et le servir religieusement. »

    Ce que vise ici saint Jean, ce n’est pas la cupidité, c’est l’illusion de se croire autonome, autosuffisant, ne devant sa vie et son salut qu’à soi-même.

  • Des coptes assassinés en Libye

    Un couple de médecins coptes égyptiens, Magdi et Sahar Sobhi Tawfik, ont été assassinés mardi à leur domicile du centre médical de Syrte, en Libye. Le médecin avait les mains bandées et a été tué par balles. Le corps de sa femme a été trouvé dans une chambre d’enfants. Deux petites filles ont été laissées en vie. La fille aînée, Catherine, 18 ans, a été enlevée. On a retrouvé son corps hier soir à 17 km de Syrte.

    Le motif religieux ne fait aucun doute : l’argent et les bijoux n’ont pas été touchés.

    Cela faisait 15 ans que ces médecins exerçaient en Libye.

  • Saint Etienne

    Chaque année, le lendemain de la nativité du Seigneur, la liturgie nous fait célébrer la fête de saint Etienne, diacre et premier martyr. Le livre des Actes des apôtres nous le présente comme un homme rempli de grâce et de l’Esprit Saint (cf. Ac 6, 8-10 ; 7, 55) ; en lui se vérifie pleinement la promesse de Jésus rapportée par le texte de l’évangile de ce jour, selon laquelle les croyants appelés à rendre témoignage dans des circonstances difficiles et dangereuses ne seront pas abandonnés et laissés sans défense : l’Esprit de Dieu parlera en eux (cf. Mt 10, 20). Le diacre Etienne, en effet, a agi, a parlé, est mort, animé par l’Esprit-Saint, en témoignant de l’amour du Christ jusqu’au sacrifice extrême. Le premier martyr est décrit, dans sa souffrance, comme étant l’imitation parfaite du Christ, dont la passion se répète jusque dans les moindres détails. La vie de saint Etienne est entièrement façonnée par Dieu, conformée au Christ dont la passion se répète en lui ; au moment final de la mort, à genoux, il reprend la prière de Jésus sur la croix en se confiant au Seigneur (cf. Ac 7, 59) et en pardonnant à ses ennemis : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché » (v. 60). Rempli de l’Esprit-Saint, au moment où ses yeux vont se fermer, il fixe son regard sur « Jésus debout à la droite de Dieu » (v. 55), le Seigneur de l’univers qui attire tous les hommes à lui.

    En la fête de saint Etienne, nous sommes nous aussi appelés à fixer notre regard sur le Fils de Dieu que, dans l’atmosphère joyeuse de Noël, nous contemplons dans le mystère de son Incarnation. Par le baptême et la Confirmation, avec le don précieux de la foi nourrie par les sacrements, en particulier l’Eucharistie, Jésus-Christ nous a liés à lui et veut continuer à opérer en nous, par l’action de l’Esprit-Saint, son œuvre de salut qui rachète, valorise, élève et conduit toute chose à son achèvement. Se laisser attirer par le Christ, comme l’a fait saint Etienne, signifie ouvrir sa vie à la lumière qui l’appelle, l’oriente et fait parcourir le chemin du bien, le chemin d’une humanité selon le dessein d’amour de Dieu.

    Enfin, saint Etienne est un modèle pour tous ceux qui veulent se mettre au service de la nouvelle évangélisation. Il montre que la nouveauté de l’annonce ne dépend pas tout d’abord de l’usage de méthodes ou de techniques originales, qui ont certes leur utilité, mais consiste à être rempli de l’Esprit-Saint et à se laisser guider par lui. La nouveauté de l’annonce se trouve dans la profondeur de l’immersion dans le mystère du Christ, de l’assimilation de sa parole et de sa présence dans l’Eucharistie, afin que Jésus vivant lui-même puisse parler et agir en celui qu’il envoie. Au fond, l’évangélisateur devient capable de porter le Christ aux autres de manière efficace quand il vit du Christ, quand la nouveauté de l’Evangile se manifeste dans sa vie. Prions la Vierge Marie afin qu’en cette Année de la foi l’Eglise voie se multiplier les hommes et les femmes qui, comme saint Etienne, savent donner un témoignage convaincu et courageux du Seigneur Jésus.

