Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 3

  • Asia Bibi, demain

    Demain 22 juillet, à 9h, trois magistrats de la Cour suprême du Pakistan, à Lahore, commenceront l’examen de la procédure de dernier appel d’Asia Bibi.

    « Sa famille et son avocat ont de grands espoirs qu’elle sera acquittée », annonce l’Express Tribune, le premier quotidien du Pakistan. Un optimisme qui fait peur, car on a déjà entendu les mêmes propos à chaque étape du procès.

    Son avocat Saiful Mulook explique : « Premièrement, la plainte contre Asia a été enregistrée cinq jours après l’incident supposé. Cela jette un doute sérieux sur le récit de la poursuite. Ce retard montre que le plaignant a fabriqué l’histoire avec le soutien d’autres personnes et a impliqué Asia dans une fausse affaire. Deuxièmement, les témoins à charge ne remplissent pas les critères de Tazkiatul Shuhood. Je contesterai leur crédibilité. Troisièmement, le plaignant, Qari Muhammad Salam, a admis lui-même devant le tribunal de première instance qu’il avait consulté d’autres personnes pendant cinq jours pour déterminer si Asia avait commis un blasphème ou non, avant d’aller finalement à la police pour déposer plainte contre elle. » Et il ajoute que chacun de ces points suffit pour acquitter Asia Bibi.

    Hélas, ce que je vois, moi, c’est que l’avocat ne donne aucun argument pour démontrer, à partir des accusations des témoins à charge, qu’il n’y a pas eu de blasphème. Or c’est précisément ce que la « haute cour » de Lahore avait reproché aux avocats précédents. Lesquels s’étaient excusés en disant qu’ils ne pouvaient pas contester directement l’accusation de blasphème sans être eux-mêmes accusés de blasphème…

    En revanche, l’avocat saisit la perche que lui a tendue la « haute cour » de Lahore. En effet, ce sont ces magistrats qui avaient souligné, dans leur jugement, que les tribunaux de la charia doivent suivre la procédure dite Tazkiatul Shuhood : les juges doivent enquêter sur les témoins pour s’assurer de leur crédibilité, en examinant de façon précise leur piété, leur droiture et leur intégrité…

    On n’oubliera pas que l’affaire Asia Bibi a déjà fait deux morts, le ministre catholique Shahbaz Bhatti, et le gouverneur du Pendjab Salman Taseer.

    Les trois magistrats de la Cour suprême qui examineront le cas d'Asia Bibi sont Mian Saqib Nisar, Ijaz Ahmed Chaudhry, et Umar Ata Bandial. Mettez-les dans nos prières pour qu’ils soient inspirés par le vrai Dieu.

  • Des évêques qui s’engagent

    autrement que pour les « migrants » et le « climat », cela vaut d’être salué :

    Dans quelques jours, une décision médicale risque de provoquer délibérément la mort de Vincent Lambert.

    Il n’est pourtant pas en fin de vie et il ne fait l’objet d’aucun soin disproportionné. En lui donnant la nourriture et l’hydratation nécessaires, ceux qui prennent soin de lui respectent simplement le cours de cette vie dont le mystère nous échappe et dont le terme n’appartient à personne.

    Les débats auxquels nous assistons prouvent que notre société hésite sur des principes majeurs, comme « Tu ne tueras pas » ou « Nul ne peut décider de mettre fin à la vie d’autrui ». Ils étaient considérés jusqu’à présent comme des valeurs fondamentales, comme le socle de notre vivre ensemble. Et si l’on venait à y renoncer, on voit mal comment le corps médical pourrait continuer à prononcer le serment d’Hippocrate.

    C’est le renoncement à ces principes qui fait peser sur la famille un poids insupportable. Nous voudrions exprimer à tous ses membres notre compassion, en respectant leur souffrance.

    A l’issue des travaux menés sur la situation de Vincent Lambert par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, les cinq membres qui se sont opposés de toute leur force à la décision votée par les sept autres ont crié leur révolte. Ils ont déclaré que la Cour ne méritait plus de porter le titre de « conscience de l’Europe » qu’elle s’était donné en 2010.

