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  • Edmund Burke et Benoît XVI

    Jeanne Smits a traduit un très remarquable article d'Elizabeth Lev, dans Politics Daily, intitulé "Pour défendre le clergé catholique (ou voulons-nous un nouveau règne de la Terreur?)", où l'on voit que l'exceptionnelle lucidité de ce cher Edmund Burke s'étendait jusqu'à nous...

    En 1790, la plus grande partie du monde félicitait la France d'avoir mené ce qui ressemblait à une révolution achevée avec succès.

    Le Roi, objet de toutes les haines, avait été contraint de se soumettre, et le changement avait balayé une nation opprimée, porteur de l'espoir d'un avenir plus prometteur sous un meilleur gouvernement.

    Les journaux, commençant alors à prendre toute leur place, proclamèrent l'avènement d'une nouvelle ère de paix et de prospérité, tandis que les « protopontes » comparaient le changement de régime à la Glorieuse Révolution anglaise de 1688.

    Un observateur, cependant, l'homme d'Etat anglais Edmund Burke, ne se laissa pas embobiner par les images triomphales répandues par les équipes de « com » des révolutionnaires ; il percevait les nuages qui s'amoncelaient, préparant la plus noire des tempêtes.

    Et quel était son premier indice pour affirmer que la Révolution était loin d'être achevée ? Les attaques hostiles constantes contre le clergé catholique.


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  • Jihad à Moscou

    Deux femmes se sont fait exploser dans deux stations du métro, lundi matin, à l'heure de pointe, dans le centre-ville de Moscou. Le dernier bilan est de 37 morts et des dizaines de blessés. Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier de ce type depuis 2004.

    Les combattants annonçaient le jihad en Russie depuis fin décembre", explique Alexeï Malachenko, de la Fondation Carnegie. Deux de leurs chefs ont été récemment tués et ils voulaient "venger ces morts". "Une nouvelle génération de combattants a poussé dans le Caucase où deux nouvelles écoles de kamikazes ont été récemment ouvertes".

    Pour le centre américain d'analyse IntelCenter, "la version la plus probable est que le groupe derrière le double attentat suicide dans le métro de Moscou est l'Emirat du Caucase dirigé par Dokou Oumarov". Oumarov, un ex-président indépendantiste tchétchène s'est proclamé Emir et chef de tous les mouvements rebelles actifs dans le Caucase russe.

  • Sans commentaire

    Dans un article du Monde :

    C'était chez Nesma, Soraya était là, son voile sombre autour de son visage rond (les prénoms ont été modifiés). Toutes deux comprenaient les questions, mais répondre en français, prononcer les voyelles, le E, le I, leur était difficile. (...) Soraya, 29 ans, et Nesma, 44 ans, sont soeurs, algériennes (...).

    Elles ont raconté leur histoire par bribes, depuis leurs débuts toutes seules, en France, directement d'Algérie. C'était il y a sept ans pour Nesma, cinq pour Soraya. Nesma était enceinte du premier de ses deux garçons. Soraya avait ses trois grands enfants. Depuis, un petit dernier est né et un fils de 14 ans l'a rejointe il y a un an.

    Elles accordent plein de raisons à leurs difficultés. Les cours de langue collectifs où "les enfants sont interdits". La crèche, la halte-garderie, "souvent complètes". Les courses, à pied, pas de voiture. L'obligation de cuisiner tous les midis car les cantines scolaires ne sont pas halal. (...) A la maison, elles ne parlent que l'arabe. "Je sais que c'est ça le problème." Son plus petit va intégrer l'école maternelle en septembre sans connaître le français.

    (...) Les deux soeurs ne regardent que les chaînes algériennes. Toutes leurs amies sont dans la même situation. Pas entendu parler du débat sur l'identité nationale, rien sur la burqua. Soraya dit qu'elles ont juste "vu Sarkozy, des fois".

    Nesma résume, fataliste, "on est ici, c'est tout". Elles sont venues "pour les enfants, les médecins". Travailler leur paraît inaccessible alors elles s'appliquent à leur logis. Elles bénéficient des allocations familiales, de la CMU, de l'épicerie sociale et des Restos du coeur. (...)

