Denis Sureau fait savoir, par l’intermédiaire du Forum catholique, que L’Osservatore Romano vient de confier la promotion de son édition hebdomadaire française aux Editions de L’Homme Nouveau. « L’Homme Nouveau est ainsi chargé en exclusivité de la recherche, de la promotion et de la gestion des abonnements de l’édition française du journal du Saint-Siège, pour le monde entier (hors Belgique, Suisse et Canada, qui disposent déjà de partenaires). »
C’est une bonne nouvelle, surtout si l’on imagine la tête des patrons des « grands groupes français de presse et de médias chrétiens » qui ont été évincés au profit de ce qu’ils considèrent généreusement comme une petite feuille crypto-intégriste…
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Les Américains en Somalie…
Les Américains ont mené plusieurs raids aériens hier contre des villages du sud de la Somalie censés abriter des combattants d’Al Qaïda. Les raids ont fait au moins 19 victimes civiles. C’est la première fois depuis le désastre de 1992 que l’armée américaine intervient directement dans ce pays. Le président somalien Youssouf Ahmed a déclaré que « les Américains ont le droit de mener des attaques aériennes contre des membres d’Al Qaïda où qu’ils se trouvent ». Sans doute une manière pour Youssouf Ahmed de souligner qu’il aimerait bien quant à lui avoir le droit de rester dans sa capitale, à défaut de pouvoir circuler dans son pays. Elu en 2004 au… Kenya par un parlement constitué en exil, il est entré à Mogadiscio avant-hier. D’abord la capitale était sous la coupe de seigneurs de guerre, puis elle a été prise par les islamistes, qui viennent d’être chassés (du moins du « pouvoir ») par l’armée éthiopienne, qui est toujours sur place… Youssouf Ahmed n’avait pas vu Mogadiscio depuis 1978, quand il avait fui la ville pour sa participation présumée à une tentative de coup d’Etat contre l’ancien dictateur Siad Barre, dont le renversement en 1991 avait marqué le début de la guerre civile…
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La petite mosquée dans la prairie
C’est le titre d’une série télé canadienne « saluée pour son originalité », nous apprend l’AFP. Cette série, dont la diffusion commence aujourd’hui sur la chaîne publique CBC, raconte la vie d’une petite communauté musulmane dans une localité rurale de l'ouest canadien. « Elle examine avec humour les efforts de cette petite communauté pour établir une mosquée dans un centre protestant et ses rapports avec les voisins souvent méfiants », et elle suscite « un grand intérêt à cause de son approche inhabituelle et apaisée des rapports entre les musulmans et les non-musulmans ». C’est charmant et mignon, comme La petite maison dans la prairie, série culte à laquelle le titre fait ouvertement référence pour endormir le téléspectateur. Sauf que les héros ne sont plus des pionniers chrétiens, mais des musulmans qui sont les vrais pionniers d’aujourd’hui… Naturellement, la série est réalisée par une « musulmane pratiquante ». C’est ce que CBC « a fait de mieux depuis des années », s’enthousiasme le quotidien The Globe and mail. Pour la promotion de l’islam au Canada, assurément.
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Les Britanniques à Bassorah
Il y a trois ans, les soldats britanniques patrouillaient à Bassorah en béret, au milieu des chiites qui n’étaient pas mécontents d’être débarrassés de Saddam Hussein. Aujourd’hui, ils portent casque lourd et gilet pare-balles, même à l’intérieur de leurs bases, frappées quotidiennement par des obus de mortier et des roquettes.
Le jour de Noël, ils ont fait exploser un commissariat après l’avoir pris d’assaut : il s’agissait de mettre un terme aux activités de « l’unité des crimes majeurs », dont le chef avait été arrêté la veille dans une opération mobilisant un millier de soldats.
Pourquoi un commissariat ? Parce que ce que l’armée britannique appelle « l’unité des crimes majeurs » est composée de… policiers. Il ne s’agit pas de ripoux, mais de combattants de guerre civile et de lutte contre l’occupant. L’homme arrêté le 24 décembre est considéré comme le responsable de l’assassinat de 17 employés irakiens de l’académie de police de Bassorah, gérée par l’armée britannique.
Lorsqu’ils rencontrent des policiers, les soldats britanniques ne savent donc pas s’il s’agit de leurs gentils supplétifs ou d’ennemis implacables. Et quand ils envoient des policiers sécuriser un secteur, le résultat est plus qu’aléatoire. « A chaque fois que nous avons un problème, la police est passée par là avant nous, déclare un caporal à l’AFP. Ils sont censés ouvrir la voie, mais nous sommes attaqués »…
Contrairement à ce qu’on tente de nous faire croire, ce n’est donc pas seulement à Bagdad et dans le « triangle sunnite » que la « coalition » continue de perdre la guerre.
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Drôle de couple
Le procès de Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France, de sa femme Dominique Le Texier, et du responsable des marchés de la région Dominique Merchez, s’est ouvert à Paris. Le premier est poursuivi pour prise illégale d’intérêts, la deuxième pour recel de prise illégale d’intérêts, le troisième pour favoritisme (et l’on vient d’apprendre qu’il est visé par une nouvelle enquête judiciaire).
