24 février 2012

Tant mieux

Selon Die Welt, cité par EUobserver, le gouvernement turc a annoncé aux autorités européennes qu’il suspendrait toutes relation officielle avec l’UE pendant la présidence tournante de Chypre (au deuxième semestre).

Il avait déjà prévenu qu’il ne négocierait pas sa candidature avec un pays qu’il ne reconnaît pas.

Le processus d’adhésion restera donc au point mort cette année. L’année dernière, pour la première fois depuis le début du processus, en 2005, aucun chapitre de négociation n’a été ouvert.

Une première en Turquie

Le patriarche de Constantinople a été invité par la commission parlementaire turque chargée de rédiger le projet de nouvelle Constitution. Bartholomée Ier a présenté un mémorandum de 18 pages et a expliqué ce que l’Eglise orthodoxe attendait d’une nouvelle Constitution.

Il a ensuite résumé devant la presse ce qu’il a dit au cours de cette audition à huis clos : il a évoqué les discriminations dont souffrent les citoyens turcs qui ne sont pas d’origine turque et a remarqué que le traité de Lausanne, établi pour protéger les droits des minorités, était utilisé par le système contre les minorités. Et il a demandé que les minorités bénéficient des fonds publics accordés à la majorité musulmane pour le culte et l’enseignement.

Le patriarche a terminé son exposé en disant que les chrétiens ne voulaient pas être des citoyens de seconde classe et qu’il fallait éviter de réitérer les injustices dont ils ont souffert dans le passé. Et il a ajouté : « Nous avons quitté la réunion confiants, plein d’espoir et de sentiments de gratitude. Une nouvelle Turquie est en train de naître. »

Car c’est ainsi qu’un citoyen de seconde classe doit conclure, surtout après s'être exprimé comme il l'a fait…

Le gouvernement Erdogan a décidé de faire auditionner les chefs des minorités nommées dans le traité de Lausanne. Ce qui inclut notamment les arméniens et les juifs. Mais pas les catholiques car le traité parle de minorités ethniques, et non religieuses (d’où le propos du patriarche sur les citoyens turcs qui ne sont pas d’origine turque). Les catholiques pourraient toutefois être également auditionnés.

Il est difficile d’évaluer l’importance de cette initiative. L’avenir dira s’il s’agit d’un signe de bienveillance, ou simplement d'une opération publicitaire à destination de la communauté internationale et qui n’engage à rien.

07 novembre 2011

L’église du 2e concile de Nicée (re)devient une mosquée

800px-Ayasofya_Iznik_902.jpg

L’église Sainte-Sophie de Nicée (aujourd’hui Iznik, en Turquie), qui accueillit le 2e concile de Nicée, transformée en mosquée en 1331, détruite en 1923, reconstruite en 2007 comme “musée”, a de nouveau été transformée en mosquée. L'appel du muezzin a retenti le 2 novembre pour la première fois depuis 1923.

(On voit bien sur la photo le minaret en construction, à gauche, surmonté du drapeau turc.)

22 octobre 2011

Le gouvernement turc va restaurer des églises…

Selon Fides :

Parmi les lieux de culte dont la restauration a été décidée par les autorités gouvernementales se trouvent : l’église arménienne catholique située en province de Diyarbakir, la plus grande synagogue de la province d’Edirne, l’église grecque de Taksiyarhis sur l’île de Cunda, de nombreux églises et monastères grecs de l’île d’Imbro, l’église syrienne d’Antioche et l’église gréco-catholique d’Iskenderun. En outre, l’église grecque orthodoxe de Saint Nicolas, qui fut démolie en 1960, sera reconstruite à Bodrum (zone touristique connue du sud-ouest de la Turquie) sur la base d’un accord approuvé par le maire de Bodrum et par les membres de l’assemblée communale. Après la démolition, le lieu était devenu un marché public. La population musulmane de la région, de mentalité plus ouverte que celle d’autres régions de la Turquie, a exprimé sa satisfaction suite à la décision de reconstruire l’église.

08 octobre 2011

Une église syriaque à Istanbul

La communauté syriaque orthodoxe d’Istanbul compte aujourd’hui 17.000 membres : pour beaucoup, ce sont des descendants des assyro-chaldéens génocidés il y a un siècle, qui ont fui leur région (le sud-est de la Turquie) dans les années 80 en raison des combats entre les Turcs et les Kurdes. Elle vient d’obtenir du Premier ministre et du président turcs l’autorisation historique de construire une église. Le terrain sera même fourni par la municipalité d’Istanbul.

07 juillet 2011

Une église rouvre en Turquie

Après une bataille judiciaire de neuf ans, les syriaques ont obtenu de pouvoir de nouveau célébrer le culte dans une église qui avait été fermée au moment du génocide, il y a près de cent ans, à Adiyaman, capitale de la province du même nom, et siège métropolitain syriaque.

