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Le blog d'Yves Daoudal - Page 1980

  • Saint Jean de Kenty

    Il était professeur de philosophie et de théologie à l’université de Cracovie, au XVe siècle.

    Tout le temps que l’étude lui laissait, il le consacrait, soit à procurer le salut du prochain, surtout par la prédication, soit à prier. On rapporte que, dans l’exercice de l’oraison, il lui arriva quelquefois d’être favorisé de visions et d’entretiens célestes. La passion du Christ le touchait à ce point, qu’il passait parfois des nuits entières à la méditer, et que, pour se la retracer plus vivement, il fit le pèlerinage de Jérusalem. Là, enflammé du désir du martyre, il ne craignit pas de prêcher, aux Turcs eux-mêmes, le Christ crucifié. Il se rendit quatre fois à Rome, au tombeau des saints Apôtres, faisant la route à pied et chargé lui-même de ce qu’il lui fallait pour le voyage. Le saint y allait tant pour honorer le Siège apostolique, auquel il était extrêmement dévoué, que pour diminuer, disait-il, les peines de son purgatoire, grâce à la rémission des péchés offerte là, chaque jour, aux fidèles. Au cours de ce voyage, des voleurs le dévalisèrent et lui demandèrent ensuite s’il avait encore autre chose ; Jean ne se souvint pas de quelques pièces d’or, cousues dans son manteau, et répondit qu’il ne lui restait plus rien. Déjà les voleurs s’enfuyaient, lorsqu’il se mit à crier pour les leur offrir aussi ; mais, admirant sa simplicité et sa bonté, ils lui rendirent spontanément ce qu’ils lui avaient pris. Pour qu’on ne blessât point la réputation du prochain, il fit, à l’exemple de saint Augustin, graver des vers sur la muraille de sa demeure, comme un perpétuel avertissement pour lui-même et pour ceux qui le visitaient. Les pauvres qui souffraient de la faim, il les nourrissait des mets de sa table ; ceux qui n’avaient pas de vêtements, il leur en achetait et il quittait même ses habits et ses chaussures pour les leur donner ; alors il laissait tomber son manteau jusqu’à terre, pour qu’on ne le vît pas rentrer pieds nus chez lui.

    (bréviaire)

  • Sarkozy et Merkel veulent modifier le traité

    Voici la fin de la Déclaration franco-allemande publiée à l’issue de la rencontre tripartite Allemagne-France-Russie à Deauville :

    La France et l'Allemagne considèrent qu'il est nécessaire de réviser le traité et qu'il devrait être demandé au président du Conseil européen de présenter, en étroit contact avec les membres du Conseil européen, des options concrètes permettant l'établissement d'un mécanisme robuste de résolution des crises avant la réunion de mars 2011.

    La révision des traités sera limitée aux points suivants :

    • L'établissement d'un mécanisme permanent et robuste pour assurer un traitement ordonné des crises dans le futur, comprenant les arrangements nécessaires pour une participation adéquate du secteur privé et permettant aux Etats membres de prendre les mesures coordonnées appropriées pour préserver la stabilité financière dans la zone euro.
    • Dans le cas d'une violation grave des principes de base de l'Union Économique et Monétaire, et suivant les procédures appropriées, la suspension des droits de vote de l'État concerné.

    Les amendements nécessaires devraient être adoptés et ratifiés par les Etats membres en accord avec leurs règles constitutionnelles respectives, en temps utile avant 2013.

    On attend avec intérêt la réaction du gouvernement britannique, qui a décrété qu’il opposerait son veto à toute modification du traité…

  • Ils ont calmé Viviane Reding

    Communiqué de Viviane Reding :

    "La France a fait ce qui lui a été demandé par la Commission européenne. La Commission européenne suspend la procédure d'infraction décidée par le Collège des commissaires le 29 septembre. La Commission européenne restera attentive et veillera à ce que les engagements pris par la France soient entièrement appliqués, dans l'intérêt du droit de l'Union européenne et des citoyens européens. Les services de la Commission sont à la disposition des autorités françaises pour les aider afin que la nouvelle législation soit mise en place rapidement et en pleine conformité avec le droit de l'Union européenne."

    En fait de suspension il s’agit d’un abandon. Les juristes avaient fait remarquer à Viviane Reding que la Commission européenne perdrait devait la Cour de Justice. Or elle était elle-même isolée au sein de la Commission dans sa vindicte contre la France. Et Barroso voulait que l’affaire soit terminée avant le prochain sommet européen. Le reste du communiqué est une laborieuse tentative de ne pas perdre la face.

    La France s’est engagée à transcrire complètement la directive de 2004. Comme elle n’a pas le choix, ce n’était pas une nouvelle.

