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  • Chez Taubira : comme chez Dati

    Lu dans Le Monde :

    "Un certain désarroi traverse la Place Vendôme : la conseillère des politiques pénales, puis le directeur et le chef de cabinet de la ministre de la justice, Christiane Taubira, sont partis ; le conseiller diplomatique, la directrice des services judiciaires, le directeur des affaires civiles et du Sceau ainsi que son adjointe s'apprêtent à le faire. Le malheureux directeur adjoint de cabinet tient le ministère à bout de bras et attend la relève en comptant les heures. Simple conjonction, se rassure la ministre, encore auréolée de son beau débat à l'Assemblée sur le 'mariage pour tous'. Mais le malaise est plus profond et, si chacun respecte infiniment Christiane Taubira, force est de constater qu'il est difficile de travailler avec elle et que le bilan du ministère, après dix mois de labeur, est particulièrement maigre."

    Il s’était passé exactement la même chose quand Rachida Dati était ministre de la Justice. Mais Taubira est en retard, à moins que Dati ne fût nettement plus insupportable : c’était 14 personnes de son cabinet qui étaient parties (en un peu plus d’un an, il est vrai)…

  • Chypre et l’UE

    C’est un événement européen en soi : le Parlement de Chypre, de ce petit pays considéré comme négligeable par les eurocrates (pensez : il pèse 0,2% du PIB européen) a osé se rebiffer contre les maîtres de l’Europe. Il a osé rejeter le plan d’aide (ou de racket) que les institutions européennes voulaient lui imposer. Il n’y a pas eu un seul député pour l’accepter. La majorité des députés a voté non, ceux du parti du président de la République se sont abstenus.

    Le fait est sans précédent. Il s’accompagne d’une germanophobie exacerbée, la même qu’en Grèce, en pire. D’autant que la germanophobie de la population est alimentée par celle des dirigeants, le propre représentant du président de la République à Bruxelles ayant confié que pendant les négociations les Allemands lui avaient pointé un pistolet sur la poitrine pour qu’il accepte le plan. Bien sûr c’est une image, mais elle est juste, car elle est confirmée par tous les observateurs : c’est l’Allemagne qui mène le jeu, et qui est désormais seule aux commandes, pour ce qui relève du Conseil européen. Et ce ne sont pas les menaces et le mépris de Wolfgang Schäuble, qui s’exprime en permanence dans les médias allemands depuis hier soir, qui pourraient atténuer la chose…

    Aujourd’hui, le ministre chypriote des Finances est à Moscou. Puisque la Russie, y compris par la voix de Poutine lui-même, a protesté contre le plan de sauvetage : les comptes qui seraient le plus ponctionnés par l’UE pour financer le plan sont des comptes russes… (A Limassol, deuxième ville de Chypre, il y a des quartiers russes, qui ont leurs journaux, leur radio, leurs écoles, leurs commerces…) Mais la Russie ne paraît pas (ou plus) désireuse de sauver l’économie chypriote. Encore que le gouvernement de Chypre ait un atout : la découverte de gigantesques gisements de gaz naturel au sud de l’île, qui pourraient intéresser Gazprom. Selon certaines rumeurs, Gazprom serait même en train d’élaborer son propre plan de sauvetage de Chypre…

    Il est évident que ces perspectives ne plaisent pas du tout aux eurocrates. Il serait insupportable que Chypre échappe à la pieuvre et la mette en échec, pour se mettre dans l'orbite russe. Et l’on a beau répéter que le pays compte pour des prunes, on ne peut se cacher que l’Europe a besoin du gaz russe et qu’il ne faut pas trop chatouiller les Russes sur Chypre, surtout quand il y a, précisément, du gaz en jeu…

  • D’une potiche l’autre

    Les soupçons sur le compte suisse de Jérôme Cahuzac se faisant de plus en plus pressants, le ministre du Budget a démissionné (ou a été démissionné). Il est remplacé par Bernard Cazeneuve, qui était ministre des Affaires européennes.

    Le nouveau ministre des Affaires européennes est Thierry Repentin. Un parfait inconnu, sauf sans doute en Savoie où il est sénateur. Mais surtout un parfait inconnu dans les affaires européennes.

    Ce qui n’a aucune importance. C’était déjà le cas de Bernard Cazeneuve, de façon caricaturale puisque le ministre de l’européisme socialiste avait suivi son chef Fabius dans le refus de la Constitution européenne puis du traité de Lisbonne.

    Et c’était le cas de la plupart de leurs prédécesseurs, qui sont nombreux, puisqu’on en est au 11e ministre des Affaires européennes en dix ans…

    Les Affaires européennes de la France se traitent à la Commission de Bruxelles, et pour ce qu’il en reste, à l’Elysée. Le ministre est une potiche (éphémère, comme on le voit).

  • Les Allemands font l’amalgame proscrit par M. Hollande

    Dans un article d’AsiaNews sur un complot salafiste déjoué par la police allemande à Leverkusen, et sur les groupes salafistes interdits par le ministère de l’Intérieur (en tant que musulmans extrémistes, non en tant que terroristes sans qualification religieuse), on apprend que, selon l’Office fédéral pour la protection de la Constitution, quelque 60 Allemands sont actuellement en Egypte pour apprendre l’arabe et le Coran. Dans une école salafiste spéciale pour Occidentaux, dédiée à l’apprentissage de l’arabe, du Coran, et à l’entraînement militaire…

    Daniel Schneider, qui avait été arrêté en 2010 pour terrorisme, venait de cette école. Deux autres de ses étudiants, Robert B. et Christian E., ont été arrêtés en décembre dernier dans un aéroport londonien avec des explosifs dans leurs bagages. (Les noms et prénoms n’ont pas été changés : on voit qu’il s’agit d’Allemands de souche.)

