« Si nous devons aller vers plus d’intégration dans l’union monétaire, je serai le premier à être d’accord pour qu’on en fasse moins dans d’autres domaines. Il ne s’agit pas de lister des secteurs, ce serait contre-productif et facteur de divisions. Mais nous pouvons réduire notre activité de réglementation qui est parfois perçue comme trop intrusive. »
Le propos est de José Manuel Barroso, dans une interview aux Echos.
Il faut bien comprendre qu’il dit : plus d’intégration dans l’union monétaire. Car l’union monétaire est entièrement réalisée dans la zone euro depuis qu’il y a l’euro, comme dirait M. de La Palice. Plus d’intégration dans l’union monétaire, c’est-à-dire dans la zone euro, cela veut dire un contrôle toujours plus étroit des finances des pays de la zone par la Commission européenne ; non seulement des finances, mais de toutes les politiques économiques et sociales. C’est d’ailleurs ce qui apparaît dans la phrase précédant la citation, où Barroso se félicite que les Etats aient « accordé » à la Commission « plus de compétences notamment en matière de discipline budgétaire et de sanctions », ajoutant qu’il aurait « aimé également plus de pouvoirs en matière de cohésion et de solidarité ». (On remarquera au passage qu’en bon dictateur il parle à la première personne : « J’aurais aimé avoir plus de pouvoirs… »)
Tel est le marché que propose Barroso : si vous me donnez le pouvoir de décider de ce que vous êtes autorisé à faire avec votre argent, je vous octroie généreusement le droit d’obéir à ce que j’ai décidé, et je vous promets de ne pas, euh non, de moins vous embêter sur les détails (détails dont je déciderai moi-même, car vous ne devez pas en dresser la liste, comme prétendent le faire les Néerlandais ces jours-ci).
