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  • Le retour de la mobylette crucifiée

    Image-B320024A4C7D11D9.jpg« Parmi les inventions les plus utiles à la vie quotidienne de Philippe Ramette figure le crâne humain transformé en tirelire au moyen d'une fente droite découpée dans le frontal : ainsi les restes d'un défunt peuvent-ils servir. (…) Il faudrait être d'une prodigieuse insensibilité à l'absurde pour ne pas goûter ces arrangements si simples. Dans le même genre, la Mobylette crucifiée ajoute le sacrilège à l'étrangeté. »

    Le Monde du 14 août faisait ainsi l’apologie de Philippe Ramette, qui expose cet été au Musée d’art moderne et contemporain de Genève.

    La mobylette crucifiée, qui date de 1987, est considérée comme le chef-d’œuvre qui a fait connaître "l'artiste". Elle a été exposée en 2001 dans une église romane et a été achetée par le FRAC de Poitou-Charentes.

    Il paraît que l'évêque avait protesté, en soulignant que cette œuvre était blasphématoire non pas dans son objet et sa forme, car « la création artistique est libre »… mais à raison de la sacralité du lieu où elle était exposée…

  • La religion de tolérance (et les carpettes)

    Un roman de l’Américaine Sherry Jones sur Aïcha, l’une des femmes de Mahomet, intitulé "Le joyau de Médine" (The jewel of Medina), a été retiré de la vente en Serbie à la suite des protestations de la communauté musulmane.

    Selon la radio-télévision B92, le mufti Muamer Zukorlic a estimé que l'ouvrage s'efforçait de « désacraliser une chose considérée comme intouchable par tous les musulmans ». « Manifestement, certains veulent rejoindre les rangs de ceux qui ont produit les caricatures au Danemark, et bien sûr, il s'agit d'une insulte pour tous les musulmans du monde, en particulier pour nous ici en Serbie », a-t-il ajouté.

    Le directeur de la maison d'édition Beobuk, Aleksandar Jasic, a présenté ses excuses à la communauté musulmane, soulignant qu'il n'avait « pas l'intention de blesser », et a espéré que « l'affaire en resterait là ». Il a assuré que le livre ne serait plus disponible dans une seule librairie du pays.

    Le mufti Zukorlic a accepté ces excuses et a lancé un appel au calme, selon les agences Tanjug et Beta. « Nous espérons que cette affaire servira de leçon pour que ce genre de choses ne se produise plus jamais », a-t-il ajouté.

    (Aïcha avait 9 ans quand son père Abou Bakr – qui allait devenir le premier calife - la donna en mariage à Mahomet. Le prophète se maria encore ensuite avec d’autres femmes, notamment Zaynab, que Mahomet lui-même avait donné pour femme à un esclave qu’il avait affranchi et dont il avait fait son fils adoptif. Mahomet reçut une révélation comme quoi il est permis au croyant de prendre pour femme l’épouse de son fils adoptif si ceux-ci n’ont plus de rapports (ce qui était le cas depuis que l’ancien esclave avait vu que Mahomet s’intéressait de très près à sa femme). Aïcha lui dit alors : « Je vois que ton Seigneur se précipite toujours pour satisfaire tes envies… » Et cela ce n'est pas du roman, c'est l'histoire officielle du Prophète.)

     

    Addendum. The jewel of Medina, publié par l’éditeur américain Random House, devait paraître en avant-première en Serbie, et sortir aux Etats-Unis ces jours-ci. Random House y a renoncé. Cette décision, dit l’éditeur dans un communiqué, « a été prise après de longues réflexions et beaucoup de réticence ». « Ce choix a été fait sur le conseil d'experts de l'Islam, notamment, qui ont souligné que la publication de cet ouvrage pourrait offenser certains membres de la communauté musulmane, et pourrait inciter à des actes de violences de la part de certaines minorités radicales. »

  • Les Dubliners…

    J’apprends par Novopress la mort de Ronnie Drew, fondateur et voix reconnaissable entre toutes des Dubliners.