    En union avec beaucoup d’autres, croyants ou non, nous lançons un appel aux autorités politiques, juridiques et médicales. Que ceux qui ont à en juger sachent que derrière la personne de Vincent Lambert, c’est le symbole de la vie la plus fragile qui est en jeu pour l’avenir de notre société.

    Si sa mort doit survenir, nous prierons pour que tous puissent accueillir cet événement dans l’espérance. Mais aujourd’hui, notre frère Vincent n’est pas en fin de vie, et plusieurs établissements spécialisés se sont déclarés prêts à le recevoir. Qu’est-ce qui l’empêche ?

    Mgr Philippe Ballot, archevêque de Chambéry, Maurienne et Tarentaise
    Mgr Jean-Louis Balsa, évêque nommé de Viviers
    Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon
    Mgr Yves Boivineau, évêque d’Annecy
    Mgr Guy de Kerimel, évêque de Grenoble-Vienne
    Mgr Dominique Lebrun, évêque de Saint-Étienne
    Mgr Patrick Le Gal, évêque auxiliaire de Lyon
    Mgr Pierre-Yves Michel, évêque de Valence
    Mgr Pascal Roland, évêque de Belley-Ars

  • The youthism of a french bishop

    L’évêque de Séez a lancé une opération intitulée « Meet your bishop ».

    Renseignements pris, Sées est toujours en France, l’évêque paraît français (il s'appelle Habert), et la vidéo s’adresse aux jeunes du diocèse de Séez, donc a priori, globalement, à des francophones.

    L’évêque s’invite donc chez les jeunes, pour les rencontrer et discuter de tout et de rien. En français, semble-t-il.

    Cela dit, le site internet qui fait la promotion de la chose, avec le tutoiement de rigueur que les vieux et les flics imposent aux jeunes, le fait dans un français plus qu’approximatif :

    Quelque soit ta religion, tes aspirations, ton école, tes études, ta ville, ton appartement, ta maison, tes amis, tes envies, SI TU ES CURIEUX et que tu te poses des questions, rejoins-nous !

    *

    Je découvre que les soi-disant « Scouts de France » ne sont pas en reste, puisque leur rassemblement de Strasbourg était intitulé « You’re up ».

    Les scouts se réunissaient par « villages ». Il y avait un village Simone Veil, un village Robert Badinter, un village Lucie Aubrac, un village Elsa Triolet… (Le tout a été évidemment ravagé par une tempête, il y a une justice immanente.)

    Parmi leurs principales activités il y a eu la visite de la Grande Mosquée de Strasbourg, « pour en apprendre plus sur la religion musulmane », parce que « comprendre l’autre, prendre le temps de s’intéresser, c’est ça le vivre ensemble ».

  • Ravasi et Pachamama

    En novembre 2014, à l’occasion du congrès du machin argentin intitulé « Forum social œcuménique », le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la Culture, participait activement et pieusement à un culte de Pachamama, la Terre-Mère.

    La vidéo vient seulement d’être publiée sur Youtube. Sans doute en illustration de l’encyclique…

    (Via Rorate Caeli, via La Cigüeña de la Torre)

  • Saint Laurent de Brindes

    Laurent 1.jpg

    Laurent 2.jpg

    Laurent 3.jpg

    Extrait de la vie du "bienheureux Laurent de Brindes, général des capucins", dans "Vies des pères, des martyrs et des autres principaux saints, supplément à l'ouvrage de MM. Alban Butler et Godescard, traduit en partie de l'anglais de M. Charles Butler, et considérablement augmenté", 1824.

  • Saint Jérôme Emilien

    Message de Benoît XVI à l’ordre des clercs réguliers somasques, à l’occasion du cinquième centenaire de la miraculeuse libération de prison de son fondateur saint Jérôme Emilien, le 20 juillet 2011.

    La vie du laïc Jérôme Miani, vénitien, fut comme «refondée» dans la nuit du 27 septembre 1511, lorsque, après avoir fait à la Vierge de Trévise le vœu sincère de changer de conduite, il fut libéré des liens qui le retenaient prisonnier par l’intercession de la Mère de Dieu, puis il les déposa lui-même sur l’autel de la Vierge.

