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Gouvernement - Page 2

  • Insupportable

    Je crois que je n’ai jamais entendu les dirigeants français verser à ce point dans le culte de la République, dans la sacralisation des « symboles de la République ». Chirac allait parfois dans ce sens, mais pas à ce point-là. D’autant que ces jours-ci les propos présidentiels sont répercutés et répétés par nombre de ministres, de députés, et de commentateurs à la botte du pouvoir.

    Il y a très longtemps, à Rome, le 1er janvier, il y avait la messe de l’octave de la Nativité, et il y avait une deuxième messe, ad prohibendum ab idolis, pour l’extirpation de l’idolâtrie. Il faudrait peut-être la rétablir. Car ils font de la République une idole. Devra-t-on bientôt brûler de l’encens devant les bustes de Marianne pour abjurer le crime de « gilet jaune » ?

    Le destin des idoles est d’être renversées, et le destin de l’idolâtrie d’être extirpée.

    C’est dans cette logique idolâtrique que le misérable petit Griveaux appelle les Gilets jaunes des « agitateurs qui veulent l’insurrection ». Et il n’a que la monnaie de sa pièce quand des Gilets jaunes défoncent le portail du ministère qu’il occupe. Ce n’est pas une épouvantable atteinte aux symboles de la République. C’est la réponse du berger à la bergère.

    Le petit Macron dénonce « une extrême violence venue attaquer la République ». Une extrême violence… Celle du boxeur qui boxe un bouclier de gendarme ? Celle de quelques feux de rue ? On appelle quelques bagarres une « extrême violence », alors qu’on vient de commémorer la guerre qui fit 10 millions de morts ?

    Et ils oublient tout à coup que leur République a été imposée par une insurrection, autrement plus violente que la violence des plus excités des Gilets jaunes. Une insurrection contre un ordre vrai, et contre des symboles authentiques.

    L’ineffable Castaner a arrêté son ridicule décompte des manifestants à l’unité près, mais il continue de nier l’évidence. Il y aurait eu 50.000 manifestants samedi dernier, et cela ne représente qu’un peu plus d’un manifestant par commune, donc ça ne représente pas du tout le peuple français. D’abord un rapide décompte des manifestations dans quelques villes selon les chiffres de la police montre qu’on était bien au-delà des 50.000 manifestants sur toute la France (correction en catastrophe du chiffre de 25.000 d’abord annoncé), et surtout le ministre fait toujours semblant de ne pas voir que ces manifestants sont les représentants de millions de Français qui mettent bien en évidence le gilet jaune sous leur pare-brise. On peut lui répondre que les 577 députés, à savoir la trentaine d’entre eux qui siègent réellement, représentent encore beaucoup moins les Français.

    Et enfin, il est tout simplement insupportable d’entendre un gouvernement européiste parler d’atteinte à la démocratie après le déni de démocratie du référendum de 2005, et d’atteinte à la République quand leur République n’est plus qu’une coquille vide dans le contexte de l’Union européenne.

    Sans cesse, la Bible rappelle que les idoles ont des yeux mais ne voient pas, un nez mais ne sentent pas, des oreilles mais n’entendent pas, des mains mais ne touchent pas, des pieds mais ne marchent pas, qu’elles sont totalement impuissantes, et que ceux qui mettent leur confiance en elles leur sont semblables.

    Collecte de la messe ad prohibendum ab idolis dans le sacramentaire gélasien :

    Omnipotens sempiterne Deus, da nobis voluntatem tuam et fideli mente retenere et pia conversatione depromere, ut Ecclesia tua a profanis vanitatibus expiata non aliud profiteatur verbis aliud exerceat actione: per Dominum.

    Dieu tout-puissant et éternel, donne nous de garder ta volonté par un esprit fidèle et de la communiquer par un comportement conforme à la piété, afin que ton Eglise purifiée des vanités profanes ne professe pas une chose par la parole et pratique une autre dans son action.

    Le sens de « vanitas », surtout quand il désigne les idoles, est : non-réalité trompeuse. Ce n’est pas seulement l’Eglise qui doit en être débarrassée.