    Avec ma femme, lors de notre rocambolesque « voyage de noces » en Irlande, nous avions vu les Dubliners à Dublin. Il n’y avait aucune affiche sur les murs. Nous avions juste vu un petit entrefilet dans le journal. Quand nous sommes arrivés à la gigantesque salle, elle était archi-pleine. Nous n’avons pu entrer qu’en donnant un billet à un appariteur, et nous nous sommes coincés entre des Irlandais sur les marches qui étaient pleines elles aussi… C’était réellement fabuleux.

    C'était en... 1972.

    Nostalgie…

     

  • La conversion de Jacqueline de Romilly

    C’était à la fin d’un article de La Croix, le 11 août, qui n’a pas mis en valeur, bien entendu, ce fait essentiel. Merci au Forum catholique de l’avoir fait connaître.

    L’article était intitulé "Jacqueline de Romilly, une Athénienne au XXe siècle", et était ainsi présenté : « À 95 ans, la grande helléniste, membre de l'Académie française, évoque sa vie, de la Première Guerre mondiale à la libération d'Ingrid Betancourt. »

    Et à sa conversion, omet de souligner la Croix. Qu’elle évoque ainsi :

    « Sur ce point, un homme m'a beaucoup apporté : le P. Labaky, confie-t-elle non sans malice. Il m'a préparée à la première communion et l'année dernière, à ma confirmation. A 95 ans, il était temps ! »

    (Jacqueline de Romilly, comme son nom ne l’indique pas, est d’origine juive. Son nom de jeune fille est David. Elle s’est mariée en 1940 avec Michel Worms de Romilly, lui-même juif, dont elle a ensuite divorcé.)

    Magnifique Père Labaky…

  • Pendant les JO, la répression continue. Et s’aggrave

    L'attribution en 2001 de la XXIXe Olympiade à la capitale chinoise avait fait naître l'espoir que, désormais sous les regards du monde, Pékin serait obligé de relâcher la pression sur les voix déviant de la doctrine du régime, nous dit l’AFP. C’est ce que pouvaient croire les indécrottables naïfs de tout poil, en effet. Or le résultat est inverse, comme c’était prévisible : à l’occasion des JO, le monde médiatique fait la promotion du régime chinois, comme un rideau de fumée dont le régime profite…

    Voici la suite de cette dépêche :

    Durant les compétitions, les ONG ont continué à espérer que les autorités, accueillant des dizaines de journalistes et de touristes internationaux, seraient contraintes de laisser plus de place à la liberté d'expression, à la liberté de culte ou aux dissidents.

    Les dix premiers jours des compétitions n'ont rien montré de tout cela: l'accès à l'internet a été partiellement restreint, des militants pro-Tibet ont été interpellés et les dissidents arrêtés juste avant les Jeux n'ont pas refait surface.

    "Jusqu'à aujourd'hui, ce qui avait été annoncé publiquement ne se traduit pas dans les faits, ce qui soulève un certain nombre de questions", a déclaré samedi Giselle Davies, porte-parole du Comité international olympique (CIO).

    Par exemple Zhang Wei, une résidente de Pékin qui a tenté d'obtenir une compensation pour la démolition de sa maison, a été condamnée à trente jours de détention pour "troubles à l'ordre public".

    Elle avait demandé la permission de manifester dans l'une des trois zones où les autorités voulaient cantonner les protestations, a expliqué son fils, Mi Yu. Le régime avait fait des promesses sur le droit à manifester.

    "Ils ont fait cette annonce pour le monde extérieur mais, à l'intérieur du pays, ils répriment la population", a déclaré à l'AFP M. Mi.

    Pour Nicholas Bequelin, de l'organisation Human Rights Watch (HRW), les jeux Olympiques n'ont "pas favorisé" les réformes en matière de droits de l'Homme, "ils ont en fait ralenti le travail en cours et provoqué l'augmentation des abus".

    "La stratégie adoptée par Pékin pour la préparation des Jeux a été d'éradiquer toutes les voix critiques en les empêchant de répercuter un message dans les médias internationaux", dit-il.

    L'épouse du dissident emprisonné Hu Jia a disparu depuis la veille de l'ouverture des JO. Depuis cette date, toutes les tentatives pour joindre Zeng Jinyan ont échoué.

    Hu Jia, l'une des voix les plus critiques du régime, avait été condamné en avril pour "tentative de subversion".

    La disparition de Zeng "est clairement liée aux jeux Olympiques, car nous avons perdu le contact juste avant le début des Jeux", a déclaré à l'AFP Li Fangping, l'avocat du dissident.