    En réalité Viviane Reding voulait ouvrir deux procédures d’infraction. L’une pour non-retranscription de la directive sur la libre-circulation en ce qui concerne les garanties procédurales, l’autre pour « discrimination » envers les Roms. C’était celle-ci la plus « sensible » et la plus médiatique. Elle a complètement disparu.

    L’AFP précise :

    "Suite à son dérapage verbal contre Paris, Viviane Reding et ses collaborateurs ont en fait été placés sous tutelle, selon une source européenne. Et certains n'hésitent plus au sein de la Commission à douter de sa capacité à assumer un portefeuille aussi politiquement sensible."

  • La Grèce submergée par l’immigration

    La Grèce "ne peut plus faire face (...) nous appelons l'UE à assumer ses responsabilités vis-à-vis de notre pays", dit le ministre de l'Immigration.

    Les mesures prises par l’Italie et par l’Espagne font que désormais les candidats à l’immigration (y compris d’Afrique du Nord ou de l’Ouest) passent par la Turquie. Une voie d’autant plus fréquentée que la Commission européenne n’a toujours pas réussi à conclure un accord de réadmission avec la Turquie…

    Le ministre grec de la Santé s’émeut de ce que le pays paye "150 millions d'euros par an" pour soigner ses sans-papiers.

    Ah oui ? En France, c’était 530 millions en 2009. Mais il est vrai qu’en Grèce ils sont moins bien soignés…

    (Voir la dépêche de l’AFP, où c’est la Grèce qui est évidemment coupable.)

  • Benoît XVI a écrit aux séminaristes

    Et cette belle lettre mérite d’être lue par tout le monde. Extraits.

    La liturgie

    Pour la juste célébration eucharistique, il est nécessaire aussi que nous apprenions à connaître, à comprendre et à aimer la liturgie de l’Église dans sa forme concrète. Dans la liturgie, nous prions avec les fidèles de tous les siècles – passé, présent et avenir s’unissent en un unique grand chœur de prière. Comme je puis l’affirmer à propos de mon propre chemin, c’est une chose enthousiasmante que d’apprendre à comprendre peu à peu comment tout cela a grandi, quelle expérience de foi se trouve dans la structure de la Liturgie de la Messe, combien de générations ont contribué à la former en priant !

    La piété populaire

    Maintenez en vous la sensibilité pour la piété populaire, qui est différente selon les cultures, mais qui est aussi toujours très semblable, parce que le cœur de l’homme est, en fin de compte, toujours le même. Certes, la piété populaire tend vers l’irrationalité, parfois même vers l’extériorité. Pourtant l’exclure est une grande erreur. A travers elle, la foi est entrée dans le cœur des hommes, elle a fait partie de leurs sentiments, de leurs habitudes, de leur manière commune de sentir et de vivre. C’est pourquoi la piété populaire est un grand patrimoine de l’Eglise. La foi s’est faite chair et sang. La piété populaire doit certainement être toujours purifiée, recentrée, mais elle mérite notre amour et elle nous rend nous-mêmes de façon pleinement réelle « Peuple de Dieu ».

    La dogmatique

    Ce que nous appelons la dogmatique, c’est la manière de comprendre les contenus de la foi dans leur unité, et même dans leur ultime simplicité : chaque détail unique est finalement simple déploiement de la foi en l’unique Dieu qui s’est manifesté et se manifeste à nous.

  • Saint Pierre d’Alcantara

    Ce grand mystique, ami de sainte Thérèse d’Avila, est connu pour ses austérités. Il ne mangeait que tous les trois jours, dormait une heure et demie par nuit dans une cellule où il ne pouvait pas s’allonger, etc. Mais c’est lui aussi qui, vers la fin de son Traité de la dévotion, donne cet « avis nécessaire » :

    Il se rencontre des personnes qui ont peu de mesure et de discrétion dans leurs exercices quand elles sont bien avec Dieu, et à qui leur prospérité même devient une occasion de danger. En effet, ces personnes se figurent que cette grâce leur est donnée à pleines mains ; et comme elles trouvent tant de suavité dans la communication avec le Seigneur, elles s'y abandonnent si fort, elles prolongent tellement l'oraison et les veilles, et augmentent de telle sorte les austérités corporelles, que la nature ne pouvant souffrir la continuité d'une si rude charge, vient à tomber par terre avec elle.

    Il arrive de là que plusieurs personnes viennent à se gâter l'estomac et la tête, et par suite se rendent inhabiles, non seulement pour les autres travaux corporels, mais encore pour ces mêmes exercices de l'oraison. C'est pourquoi il convient d'user de beaucoup de mesure et de discrétion dans les exercices de la vie spirituelle, surtout dans les commencements, où les ferveurs et les consolations sont plus grandes, et où l'expérience et la discrétion n'abondent pas, afin de nous accoutumer à marcher de telle sorte, que nous ne demeurions pas au milieu du chemin.