Des centaines de syriaques venus de Turquie et de pays voisins (Syrie et Irak, sans doute) ont participé à la reconsécration de l’église métropolitaine Saints Pierre et Paul, et à la liturgie qui a suivi, célébrées par le métropolite d’Adiyaman et celui d’Istanbul.

C’est la première fois depuis le temps de l’empire ottoman que les syriaques peuvent rouvrir une église.

21 juin 2011

Turquie : prenons l’ambassadeur au mot

Communiqué de Bruno Gollnisch

L’ambassadeur de Turquie auprès de l’Union européenne, M. Selim Kuneralp, a déclaré à un journal en ligne européen que l’Union européenne avait perdu toute influence sur les réformes internes qu’envisage le gouvernement turc après les dernières élections législatives. En d’autres termes que le pays ne prendrait plus en compte les recommandations de Bruxelles, et ce d’autant plus que les négociations d’adhésion sont enlisées.

M. l’ambassadeur n’a certainement pas exprimé une opinion personnelle. On peut très bien comprendre l’exaspération du gouvernement turc placé devant les exigences répétées, changeantes, et très hypocrites, de l’Union Européenne. Si la Turquie veut poursuivre des réformes sans droit de regard de Bruxelles, libre à elle. Mais alors il faut mettre un point final définitif à cette situation malsaine, et réorienter d’urgence les négociations vers une autre forme de relations avec l’UE. Qui du coup n’aura plus à payer les 750 millions d’euros annuels d’aide de « pré-adhésion » à la Turquie (800 en comptant l’aide au Nord de Chypre occupé). Voilà une économie en perspective pour le budget de l’UE alimenté par les contribuables européens.

14 juin 2011

Turquie : un député chrétien…

turquieInsolite. Erol Dora, un chrétien syriaque, a été élu député de Mardin (qui était une capitale assyro-chaldéenne avant le génocide). Avocat, notamment de chrétiens persécutés, Erol Dora était un « candidat indépendant » présenté par la plateforme « Travail Démocratie et Liberté », dont le parti principal est le « Parti pour la paix et la démocratie » (BDP), lequel est la nouvelle vitrine légale du PKK. Bref, Erol Dora arrive au Parlement turc dans les valises kurdes : il bénéficie de la forte progression du vote kurde, qui fait passer le groupe des députés « indépendants » de 22 à 36.

Il n’en faut pas plus pour que certains (à commencer par Erol Dora, bien sûr) y voient l’hirondelle qui fait le printemps…

13 juin 2011

Turquie : l’AKP à 50%

L’AKP a obtenu 50% des voix (49,9 exactement) aux législatives. Il avait obtenu 34 % en 2002, ce qui lui avait permis d’arriver au pouvoir, puis 47% en 2007.

Le prétendu « islamisme modéré » est donc fermement installé aux commandes, obtenant une large majorité absolue de sièges (mais nettement moins des deux tiers requis pour imposer une nouvelle Constitution).

On rappellera que Erdogan rejette l’idée d’un « islamisme modéré » : « Ces descriptions sont très laides, elles sont blessantes et sont une insulte à notre religion. Il n'y a pas d’islam modéré ou immodéré. L'islam est l'islam et voilà tout. » Et les élections montrent que l’islam qui est l’islam réel (1) ne cesse de progresser, face aux fantasmes entrentenus chez nous d’une Turquie de plus en plus occidentalisée.

(1) « Les mosquées sont nos casernes, les coupoles nos casques, les minarets nos baïonnettes et les croyants nos soldats » (« Poème » cité par Erdogan quand il était maire d’Istanbul).

01 mars 2011

Les funérailles d’Erbakan

Des centaines de milliers de personnes, les hommes coiffés du fez (interdit depuis 1925) et les femmes voilées, ont assisté à Istanbul aux obsèques de Necmettin Erbakan, fondateur du nouvel islamisme turc et éphémère Premier ministre. L’actuel Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, et le chef de l'Etat, Abdullah Gül, tous deux disciples d'Erbakan, étaient au premier rang pour la prière à la mosquée Fatih. Le cercueil, orné d'un drapeau vert, a été porté par la foule.

Milli-Görüs-0021.jpg

Erbakan était notamment le fondateur de Milli Görüs, qui est la plus importante organisations islamique en Allemagne et en Europe.