    Lui-même a expliqué avoir quitté Pékin, la pression se faisant trop importante.

    Un opposant chinois a écrit au président du CIO, Jacques Rogge, pour l'alerter d'une détérioration des conditions de vie en prison en amont des jeux Olympiques.

    He Depu, qui purge une peine de huit ans, a affirmé que le sort des prisonniers politiques s'est particulièrement aggravé en dépit des espoirs que les JO serviraient de catalyseur pour un changement, dans cette lettre transmise à la presse par Human Rights in China, basée à New York.

  • Les Danois reviennent en force

    Bonne nouvelle : le peuple danois revient en force dans le combat contre la dictature européenne.

    Dans une affaire concernant… l’Irlande, la Cour européenne de Justice a rendu un arrêt, le 25 juillet, selon lequel les épouses de citoyens membres de l’UE, qui ne sont pas elles-mêmes citoyennes de l’UE, ne peuvent pas se voir refuser le droit de vivre en Irlande. Et ce au nom de la règle de la libre circulation, qui ne souffre aucune restriction. L’arrêt fait naturellement jurisprudence dans toute l’Union européenne. Notamment au Danemark, qui a la politique d’immigration la plus restrictives de l’UE.

    Le 28 juillet, plusieurs couples se sont adressés au ministère danois de l’Intégration pour que le rejet de leur demande d’installation au Danemark en tant que couples soit réexaminé (beaucoup de ces couples vivent à Malmö, en Suède, à une demi-heure de route de Copenhague).

    Le ministre danois de l’Immigration, Birthe Ronn Hornbech, a annoncé que tout le système d’immigration serait revu (pour devenir conforme aux règles européennes). Ce qui a aussitôt provoqué cette réaction du Parti du peuple danois : « Le gouvernement doit dire à l’UE que c’était une condition pour l’adhésion du Danemark à l’UE que de pouvoir conduire de façon indépendante notre politique d’immigration. » Et d’ajouter que le Danemark doit être exempté de tout ce qui concerne la politique européenne de justice.

    Or le Parti du peuple danois fait partie de la coalition gouvernementale, qui s’écroule s’il se retire.

    Le 29 juillet, un conseiller de l’ancien Premier ministre Poul Nyrup Rasmussen dénonçait dans le Jyllands-Posten le fait que la Cour européenne usurpait le travail des hommes politiques élus. « Cette pratique est un problème démocratique… Les juges fabriquent de nombreuses politiques parce que les hommes politiques les laissent faire. Des décisions politiques qui devraient être de la responsabilité des représentants élus sont laissées à la Cour. »
    Dans les jours suivant, le Jyllands-Posten a publié des articles dénonçant les pratiques européenne et en appelant au respect de la souveraineté danoise.

    Le 4 août, le Parti du peuple danois a fait paraître, dans différents journaux, une pleine page intitulée : « Qui fait la loi au Danemark ? La Cour Européenne de Justice ou les Danois ? »

    Face à cette offensive, le Premier ministre Anders Fogh Rasmussen, effectuant un virage à 180 degrés par rapport à ce qu’avait d’abord dit son ministre de l’Intégration, a assuré que la politique danoise d’immigration resterait ferme, et que « le gouvernement ne restera pas inactif quand les règles de regroupement familial sont vidées de leur contenu par la porte de derrière ».

    Mais il ne dit pas comment il a l’intention de réagir, constate Pia Kjærsgaard, la présidente-fondatrice du Parti du peuple danois. En fait, dit-elle, « la politique d’immigration est jetée par-dessus bord. »

    Une conséquence de cette affaire est que le référendum sur les exemptions danoises est reporté sine die. (Le traité de Lisbonne a quant à lui été ratifié par voie parlementaire.)

    Le gouvernement avait en effet l’intention d’organiser un référendum en septembre pour mettre fin aux exemptions danoises concédées par l’UE en 1993 et qui avaient permis d’obtenir un vote positif sur le traité de Maastricht : le Danemark pouvait ne pas participer à la coopération policière et judiciaire, à la citoyenneté européenne, à la politique étrangère et de défense commune, et à l’Union monétaire et économique (ce qui est l’essentiel du traité).

