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  • Mettre fin à la dérive de l’AME

    L’Aide médicale de l’Etat (AME) est une prise en charge à 100% des soins médicaux et hospitaliers. Instituée par le gouvernement Jospin en 2000, elle est ouverte sous conditions de résidence et de ressources aux personnes qui ne remplissent pas les conditions pour bénéficier de la CMU (couverture médicale universelle). Autrement dit, l’AME bénéficie essentiellement aux immigrés clandestins et à leurs « ayants-droit ».

    Les députés Thierry Mariani et Claude Goasguen ont déposé une proposition de loi, le 5 décembre dernier, visant à réduire les plus graves dérives de l’AME.

    Ils rappellent que selon un rapport de l’IGAS, l’AME comptait 191.000 bénéficiaires en 2006, pour un coût estimé à 445 millions d’euros. La prestation moyenne par bénéficiaire s’élève à 2.500 euros, contre 1.500 euros pour un assuré au régime général. En 2003, un rapporteur de l’Assemblée nationale avait constaté des coûts moyens allant jusqu’à 8.000 euros en région parisienne.

    Les abus sont évidents.

    Ils viennent notamment du fait que les « conditions » pour bénéficier de l’AME n’en sont pas. La condition de résidence comme la condition de ressources peuvent être remplies par une « déclaration sur l’honneur », et les demandes d’admission peuvent être reçues par quatre organismes différents. « La multiplication des possibilités de dépôt des demandes ne peut être qu’un facteur aggravant du flou statistique existant aujourd’hui sur les chiffres de l’AME, qui renseignent entre autres sur les chiffres de l’immigration, légale ou illégale. Cette multiplication permet en outre à certaines personnes de présenter plusieurs dossiers, la centralisation des demandes étant de fait difficile devant la complexité administrative. »

    Les deux députés demandent en conséquence que les demandes d’admissions ne puissent se faire qu’à la mairie du lieu de résidence de la personne qui veut bénéficier de l’AME, et que la mairie puisse vérifier les conditions de ressources, d’identité et de résidence, « ce qui paraît être le minimum pour une demande qui a pour effet de permettre des dépenses de soin gratuites pour le bénéficiaire et ses ayants-droit, financées par la société », au bénéfice de clandestins. Il est également proposé de permettre que les demandes d’AME puissent être mémorisées et faire l’objet d’un traitement informatisé afin de lutter contre les détournements de procédure.

    Naturellement, SOS Racisme a vigoureusement réagi en condamnant cette proposition de loi, qui « poursuit deux objectifs détestables : l'association obsessionnelle entre fraude et immigration ainsi que la remise incessante sur le tapis de la question de l'immigration ».
    Et c’est pourquoi la proposition de loi est déjà passée aux oubliettes.

    Il n’est pas question de contrôler les clandestins, même quand il s’agit seulement de s’assurer qu’ils ne fraudent pas en matière de remboursement de soins médicaux.

    En creux, la vaine proposition de loi de Mariani et Goasguen montre quelle est la véritable politique d’immigration de Nicolas Sarkozy.

  • Le message du pape

    De la splendide homélie de Noël prononcée par le pape à la messe de minuit, les médias n’ont retenu que le côté dit « écologique ». Comme si Benoît XVI était une sorte de Nicolas Hulot du Vatican. Voici donc le passage en question. Pour ceux qui sont encore capables de comprendre que le message « écologique » (qui a toujours été le message catholique) s’inscrit dans un contexte spirituel, et quel contexte spirituel, quand le pape fait appel à saint Jean et à saint Grégoire de Nysse…

    Dans certaines représentations de la Nativité à la fin du Moyen-Âge et au début de l’époque moderne, l’étable apparaît comme un palais un peu délabré. Si l’on peut encore en reconnaître la grandeur d’autrefois, il est maintenant en ruines, les murs sont effondrés – il est précisément devenu une étable. Bien que n’ayant aucun fondement historique, cette interprétation exprime cependant sur un mode métaphorique quelque chose de la vérité qui se cache dans le mystère de Noël. (…)