  • Aveugle est grand et Castaner est son prophète

    Le ministre de l’Intérieur, suite à la revendication par l’Etat islamique de la fusillade de Strasbourg :

    « Ce n'est pas la revendication totalement opportuniste de Daech qui change quoi que ce soit. Il y avait ici un homme qui a nourri en son sein le mal. »

    (Même pour évoquer l’Etat islamique, Castaner prend soin – comme ses collègues – de ne jamais employer le mot « islam ».)

  • Comme d’habitude

    Le terroriste de Strasbourg a été abattu. Il n’y aura donc pas de procès. On ne saura rien de ses motivations, de ses connaissances, de ses fréquentations, de ce qui aurait pu intéresser les services de renseignement.

    Pas besoin, bien sûr, puisque l’ineffable Castaner avait déjà répondu :

    Rien n'indique qu’il était intégré dans un réseau ou qu'il a pu avoir des protections particulières dans ce cadre.

    La grâce d’état du ministre de l’Intérieur fait qu’il sait tout sans avoir besoin d’une enquête.

    Même sur les policiers qui ont laissé passer Cherif Chekatt avec une arme au barrage où tout le monde était fouillé.

  • Dépouille halal

    Lorsque l’ineffable Castaner, ministre de l’Intérieur de son état, a été informé de l’identité du tireur de Strasbourg, il s’est empressé de déclarer que l’homme était connu comme délinquant de droit commun. Sans faire mention du fichier S.

    Bref, non seulement ce massacre n’avait rien à voir avec l’islam, ce qui est systématiquement le cas, mais le coupable n’était même pas un de ces curieux « radicalisés » d’on ne sait quoi.

    Comme si Castaner n’imaginait pas que peu après tout le monde saurait que l’homme était fiché S et connu pour sa « radicalisation ». Il est encore plus idiot qu’il n’en a l’air.

    L’un des concepts que l’on refuse de prendre en considération est l’islamo-gangstérisme. Il est apparu au début des années 2010, et les analystes chargés des rideaux de fumée l’ont récusé, et il a quasiment disparu, avant de réapparaître ces temps-ci en Allemagne, où l’on se penche sérieusement, semble-t-il, sur le « gangstérisme islamique ».

    Peut-être un jour quelqu’un découvrira-t-il que le concept est une réalité et que les deux mots n’ont rien d’antinomique : dans le Dar al Harb, le territoire de la guerre, il est parfaitement halal de dépouiller les mécréants. C’est ce que Mahomet, le « beau modèle », faisait à grande échelle.

  • Un tweet de Christophe Castaner

    « Je conclus ce soir à l'@imarabe le Congrès des musulmans de France du CFCM. Un moment important alors que nous avons à poursuivre ensemble vers un seul objectif : un Islam qui ait toute sa place en France, ancré dans les valeurs de la République. »

    Castaner tel qu’en lui-même, ignorant tout de l’islam, voulant donner toute sa place à une idéologie totalitaire qu’il imagine pouvant être ancrée dans les valeurs de la République, alors que le totalitarisme laïque de la République est le contraire du totalitarisme théocratique de l’islam…

  • Anti-France

    Edouard Philippe au Vietnam :

    « Visite de la Maison de Hô Chi Minh avec mon homologue Nguyễn Xuân Phúc pour célébrer l'amitié entre nos deux peuples. L'austérité sereine du bureau de Hô Chi Minh montre combien le travail et le calme, la détermination et la constance servent les projets des Etats. »

    Puis il a salué la mémoire des « soldats vietnamiens qui se sont battus pour l’indépendance ».

    Voilà pourquoi nous n’avons plus besoin de parti communiste…

  • Fais-moi peur…

    Le mouvement de Benoît Hamon annonce qu’il va saisir le CSA à propos d’un clip du gouvernement censé inciter les citoyens à voter aux européennes, et qui est une sorte d’illustration du fantasme de Macron sur les dangers du populisme qui nous ramène aux années 30 (en pire, à cause du climat, etc.)…

    Jusque-là personne n’y avait fait attention, semble-t-il, parce que personne ne fait attention à ce que dit ce gouvernement… (En attendant que le clip passe à la télévision puisque, paraît-il, c’est prévu…)

    Pourtant quelqu’un d’autre a déjà réagi, et dès le 28 octobre : c’est Matteo Salvini.

