Le 13 février dernier, Louis Schweitzer annonçait, au cours d’une grande conférence de presse qu’il avait convoquée à ce propos, que les entreprises ont d’énormes progrès à faire pour réduire les discriminations à l’embauche, et que la Halde allait dénoncer nominativement les entreprises les plus coupables dans une enquête choc le mois suivant, à savoir en mars. On allait voir ce qu’on allait voir…
Mais le mois de mars est passé, puis le mois d’avril, puis le mois de mai… Et l’on attendait toujours l’enquête choc sur les pratiques immondes des grandes entreprises.
C’est seulement hier que Louis Schweitzer a présenté les résultats de son enquête. Qui n’a rien de choc.
L’AFP en fait une dépêche laconique, signalant que la Halde a relevé des discriminations dans… trois entreprises, dont une seule à raison de l’origine, les deux autres à raison de l’âge, entreprises qui contestent vivement la méthodologie même de la Halde (dont les faux CV qui ne correspondaient pas au profil souhaité…).
L’AFP signale aussi : « C'est la société Arirs qui a emporté l'appel d'offres pour réaliser les tests, pour un montant de quelque 570.000 euros. Elle est dirigée par le sociologue Jean-François Amadieu, également membre du comité consultatif de la Halde. » Une coïncidence qui ne passe pas inaperçue…
Libération a publié sur le sujet un article savoureux : « Phrases courtes et sourires crispés… Une enquête que Louis Schweitzer semblait vouloir expédier… L’ancien PDG a voulu faire des exemples au cœur du fleuron de l’entreprise française mais visiblement, sans les armes appropriées… Aucun chiffre précis n’a été rendu public… Au final, seules deux entreprises du CAC sont épinglées, mais sans chiffres : Accor sur l’origine des candidats et le Crédit agricole sur les seniors. Pour les autres, «soit il n’y a pas d’écart et donc elles ne discriminent pas, soit cet écart n’est pas assez significatif», explique Schweitzer… Bref, des résultats fantômes, pour une étude qui a manqué de trépasser à plusieurs reprises depuis son lancement. Lundi, 48 heures avant la sortie des résultats, une réunion entre des responsables des entreprises concernées et la Halde a, semble-t-il, manqué de tourner au pugilat : «La rencontre fut houleuse, rapporte ainsi Cathy Kopp, DRH d’Accor, toutes les entreprises ont contesté les données, même celles qui n’étaient pas mises en cause, comme Total ou Sanofi.» … Pour son premier grand testing, la Halde a manifestement raté sa cible. »