EUobserver titre : « Kroes menace la Hongrie de l’option nucléaire ». Bon, il ne s’agit quand même pas de lancer une bombe atomique sur Budapest. Ce que l’agence de presse appelle l’option nucléaire, c’est l’article 7 du traité européen, qui permet de suspendre un pays de l’UE.
C’était hier, lors d’une audition du commissaire Neelie Kroes et du vice-Premier ministre hongrois Tibor Navracsics devant une commission du Parlement européen. Il s’agissait une fois de plus de la nouvelle loi hongroise sur les médias.
Neelie Kroes a dit qu’elle espérait que le gouvernement hongrois allait demander au Conseil de l’Europe ce qu’il pense de cette loi et suivre ses recommandations.
« On le fera dans la mesure où ces propositions n’iront pas contre les acquis de la Constitution hongroise », a répondu Tibor Navracsics du tac au tac, déclenchant ainsi le rire (jaune) des membres de la commission : le Conseil de l’Europe doit donner son avis, en mars, sur la nouvelle Constitution hongroise.
« Ce n’est pas ce que vous m’avez dit dans mon bureau », réplique Neelie Kroes. « Excusez-moi, madame, mais c’est exactement la même chose », a répondu le Hongrois. Et Neelie Kroes de grommeler qu’elle demanderait à la Commission de « prendre les mesures appropriées », avant de quitter la salle en coup de vent sans saluer personne.
Son porte-parole a confirmé que c’était une allusion à l’article 7.
Mais si c’est en effet la Commission qui lance la procédure de bannissement selon l’article 7 (la suspension des droits de vote au Conseil), il faut un accord unanime des 26 autres Etats. Et cela ne peut pas arriver contre la Hongrie. Et donc la Commission ne lancera pas la procédure…