    Benoît XVI, 26 décembre 2012

  • Nativité du Seigneur

    Dóminus dixit ad me : Fílius meus es tu, ego hódie génui te.

    Le Seigneur m’a dit : « tu es mon Fils. C’est moi qui t’ai engendré aujourd’hui »

    Dans le cadre de la liturgie, cet introït est comme le premier mot de l’Enfant-Dieu, le mot par lequel il nous dit à travers la voix de l’Eglise ce qu’il est et d’où il vient. Mais à cette attestation de son éternelle naissance s’en ajoute une autre. Au moment où il vient au monde à Bethléem, le Christ est en toute vérité engendré : il naît du Saint-Esprit et de la Vierge Marie. L’Ego hódie s’entend donc ici également de son engendrement charnel, œuvre de Dieu lui aussi, et le mot hódie, tout en gardant son sens d’éternité, indique le jour précis où il se réalise.

     D’autre part, le Christ n’a jamais été sans ses membres. En engendrant le Verbe dans sa pensée unique et éternelle, le Père, dans le même acte, le prédestine à être le Chef et le Sauveur de l’humanité et lui donne tous les hommes de bonne volonté. Ainsi, en lui, de toute éternité, nous avons tous été pensés, engendrés spirituellement par le Père. Quand il est venu sur terre, il nous portait donc tous dans sa pensée et son amour, de sorte que, spirituellement encore, mais réellement, nous sommes venus au monde, en lui, dans la nuit de Noël ; nous aussi nés de Dieu, fils de Dieu par prédestination.

    Enfin cette participation à la vie de Dieu, cette nouvelle naissance, devenue effective le jour de notre baptême, continue tout le temps de notre vie et devient plus pleine avec chaque grâce que nous recevons. Le Christ, en venant au monde, nous a apporté précisément cette grâce de vie. La liturgie de Noël nous l’offre à nouveau. Si nous la recevons, notre engendrement divin se poursuit. Nous devenons un peu plus fils du Père et le mot Hódie génui te prend, pour nous, en plus des deux autres, un sens personnel et actuel. « Moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ».

    Lorsque l’Eglise, dans la nuit de Noël, chante cette parole mystérieuse, elle est donc d’abord la voix de l’Enfant-Dieu qui dit au monde sa génération éternelle et sa génération charnelle ; mais, en même temps, réalisant qu’elle est le Christ qui se continue, elle ne peut pas ne pas chanter sa propre génération dans l’éternelle miséricorde du Père, dans le mystère de Noël et dans la grâce qui, au moment même où elle chante, vient en ses membres et les divinise un peu plus.

    Dom Ludovic Baron (L’expression du chant grégorien)

  • Vigile de la Nativité

    Hodie scietis, quia veniet Dominus: * Et mane videbitis gloriam ejus.

    Aujourd’hui, vous saurez que le Seigneur va venir. Et demain matin, vous verrez sa gloire.

    Cet invitatoire des matines est, comme tout invitatoire, chanté six fois en entier avec le psaume 94. Cet « Hodie scietis » se retrouvera dans le verset, puis dans le premier répons, puis dans la deuxième antienne des laudes, qui est aussi l’antienne de tierce, et dans le répons bref de tierce. Et bien sûr à la messe, dans l'introït et le graduel.

    Mais dans l’office du jour cette expression est concurrencée par « crastina die » : demain : demain le Seigneur descendra, demain sera effacée l’iniquité de la terre… 16 fois dans l’office, sans compter les vêpres où elle reparaît dans le verset après l’hymne alors que c’est déjà l’office de la fête elle-même.

    Il n’y a aucun autre exemple d’une telle insistance, indiquant l’impatience, qui montait depuis le premier dimanche de l’Avent, et qui est arrivée à son comble, de voir arriver cette nuit du grand jour du salut. Aujourd'hui et demain ne cessent de s'entrechoquer. Aujourd'hui ou demain? C'est à minuit qu'il vient.

    Rappelons aussi la belle antienne du Benedictus :

    Orietur sicut sol Salvator mundi: et descendet in uterum Virginis, sicut imber super gramen, alleluia.

    Il se lèvera comme le soleil, le Sauveur du monde, et il descendra dans le ventre de la Vierge, comme la pluie sur l’herbe.