    «Dirupisti vincula mea» (Ps 116, 16). Le verset du psaume exprime l’authentique révolution intérieure qui eut lieu suite à cette libération, liée aux événements politiques tourmentés de l’époque. En effet, celle-ci représenta un renouveau intégral de la personnalité de Jérôme: il fut libéré, par une intervention divine, des liens de l’égoïsme, de l’orgueil, de la recherche de l’affirmation personnelle, de sorte que son existence, d’abord entièrement tournée vers les choses temporelles, s’orienta uniquement vers Dieu, aimé et servi de façon particulière dans la jeunesse orpheline, malade et abandonnée.

    Poussé par son expérience familiale, qui l’avait fait devenir tuteur de tous ses neveux devenus orphelins, saint Jérôme développa l’idée que les jeunes, en particulier défavorisés, ne peuvent être laissés seuls, mais ont besoin, pour grandir de façon saine, d’une condition essentielle: l’amour. En lui, l’amour dépassait l’esprit d’invention, et étant donné qu’il s’agissait d’un amour qui jaillissait de la charité même de Dieu, il était plein de patience et de compréhension: attentif, tendre et prêt au sacrifice comme celui d’une mère.

    L’Eglise du XVIe siècle, divisée par le schisme protestant, à la recherche d’une réforme sérieuse en son propre sein, jouit d’une nouvelle floraison de sainteté qui fut la première réponse et la plus originale aux exigences rénovatrices. Le témoignage des saints affirme qu’il ne faut se fier qu’à Dieu: les épreuves, en effet, tant au niveau personnel qu’institutionnel, servent pour accroître la foi. Dieu a ses projets, même lorsque nous ne réussissons pas à comprendre ses dispositions.

    L’attention à la jeunesse et à son éducation humaine et chrétienne, qui caractérisa le charisme des Somasques, continue de représenter un engagement de l’Eglise, en tout temps et en tout lieu. Il est nécessaire que la croissance des nouvelles générations soit alimentée non seulement par des notions culturelles et techniques, mais surtout par l’amour, qui vainc l’individualisme et l’égoïsme et rend attentifs à la nécessité de chaque frère et sœur, également et même spécialement lorsque l’on ne reçoit rien en retour. L’exemple lumineux de saint Jérôme Emilien, défini par le bienheureux Jean-Paul II comme «laïc animateur de laïcs», aide à prendre à cœur chaque pauvreté de notre jeunesse, morale, physique, existentielle et avant tout la pauvreté d’amour, racine de tout grave problème humain.

    La Vierge Marie, modèle inégalable de foi et de charité, continuera de nous guider à travers son soutien. De même qu’elle dénoua les liens des chaînes qui retenaient prisonnier saint Jérôme, veuille-t-Elle, par sa bonté maternelle, continuer à libérer les hommes des liens du péché et de l’emprisonnement d’une vie privée de l’amour pour Dieu et ses frères, en nous offrant les clés qui ouvrent le cœur de Dieu et qui ouvrent notre cœur à Dieu.

  • 8e dimanche après la Pentecôte

    La parabole de « l’intendant de l’iniquité » est l’une des plus déstabilisante de l’Evangile. Pour la comprendre il faut d’abord respecter le texte, ce que la plupart des traductions ne font pas.

    Le texte parle de la façon dont un « intendant de l’iniquité » se sert du « mammon de l’iniquité ».

    Ces deux expressions sont des hébraïsmes, qui mettent en complément de nom, au génitif, ce qui pour nous serait un adjectif : intendant inique, mammon inique. Ces hébraïsmes évidents, dans le texte très grec de saint Luc, sont là pour attirer l’attention. Notamment l’attention sur « mammon », un mot araméen. Il devrait être évident pour tout traducteur que si l’hellénophone Luc a mis un mot araméen, c’est qu’on doit le garder dans toute traduction (comme l’a fait la Vulgate), car c’est qu’il est, d’une certaine façon, dans le cadre de la parabole, intraduisible. Même si l’on comprend qu’il s’agit d’argent ; et c’est précisément parce qu’on comprend qu’il s’agit d’argent qu’il n’est nul besoin de le traduire.

    Ce « mammon » que Luc ne traduit pas (ou que Jésus a intentionnellement dit en araméen dans un discours en grec) prend une allure de divinité païenne. Or c’est bien ce dont il s’agit. Jésus dénonce ceux qui font de l’argent un dieu.

