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  • Vers un parti européen des nationalistes

    Jean-Marie Le Pen était hier à Vienne, en compagnie de Heinz-Christian Strache (FPÖ), Volen Siderov (Ataca), Frank Vanhecke (Vlaams Belang). L’objectif de cette réunion était de préparer la naissance d’un parti européen. Les « partis européens », dont Bruxelles encourage la constitution comme vecteurs de l’européisme, bénéficient d’avantages spécifiques et non négligeables. Pour être constitués ils doivent rassembler des membres d’au moins sept pays membres.

    Ce sera en quelque sorte le parti européen de ceux qui ne veulent pas de partis européens.

  • Le pape rappelle à l’ordre le tribunal de la Rote

    Dans son discours au tribunal de la Rote, pour l’ouverture de l’année juidiciaire, le pape Benoît XVI a appelé les membres du tribunal à faire preuve de plus de rigueur lorsqu’ils jugent les demandes de reconnaissance de nullité de mariages, et de faire un « effort constant » pour prendre en compte dans leur jugement « la réalité du mariage indissoluble ».

    (Le tribunal de la Rote juge notamment en appel les demandes de reconnaissance de nullité de mariage lorsqu’il est saisi après le jugement de première instance rendu par les tribunaux diocésains.)

    Le pape a mis en garde contre « le risque que se développent, en raison du caractère universel de l'Eglise et de la diversité des cultures juridiques dans lesquelles elle doit œuvrer, des formes de jurisprudence locales éloignées de la doctrine de la l'Eglise sur le mariage ». « Je souhaite que soient étudiés tous les moyens pour rendre la jurisprudence de la Rote toujours plus unitaire », a-t-il insisté.

  • Gaza : la frontière toujours ouverte

    Le gouverneur du Sinaï nord, cité par l'agence officielle égyptienne Mena, a annoncé que la frontière avec Gaza resterait ouverte « jusqu’à ce que les Palestiniens aient satisfait tous leurs besoins en produits divers et en nourriture », et que les forces de sécurité ont reçu l’ordre de faciliter leur passage.

    C’est un revirement complet avec que l’Egypte avait annoncé la veille.

    Les Palestiniens de Gaza continuent de se rendre en Egypte par milliers, et pour la première fois aujourd’hui ils le font en voiture.

    Le ministre égyptien des Affaires étrangères a invité (séparément) l’Autorité palestinienne et le Hamas au Caire pour discuter d’urgence des mesures concernant Rafah.
    Rafah est la ville coupée en deux par la frontière.

    Des barrages ont été établis aux sorties égyptiennes de Rafah pour empêcher les centaines de véhicules palestiniens de se rendre plus avant dans la péninsule du Sinaï. Ils laissaient cependant les gens se rendre en taxis ou dans des véhicules particuliers jusqu'à la ville d'El-Arich, située à une cinquantaine de kilomètres plus à l'ouest.

  • Le problème des banques

    L’AFP a tenté d’avoir, à Davos, des commentaires des dirigeants de la finance internationale à propos de l’affaire de la Société Générale, à laquelle un courtier a fait perdre 4,9 milliards d’euros selon la version officielle.

    L’omerta est complète.

    L’agence n’a pu que recueillir cette confidence aussi intéressante qu’anonyme : « Ça pourrait arriver à n'importe qui. Ça ne m'étonne absolument pas. Ce genre de catastrophe va se reproduire et pour des montants encore plus énormes. Le problème, c'est que les banques sont devenues des supermarchés: elles veulent faire tous les métiers à la fois, banque de détail, banque d'affaires, courtage, et les dirigeants ne comprennent pas ce qui se passe dans leurs salles de marché. Autrefois, les banques étaient spécialisées sur un métier de base et il était beaucoup plus facile de surveiller l'activité des employés. La déréglementation a tout changé: elle a permis un développement considérable de l'activité bancaire, mais on en paie le prix aujourd'hui. »

    Pour arriver à contrôler efficacement les transactions, il faudrait selon lui des investissements gigantesques dont les banques n'ont pas les moyens.

  • Retour sur la décision 6

    Je constate que certains ne comprennent pas ce que j’ai voulu dire à propos de la décision 6 du rapport Attali.

    Je vais essayer d’être plus clair.

    La décision 6 institue, sous l’appellation de « droits à l’école », ce que l’on appelait jusqu’ici le « coupon scolaire » ou le « chèque scolaire ». Il s’agit de donner aux parents l’équivalent de ce que coûte à l’Education nationale l’enseignement d’un enfant, et les parents donnent cet argent à l’école de leur choix. Il ne s’agit pas d’argent que les parents pourraient se mettre dans la poche, mais d’un « bon » qui représente cet argent. C’est pourquoi il vaut mieux parler de « coupon » que de « chèque », ou, comme le rapport Attali, de « droits à l’école », car c’est de cela en effet qu’il s’agit.