    Et aux vêpres l’antienne du premier Magnificat de Noël lui fait écho :

    Cum ortus fuerit sol de caelo, videbitis Regem regum procedentem a Patre, tamquam sponsum de thalamo suo.

    Quand le soleil se sera levé dans le ciel, vous verrez le Roi des rois qui procède du Père, comme l’époux sortant de la chambre nuptiale.

  • Les 15 maladies de François

    Je ne perdrai pas mon temps à commenter la charge grossière qui a remplacé cette année les vœux du pape à la curie. Le texte n’est publié (du moins pour le moment) qu’en italien, désormais la langue officielle de l’Eglise bergoglienne. On en trouvera de larges extraits en français ici.

    Je signale le bref commentaire de Rorate Caeli sous le titre : « Félicitations au Pape François pour son exercice d’autocritique ».

    Et je dois dire que « Nemo », sur le Forum catholique, a un commentaire particulièrement approprié :

    Attaque au Vatican :

    La Curie parle de "l'acte isolé" d'un "déséquilibré".

    Source : Le Pharisien

  • Ecce completa sunt omnia

    Antienne du Benedictus :

    Ecce compléta sunt ómnia quæ dicta sunt per Angelum de Vírgine María.

    Voici que sont accomplies toutes les choses que l’Ange a dites de la Vierge Marie.

    ecce.jpg

    Bréviaire de Paris, XIIIe siècle.

    *

    O Emmanuel

     

    O Emmanuel, * notre Roi et notre Législateur, Attente des Nations et leur Sauveur : venez nous sauver, Seigneur notre Dieu.

  • Il le dit sans rire !

    C’est le plus sérieusement du monde que l’ex-conseiller spécial du ministre de l’Intérieur Hugues Moutouh déclare au Figaro, qui en fait son titre : «L'islamisme radical est devenu le véhicule de tous les déséquilibrés» :

    « On est passé de l'islamo-délinquance à l'islamo-psychiatrie. De plus en plus de ces attaques sont conduites par des individus fragiles psychologiquement, souffrant de défaillances mentales. Ce public fragile est réceptif aux appels au meurtre de l'Etat islamique.L'islamisme radical est devenu le véhicule de tous les déséquilibrés qui n'attendent qu'un prétexte pour passer à l'acte. »

    Franchement, il faut le voir pour le croire…

  • Le délire sans fin

    Quand on n’a plus de repères, le délire n’a pas de raison de s’arrêter. Un tribunal argentin, saisi d’une requête en habeas corpus d’un lobby de défense des « droits » des animaux au nom d’un orang-outan d’un zoo argentin, a décidé hier (oui, un dimanche), que le singe, qui se cachait des visiteurs, devait être « remis en liberté », au motif que c’est une « personne non humaine » (sic), qui doit « jouir de droits basiques comme celui d’être libre ».

    Logiquement, l’orang-outan devrait être remis en liberté en… Allemagne, où il est né. Mais non. On va le mettre dans un « sanctuaire » (sic) au Brésil…

  • La révolution de jasmin est terminée

    C’est un vrai gag. Les Tunisiens ont élu président Béji Caïd Essebsi. L’homme qui symbolise tout ce qu’il y a eu avant la révolution : il a 88 ans, il a été ministre de l’Intérieur, de la Défense, des Affaires étrangères de Bourguiba, et président de la chambre des députés sous Ben Ali…

    Bref, ayant le choix entre la catastrophe islamiste et la dictature militaire à l’égyptienne, les Tunisiens ont choisi de revenir à comme c’était avant : le régime qui les protégeait de l’islamisme et de la dictature militaire.

  • « Allahou Akbar »

    Allahou Akbar : « Dieu est (le) plus grand », en arabe, est le slogan essentiel de l’islam. C’est du moins ce que l’on croyait jusqu’ici. Car, en réalité, « Allahou Akbar » est le cri de ralliement des déséquilibrés, et plus précisément des déséquilibrés solitaires qui s’en prennent aux policiers, aux soldats, aux simples passants. Comme coup sur coup à Joué-les-Tours et à Dijon.

