20 mars 2013

Franciscomania

« Avec Jean-Paul II, nous avons eu un pape qui est devenu saint ; avec François, nous avons un saint qui a été élu pape. » Sic.

C’est signé Antonio Gaspari, coordinateur éditorial de l’agence Zenit. On remarquera que le plus important n’est pas ce qui est témérairement avancé, mais ce qui est soigneusement tu : qu’il y a eu un pape entre Jean-Paul II et François.

Belgicatho est un blog d’orientation plutôt traditionnelle. Aussi est-ce avec surprise (et certains lecteurs belges ont dû s'étrangler) qu’on le voit vanter et reproduire une « excellente » interview du cardinal Danneels, fossoyeur de l’Eglise belge, soutien de feu le sinistre cardinal Martini. Belgicatho qui remarquait après l’élection de François : « Incontestablement, le cardinal Danneels est beaucoup plus joyeux qu’au lendemain de l’élection de Benoît XVI. »

Lors de son premier Angélus, François a cité le nom du cardinal Kasper, sans autre raison que de montrer sa proximité avec ce théologien de l’œcuménisme dévoyé. Le cardinal Kasper lui renvoie la balle, en violant ouvertement son serment de confidentialité : « Le cardinal Bergoglio a été dès le début mon candidat et dès le début du conclave j’ai voté pour lui. Il représente un nouveau commencement pour l’Église, pour une Église humble et fraternelle qui est là pour les gens, qui revient à sa source : l’Évangile ».

Je rappelle le désormais classique, mais que je n’avais pas encore cité : François est « le meilleur choix possible », selon le pire théologien possible : Hans Küng.

Addendum.

Le canoniste blogueur Edward Peters confirme que la déclaration du cardinal Kasper est une violation directe des termes du secret du conclave.

Commentaires

Petit intermède détente: vu ce passage dans un article sur le blog de Plunkett :

"(...) Je pose donc une question aux irrités : qu'est-ce qui vous trouble vraiment dans l'arrivée de François ? (...)"

Et juste sous l'article:

"Les commentaires sont fermés."

;o)

Écrit par : HH | 20 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Ce serait amusant si c'était vrai, mais ce ne l'est pas.

Écrit par : Yves Daoudal | 20 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Si la platitude et l'ostentation de simplicité sont des vertus, alors le pape-évêque-de-rome François est un grand saint..
A la manière du "Saint" de Foggazzaro, bien sûr.

Écrit par : xavier grall | 20 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Le cardinal Danneels, le fossoyeur de la "pauvre Belgique", on le voit partout ces temps-ci, avec une tête hilare, jusque sur le balcon de la loggia de Saint Pierre, en compagnie de l'atroce Re, tous grands apologistes de feu le sinistre (votre mot est juste) cardinal Martini, lui-même exégète moderniste, défenseur de Teilhard (Teilhard!..) et de Darwin, entre autres ,"Pères" de l'Eglise conciliaire à leur façon.
François, pape ejusdem farinae.

Écrit par : xavier grall | 20 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Il me semble que nous ayons encore à faire le deuil de notre très cher Benoît XVI, de ses homélies si chargées de sens et de profondeur, tout en fuyant le quiproquo qui s'est installé. Apprendre à distinguer le pape "réel" du pape "des médias". A ne pas prendre pour argent comptant toutes ces analyses sur la rupture, la révolution, etc. Et de mettre à jour nos critères de jugement europocentriques qui ne fonctionnent visiblement pas avec ce Jésuite latino-américain. La réaction de personnalités comme Küng, voire de Kasper ou Daneels, ne fait que démontrer leur joyeux aveuglement, leur vain désir d'annexer le pape au camp de l'aile progressiste. Il me semble qu'on peut prendre vraiment au premier degré, avec candeur, la référence au livre du cardinal allemand lors du premier Angélus. Que ce dernier en fût flatté au point de se sentir autorisé de violer le secret du conclave, cela regarde sa conscience. En tout cas, pour tous ceux qui se réjouissent du grand soir franciscain, il risque d'y avoir des lendemains qui déchantent. Pour les catholiques bénédictophiles, la satisfaction ne devrait que croître, abstraction faite d'un certain relâchement ornemental. Sur l'essentiel, la foi et les mœurs, il n'y aura aucun compromis, parfaite continuité. Peut-être que le style et l'auréole médiatique du nouveau pape permettront au magistère pontifical d'atteindre de nouvelles oreilles encore fermées?

Écrit par : Ph.Martin | 20 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Je me permets de vous envoyer ce lien que je pense pourrait vous interresser:
http://canonlawblog.wordpress.com/2013/03/19/some-thoughts-on-conclave-leaks/

C'est en anglais, j'espére que ce n'est pas un problème.
Je n'ai pas trouvé votre email perso.

Vous en faites ce que vous voulez, bien sur.

Écrit par : Marie | 20 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Merci. Je l'ajoute en addendum.

