Le groupe de travail du Sénat sur « la maternité pour autrui » (sic) a proposé hier dans un rapport de légaliser la pratique des mères porteuses.
On insiste lourdement qu’il s’agit de légaliser une pratique qui serait sévèrement « encadrée », qu’il n’est pas question d'en faire un mode de procréation « de convenance », qu’en sont exclus (et pourquoi ?) les homosexuels. Pas question non plus d'en faire un métier ou de rémunérer la « gestatrice », mais il y aura possibilité… d'un « dédommagement raisonnable » de la mère porteuse.
Les propos des sénateurs, tant de la majorité que de l’opposition, sont effarants, montrant à quel degré on est descendu dans le mépris de la vie humaine, dans le mépris de l’enfant, devenu une chose que des couples veulent acquérir et que l’on fabrique à la demande, sous contrôle de la « biomédecine » et de la « justice »…
« La mère porteuse ne pourra être la mère génétique de l'enfant. Par conséquent, si besoin, l'ovule devra provenir d'un don. »
Les couples demandeurs et les femmes prêtes à les aider devraient obligatoirement passer devant des commissions d'agrément, placées sous l'égide de l'agence de Biomédecine, pour obtenir l'autorisation, après examen de santé physique et psychique. Puis devant le juge qui autoriserait le transfert d'embryon. Le magistrat vérifierait notamment si le « dédommagement » reste du domaine du raisonnable...
« C'est une contribution et pas la position du Sénat à ce jour », a néanmoins souligné Nicolas About (UDF), président de la commission des affaires sociales. D'autres contributions sont attendues sur cette question qui pourrait être tranchée lors de la révision des lois de bioéthiques, en 2009.