    Dans ses homélies de Noël, Grégoire de Nysse a développé la même perspective en partant du message de Noël dans l’Évangile de Jean : « Il a planté sa tente parmi nous » (1, 14). Grégoire applique ce mot de tente à la tente de notre corps, devenu usé et faible, toujours exposé à la douleur et à la souffrance. Et il l’applique au cosmos tout entier, lacéré et défiguré par le péché. Qu’aurait-il dit s’il avait vu les conditions dans lesquelles se trouvent aujourd’hui la terre en raison de l’utilisation abusive des ressources et de leur exploitation égoïste et sans aucune précaution ? De manière quasi prophétique, Anselme de Canterbury a un jour décrit par avance ce que nous voyons aujourd’hui dans un monde pollué et menacé dans son avenir : « Tout ce qui avait été fait pour servir à ceux qui louent Dieu était comme mort, avait perdu sa dignité. Les éléments du monde étaient oppressés, avaient perdu leur splendeur à cause de l’excès de ceux qui les asservissaient à leurs idoles, pour lesquelles ils n’avaient pas été créés » (PL 158, 955 ss). Ainsi, selon la vision de Grégoire, dans le message de Noël, l’étable représente la terre maltraitée. Le Christ ne reconstruit pas un palais quelconque. Il est venu pour redonner à la création, au cosmos, sa beauté et sa dignité : c’est ce qui est engagé à Noël et qui fait jubiler les anges. La terre est restaurée précisément par le fait qu’elle est ouverte à Dieu, qu’elle retrouve sa vraie lumière; et, dans l’harmonie entre vouloir humain et vouloir divin, dans l’union entre le haut et le bas, elle retrouve sa beauté, sa dignité. Aussi, la fête de Noël est-elle une fête de la création restaurée.

  • Noël à Bagdad

    Une journaliste de l’AFP est allée à la messe de Noël à l’église de la Vierge Marie à Bagdad, dans le quartier chiite de Karrada. Elle a rencontré une fidèle, Yvonne Jadou. Plus rien n’est comme avant, dit-elle. Même les youyous qui accueillent l’arrivée du patriarche, Mgr Delly, « ne sonnent plus comme autrefois ». « Avant 2003, l’église était pleine, les gens chantaient, les gens étaient heureux… Aujourd’hui les gens ne sortent plus, ils ont peur. C’est une peur qui nous suit partout. Mais s’il faut mourir, je préfère mourir ici. »

    Petite bonne nouvelle, rapportée par e-deo : dans le quartier sunnite de Doura, sinistré par de très violents combats, des familles chrétiennes reviennent, et la messe a pu être célébrée dans l’église, fermée il y a deux ans, dont les murs ont été troués par les missiles. Le chef sunnite local promet désormais aux chrétiens la sécurité et leur promet même qu’ils n’auront plus à payer la « redevance de protection » qu’Al Qaïda, dit-il, l’obligeait à percevoir auprès des chrétiens.

  • L’emploi de bombes à sous munitions au Liban était « légal »

    La veille de Noël, l’armée israélienne a publié un communiqué indiquant que suite à son enquête, l’emploi de bombes à sous-munitions au Liban à l’été 2005  a été « légal et conforme au droit humanitaire international ». « L’armée israélienne a dans la plupart des cas utilisé des BASM contre des secteurs inhabités où il n’y avait pas de civils et où opéraient les forces du Hezbollah. Lorsque ces armes ont été utilisées contre des secteurs urbains, il s’agissait de ripostes de caractère défensif contre des attaques à la roquette à partir de villages évacués par la plus grande partie de leurs habitants. » L’armée israélienne « a respecté les lois sur les conflits armés (y compris son obligation d’agir pour réduire au minimum le nombre de victimes civiles) et son engagement à obéir à son éthique ».

    Rappel. Le droit international interdit l'usage de telles armes dans des zones civiles. Selon l’ONU, qui a condamné l'usage des BASM au sud Liban, Israël a largué 4 millions de BASM au cours du conflit. Un million d’entre elles n’ont pas explosé et se trouvent toujours sur le sol libanais. Au moins 38 personnes ont été tuées et 217 blessées et mutilées (dont de nombreux enfants) par des BASM depuis la fin du conflit.