    « C'est un acte isolé dans une ville paisible », a déclaré le maire UMP de Joué-les-Tours, Frédéric Augis, qui souligne : « Les rapports sont très bons avec l'ensemble des communautés religieuses, c'est une ville de paix. »

    Bien sûr. Son prédécesseur, le socialiste Philippe Lebreton, disait pourtant déjà début 2010 : « Certains islamistes sont en guerre contre l’Occident et la République… Le fait religieux est de plus en plus présent dans le débat public. Dans ma ville il y a des burqas, les parents demandent de la nourriture halal dans les cantines, des jeunes suivent des formations financées par des fonds obscurs. »

    A Joué-les-Tours, il y a une mosquée dont l’imam, « Mohamed François », est un Français de souche « converti » et dont l’islam est évidemment « radical ». L’an dernier il expliquait que non seulement les musulmans ne devaient participer en aucune manière aux fêtes des chrétiens, mais qu’il leur était même interdit de participer à un réveillon du premier de l’an. Son prêche se terminait ainsi :

    « Je répète : cette nuit ne nous appartient pas, cette célébration ne nous appartient pas. Les fêtes dans notre communauté elles sont connues, elles sont légiférées par le Coran et la Sunna. Il convient de rappeler en tout premier lieu, que le Prophète nous a mis en garde de ne pas s’assimiler à des fêtes ou des traditions d’un autre peuple. »

    Tel est le « vivre ensemble » prôné à la mosquée de Joué-les-Tours. Ici, pas de taqiya. Il y a la oumma, la communauté des « croyants », et un « autre peuple », le peuple à côté duquel nous vivons, dont toutes les traditions nous sont étrangères.

    A la mosquée de Joué-les-Tours, Mohamed François fait venir les prédicateurs les plus radicaux. C’est-à-dire ceux qui ne déguisent pas l’enseignement de l’islam sur le jihad, par exemple.

    Les « islamophobes » sont-ils ceux qui montrent la réalité, ou ceux qui prétendent que « Allahou Akbar » est le slogan de « déséquilibrés » et de « loups solitaires » ?

     

    N.B.

    Et bien entendu tout cela n’a rien à voir avec les vidéos de jihadistes « français » de l’Etat islamique qui appellent à attaquer la France et les Français, comme celle-ci :

    « Faites exploser la France ! Réduisez la France en miettes ! Explosez la tête des ces kouffars ! »

    « Prenez exemple sur notre frère Mohamed Merah. Tuez-les où qu’ils soient, ne les laissez pas vivre en paix ! »

    « Et si tu n’arrives pas à te procurer un pistolet, il y a des pierres, des couteaux… »

  • Canite tuba in Sion

    . Canite tuba in Sion, vocate Gentes, annuntiate populis, et dicite: * Ecce Deus Salvator noster adveniet.
    . Annuntiate, et auditum facite: loquimini, et clamate.
    .  Ecce Deus Salvator noster adveniet.

    Sonnez de la trompette dans Sion, appelez les Nations, annoncez et dites aux peuples : Voici que notre Dieu, notre Sauveur viendra. Annoncez et faites entendre ; parlez et criez. Voici que notre Dieu, notre Sauveur viendra.

    *

    O rex gentium

     

    O Roi des Nations, * et objet de leurs désirs, Pierre angulaire, qui réunissez en vous les deux peuples : venez et sauvez l’homme, que vous avez formé du limon.

  • Quatrième dimanche de l’Avent

    Le décor du drame qui va débuter la nuit de Noël est planté par saint Luc et par la liturgie.

    On ne fait pas assez attention, en général, au fait que le Christ est venu à un moment très précis de l’histoire. Certes, on dit qu’il est venu au moment de l’empire romain, qui avait unifié tous les territoires autour de la Méditerranée et même bien au-delà vers le nord de l’Europe et à l’est jusqu’à l’Arménie. Mais ce que l’on oublie souvent de préciser est que cela venait seulement de se faire. La Syrie et la Palestine ne sont devenues romaines qu’en 38 avant Jésus-Christ (et la Gaule c'était moins de vingt ans avant), la Galatie en 25, la Cappadoce en 18 après Jésus-Christ. C’est en 30 avant Jésus-Christ que se termine la dernière guerre civile romaine avec le suicide d’Antoine et de Cléopâtre, et que l’Egypte devient également province romaine.

    C’est cette année 30 qui marque le début de la Pax romana. C’est dans cet empire uni et pacifié que vient le Prince de la Paix, sachant qu’ainsi son message pourra être porté aux quatre coins du monde d’alors.