Écrit par : Yves Daoudal | 20 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Il me semble que le commentaire ajouté en Addendum ne rend pas compte de ce qui est avancé dans l'article: "a cardinal elector’s oath (UDG 53) gravely binds only in conscience, not under penalty of law".Me trompé-je?

Écrit par : Ph.Martin | 20 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Vous avez raison. Je suis allé trop vite. J'ai confondu les assistants et les électeurs.

Écrit par : Yves Daoudal | 20 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Merci, Ph.Martin. Vous avez raison. Merci pour la clarification.

Écrit par : Ed Peters | 20 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Il me semble que les choses vont aller en s'accélérant, maintenant que nous avons un pape qui souhaite ouvertement simplicité, dépouillement, pauvreté et ouverture au monde, faire moderne, être aimé et accepté parce qu'on est dans le vent de l'histoire ("Encore un effort, pape François !" diront les maçons et les idiots utiles !), nous allons voir, hélas, parallèlement aux évenements politiques mondiaux et nationaux, de grandes tribulations que nous ne souhaitons pas mais qui sont plus proches que nous croyons.Considérons la perte de la foi, depuis les années 50 et 60 en Europe et tout ce qui va avec : délinquance, désespérance, avortement, suicides, homosexualité, matérialisme, égoïsme etc Ce n'était qu'un début, nous serons complètement livrés à ces idéologies matérialistes, à cette culture de mort, à ce communautarisme qui favorise les fausses croyances et il en résultera une éclipse totale de notre...pauvre...Eglise.Même si (comme on le sait dans nos milieux), il est écrit qu'à la fin, le Seigneur triomphera, ça fait frémir et nous voyons dès aujourd'hui s'accomplir les pires prédictions des "prophètes de malheur" !

Écrit par : louis | 20 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Avec François,tous les masques tomberont,le temps de la dissimulation est terminé;François est le révélateur de l'essence de cette religion catholique après Vatican II.

Écrit par : amédée | 21 mars 2013

Répondre à ce commentaire

bravo à louis et amédée pour leurs remarques plus que pertinentes!
de deux choses l'une: ou l'Eglise "conciliaire" se vautre de plus en plus dans l'apostasie ouverte ou rampante, ou Dieu lui-même intervient (Il l'a fait si souvent!). Dans tous les cas, des tribulations effroyables sont devant nous.
La simplicité de François-si elle est réelle i-e pas simplement une affectation-est une bonne chose.Mais la contrefaçon de simplicité est diabolique.Expecto.
Dans ces temps qui sont les derniers, Dieu abandonnera-t-il son Eglise?
"Ces temps ne viendront point sans que vienne d'abord l'homme de péché" St Paul
"Quand le Fils de l'Homme reviendra, trouvera-t-il encore la foi sur terre?"NSJC

Écrit par : xavier grall | 21 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Le meilleur choix possible: selon Hans Küng..
il faut vraiment beaucoup de bonne volonté pour croire que H.Küng est théologien; c'est un propagandiste d'élucubrations toutes personnelles, des inepties relayées par des médias.. rien de fondé sur l'Evangile et sur la Tradition.
Pour ce pauvre type, hérésiarque auteur de livres inintéressants qui tombent des mains, François est le meilleur choix(possible).
CQFD

Écrit par : xavier grall | 21 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Auriez-vous une source de la terrifiante citation d'Hans Küng ? Je veux m'accrocher au vain espoir qu'il n'ait pas vraiment dit une chose pareille.

D'un autre côté, Hans Küng ayant eu complètement tort sur à peu près tout depuis toujours (et les années n'arrangent rien), on peut se rassurer en se disant que si il considère que l'élection de François est la meilleure chose possible de son point de vue (donc la pire chose possible pour l'Eglise), cela veut en fait dire que ça se révélera être la pire chose possible pour lui (et donc la meilleure chose possible pour l'Eglise).

Écrit par : Thibaud | 22 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Hans Kung, selon ce que je crois me souvenir avoir lu de Benoît XVI, a opéré une juste distinction entre la religion et la foi.

Il a cependant eu le tort d'écrire que la religion était nécessairement mauvaise. Alors que le Benoît XVI précisait qu'elle avait besoin de purification mais n'était pas nécessairement mauvaise.

Cette disctinction corrigée par Benoît XVI, que j'ai intégrée à mon "mental", m'est fort utile et me semble très juste.

La foi ne trompe jamais et n'est jamais excessive. La religion, peut l'être.

Hans Kung n'est donc pas nul, mais son esprit géométrique et polémique d'exclusion rend son jugement souvent sujet à caution. Mais il n'est pas sans aucun mérite.

Écrit par : Denis Merlin | 22 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Hans Kung n'est donc pas nul, mais son esprit géométrique et polémique d'exclusion rendrait (selon ce que j'en ai compris de Benoît XVI) son jugement souvent sujet à caution. Mais il n'est pas sans aucun mérite.

Écrit par : Denis Merlin | 22 mars 2013

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.