    Dans le verset précédent il a opposé « les enfants de ce siècle » aux « enfants de lumière ».

    On pense à la seconde épître aux Corinthiens :

    Ne portez pas un même joug avec les infidèles; car quelle union y a-t-il entre la justice et l'iniquité? Ou quelle association entre la lumière et les ténèbres? Ou quel accord entre le Christ et Bélial? Ou quelle part entre le fidèle et l'infidèle? Quel rapport entre le temple de Dieu et les idoles? Car vous êtes le temple du Dieu vivant.

    Il y a donc un « mammon de l’iniquité » et un « intendant de l’iniquité ». Ils devraient bien s’entendre, et celui-ci devrait être un serviteur de celui-là. Il l’était, d’ailleurs, jusqu’ici, et c’est pourquoi le maître le renvoie. Or voici qu’il va faire exploser le mammon de l’iniquité. Comment ? En s’en servant, non plus pour accroître son bien, mais pour se faire des amis. Nous sommes toujours dans le monde de la malhonnêteté, mais la malhonnêteté est désormais au service de la création de relations. L’intendant se fait des amis qui le recevront chez eux, et c’est l’image du chrétien qui « remet les dettes » (c’est ce que dit le Pater en grec et en latin), qui se sert de l’argent comme d’un instrument de charité, de création de relations, de ces relations qui conduisent aux tentes éternelles, dans la triple relation d’amour, trois Personnes, de la divine Trinité.

    Voilà pourquoi le maître, Kyrios, le Seigneur, loue l’intendant de l’iniquité « parce qu’il a agi avec sagesse ». On trahit le texte en traduisant « avec habileté » parce qu’on n’ose pas livrer la parole de Dieu telle qu’elle est. Mais ce faisant on ose la trahir… Le mot grec est celui qui est utilisé pour les « vierges sages » par opposition aux « vierges folles ». Les vierges sages ne sont pas des vierges « habiles ». La Vulgate a, comme d’habitude, bien traduit par « prudenter ». Non pas au sens actuel le plus courant du mot « prudent », mais au sens de sage, « avisé ». L’intendant a agi « de façon avisée ». Et si un intendant inique peut agir de cette façon, à plus forte raison un fidèle du Christ doit-il se faire des amis avec le même mammon de l’iniquité, des « relations », pour qu’elles le portent dans les tentes éternelles de la triple Relation d’amour, là où personne ne peut plus compter sur mammon.

  • Au Congo

    Nouvelle attaque de « Muslim Defense International » au Nord Kivu : les jihadistes ont incendié 69 maisons dans trois villages et fait main basse sur les meubles et les cheptels. Il y a eu 11 morts.

    C’est la quatrième attaque importante de l’ex ADF-NALU en un mois.

    [On remarquera le nouveau nom du groupe : il fait désormais référence à l’islam, contrairement à son nom précédent, et il dit bien qu’il s’agit d’une défense de l’islam, et donne donc des exemples concrets du fameux "jihad défensif"...]

  • L’incroyable affront

    François, lors de sa « rencontre avec la société civile » au Paraguay, en présence du président de la République, Horacio Cartes (traduction Benoît et moi) :

    « Il y a des choses, avant de conclure, auxquelles je voudrais faire référence. Et en cela, puisqu'il y a des politiciens ici présents, il y a aussi le Président de la République, je le dis fraternellement. Quelqu'un m'a dit: "Ecoutez, un tel se trouve séquestré par l'armée, faites quelque chose!". Je ne dis pas si c'est vrai ou pas vrai, si c'est juste ou pas juste, mais l'une des méthodes qu'avaient les dictatures du siècle dernier, c'était d'éloigner les gens, ou par l'exil ou par la prison; ou, dans le cas des camps d'exterminations nazis ou staliniens, elles les éloignaient avec la mort. Afin qu'il y ait une vraie culture dans un peuple, une culture politique et du bien commun, il faut rapidement des jugements limpides, des jugements clairs. Et il ne faut pas d'autre type de stratagème. La justice limpide, claire. Cela nous aidera tous. Je ne sais pas si cela existe ici ou pas, je le dis avec tout le respect. On me l'a dit quand je suis entré, on me l'a dit ici. Et que je demande pour je ne sais qui... Je n'ai pas bien entendu le nom. »

    Pour le contexte, on lira l’article du Monde, qui est également édifiant.