Extrait d’un article de Die Zeit :

Milli-Gorus-Logo.jpg

Milli Görüs pense à tout et à tous. Avec Milli Görüs, les croyants peuvent jouer au football ou partir en pèlerinage à La Mecque. En cas de décès, un fonds prend en charge le transfert du corps de Berlin ou de Duisburg au cimetière d'Istanbul ou de Konya. Une vie entière accompagnée par Milli Görüs, du berceau à la tombe. Avec l'aide sociale et l'instruction religieuse, l'idéologie s'insinue lentement. "Petit à petit, les jeunes sont embrigadés dans l'organisation", explique Reinhard Hocker, sociologue. Certains n'apprennent que très tard que cette mère si dévouée a pour nom Milli Görüs.
Aucune des organisations liées à Milli Görüs n'en porte le nom ; il est difficile de prouver l'existence de liens directs. "Il n'est nul besoin de liens formels", souligne Thomas Lemmen, spécialiste de l'islam à la faculté de théologie de Sankt Augustin. "Tout le réseau est fondé sur des relations personnelles." Ainsi, le Kölner Haus, siège de l'Institut de pédagogie internationale et de didactique de Cologne, appartient à la famille Erbakan. La cofondatrice de l'institution s'appelle Amina Erbakan : c'est la mère du secrétaire général et la présidente de la Communauté des femmes islamiques germanophones - qui n'a officiellement rien à voir non plus avec Milli Görüs, bien qu'elle ait son siège dans les locaux de la centrale de l'organisation, à Cologne-Ehrenfeld. Thomas Lemmen a pris la peine de consulter les registres des associations et de comparer les adresses, les statuts et les noms des responsables. Il est fréquemment retombé sur les mêmes personnes et les mêmes adresses. Au coeur de l'organisation : la famille Erbakan.

16:15 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : turquie

28 février 2011

Erdogan en Allemagne : sans surprise

Le Premier ministre turc, samedi, dans une interview au Rheinische Post : « La population turque attend que l'Allemagne joue son rôle de moteur de l'UE dans l'affaire des négociations d'adhésion turque, comme c'était le cas avec les précédents gouvernements CDU. De toute évidence, l'évolution du processus d'adhésion, jusqu'à présent, donne l'impression d’une discrimination. »

Dimanche, devant des Turcs à Düsseldorf : « Nous observons la xénophobie, dans certains pays européens, notamment en Allemagne, avec un grand malaise… L’islamophobie est un crime contre l’humanité, tout comme l’est l’antisémitisme. » « Je veux que vous tous appreniez l'allemand et obteniez le meilleur niveau d'éducation que vous pouvez... Je veux que Turcs soient présents à tous les niveaux en Allemagne, dans l'administration, dans la politique, dans la société civile. »

Recep Tayyip Erdogan devait rencontrer Angela Merkel ce lundi, et se rendre à la Commission européenne mardi. Mais il est reparti pour Ankara afin de participer aux obsèques de Necmettin Erbakan, mort dimanche. Erbakan, fondateur de l’organisation islamiste Milli Görüs, du Parti du salut national interdit après le coup d’Etat militaire de 1980, puis du Parti du bien-être qui remporta les élections en 1995, Premier ministre en 1996, poussé à la démission par l’armée l’année suivante, fut le mentor d’Erdogan.

Ces derniers jours, Erdogan s’en est également pris à Nicolas Sarkozy, qui est allé en Turquie non en tant que président de la République française mais en tant que président du G20. « Nous aurions aimé lui souhaiter la bienvenue en tant que président de la France... Je pense que ce n'est pas une visite au niveau de l'amitié entre la Turquie et la France. La Turquie et les liens turco-français méritent mieux que cela », a dit Erdogan. En outre, Sarkozy est descendu de l’avion en mâchant un chewing gum. Lorsqu’il est reparti, le maire d’Ankara l’a salué en mâchant ostensiblement un chewing gum…

25 février 2011

Les meurtres de femmes en Turquie : + 1400%

Le nombre de femmes assassinées en Turquie a augmenté de 1400 % entre 2002 et 2009, selon les données révélées par le ministre de la Justice devant le Parlement.

Il y a une corrélation directe entre l’augmentation de l’inégalité entre les sexes et l’augmentation du niveau de violence des hommes envers les femmes, commente le professeur Aysel Celikel, directrice de l’association Support for Contemporary Living. “Les droits des femmes reculent autant que le conservatisme avance dans la société.” Par conservatisme il faut entendre islamisme, évidemment.

(83 femmes ont été assassinées en 2003, 164 en 2004, 317 en 2005, 663 en 2006, 1.011 en 2007, 806 en 2008 et 953 au cours des sept premiers mois de 2009, qui est la dernière année pour laquelle les données étaient disponibles, selon le ministre.)

(Bivouac-ID)

13:13 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : turquie

18 février 2011

Turquie : décrochez la croix !