  • Philippines : la loi suspendue

    La Cour suprême des Philippines a suspendu pour 120 jours l’entrée en vigueur de la loi de « santé reproductive », qui devait avoir lieu le jour de Pâques. La décision a été prise hier, en la fête de saint Joseph, comme le souligne la commission épiscopale pour la famille et la vie, qui s’en félicite bien que ce soit une « victoire temporaire ». La Cour suprême veut examiner les divers recours pour inconstitutionnalité qui ont été formulés contre la loi.

    LifeNews remarque que la suspension a été votée à 10 contre 5, et que les 5 qui ont voté contre ont été nommés par l’actuel président des Philippines Benigno Aquino.

    Les partisans de la loi sont furieux et ont manifesté devant la Cour suprême. UCA News rapporte curieusement comme un élément du débat l’éructation antichrétienne délirante d’une certaine Yvette Tan : « Je me demande si la décision de la Cour est due à ce que l’Eglise catholique a envoyé ses saints hommes de main pour faire pression sur les juges. J’imagine des types énormes en robes de moines brandissant des chapelets enflammés et frappant les gens inconscients avec leurs croix. Cette décision signifie davantage de grossesses non prévues, davantage de morts de femmes, et davantage de risques pour les gens de sombrer dans la pauvreté. »

  • Franciscomania

    « Avec Jean-Paul II, nous avons eu un pape qui est devenu saint ; avec François, nous avons un saint qui a été élu pape. » Sic.

    C’est signé Antonio Gaspari, coordinateur éditorial de l’agence Zenit. On remarquera que le plus important n’est pas ce qui est témérairement avancé, mais ce qui est soigneusement tu : qu’il y a eu un pape entre Jean-Paul II et François.

    Belgicatho est un blog d’orientation plutôt traditionnelle. Aussi est-ce avec surprise (et certains lecteurs belges ont dû s'étrangler) qu’on le voit vanter et reproduire une « excellente » interview du cardinal Danneels, fossoyeur de l’Eglise belge, soutien de feu le sinistre cardinal Martini. Belgicatho qui remarquait après l’élection de François : « Incontestablement, le cardinal Danneels est beaucoup plus joyeux qu’au lendemain de l’élection de Benoît XVI. »

    Lors de son premier Angélus, François a cité le nom du cardinal Kasper, sans autre raison que de montrer sa proximité avec ce théologien de l’œcuménisme dévoyé. Le cardinal Kasper lui renvoie la balle, en violant ouvertement son serment de confidentialité : « Le cardinal Bergoglio a été dès le début mon candidat et dès le début du conclave j’ai voté pour lui. Il représente un nouveau commencement pour l’Église, pour une Église humble et fraternelle qui est là pour les gens, qui revient à sa source : l’Évangile ».

    Je rappelle le désormais classique, mais que je n’avais pas encore cité : François est « le meilleur choix possible », selon le pire théologien possible : Hans Küng.

    Addendum.

    Le canoniste blogueur Edward Peters confirme que la déclaration du cardinal Kasper est une violation directe des termes du secret du conclave.

  • Mercredi de la Passion

    On célébrait les encénies à Jérusalem ; et c’était l’hiver. Et Jésus se promenait dans le temple…

    Les traductions courantes parlent de la fête de la dédicace. Pourtant ce n’était pas la fête de la dédicace. Le mot latin est « encaenia », calqué sur le grec egkainia. Et le mot grec était tellement passé dans le latin courant, explique saint Augustin, que l’on employait le verbe formé sur encaenia pour dire qu’on portait pour la première fois un nouveau vêtement. L’idée est donc celle de la nouveauté (grec kainos : nouveau). Il s’agit en fait de la commémoration de la purification du Temple, opérée par Judas Macchabée vers 165 avant Jésus-Christ. Jérusalem avait été complètement hellénisée, et le roi de Syrie avait offert des sacrifices païens sur l’autel du Temple. Judas Macchabée ayant repris Jérusalem, il purifia le Temple, et c’est l’anniversaire de ce jour, de ces huit jours de fête, que célèbrent les egkainia : c’est le renouvellement du Temple comme maison du seul vrai Dieu. Cette fête est toujours célébrée par les israélites, sous le nom hébreu de Hanouka (alors que toutes les sources de la fête sont en grec). Et elle a dérivé en fête des lumières puisqu'ils n'ont plus de Temple.

    Donc, on célébrait les encénies, c’était l’hiver, Jésus se promenait dans le Temple. Et les juifs lui demandent de leur dire clairement s’il est le Christ. Et il parle de son Père, pour dire que lui et son Père sont un. Et ils prennent des pierres pour le lapider.

    Jésus se promène dans le Temple parce qu’il est chez lui dans le Temple. C’est la maison de son Père et lui et son Père ne font qu’un. C’est la fête du renouvellement apporté par le Christ (en hiver, à Noël, il est la lumière nouvelle qui naît dans les ténèbres du solstice). Après avoir purifié le Temple, dit la Bible, Judas Macchabée et ses compagnons « érigèrent un autre autel », et offrirent des sacrifices. Le véritable nouvel autel, c’est le Christ. Et le véritable nouveau sacrifice, c’est lui qui va l’accomplir, en se sacrifiant lui-même. En cette fête, ajoute le texte, Judas Macchabée et ses partisans célébrèrent en même temps la fête des tentes (ou des « tabernacles »), parce que, en fuite dans les montagnes, ils n’avaient pas pu le faire. « C’est pourquoi ils portaient des branches couvertes de feuillages, des rameaux verts et des palmes, en l’honneur de Celui qui leur avait procuré la faveur de purifier son Temple. » Ce n’est pas autre chose que l’annonce de la fête des Rameaux, dimanche prochain…