La justice soupçonne Jean-Paul Huchon d’avoir fait attribuer des marchés en 2002 et 2003 à des sociétés en l’échange de l’embauche de son épouse. Ainsi la société Image publique avait remporté le marché de promotion de la région au festival de Cannes, et cette société avait embauché Dominique Le Texier comme régisseur sur ce contrat. Selon l’accusation, Image publique avait été choisie au terme d’une mise en concurrence factice avec deux autres sociétés, dont les devis avaient été antidatés au moyen d’un « caviardage » sommaire, alors que le marché était déjà attribué.
Mais, devant le tribunal, personne ne sait rien. Le patron d’Image publique ne savait pas que Dominique Le Texier était la femme de Huchon, Dominique Merchez n’a appris cette « embauche inopportune » que pendant le festival de Cannes, et Jean-Paul Huchon quant à lui n’était au courant de rien, ni de l’attribution du marché, ni de ce que faisait sa femme.
Laquelle ne sait pas non plus du tout ce que fait son mari. « Je suis quelqu’un qui vit dans sa bulle, qui ne parle pas de ce que je fais », a-t-elle affirmé. « Pas même à votre mari ? » demande le juge. « Pas même à mon mari, ni à ma mère. » Et Jean-Paul Huchon de confirmer : « Nos conversations ne sont jamais professionnelles ». Car il s’est « fixé une règle de vie : ne jamais parler ni de ma vie professionnelle ni de la sienne avec ma femme. » Par conséquent il ignorait tout des liens de sa femme avec des sociétés en contrat avec la région dont il est le président…
Malgré ce magnifique aplomb, qui ne fait guère illusion devant le tribunal, Jean-Paul Huchon a paru toutefois quelque peu déstabilisé, car il a cru bon d’ajouter : « Mon épouse travaille dans le cinéma, c’est un métier respectable. Elle n’est pas strip-teaseuse à Pigalle. » Comme si c’était le sujet. Et surtout, comment peut-il savoir que ce que fait sa femme est respectable, puisqu’il ne sait pas ce qu’elle fait ?
On suivra avec intérêt (sans prise illégale) la suite de ce joyeux feuilleton que nous offre le couple Huchon.
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Par un autre chemin
Les mages nous donnent encore une leçon très importante en revenant dans leur pays par un autre chemin. En effet, ce qu’ils font sur l’avertissement qu’ils ont reçu nous indique ce que nous devons faire. Notre pays, c’est le paradis, et une fois que nous connaissons Jésus, il nous est interdit d’y retourner par le chemin que nous avons suivi en venant. Car nous nous sommes éloignés de notre pays par l’orgueil, la désobéissance, la poursuite des biens visibles et l’avidité à goûter les nourritures défendues. Mais pour y revenir, il faut les larmes, l’obéissance, le mépris des biens visibles et la maîtrise des appétits de la chair. C’est donc bien par un autre chemin que nous retournons dans notre pays, puisque nous étant éloignés des joies du paradis par les plaisirs, nous y sommes ramenés par les lamentations.
Aussi faut-il, frères très chers, que demeurant toujours dans la crainte et toujours dans l’expectative, nous ayons devant les yeux du cœur, d’une part nos actions coupables, et de l’autre l’extrême rigueur du jugement. Considérons que le Juge si rigoureux va venir; il nous menace du jugement, mais il demeure caché. Il frappe d’épouvante les pécheurs, et néanmoins, il patiente encore. S’il diffère de venir, c’est pour en trouver moins à condamner. Expions nos fautes dans les larmes, et selon le mot du psalmiste, «hâtons-nous de nous présenter devant lui par la confession» (Ps 95, 2). Ne nous laissons prendre à aucune des tromperies de la volupté ou des séductions de la vaine joie. Bien proche, en effet, est le Juge qui affirmait : «Malheur à vous qui riez maintenant, parce que vous vous affligerez et vous pleurerez.» (Lc 6, 25). Salomon a dit également : «Le rire se mêlera à la douleur, et la joie se terminera dans le deuil.» (Pr 14, 13). Et aussi : «J’ai tenu le rire pour une erreur, et j’ai dit à la joie : pourquoi te laisses-tu prendre au piège?» (Qo 2, 2). Et encore : «Le cœur des sages est dans le lieu de la tristesse, et le cœur des insensés dans le lieu de la joie.» (Qo 7, 4)
Ayons donc grande crainte des commandements de Dieu, afin de célébrer dans la vérité sa fête solennelle. Car le sacrifice agréable à Dieu est la douleur qu’inspire le péché. Le psalmiste l’atteste : «Le sacrifice en l’honneur de Dieu, c’est un esprit contrit.» (Ps 51, 19). Nos péchés passés ont été lavés par le baptême; mais depuis, nous en avons commis beaucoup d’autres, et nous ne pouvons plus être lavés par l’eau baptismale. Puisque même après le baptême, nous avons souillé notre vie, baptisons notre conscience par nos larmes. Ainsi, nous regagnerons notre pays par un autre chemin. Les biens nous en ont éloignés par leur attrait; que les maux nous y ramènent par leur amertume, avec l’aide de Notre-Seigneur…
(Saint Grégoire le Grand, homélie 10 sur l'Evangile, n.7)