    C’est un nouveau début solennel de son évangile que saint Luc proclame au début du chapitre 3, qui ouvre le récit de la vie publique du Christ : « La quinzième année du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée ; Hérode, tétrarque de la Galilée ; Philippe, son frère, tétrarque de l’Iturée et du pays de la Trachonitide, et Lysanias, tétrarque de l’Abilène ; au temps des grands prêtres Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert. »

    Alors que l’empire romain est unifié, la petite nation juive est divisée comme jamais, et sous un joug étranger. Le contraste est saisissant. Le dernier roi (vassal des Romains), Hérode le Grand, est mort, et Auguste n’a pas voulu qu’il ait de successeur : le pays est divisé en quatre. Hérode Antipas n’est que tétrarque de Galilée. Cette situation est prophétique, comme le remarquait saint Grégoire le Grand aux matines d’hier : « La gentilité devait être rassemblée, tandis que la nation juive allait être dispersée. » Car, comme le dit le Seigneur : « Tout royaume divisé contre lui-même sera détruit. »

    « C’est aussi avec raison, poursuit saint Grégoire, qu’on ne dit pas seulement sous quels princes, mais encore sous quels prêtres la parole du Seigneur se fit entendre au Fils de Zacharie dans le désert. Comme Celui que Jean-Baptiste annonçait devait être à la fois Roi et Prêtre, l’Évangéliste saint Luc désigne le temps de sa prédication par la mention et des chefs du gouvernement civil et des autorités sacerdotales. »

    Ce décor géographique et historique est complété par le décor liturgique, qui nous montre les principaux protagonistes : Isaïe le prophète de la venue et de la passion du Christ, qui chante dans l’introït le fameux « Rorate cæli desuper ». Isaïe qui, aux matines, a une fois de plus célébré le règne messianique à venir, et qui est cité par saint Jean-Baptiste dans l’Evangile. Jean le Baptiste, le Précurseur, qui s’efface derrière Isaïe pour annoncer le Christ derrière lequel il s’effacera également. Et enfin Marie, à qui l’Ange de l’Annonciation vient, à l’offertoire, présenter sa salutation prophétique (et qui est saluée par Isaïe dans la communion).

    Alors tout est prêt. Et aux laudes, l’antienne du Benedictus nous a dit :

    « Ne craignez pas, car notre Seigneur viendra à vous le cinquième jour. »

    *

    O Oriens

    O Orient, * splendeur de la lumière éternelle, et soleil de justice : venez et éclairez ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort.

  • Le confusionnisme est devenu l’alpha et l’oméga

    Un lecteur attire mon attention sur l’article de Radio Vatican faisant le bilan de la rencontre du politburo de l’épiscopat français avec François.

    L’idéologie papale a été assimilée. Mgr Pontier nous dit que « l’accompagnement pastoral est essentiel pour surmonter les difficultés du couple, en tenant compte des réalités sociales : divorcés remariés, personnes seules, homosexuels, désireux cependant de vivre la rencontre avec le Christ »…

    L’article poursuit, résumant les propos de Mgr Pontier : « Les diocèses ont reçu les nouveaux questionnaires à remplir en vue du Synode. Cette tâche doit être complétée par une réflexion sur la pastorale, car le défi réside dans la prise en compte de la réalité des vies, pas dans une simple étude un peu abstraite. » (...) Il ne faut pas attendre une focalisation sur le changement des règles de l’Église, a insisté Mgr Pontier. « Les règles ne suffisent pas à faire un chemin spirituel », a-t-il expliqué. Une mentalité légaliste ne permet pas de faire progresser la pastorale ; une pastorale qui passe donc avant la Doctrine, car c’est de là que part le chemin de conversion de chacun. Le Pape souhaite un débat comportant des réflexions théologiques nécessaires, mais interpellant surtout nos modes de vie, nos comportements. Pour le Pape, a rapporté Mgr Ribadeau-Dumas, « le Synode n’est pas un parlement mais un espace de liberté où l’Esprit-Saint puisse souffler ».

    On commence à connaître ce discours par cœur. Mais jusqu’ici je n’avais pas encore entendu prôner explicitement l’inversion des réalités : la pastorale avant la doctrine.