    Parce que ce clip de 30 secondes diffusé le 26 octobre (seulement sur Twitter ?) veut faire peur, comme le souligne sa musique obsédante genre film d’horreur, et il veut faire peur en montrant les monstres de notre temps : Matteo Salvini et Viktor Orbán.

    La réaction de Salvini :

    « Le gouvernement français publie, avec l’argent des contribuables, un clip officiel pour les européennes en m’utilisant comme un épouvantail. Macron et ses amis doivent avoir très peur. En 2019, ils attendent un printemps des peuples qui va les balayer. »

    Et le 30 octobre il y a eu Thierry Mariani :

    « Comme vous l’avez payé avec vos impôts, sachez apprécier ce clip gouvernemental, pour les élections européennes, qui n’hésite pas à stigmatiser de manière hypocrite et sournoise Salvini et Orbán. La propagande avec de gros sabots!! »

    La presse évoque désormais la chose, et Libération conclut ainsi son article :

    Si le but de ce clip était aussi de mobiliser ceux que le chef de l’Etat prétend combattre au printemps prochain, c’est très réussi.

  • Silence soudain…

    En juillet on avait osé nous dire que la baisse du nombre de morts sur les routes était due au fait que les Français avaient anticipé la baisse de la vitesse autorisée. Comme si cela ressemblait aux Français d’anticiper une interdiction…

    En août on avait claironné que la baisse du nombre des morts était évidemment due à la baisse de la vitesse autorisée.

    En septembre il y a eu une augmentation de 8,8% du nombre de morts par rapport à l’an dernier.

    Et il n’y a personne pour nous expliquer pourquoi…

  • Bla bla bla

    Hier, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, a déclaré :

    Je trouve que ce n'est pas normal que des établissements sécurisés comme des prisons se retrouvent sur internet. J’ai écrit à Google pour demander le floutage des prisons [sur Google Map] et je n’ai eu aucune réponse. Je les interpelle donc une nouvelle fois ce matin.

    Nicole Belloubet évoquait particulièrement la prison de Réau, d’où Redoine Faïd s’était évadé, et celle de Vendin-le-Vieil où il vient d’être incarcéré (alors que d’autres prisons, comme celles des Baumettes et de Bois-d’Arcy, sont floutées).

    Google a répondu que les photos venaient de divers fournisseurs extérieurs, qu’il leur demandait de se conformer à la loi en vigueur, et que les prisons seraient floutées en décembre.

    Parmi les fournisseurs indiqués par Google il y a l’IGN, l’Institut géographique national. Or, comme l’a constaté Fdesouche, et comme je viens encore de le vérifier, sur le Géoportail internet de l’IGN, dont toutes les pages sont ornées du logo de la République française, les prisons de Réau et de Vendin-le-Vieil sont visibles avec une meilleure définition que sur Google Maps…

  • "Enfant de la République"

    J’ai vu sur BFM la désormais fameuse séquence où l’on voit Emmanuel Macron en compagnie de deux jeunes voyous dénudés à Saint-Martin. La fin de la séquence a été une photo où l’on voit le président de la République tout sourire entre les deux personnages, l’un d’eux avec le pantalon baissé et faisant un « doigt d’honneur ».

    Les réactions n’ont pas manqué, mais on sait qu’avec Macron la démagogie la plus sordide n’a plus de limites. Cette photo n’est pas pire que celle (et la vidéo) de la fête de la musique à l’Elysée.

    Ce qui me choque quant à moi est la réaction de Macron aux critiques :

    « J’aime chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtises. »

    Cela non plus, ce n’est pas nouveau. Je me souviens très bien de la déclaration de Jacques Chirac sur « les filles et les fils de la République ».

    Je ne laisserai jamais passer cette imposture. La république est un régime politique. Elle n’a ni fils ni fille, sauf à en faire une idole. Ce qu’elle est de fait, comme on le voit. Et comme « Marianne » le souligne.

    Quant à la dernière ignominie de la Schiappa, il est inutile de s’y appesantir. Sauf qu’elle s’appuie sur le même propos d’Emmanuel Macron dénonçant des « discours de haine » : «  Il faut arrêter de penser que notre jeunesse, parce qu'elle est d'une certaine couleur ou à un moment a fait des bêtises, il n'y a rien à en tirer. »