    Le coupon scolaire est la garantie d’une totale liberté de l’enseignement. Par un renversement diabolique (que presque personne ne semble voir), le rapport Attali en fait une garantie de suppression des libertés scolaires, et l’expression « droits à l’école » prend un sens très particulier.

    Les parents reçoivent des « droits à l’école » pour leur enfant. Cela leur donne donc le droit (et les moyens qui vont avec) d’envoyer leur enfant dans l’école de leur choix, à condition qu’il s’agisse d’une école publique, ou d’une école privée qui respecte scrupuleusement les mêmes programmes que l’école publique et la même idéologie que l’école publique (ce que le rapport appelle les « valeurs républicaines » : stricte « laïcité », promotion de la culture de mort, etc.).

    On ne donne pas aux parents de « droits à l’école » pour une école qui n’est pas habilitée à recevoir ce coupon. Le fait d’appeler le coupon scolaire « droits à l’école » implique logiquement que l’enfant n’a pas le droit d’aller dans une autre école que l’une de celles qui peuvent recevoir ses « droits ».

    Il est possible (mais ne n’est pas sûr) que dans un premier temps on tolère que des parents mettent à la poubelle les « droits à l’école » de leurs enfants et paient de leurs deniers une école non conventionnée.

    Mais les gestes ont un sens, les mots ont un sens.

    Je mets à la poubelle les droits à l’école de mon enfant, ce coupon qui me donne les moyens d’assurer sa scolarité…

    Psychologiquement, c’est extrêmement différent de la situation actuelle, où des parents disent : bon, je paie des impôts pour l’Education nationale, mais je fais le sacrifice de payer en plus l’école de mes enfants. Et ce n’est même pas ce que peuvent se dire ceux qui ne paient pas d’impôts… De toute façon les deux attitudes sont déconnectées. Je ne sais pas combien je paie d’impôt pour l’Education nationale, mais je sais ce que je paie à l’école. Là, je saurai ce que j’ai entre les mains, et qu’on me permet peut-être de mettre héroïquement à la poubelle.

    Cela ne concerne que les actuelles écoles hors contrat, qui sont une infime minorité : il est donc possible qu’on les tolère, en se disant qu’elles disparaîtront d’elles-mêmes, ou qu’elles deviendront tellement marginales qu’il sera inutile de faire un esclandre en les interdisant, c’est-à-dire en obligeant les parents à utiliser les « droits à l’école ». Mais, encore une fois, la logique de la décision 6 est bien que les parents utilisent obligatoirement les droits à l’école.

    L’immense majorité des enfants qui ne sont pas à l’école publique sont dans des écoles privées sous contrat d’association. Ce qui n’existe plus selon la décision 6. Ces écoles devront se transformer en « écoles privées conventionnées », et ce conventionnement « devra être très strict sur la nature des enseignements et le respect des valeurs de la République », en premier lieu la « laïcité ». Toute discussion, notamment, sur le caractère catholique de l’école catholique n’a plus aucun sens. Les écoles privées ne seront conventionnées que si elles sont les mêmes que les écoles publiques (avec éventuellement de meilleurs professeurs et de meilleures méthodes de travail : la décision 6 vise à une émulation entre écoles identiques sur le plan des « valeurs »).

    En résumé, j’ai peut-être été un peu lapidaire dans ma première réaction, mais la logique de la décision 6 est bien celle que j’ai dite.

    Et je ne comprends donc toujours pas que les tenants de l’école libre (et d’abord de l’école catholique sous contrat) ne dénoncent pas avec vigueur cette menace majeure.

    Attendre, pour réagir, que la décision 6 devienne éventuellement un projet de loi (car on n’y croit pas) est une attitude irresponsable. Il sera évidemment trop tard : vous n’êtes pas pris au dépourvu, c’était noir sur blanc dans le rapport Attali, dont le président de la République a dit qu’il l’appliquerait. Vous n’avez soulevé aucune objection à l’époque. Maintenant, vous n’avez plus que le droit de vous taire.

  • Ubi est Abel frater tuus ?

    Ubi est Abel frater tuus ? dixit Dominus ad Cain. Nescio, Domine, numquid custos fratris mei sum ego ? Et dixit ad eum : Quid fecisti ? Ecce vox sanguinis fratris tui Abel clamat ad me de terra. Maledictus eris super terram, quæ aperuit os suum, et suscepit sanguinem fratris tui de manu tua. Ecce vox sanguinis fratris tui Abel clamat ad me de terra.

    Où est Abel ton frère ? demanda le Seigneur à Caïn. Je ne sais pas, Seigneur... Suis-je le gardien de mon frère ? Et il lui dit : Qu’as-tu fait ? Voici que la voix du sang de ton frère Abel crie vers moi depuis la terre. Tu seras maudit sur la terre, qui a ouvert sa bouche pour recevoir le sang de ton frère, versé par ta main.