    Serait-ce une mauvaise interprétation des propos de Mgr Pontier rapportant ce que le pape leur a demandé ? Pas du tout. Dans le petit bout d’interview que donne le site, Mgr Pontier dit bien : « La pastorale avant la doctrine ». Parce que la doctrine c’est du légalisme… C’est hélas ce que ne cesse de répéter François sur tous les tons. Du christianisme, il ne reste donc qu’un vague sentimentalisme appelé « amour », un « amour » qu’on ne doit pas définir, au nom de la primauté de la « pastorale ». La pastorale dans le vide. La pastorale qui confond tout.

    Voici le verbatim de Mgr Pontier, c’est-à-dire l’invraisemblable charabia du président de la conférence des évêques de France :

    « Il s’agit changer de manière de vivre la famille, de vivre nos comportements, de vivre l’amour humain, de vivre ces réalités fondamentales. Et donc il faut pas que ça se focalise sur le changement des règles de l’Église. Même si à terme les règles doivent changer, ça serait un échec de penser que tout est dit là-dedans, parce que les règles ne suffisent pas à faire un chemin spirituel : elles suffisent à te dire si t’es en règle ou pas en règle, mais elles ne disent rien de ta rencontre de Dieu, elles ne disent rien de tes relations avec tes frères, elles ne disent rien de la profondeur de l’amour que tu vis,  elles disent si tu es dans les clous ou si tu n’y es pas. Si je le formulais autrement et de manière plus directe comme le fait la Bible : que fais-tu de ton mari, que fais-tu de ta femme, que fais-tu de tes enfants, que fais-tu de tes parents ?  La pastorale avant la doctrine. C’est dans la pastorale que passe le chemin de conversion. L’essentiel c’est ça : il nous invite à ce débat qui réinterpelle nos modes de vie, nos comportements… »

    N.B. - Les dernières paroles du Seigneur sur cette terre, selon saint Matthieu, c'est: "Allez, enseignez toutes les nations", et non: "Allez, cherchez dans toutes les nations une pastorale qui contourne mon enseignement et qui plaise aux divorcés remariés et aux homosexuels.

  • Stem Cell va pouvoir breveter…

    La Cour de Justice de l’Union européenne a jugé jeudi qu’il était permis de breveter des ovules « activés » par parthénogenèse et qui n’ont pas la capacité intrinsèque de se développer en être humain et ne sont donc pas des embryons humains…

    La Cour avait été saisie par la justice britannique qui dans un premier temps avait rejeté la demande de l’entreprise américaine qui s’intitule tranquillement Stem Cell  — ce qui veut dire : cellule souche (embryonnaire) : on achète, on charcute, on multiplie, on transforme, on vend… — qui voulait breveter ses recherches, car il est interdit dans l’UE de breveter les inventions basées sur l'utilisation ou la destruction d'embryons humains.

    La Cour de Justice a donc décidé que l’embryon issu d’un ovule humain pouvait ne pas être humain…

    Même en admettant le raisonnement, il reste que l’ovule est bien un élément du corps humain.

    « Pour la première fois, écrit Lucetta Scaraffia dans l’Osservatore romano, s’est ouverte la possibilité de breveter une partie du corps humain, comme s’il s’agissait d’un produit manufacturé, et dans le même temps a été mise une limite à la définition d’un embryon, produit humain protégé par les lois. »

    Toute la réflexion de Lucetta Scaraffia mérite d’être lue.

  • L’avortement au Mozambique

    Les seuls pays d’Afrique où l’avortement est légal étaient jusqu’ici le Cap Vert, l’Afrique du Sud et la Tunisie. Il faut désormais y ajouter le Mozambique, où la loi a été votée à l’unanimité le 28 novembre, et signée jeudi par le président Armando Guebuza, qui avait opposé son veto après un premier vote.

    Voir l’article de Jeanne Smits.

  • Samedi des quatre temps de l’Avent

    Le samedi des quatre temps de l’Avent a toujours été un jour d’ordinations sacerdotales, et dans les premiers siècles de l’Eglise romaine c’était même le seul jour où se conféraient les ordinations. C’était à l’issue d’une longue vigile qui se poursuivait par la messe. Comme à tous les samedis des quatre temps, la vigile comportait notamment 12 lectures, en grec et en latin. Saint Grégoire le Grand en réduisit le nombre de moitiés, et ce sont les lectures de la messe actuelle (en forme extraordinaire, est-il besoin de préciser), lorsqu’il y a des ordinations. Les rubriques de 1960 ont inventé une « messe plus brève », hors ordinations, qui ne garde que deux lectures.

