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Quelqu’un a laissé en commentaire d’un mes textes, sous le pseudonyme de Siam, une longue dépêche de l’AFP sur les relations entre la Fraternité Saint Pie X et le Saint-Siège.
Ce m’est l’occasion de souligner que cette rubrique « commentaires » est destinée à recevoir des commentaires, et non des développements sur un sujet plus ou moins connexe, encore moins des dépêches d’agence.
Je suppose que Siam a dû croire que je n’avais pas vu cette dépêche. Non seulement je l’avais lue, mais j’avais lu aussi la dépêche précédente sur le même sujet, évoquant d’autres supputation de la presse italienne, et parlant d’une rencontre entre le cardinal Castrillon Hoyos et Mgr Fellay comme d’un événement extraordinaire, alors qu’une telle rencontre avait déjà eu lieu en 2005 (et même une précédente en 2000).
Si je n’en ai pas fait état, c’est parce que je ne tiens aucun compte des « révélations » de la presse sur de tels sujets, d’autant qu’elles sont faites en général (comme on vient de le voir) par des journalistes qui ne savent pas de quoi ils parlent.
Yves Chiron a envoyé aujourd’hui à ses correspondants un numéro de son bulletin Aletheia (128.pdf) où il évoque l’évolution des rapports entre la Fraternité Saint Pie X et Rome. Les informations d’Yves Chiron sont autrement plus solides, et l’on s’y reportera. On verra qu’il n’y a, hélas, mais sans surprise, rien à attendre de la fameuse rencontre du 4 juin.
NB – Je fais confiance à Yves Chiron, mais je constate que les conditions rédigées par le cardinal Castrillon Hoyos (?), comme il le remarque en d’autres termes, sont rédigées de façon pour le moins étrange, voire obscure pour la première.
Je signale à tous ceux qui s’intéressent au processus de ratification (aujourd’hui juridiquement nul) de l’ex-traité de Lisbonne, qu’on trouvera sur Bruges-Europe un remarquable point, précis et détaillé, sur la situation tchèque (même si je ne suis pas aussi pessimiste que l’ami Védas).
Juste une précision : les députés tchèques n’ont pas voté la loi de ratification du traité en début d’année. Témoin ce que disait le 3 juin dernier au Sénat français Ludìk Sefzig, de la commission des affaires européennes du Sénat de la République tchèque : « Le débat de ratification a été interrompu à la chambre basse dans l'attente de la décision de la Cour constitutionnelle et du Sénat. La décision de la Cour est attendue pour la fin de la présente année. »
Les propos de Ludìk Sefzig sont du reste fort intéressants. L’homme, membre de l’ODS, se déclare pro-européen convaincu, ce qui ne l’empêche pas de dire :
Le traité de Lisbonne modifie sensiblement les décisions dans les matières du troisième pilier Justice et affaires intérieures. C'est la raison pour laquelle le Sénat tchèque cherche à disposer de contrôles efficaces sur ces questions très sensibles pour nos concitoyens et pour assurer le respect de notre Constitution nationale. D'autant que nous estimons que le Parlement européen n'est pas en mesure de tenir compte des sentiments des citoyens européens. De ce fait, le déficit démocratique risque de s'aggraver en Europe. (…)
La Cour a été saisie de six questions portant sur trois domaines : la Charte des droits fondamentaux, les questions de justice et affaires intérieures, les transferts de compétence par l'application de la règle de la majorité qualifiée en application des « clauses passerelles ». Dans ces matières, à partir de 2014, un État membre pourra en effet se voir imposer des mesures contre sa volonté. La République tchèque pourrait devoir modifier sa Constitution, préalablement à la ratification du traité de Lisbonne, pour tenir compte de cette nouvelle procédure. En revanche, dans les matières économiques du premier pilier, notre pays n'a pas de difficultés particulières puisque le peuple s'est déjà prononcé, par référendum, au moment de l'adhésion de la République tchèque à l'Union européenne. (…)
Nous attendons ainsi une issue positive au débat de ratification. Mais nous craignons surtout le fait que des décisions extérieures puissent s'imposer à un État membre contre la volonté de ses citoyens, ce qui pourrait ultérieurement conduire à des réactions populistes, voire même à une désintégration de l'espace économique européen. Instruits par notre expérience historique, nous sommes en faveur d'une évolution prudente. (…)
Je suis membre du parti le plus important, qui est de centre droit et pro-européen. Mais mon parti a, lui aussi, émis des critiques sur le contenu du projet de traité, notamment du fait de l'accélération trop importante, à nos yeux, du transfert de certaines compétences à l'Union. Cela comporte le risque d'une remise en cause du projet européen lui-même. Nous critiquons l'approche fédéraliste, car les différences sont trop marquées entre les différents États membres pour que l'on puisse aller dans cette voie. Nous pensons aussi que l'Europe n'a pas assez de moyens pour faire face à l'ampleur des subventions que requerraient des politiques fédéralistes. Les citoyens risqueraient alors d'être déçus. C'est d'ailleurs notre pays qui a demandé, et obtenu, que les transferts de compétences puissent se faire dans les deux sens, vers le national, comme vers le communautaire. La situation est ainsi difficilement prévisible. Mais la décision politique portera essentiellement sur le contrôle du système de décision dans le cadre du nouveau traité.