  • Mgr Sabbah à Bethléem

    Extraits de l’homélie de Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, lors de la messe de minuit à Bethléem

    Aucun exclusivisme qui écarte l'autre ou le réduit à un état d'occupation ou de soumission quelconque ne peut s'accorder avec la vocation de cette terre. Terre de Dieu, elle ne peut pas être pour les uns une terre de vie et pour les autres une terre de mort, d'exclusion, d'occupation ou de prisons politiques. Tous ceux que Dieu, le Seigneur de l'histoire, y a rassemblés doivent trouver dans cette terre vie, dignité et sécurité.

    Chacun sait comment se fait la paix. Chacun sait se ce qui est dû à chacun des deux peuples qui habitent ce pays. Ce n'est pas le plus faible qui doit se soumettre et continuer à se dépouiller, mais les plus forts qui ont tout en main qui doivent se détacher et donner au plus faible son dû. Toutes les questions difficiles, avec la volonté ferme de tous pour faire la paix, peuvent alors trouver leur solution. (…)

    A vous, frères et sœurs, à vous tous chrétiens de cette terre, tentés par l'émigration, objet de préoccupation de tous, je vous dis d'abord ce que Jésus nous dit : n'ayez pas peur. Le chrétien n'a pas le droit d'avoir peur, ni de fuir les difficultés. Cela veut dire partager les soucis de tous, construire la paix avec tous et en accepter les sacrifices, la prison, la vie peut-être, ou les difficultés de la vie quotidienne, de l'occupation, du mur qui sépare, du manque de liberté de mouvement : tout cela est le lot de tous, et tous ensemble par nos sacrifices et notre générosité, nous construirons la paix pour tous.

    A ceux tentés ou poussés par les difficultés à quitter le pays, nous disons : ici vous avez une place, et plus qu'une place, vous avez une vocation : celle d'être chrétiens ici, dans la terre de Jésus, et non ailleurs dans le monde. Acceptez votre vocation, bien qu'elle soit difficile. Notre présence ici restera témoin de la vocation universelle de cette terre, terre de Dieu, et terre pour les trois religions et les deux peuples qui l'habitent. Ecoutez la voix de votre vocation et écoutez la voix de tous ceux qui vous veulent ici présents.

    Car ce n'est pas seulement dans un conflit que nous vivons, mais dans une histoire dont Dieu est le maître. Une histoire que Dieu fait et nous invite à la faire avec lui. Il est le Seigneur de toute l'histoire de l'humanité, depuis ses débuts lointains, depuis le temps de l'histoire sainte et jusqu'aujourd'hui. C'est lui qui était, qui est et qui sera. Personne et aucun temps ne peut l'éviter. Il est l'inévitable avec qui et devant qui nous vivons, nous agissons et nous existons (cf. Actes 17,28). Pleins d'espérance, libres de la peur, nous continuons à faire notre chemin.

  • Bayrou gardien du dogme "laïque"

    François Bayrou, qui se pose en catholique pratiquant, avait déjà montré à plusieurs reprises qu’il était le plus sourcilleux gardien du dogme « laïque ». Il en donne un nouvel exemple avec sa condamnation, dans Le Figaro, des propos de Nicolas Sarkozy à Rome :

    « Il y a dans le discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran (…) une remise en cause de la conception de la laïcité républicaine autour de laquelle, depuis la Libération (sic), la France s'est construite. S'exprimant comme président de la République, il introduit la notion de «racines essentiellement chrétiennes» de la France, oubliant le grand mouvement d'émancipation des Lumières. Il affirme que la République a «intérêt» à compter beaucoup de croyants. Il demande aux religions, toujours dans «l'intérêt» de la République, de fonder la morale du pays. C'est le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'État et la religion. Ce mélange des genres n'a jamais produit de bons fruits, je le dis comme citoyen, et je le dis aussi comme chrétien de conviction.

    « La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant «l'espérance» qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, on croyait qu'elle était loin derrière nous ! Ce n'est pas autre chose que «l'opium du peuple» que dénonçait Marx.

    « Quelle est votre conception de la laïcité ?