    Ceux qui connaissent l’abbé Joachim Le Palud auront une petite pensée d’action de grâces : c’est aujourd’hui le 70e anniversaire liturgique de son ordination. (C’était le 23 décembre 1944.)

    Il est notable que, dans la messe de ce jour, même dans sa formule longue, il n’y a aucune allusion aux ordinations. Toute la liturgie est concentrée sur l’Avent, sur le Mystère qui vient. Et, pour la première fois ce mystère est nommé : c’est dans la deuxième collecte :

    Concéde, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, qui sub peccáti jugo et vetústa servitúte deprímimur, exspectáta unigéniti Fílii tui nova nativitáte liberémur.

    Faites, nous vous le demandons, Dieu tout puissant, que nous qui sommes écrasés sous le joug du péché et un vieil esclavage, nous soyons libérés par la nativité de ton Fils unique, cette nouveauté que nous attendons.

    *

    O clavis David

    O Clef de David, * et sceptre de la maison d’Israël ; qui ouvrez, et nul ne peut fermer ; qui fermez, et nul ne peut ouvrir : venez, et tirez de la prison le captif qui est assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort.

  • Vendredi des quatre temps de l’Avent

    L’évangile de mercredi était celui de l’Annonciation, l’évangile de ce jour est celui de la Visitation. En attendant la Nativité. Les antiennes des laudes et des petites heures continuent d’insister sur l’attente du Sauveur :

    Soyez persévérants *, et vous verrez le secours du Seigneur sur vous.

    Vers vous, Seigneur, * j’ai élevé mon âme, venez et délivrez-moi ; vers vous je me suis réfugié, Seigneur.

    Venez, Seigneur, * et ne tardez pas ; remettez les péchés d’Israël, votre peuple.

    Dieu viendra du Liban, * et sa splendeur brillera comme ta lumière.

    Pour moi, * je porterai mes regards sur le Seigneur, et j’attendrai le Dieu, mon Sauveur.

    La quatrième est particulièrement mystérieuse : Deus a Libano veniet. Elle l’est d’autant plus qu’il s’agit d’une citation d’Habacuc, qui introduit aux laudes précisément le cantique d’Habacuc, mais que dans le cantique on chante : « Deus ab Austro veniet » : Dieu viendra du sud !

    Le texte d’Habacuc est celui de la Vulgate, donc de saint Jérôme. Lequel, quand il avait rédigé un commentaire d’Habacuc, donnait : « Deus a Theman veniet ». Ce qui correspond au texte de la Septante… et au texte massorétique. Chez les pères, on trouve Theman (mais personne ne sait où c’est), ou Austro, mais aussi Africo (tant qu’à venir du sud…). Ce qui est étonnant est que la version « Dieu viendra du Liban » se trouve exclusivement dans l’antienne grégorienne, dont la base de donnée Cantus recense pas moins de 93 manuscrits, la plupart indiquant qu’il s’agit d’une antienne pour ce jour.

    *

    O radix Jesse

    O Racine de Jessé, * qui êtes comme l’étendard des peuples, devant qui les rois fermeront leur bouche, et dont les Nations imploreront le secours : venez nous délivrer, maintenant ne tardez plus.

  • Christine Tasin relaxée en appel

    Il y a donc encore des magistrats qui résistent un peu à la dictature du soi-disant antiracisme. Christine Tasin a été relaxée aujourd’hui en appel.

    Elle avait été condamnée en première instance à 3.000 € d’amende dont la moitié avec sursis pour « incitation à la haine raciale ». Parce qu’elle était à Belfort dénoncer l’installation d’un abattoir temporaire pour la fête du massacre des moutons, et qu’elle avait dit à ses interlocuteurs musulmans que « l’islam est une saloperie » et « un danger pour la France ».