Comme on pouvait s’en douter, la Haute Cour de Londres a rejeté le recours de Stuart Wheeler qui voulait faire reconnaître que le gouvernement britannique doit organiser un référendum sur le traité de Lisbonne parce que le parti travailliste avait promis d’organiser un référendum sur la Constitution européenne.
Les juges Stephen Richards et Colin Mackay ont observé « que la requête manquait de substance et qu'elle devait être rejetée », refusant au plaignant le droit de faire appel. Et même s’ils avaient accepté l'argumentation sur le fond, « le Parlement a répondu à la question » d'un éventuel référendum en approuvant la décision de Gordon Brown de recourir à une ratification parlementaire.
Stuart Wheeler a néanmoins l’intention de tenter de faire appel et a affirmé qu’il avait encore « de grands espoirs » de parvenir à ses fins. Il a répété que le traité de Lisbonne était pratiquement identique à la Constitution de 2005 et a dit son intention « d'empêcher le gouvernement, qui avait fait une promesse très claire, de la renier ».
Le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Jim Murphy, s'est immédiatement félicité de la décision des juges de la Haute cour, et n’a pas craint de déclarer : « Les juges ont confirmé la position du gouvernement selon laquelle le traité de Lisbonne diffère tant sur la forme que sur le fond de la défunte Constitution. » Sic.
Mais on relèvera surtout la suite : « Après l'approbation du parlement, le gouvernement va procéder à la ratification du traité de Lisbonne. »
C’est donc bien qu’il n’était pas ratifié. De même qu’il ne l’est pas en Allemagne et en Pologne, et dans un certain nombre d’autres pays dont on prétend qu’ils l’ont ratifié.
Lundi en fin d'après midi, à la clinique Saint-Vincent de Paul de Bourgoin-Jallieu, le père musulman d'une petite fille, qui venait de subir une intervention chirurgicale programmée, a fait enlever le crucifix de la chambre de sa fille. « Pendant près d'un quart d'heure, le père en présence de son épouse s'est emporté verbalement, exigeant que le crucifix soit décroché », a raconté un témoin, cité par le Dauphiné libéré. Et le personnel de la clinique catholique… a retiré le crucifix.
La directrice de la clinique a manifesté sa « surprise »… et a donné raison au personnel : « L'aide-soignante a su ce qu'il fallait faire » afin que la situation ne s’envenime pas… Elle a expliqué :
« Quand les gens choisissent d'être soignés dans notre établissement, ils le font en toute connaissance de cause. Ils savent qu'ils sont dans une maternité catholique. Ceci n'est nullement caché : c'est d'ailleurs parfaitement inscrit à l'entrée de l'établissement, tout comme dans le livret d'accueil. Les petites sœurs des maternités catholiques évoluent en vêtement religieux dans les services, la cloche visible depuis les chambres sonne trois coups à chaque naissance. Chaque chambre est pourvue d'un crucifix. De petite taille, celui-ci n'est nullement ostentatoire, très sobre. Cette demande est surprenante de la part d'une famille qui a choisi librement notre établissement. »
Librement, bien sûr. Exprès, plutôt. Il s’agit de tester la résistance des catholiques. Et l’on choisit précisément une clinique visiblement catholique, avec des religieuses en habit... Le test est concluant. Face à l’islam, les chrétiens s’écrasent, et renient l’image de leur Sauveur.
Affreuse parabole de la dhimmitude en marche.
« Nous sommes ponctuellement confrontés à ce type de situation dans chacune de nos institutions », avoue sœur Marie-Mathieu, présidente du conseil d'administration de l'établissement. Le dernier « incident » en date, c’était dans un établissement d’Aix-en-Provence, quand un père a brisé un crucifix en le jetant au sol puis l'a jeté à la poubelle...