    Il y a une autre extrémité contraire à celle-ci, et c'est celle des délicats qui, sous couleur de ménagements, dérobent leur corps au travail et à la souffrance. Cette extrémité, quoique très nuisible pour toute espèce de personnes, l'est cependant beaucoup plus pour ceux qui commencent. Et saint Bernard en donne ainsi la raison : « Il est impossible, dit-il, que celui-là persévère longtemps dans la vie religieuse qui étant novice se ménage déjà, qui ne faisant que de commencer, veut être prudent, et qui, étant encore nouveau et tout jeune, commence à se traiter et à se soigner comme un vieillard. » Il n'est pas facile de juger laquelle de ces deux extrémités est la plus dangereuse. Ce qui est vrai, comme le dit très bien Gerson, c'est que l'indiscrétion est plus incurable, parce que tant que le corps est sain, il y a espérance qu'on pourra apporter remède au mal ; mais lorsqu'il est déjà ruiné par l'indiscrétion, il est bien malaisé de trouver un remède.

  • Un nouveau procès pour négationnisme

    Le procès de Virginie Labrosse, accusée d'avoir tué puis congelé ses trois nouveau-nés, retrouvés à son domicile en 2007, s'est ouvert ce matin devant la cour d'assises de la Savoie.

    Virginie Labrosse comparaît libre sous contrôle judiciaire lors ce procès « au cours duquel sera à nouveau évoquée la question du déni de grossesse relevé par les experts » (AFP).

    Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Mais elle sera sans doute condamnée à quelques mois de prison (avec sursis). Car ce négationnisme-là requiert la bienveillance du jury. Ce qui est logique, dans un pays où l’avortement est un droit.

  • Euthanasies : deux fois plus qu’on croit

    Seule la moitié des euthanasies pratiquées en Flandres du 1er juin au 30 novembre 2007 avaient été déclarées selon les exigences de la loi. (Les Flandres étaient la partie néerlandophone de l’ex-« Belgique ».)

  • Susan Boyle a échappé à l’avortement

    Parce que sa mère était catholique et ne voulait pas avorter, malgré les risques encourus. Et quand elle est née, les médecins lui ont dit : « Il vaut mieux accepter le fait que Susan ne fera jamais grand chose dans la vie. »

    Or elle a fait de grandes choses dans sa vie, avant de devenir célèbre par sa voix étonnante : elle s’est occupée des autres, notamment de ses parents. Et son récit de la mort de sa mère est particulièrement émouvant.

    C’est à lire sur le blog de Jeanne Smits.

  • Le critique musical Benoît XVI parle du Requiem de Verdi

    Mon critique musical préféré a écouté samedi le Requiem de Verdi, sous la direction « excellente », a-t-il dit, d’Enoch Zu Guttenberg (on veut bien le croire, car Guttenberg, qui ne dirige que l’orchestre qu’il s’est constitué à Munich, est un très grand chef, qui excelle particulièrement dans les oratorios).

    Quelques extraits de ses propos :

    « Dans l'esprit du grand compositeur, cette œuvre devait être le sommet, le moment final de sa production musicale. Ce n'était pas seulement un hommage à un grand écrivain, mais aussi la réponse à une exigence artistique intérieure et spirituelle que la confrontation avec la stature humaine et chrétienne de Manzoni avait suscitée en lui ».

    « Libéré des éléments de la scène, Verdi exprime, avec les seules paroles de la liturgie catholique et avec la musique, la gamme des sentiments humains devant le terme de la vie, l'angoisse de l'homme face à sa nature fragile, le sentiment de rébellion devant la mort, l'effarement au seuil de l'éternité ».

    Le pape cite cette lettre de Verdi à l'éditeur musical Ricordi dans laquelle il se définit comme « un peu athée ». Mais lorsqu'il écrit cette messe, fait observer le pape, c'est comme « un grand appel au Père, dans une tentative de dépasser le cri du désespoir devant la mort, pour retrouver l'aspiration à la vie qui se fait prière silencieuse et du cœur : Libera me Domine. »

    Verdi décrit ainsi, souligne le pape, « le drame spirituel » de l'homme face à Dieu, auquel il aspire du plus profond de lui-même, et qui seul peut lui faire trouver la paix et le repos.

    NB. A propos du Verdi « un peu athée », rappelons que le compositeur, qui avait minutieusement organisé ses propres obsèques, avait demandé qu’on plaçât sous sa tête la partition de son Te Deum, qui est sa dernière œuvre.