    Le nom que François n’a pas entendu, précise Sandro Magister, est Edelio Murinigo. C'est un officier, qui n’est pas du tout « séquestré par l’armée » paraguayenne, mais par l’« armée du peuple paraguayen », la guérilla marxiste-léniniste locale.

    « Pourtant, malgré son ignorance déclarée et soulignée de l'affaire, François n'a pas craint d'utiliser les quelques rares données confuses, mal saisies par lui juste avant par bouche à oreille, pour accuser “fraternellement” le président paraguayen innocent d'un crime assimilé aux pires méfaits nazis et staliniens. »

    Rappelez-moi. Il me semble qu’il y a quelqu’un, à Rome, qui ne cesse de dénoncer les bavardages, les cancans, les rumeurs, les commérages, et les traite même de « diaboliques ». Ce doit être un sosie…

    Mais, bien sûr, le président paraguayen, le riche homme d'affaires Horacio Cartes, est forcément un salaud, puisqu’il est de droite, et un dictateur, puisqu’il est du parti Colorado. C’est lui qui, dès son élection en 2013, a décidé de donner l’intégralité de ses indemnités de président, pendant tout son mandat, à la paroisse San Rafael d’Asuncion, qui gère une clinique pour patients en phase terminale et enfants malades…

    Addendum

    Voici la traduction officielle du propos:

    Et cela, comme il y a des politiciens présents ici – y compris le Président de la République – je le dis fraternellement, n’est-ce pas ? Quelqu’un m’a dit : ‘‘Ecoutez, telle personne a été séquestrée par l’armée, faites quelque chose’’. Je ne dis pas que ce soit vrai, ou que ce ne soit pas vrai, que ce soit juste, que ce ne soit pas juste, mais l’une des méthodes des idéologies dictatoriales du siècle passé, auxquelles je me suis référé tout à l’heure, c’était d’éliminer les gens, ou par l’exil, ou par la prison, ou dans les camps d’extermination nazis ou staliniens par la mort, n’est-ce pas ? Pour qu’il y ait une vraie culture chez un peuple, une culture politique et du bien commun, [il faut qu’il y ait aussi] des procès rapides, des procès transparents. Et un autre genre de stratagème ne sert pas. La justice transparente, claire ! Cela va nous aider tous. Je ne sais pas ça existe ici ou non,  je le dis avec tout le respect. On m’en a fait part quand j’entrais. On me l’a dit ici. Et il m’a été demandé de prier pour quelqu’un. Je n’ai pas bien entendu le nom de famille.

  • Saint Camille de Lellis

    Qui connaît la vie de Saint Camille, connaît aussi la tension qui, à un moment, se créa entre lui et père Philippe, son directeur spirituel. Il sait aussi comment, par la suite, le conflit se résolut, au point que les deux «saints se retrouvèrent de manière plus intense et plus mature ».

    C’est Camille qui a l’initiative de la relation avec Philippe. Depuis quelques années, il était venu à Rome, pas encore complètement pacifié avec sa conscience à propos du vœu de se faire frère capucin. Après sa “conversion” le 2 février 1574, il avait tenté sérieusement par deux fois, et chaque fois sa fastidieuse et mystérieuse plaie à la jambe l’en avait empêché. Il s’était ainsi rendu compte finalement que Dieu ne le voulait pas frère. Que faire alors ? Il le comprit lorsqu’il se trouva hospitalisé à l’hôpital de San Giacomo de Rome : Dieu le voulait au service de ces pauvres. Et il s’y était cette fois consacré de toute son âme au point qu’il... y fit carrière. Il fut nommé “Maître de maison”, responsable des services de l’hôpital et du personnel. Il remplit son service avec tant d’application et de dévouement qu’il conçut une tendresse extraordinaire envers les malades.

    Mais il voyait comment les malades étaient mal assistés par ceux qu’on appelait les ‘servants’, ramassis de main d’œuvre, qui n’était là que pour l’argent. Après des tentatives répétées et vaines pour améliorer la situation, la nuit du 14 août 1582, il projeta d’instituer « une Compagnie d’hommes pieux et de bonne volonté qui, non pas pour un salaire mais volontairement et par amour de Dieu, serviraient les malades avec la charité et l’amour comme le font habituellement les mères pour leurs propres enfants malades ».