    Dans son arrêt, la cour d’appel, selon l’Est républicain, indique que l’expression « L’Islam est une saloperie » est de nature à constituer une injure mais qu’elle n’a pas été poursuivie comme telle en l’espèce. Quant à ses autres propos « Je suis contre l’Islam qui pose problème, c’est un danger pour la France », la cour souligne « qu’ils constituent l’expression d’une opinion à l’égard d’une religion et n’invitaient personne à penser comme elle d’autant qu’elle n’espérait manifestement convaincre personne ». La cour souligne encore « qu’il est établi que Mme Tasin s’était rendue seule à Belfort, et « que si elle a adressé la parole à un interlocuteur hostile revendiquant une appartenance à la religion musulmane, elle ne s’est pas adressée à des partisans, à la foule ou à un public déterminé, elle n’a pas harangué un groupe particulier de personnes et n’a pas souhaité donner à ses propos une publicité particulière et n’a exprimé qu’une opinion personnelle à l’égard d’une religion dans un lieu public ». Au final, pour la cour, les propos incriminés critiquent une religion, l’islam, mais sans incitation à la haine à l’encontre des musulmans et n’excèdent pas les limites admissibles de la liberté d’expression au sens de l’article 10 de la convention européenne des droits de l’homme.

    Christine Tasin remarque notamment : « C'est une date symbolique, puisque c'est 4 ans jour pour jour après les Assises sur l'islamisation de nos pays  qui ont valu à Jacques Philarchein et à Renaud Camus une condamnation au printemps dernier. Tous les espoirs sont permis, il est encore en France des juges qui appliquent la loi, rien que la loi. »

  • Les Polonais ne veulent vraiment pas de l’euro

    Selon un nouveau sondage CBOS, 41% des Polonais sont fermement opposés, et 27% opposés à l’adoption de la monnaie unique européenne. Donc 68% contre l’euro.

    En 2002, le même institut de sondage trouvait 35% de Polonais fermement en faveur, et 29% en faveur, de l’adoption de la monnaie unique. Soit 64% pour l’euro.

    Le renversement est spectaculaire.

    Le gouvernement polonais est toujours officiellement pro-euro, mais pour son adoption aux calendes grecques. Car aucun chef politique sensé n’irait contre 68% de la population, et en outre il faut réunir les deux tiers du Parlement, ce qui est absolument impossible. Ou faire un référendum, dont le résultat est déjà connu.

    Le même sondage fait apparaître que 84% des Polonais souhaitent rester dans l’UE.

    Il semble qu’il n’y ait personne pour leur expliquer que le traité européen oblige tous les Etats membres à adopter la monnaie unique dès que leur économie le permet (sauf ceux qui s’en sont exclus avant sa mise en place).

    Et même à Bruxelles on est silencieux. Car la Pologne est un membre important de l’UE, qu'on évite de vexer, et elle n’est pas seule : c’est le même scénario chez ses voisins tchèques…

  • Le nouveau procès Wilders

    Le parquet néerlandais a décidé de poursuivre Geert Wilders pour « discrimination raciale et incitation à la haine ». Pour des propos tenus en… mars dernier.

    L’affaire est significative du niveau de la dictature antiraciste en Europe.

    En effet, lors d’une réunion électorale dans un café à La Haye, Geert Wilders avait demandé : « Est-ce que vous voulez plus, ou moins, de Marocains dans cette ville ? » Et tout le monde avait répondu : « Moins ! Moins ! » Wilders avait alors dit : « Nous allons nous en occuper. »

    Voilà qui est donc de la haine raciale, du moins selon le parquet néerlandais.

  • En Inde

    Un groupe d’hindous radicaux a attaqué le 13 décembre un groupe de chrétiens pentecôtistes qui chantait des chants de Noël dans la rue en allant rendre visite à des coreligionnaires. Les chrétiens, y compris des femmes et des enfants, ont été sauvagement battus. Le pasteur a perdu connaissance et a dû être hospitalisé. C’était à Hyderabad (Andhra Pradesh).

    Les hindous ont comme d’habitude justifié leur acte en accusant les chrétiens de faire des conversions forcées en donnant de l’argent aux pauvres. (Alors que ce sont eux qui donnent de l’argent aux pauvres chrétiens qui acceptent de redevenir hindous…)

    Fait notable : pour une fois, la police, après enquête, a formellement démenti qu’il y ait eu tentative de conversions forcées de la part de ces chrétiens.

    (Asianews)