    Le mari de Nesma "regrette" par moments d'être ici. Avec la crise, il est au RMI. Celui de Soraya attend toujours son visa, au pays. Son cadet est dans une classe de "primo-arrivants".

    (...) Nesma, à l'avenir, rêverait d'avoir cinq enfants et une fille, si possible.

  • Un préfet

    Selon le Journal du Dimanche, le préfet du Loiret, Bernard Fragneau (qui est aussi préfet de la région Centre), a écrit au ministère de l'Intérieur pour demander à "être relevé au plus tôt de ses fonctions", estimant qu'"il ne peut plus exercer ses fonctions dans le Loiret".

    Le 20 février, une jeune Marocaine en situation irrégulière, Najlae Lhimer, s'était présentée à la gendarmerie de Châteaurenard pour porter plainte pour maltraitance contre son frère. Elle avait alors été placée en garde à vue et immédiatement expulsée de France, car elle faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français depuis le 24 novembre 2009.

    Face à l'indignation des lobbies immigrationnistes, le préfet avait logiquement soutenu les services de la préfecture qui avaient délivré l'avis de reconduite aux frontières.

    Mais le 8 mars, journée de la femme, Nicolas Sarkozy avait déclaré que la jeune Marocaine était la bienvenue en France. Et elle est donc revenue.

    Le préfet était ainsi clairement désavoué par le président de la République pour avoir fait respecter les lois de la République. Il en tire les conséquences. Honneur à lui. Honte sur celui qui fait de l'Etat de droit un chiffon de papier.

  • Première marche pour la vie à Bruxelles

    Hier a eu lieu la première marche pour la vie dans la capitale belge, à l'occasion des 20 ans de la loi sur l'avortement. Le cortège d'environ 2.000 personnes a défilé de la place royale au palais de justice. Au départ, le primat de Belgique, Mgr Léonard, a salué les manifestants et leur a dit notamment :

    « Quand on manifeste pour l'emploi, on manifeste forcément aussi, contre les licenciements arbitraires. Quand on manifeste pour le respect de la vie animale, on manifeste contre l'exploitation de la vie animale. Donc, à tout oui, correspond un non. Mais ici, le premier souci, est un oui. C'est de dire oui à la dignité de la femme et oui à la dignité de ce que nous avons tous été : un petit enfant dans le sein maternel. »

    Il a dit aussi:

    « Le Saint-Père a été informé de la marche et prie pour tous ceux qui se mobilisent en faveur de la culture de la vie. »

  • L’abbé Francis Michel débouté par Rome

    La Congrégation pour le clergé a débouté l'abbé Francis Michel, et a donc donné raison à Mgr Nourrichard, qui veut le chasser de sa paroisse de Thiberville.

    Sur le plan strict du droit canon, il semble qu'il n'y ait rien à redire : l'évêque a le droit de changer un curé d'affectation.
    Sur le plan pastoral, c'est une véritable catastrophe. Le message que reçoivent les catholiques est que pour Rome il est normal qu'un évêque supprime la paroisse la plus florissante de son diocèse, et mette au placard un curé exemplaire, aimé de tous, dont l'action est conforme en tous points à ce que demande le pape.

    Et c'est naturellement un encouragement aux évêques pour qu'ils ne prennent pas de gants avec des curés qui oseraient manifester des tendances traditionnelles.

    On s'étonne de l'extrême rapidité avec laquelle la Congrégation pour le clergé a rendu son jugement (susceptible d'appel), et l'on rappelle que la même Congrégation, il y a peu, avait donné raison à l'abbé Cheval que l'évêque voisin avait destitué pour une raison similaire. Mais il faudrait avoir les textes des deux jugements pour comprendre ce qui se passe.