    Mais l’initiative n’avait pas plu aux administrateurs de l’hôpital. Au point que Camille commença à se méfier, à penser qu’il s’agissait d’une sotte présomption de sa part. Finalement, ce fut le Seigneur lui-même qui le réconforta. D’abord « en songe », puis, quelque temps après, ce fut le Crucifié qui l’encouragea, bien éveillé, non sans une pointe de reproche: « Pourquoi te mets-tu en peine, pusillanime ? Poursuis l’œuvre, je t’aiderai car cette œuvre est la mienne et non la tienne. »

    Ainsi réconforté, Camille revint avec décision à son projet.

    Entre-temps, bien que converti à Dieu, ou mieux, à la suite de ce virage, il s’était rendu compte qu’il avait besoin d’un guide spirituel. Il le trouva en saint Philippe Néri et dans son “Oratoire”, cadre vivant et riche de spiritualité. Le père Philippe, très attentif au monde des souffrants et des pauvres, fut heureux de l’accueillir en le voyant si bien engagé dans le service des malades.

    L’engagement de Camille était de venir auprès de Philippe pour la confession et la direction spirituelle chaque samedi et veille de fête. Pendant huit ans, il fut fidèle à sa promesse. Et grand fut le profit qu’il en retira. Mais, à un certain moment, ce fut la rupture entre Philippe et Camille. L’accord prit fin lorsque le projet que Camille et de ses compagnons réalisaient à l’hôpital San Giacomo fut mis en discussion par le père Philippe.

    Qu’était-il arrivé ? Comme déjà dit, l’initiative de Camille n’avait pas plu aux responsables de San Giacomo. Tout en appréciant l’engagement de Camille en faveur des malades, l’idée qu’il fonde une sorte d’association pour renouveler la manière de gérer l’hôpital leur paraissait extravagante. Ne pouvant sortir cette idée de la tête de cette “terrible cervelle” qu’était Camille, et connaissant le grand ascendant que le père Philippe avait sur lui, ils informèrent ce dernier de ce qui se passait à San Giacomo. Philippe était lui aussi d’accord que l’entreprise dans laquelle Camille s’était embarquée avec ses compagnons était une erreur.

    Il avait dit plusieurs fois clairement sa pensée à Camille : il devait abandonner toute idée de fonder une Compagnie ; il devait plutôt s’occuper de lui-même, de sa propre vie spirituelle et s’occuper des malades, et que cela était déjà beaucoup. Et même, il lui avait déclaré rudement une fois que « l’homme idiot et sans culture qu’il était ne serait jamais en mesure de gouverner un groupement de personnes ».

    Camille accusa le coup, mais il répondit qu’il ne pouvait rien y faire : l’idée de la Compagnie n’était pas la sienne ; elle avait été mise en lui par un Autre, et il ne réussissait pas à s’en défaire. Philippe resta inflexible : ou Camille abandonnait son projet, ou lui et ses compagnons se trouvaient un autre confesseur.

    Arrivés à ce point les deux... “saints” ne se comprennent plus. C’est une épreuve très douloureuse pour Camille, qui ne réussit pas à renoncer à ce projet parce qu’il est convaincu que c’est Jésus-Christ qui le veut. Tout en ayant le cœur brisé, il accepte la réalité et se sépare de son très aimé confesseur et père.

    Que peut signifier ce désaccord qui éclata entre Camille et le père Philippe ? En un certain sens, vu la diversité des personnalités, on pourrait même dire que la tension devait éclater tôt ou tard. Cependant, quelques années après, l’un et l’autre se rencontrèrent et se comprirent. Cette fois, c’est Philippe qui se rendit chez Camille. De loin, il avait continué à suivre Camille et son œuvre. Et il en était resté édifié. Devenu vieux, il était allé retrouver Camille dans sa résidence, près de l’église de la Maddalena, à Rome, pour lui dire : « Vraiment, la réussite de cette œuvre me paraît miraculeuse, parce qu’elle n’est pas le fruit de moyens et de sciences humaines… »

    P. Giuseppe Cinà