    Fin juin, déjà, après le référendum irlandais et l’onde de choc qu’il a provoquée, le gouvernement danois laissait entendre que le référendum serait sans doute repoussé. Cette fois, c’est officiel, et il n’est pas repoussé, il est annulé : « Nous avions originellement envisagé l’ouverture d’une discussion sur l’UE, et peut-être même (sic) un référendum. Mais à cause du non irlandais, ce n’est plus le cas. » Il précise : « A l’heure actuelle il est trop tôt pour décider d’une date, spécialement depuis que la question irlandaise n’a pas été résolue. »

    Mais il n’y a pas de question irlandaise à résoudre. Le traité a été rejeté et il est mort. Point final.
    Anders Fogh Rasmussen ne dit pas un mot de l’affaire qui agite le pays, mais il est bien évident que c’est elle qui a conduit à l’abandon du référendum, car, dans le contexte actuel, le non serait massif.

    C’est beau, la démocratie…

    (Merci à François Desouche. Le blog Gates of Vienna suit cette affaire de près. Voir ici le dernier article, et à la fin de l’article les liens vers les articles précédents.)

  • Sainte Hélène

    En certains lieux c’est aujourd’hui la fête de l’impératrice sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin. C’est notamment le cas à Liverpool, comme je le vois dans un ordo britannique. Mais je ne vois rien qui relie Liverpool à sainte Hélène : aucune chapelle ou église de la ville ne porte son nom…

    Voici l’un des principaux récits de la découverte de la Croix par sainte Hélène, que l’on doit à Rufin d’Aquilée (grand traducteur de pères grecs en latin et continuateur de l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée).

    Elle apprit, par révélation, que la croix avait été enfouie dans un des caveaux du sépulcre de Notre Seigneur, et les anciens de la ville, qu'elle consulta avec grand soin, lui marquèrent le lieu où ils croyaient, selon la tradition de leurs pères, qu'était ce précieux monument ; elle fit creuser en ce lieu avec tant d'ardeur et de diligence, qu'elle découvrit enfin ce trésor que la divine Providence avait caché dans les entrailles de la terre durant tout le temps des persécutions, afin qu'il ne fût point brûlé par les idolâtres, et que le monde, étant devenu chrétien, lui pût rendre ses adorations.

    Dieu récompensa cette sainte impératrice beaucoup plus qu'elle n'eût osé l'espérer : car, outre la Croix, elle trouva encore les autres instruments de la Passion, à savoir les clous dont Notre Seigneur avait été attaché, et le titre qui avait été mis au-dessus de sa tête. Cependant, une chose la mit extrêmement en peine les croix des deux larrons, crucifiés avec Lui, étaient aussi avec la sienne, et l'Impératrice n'avait aucune marque pour distinguer l'une des autres. Mais saint Macaire, alors évêque de Jérusalem, qui l'assistait dans cette action, leva bientôt cette nouvelle difficulté. Ayant fait mettre tout le monde en prière, et demandé à Dieu qu'il lui plût de découvrir à son Église quel était le véritable instrument de sa Rédemption, il le reconnut par le miracle suivant une femme, prête à mourir, ayant été amenée sur le lieu, on lui fit toucher inutilement les deux croix des larrons ; mais dès qu'elle approcha de celle du Sauveur du monde, elle se sentit entièrement guérie, quoique son mal eût résisté jusqu'alors à tous les remèdes humains et qu'elle fût entièrement désespérée des médecins. Le même jour, Macaire rencontra un mort qu'une grande foule accompagnait au cimetière. Il fit arrêter ceux qui le portaient et toucha inutilement le cadavre avec deux des croix ; aussitôt qu'on eut approché celle du Sauveur, le mort ressuscita.

    Sainte Hélène, ravie d'avoir trouvé le trésor qu'elle avait tant désiré, remercia Dieu d'une grande ferveur, et fit bâtir au même lieu une église magnifique ; elle y laissa une bonne partie de la Croix, qu'elle fit richement orner ; une autre partie fut donnée à Constantinople ; enfin le reste fut envoyé à Rome, pour l'église que Constantin et sa mère avaient fondée dans le palais Sessorien (demeure de l'Impératrice) près du Latran qui a toujours depuis le nom de Sainte-Croix-de-Jérusalem.