    « Celle de Jules Ferry. (…) La laïcité est un bien très précieux que la France a su définir avant et mieux que les autres. »

    Petits rappels

    « La République est perdue si l’Etat ne se débarrasse pas de l’Eglise, s’il ne désenténèbre pas les esprits du dogme » (Jules Ferry).

    « Il faut organiser l’humanité sans roi et sans Dieu. » (Jules Ferry).

    « La neutralité de l'École fut toujours un  mensonge. Nous n'avons jamais eu d'autre dessein que de faire une université antireligieuse, et antireligieuse d'une façon active, militante, belliqueuse… » (René Viviani)

    « La neutralité est, elle fut toujours un mensonge. On promit cette chimère pour rassurer quelques timides dont la coalition eût fait obstacle à la loi. » (René Viviani)

    « Nous combattons l'Église et le christianisme parce qu'ils sont la négation du droit humain et renferment un principe d'asservissement intellectuel qui doit être banni de toute œuvre d'éducation. » (Jean Jaurès)

    « Nous nous sommes attachés dans le passé à une oeuvre d'anticléricalisme, à une œuvre d'irreligion. Nous avons arraché les  consciences humaines à la croyance. Lorsqu'un misérable, fatigué du poids du jour, ployait les genoux, nous lui avons dit que derrière les nuages, il n'y avait que des chimères. Ensemble, d'un geste magnifique, nous avons éteint dans le ciel des étoiles qu'on ne rallumera plus. Voilà notre œuvre, notre œuvre révolutionnaire.  Est-ce que vous croyez que l'œuvre est terminée ? Elle commence au contraire... » (René Viviani)

    Quant au "grand mouvement d'émancipation des Lumières", qui a consuit aux totalitarismes nazi et communiste, comme le montrait très bien le cardinal Lustiger, il s'agit, n'est-ce pas, du matérialisme athée des violents pamphlétaires anti-chrétiens d'Holbach et Diderot, et de Voltaire qui écrivait si souvent "Ecrasez l'infâme" qu'il en avait fait une abbréviation: "Ecr. l'inf.", qui est sa marque de fabrique. Etc. Bravo M. Bayrou.

  • Symbole

    Le jour de Noël, le président de la République française, deux fois divorcé, est allé ostensiblement avec sa maîtresse, par un avion appartenant à un homme d’affaires, dans un hôtel de luxe d’un pays musulman. Et pas dans n’importe quel pays musulman. Dans celui qui a la plus forte minorité de chrétiens persécutés. Cinq jours plus tôt, il avait été fait chanoine honoraire de la cathédrale de Rome.

  • Saint Etienne

    Hier, nous avons célébré la Naissance temporelle de notre Roi éternel; aujourd'hui, nous célébrons la Passion triomphale de son soldat. Hier notre Roi, couvert du vêtement de la chair, est sorti du sein de la Vierge et a daigné visiter le monde; aujourd'hui, le combattant, sortant de la tente de son corps, est monté triomphant au ciel. Le premier, tout en conservant la majesté de son éternelle divinité, a ceint l'humble baudrier de la chair, et est entré dans le camp de ce siècle pour combattre; le second, déposant l’enveloppe corruptible du corps, est monté au palais du ciel pour y régner à jamais. L'un est descendu sous le voile de la chair, l'autre est monté sous les lauriers empourprés de son sang. L'un est descendu du milieu de la joie des Anges; l'autre est monté du milieu des Juifs qui le lapidaient. Hier, les saints Anges, dans l'allégresse, ont chanté: Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! Aujourd'hui, ils ont reçu Etienne dans leur compagnie avec jubilation. Hier, le Seigneur est sorti du ventre de la Vierge; aujourd’hui, le soldat est sorti de la prison de la chair. Hier, le Christ a été pour nous enveloppé de langes; aujourd'hui, Etienne a été par lui revêtu de la robe d'immortalité. Hier, une étroite crèche a reçu le Christ enfant; aujourd'hui l'immensité du ciel a reçu Etienne dans son triomphe. Le Seigneur est descendu seul, afin d’en élever beaucoup: notre roi s’est humilié, afin de faire monter ses soldats.

    Début de l’homélie pour la fête de saint Etienne par saint Fulgence, évêque de Ruspe (près de Tunis), début du VIe siècle.