     

    Addendum

    Communiqué du Comité de Soutien à l'abbé Michel - 28 mars 2010

    Alors que des nouvelles plus ou moins officielles agitent les esprits, Monsieur l'abbé Michel demande à tous ceux qui le soutiennent la plus grande prudence :

    « L'abbé Michel se désolidarise de tout ce qui peut être dit sur sa situation canonique et demande qu'aucun commentaire ne soit fait à ce sujet. Dans l'état actuel, tout commentaire ne peut que le desservir et faire le jeu de ses opposants. »

  • Il chiacchiericcio

    Le site du Vatican ne nous donne pour le moment que le texte italien, et l'agence Zenit un compte rendu en français, de la magnifique homélie de Benoît XVI au cours de la messe des Rameaux, où il souligne que la « montée » de Jésus à Jérusalem fut une véritable montée, de près de 1.000 mètres, et en tire l'enseignement :

    « L'homme peut choisir une voie commode et éviter toute fatigue. Il peut aussi descendre vers ce qui est bas, vulgaire. Il peut s'abîmer dans le marais du mensonge et de la malhonnêteté. Jésus marche devant nous et il monte. Il nous conduit à ce qui est grand, pur, il nous conduit à l'air salubre des hauteurs : à la vie selon la vérité, au courage qui ne se laisse pas intimider par le bavardage des opinions dominantes, à la patience qui supporte et soutient l'autre. »

    Cette phrase prend naturellement une signification toute particulière dans le contexte de la campagne mondiale contre l'Eglise et contre son chef. L'AFP l'a noté, et a traduit ainsi ce passage :

    « Jésus marche devant nous et va vers le haut. Il nous conduit vers ce qui est grand, pur (...), vers le courage qui ne se laisse pas intimider par les jacasseries des opinions dominantes. »

    Le mot employé par le pape est « chiacchiericcio ». Il se traduit habituellement par « bavardage », mais je vois aussi « ragot ». « Jacasserie » me plaît bien, mais j'aimerais avoir l'avis de spécialistes de la langue italienne.


    Addendum

    "Jacasseries" est la traduction du compte rendu du service d'information du Vatican.

     

    Addendum 2

    La traduction intégrale de l'homélie se trouve désormais sur Zenit. Malheureusement, "chiacchiericcio" est devenu "rumeur"...

  • Le parfum

    « Six jours avant la Pâque », Jésus vient à Béthanie, pour prendre un repas avec Lazare, Marthe et Marie. Celle-ci prend une livre de parfum d'un grand prix, en oint les pieds de Jésus, qu'elle essuie de ses cheveux.

    Marie réitère de façon quasi liturgique le geste qu'elle avait déjà fait dans la maison d'un pharisien. C'est pourquoi Jésus répond à Judas qu'elle a « gardé ce parfum pour le jour de ma sépulture ». Un parfum que Judas aurait bien vendu 300 deniers pour donner aux pauvres, à ce qu'il prétend. 300 deniers, c'est-à-dire une année de salaire d'ouvrier. Un parfum de grand prix, en effet. Car rien n'est trop cher pour honorer le Fils de Dieu. Rien n'est trop beau pour la liturgie.

    Le texte dit : « libram unguenti nardi pistici pretiosi ». La Vulgate a retranscrit tel quel en latin le mot grec « pisticos », dont la signification, ici, est mystérieuse. On traduit généralement par « pur ». Mais « pisticos » ne veut pas dire « pur ». « Pisticos » vient de « pistis », la foi, la confiance. Un parfum « pisticos » est un parfum « de confiance ». Qu'est-ce que cela veut dire ? Le P. Lagrange a trouvé la solution, par hasard, en découvrant dans un souk de Terre Sainte un marchand de parfums qui vendait du « parfum de confiance » : il s'agissait de flacons fermés, dont on ne pouvait connaître le contenu qu'après en avoir brisé l'ouverture.

    Ce « parfum de confiance » que Marie verse sur les pieds de Jésus, c'est le parfum de la foi (« pistis »). « Et la maison fut remplie de l'odeur du parfum. » Car Dieu, « par nous, répand en tous lieux le parfum de sa connaissance » ; « car nous sommes, pour Dieu, la bonne odeur du Christ parmi ceux qui se sauvent et parmi ceux qui se perdent » (II Corinthiens, 2, 14-15).