Lu dans la lettre des amis du monastère Sainte-Madeleine du Barroux, ce mot sublime de Dom Gérard à un moine de la fondation Sainte-Marie de la Garde :
Mon bien cher Père,
Père X. vous racontera la cérémonie [des ordinations], le sermon du Cardinal, l’affluence… c’est-à-dire tout ce qui n’est pas Dieu. Dieu ne se raconte pas. Alors vous me direz qu’il n’y a plus rien à dire ou à faire qui ait une valeur divine…
Mais si ! L’absolu de Dieu est comme un lingot d’or enfermé dans sa gangue de boue, et il faut casser la gangue pour saisir le lingot. Toute notre vie consiste à donner des petits coups (patience!) pour s’emparer du trésor. Peut-être cet apologue vous semblera décourageant ?… Mais au moins il permet d’éviter la grande tentation de la vie spirituelle qui est de croire qu’on fait quelque chose d’utile, d’avantageux, de croire qu’on est en possession du trésor… oui, d’une certaine façon… sed habemus thesaurum istud in vasis fictilibus (II Cor 4, 7) (1).
Alors, mon cher Père, prenons patience : au bout de mes cinquante ans de sacerdoce, je suis encore un débutant ! (… mais il nous faut) regarder Dieu, toujours.
Mon évêque consécrateur disait que le moine, c’est celui qui dit : Oculi mei semper ad Dominum (2), et j’ajouterais, sicut mendicus (3) !
votre frère Gérard.
(1) Mais ce trésor nous l’avons en des vases d’argile.
(2) Mes yeux sont toujours tournés vers le Seigneur (psaume 24).
(3) Comme un mendiant (cf. psaume 39).
Guillaume naquit de parents nobles, à Verceil en Piémont. A peine avait-il achevé sa quatorzième année, qu'embrasé des ardeurs d une merveilleuse piété, il entreprit le pèlerinage de Compostelle au célèbre temple de saint Jacques. Vêtu d'une seule tunique, ceint d'un double cercle de fer, nu-pieds, en butte aux rigueurs du froid et de la chaleur, de la faim et de la soif, il accomplit sa route en grand danger de la vie. De retour en Italie, il médite un nouveau pèlerinage au saint tombeau du Seigneur; mais diverses sortes d'obstacles très graves s'opposent à son projet. La divine Providence tournait à des desseins plus hauts et plus parfaits les religieux penchants du jeune homme. C'est alors qu'il passa deux ans au mont Solicchio, priant sans interruption, jeûnant, veillant, couchant sur la dure, soutenu du seul secours divin.
Ayant rendu la vue à un aveugle, le bruit du miracle se répandit, et Guillaume, qui ne pouvait plus rester caché, songea de nouveau à se rendre à Jérusalem. Plein d'ardeur, il se mit en route.
Mais Dieu, qui voulait de lui une vie plus utile et plus fructueuse pour l'Italie et d'autres contrées, lui apparut et l'avertit de renoncer à sa résolution. Gagnant donc le mont Virgilien, appelé depuis Mont-Vierge, il bâtit avec une rapidité étonnante un monastère au sommet, en dépit des difficultés que présente ce lieu inaccessible. Des compagnons, touchés de la grâce, s'adjoignent à lui, voulant vivre conformément aux préceptes et aux conseils de l'Evangile. Des règles empruntées en grande partie à saint Benoît, et, d'autre part, la parole de Guillaume et l'exemple de sa vie très sainte les aident admirablement à atteindre ce but.
D'autres monastères s'élevèrent dans la suite; de jour en jour, éclatait davantage la sainteté du fondateur ; de toutes parts on venait à lui, attiré par le parfum de cette sainteté et la renommée de ses miracles. Car, à son intercession, les muets recouvraient la parole, les sourds l'ouïe; la vigueur était rendue aux membres desséchés, la santé à tous ceux qu'affligeaient les plus diverses et les plus irrémédiables maladies. Il changea l'eau en vin, et accomplit une multitude d'autres merveilles, entre lesquelles il faut citer la suivante : une femme perdue ayant été envoyée pour éprouver sa chasteté, lise roula sur des charbons ardents étendus à terre sans en éprouver aucun mal.Roger, roi de Naples, ayant eu connaissance de ce fait, conçut une vénération profonde pour l'homme de Dieu. Il prédit au roi et à d'autres le temps de sa mort, et, illustre par ses vertus et miracles sans nombre, il s'endormit enfin dans le Seigneur, l'an du salut mil cent quarante-deux.
(bréviaire)