Selon les journaux turcs du 15 février, un groupe de personnes se sont rassemblées il y a quelques semaines dans la cour de l’église catholique Sainte-Marie de Trébizonde, sur la Mer Noire (là où fut asssassiné le P. Santoro en 2006), et ont exigé que l’on décroche la croix au sommet de l’édifice religieux. Ces agresseurs ont scandé des slogans nationalistes, lancé des cocktails Molotov et des bouteilles dans la cour de l’église aux cris de “si vous ne descendez pas la croix, nous le ferons nous-mêmes !”. Ces derniers n’ont pas été arrêtés pour le moment. La police n’aurait pu identifier personne sur les vidéos des caméras de surveillance, rapporte le quotidien Sabah…

(Bivouac-ID)

17 janvier 2011

Erdogan demande des excuses à Angela Merkel

Parce qu’elle a dit au président chypriote : "Nous voyons les nombreux efforts que vous menez et nous voyons aussi que la partie turque n’apporte pas la réponse adéquate."

Voir aussi ici.

16 novembre 2010

Les Autrichiens rappellent à l’ordre l’ambassadeur de Turquie

L’ambassadeur de Turquie à Vienne, Kadri Ecvet Tezcan, s’est livré à une violente charge contre la société autrichienne qui n’accueille pas les Turcs comme elle le devrait.

Plusieurs ministres, et le chancelier Werner Faymann en personne, ont déclaré que les propos de l’ambassadeur étaient inacceptables.

Kadri Ecvet Tezcan a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a eu l’humiliation de se faire remonter les bretelles par un sous-fifre.

(Bivouac-ID)

11 novembre 2010

Ahurissant

Le Figaro publie un article sur le rapport rituel de la Commission européenne concernant le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. En gros, ce processus risque d’être rapidement dans l’impasse si les Turcs ne font pas très vite un effort.

Intertitre du Figaro : « Chypre plombe le dossier ». C’est Chypre qui est le coupable… On pourrait croire que l’intertitre est d’une maladroite ambiguïté, mais le texte insiste :

« Les Chypriotes grecs exigent de la Turquie qu'elle ouvre ses ports à leurs navires, conformément à la parole donnée. Faute de l'obtenir, ils manient le veto. Bruxelles s'impatiente: «Il n'y a eu aucun progrès vers une normalisation des relations bilatérales», constate le rapport de la commission. »

Salauds de Chypriotes…

(On appréciera le « conformément à la parole donnée », comme s’il s’agissait d’une généreuse promesse que les Turcs tardent à remplir. Alors que la Turquie a conclu un accord de libre échange avec l’UE qui implique, comme dit mon ami M. de La Palisse, que tous les pays de l’UE ont accès aux ports turcs.)

14 octobre 2010

Couper les fonds européens à la Turquie

Une cinquantaine de députés UMP ont déposé ce matin un amendement au projet de loi de finances pour 2011 afin de supprimer la part française des crédits de "pré-adhésion" de la Turquie (ils se montent à 900 millions d'euros sur sept ans (2007-2013) au niveau de l'UE, dont 127 millions à charge de la France).

"Compte tenu de la situation financière dans laquelle se trouve notre pays, il est important de mettre fin à ce paradoxe politico-budgétaire", déclarent les députés dans un communiqué. L'adhésion de la Turquie à l'UE "est un objectif souhaité ni par les Français, ni par les Turcs".

Les Français "ne comprennent pas que l'on encourage financièrement ce pays à faire des réformes en vue d'une adhésion à l'UE, non pas par ostracisme, mais tout simplement parce que la Turquie n'est pas en Europe, c'est une évidence tant sur le plan géographique qu'historique", ajoutent-ils.

(via Reuters)

02 octobre 2010

Provocation turque

L'Eglise d'Arménie condamne la tenue d'une "prière" musulmane de centaines de nationalistes turcs organisée dans une ancienne cathédrale arménienne dans l'est de la Turquie.

"Nous avons appris avec indignation qu'avec la permission des autorités turques, des membres du Parti de l'action nationaliste avaient organisé une prière musulmane à l'église arménienne d'Ani. Cette initiative est une provocation politique qui n'a rien à voir avec les sentiments religieux ou la liberté de culte", déclare l'Eglise d'Arménie, qui "condamne de telles actions".

Cette "prière" a été organisée par le Parti de l'action nationaliste (MHP) dans la cathédrale d'Ani, qui fut la capitale du royaume d’Arménie autour de l’an mille. La ville fut prise par les Turcs en 1064, reprise par les Arméniens en 1199, puis par Tamerlan à la fin du XIVe siècle…

Cette “prière" est considérée comme une réponse du MHP à la première messe autorisée en l’église arménienne de Van, le 19 septembre.

Le MHP, parti d’opposition (76 députés), était à l’origine nationaliste laïque. Il est aujourd’hui, par nécessité électorale, nationaliste-islamique…

13 septembre 2010

Un nouveau pas dans l’islamisation de la Turquie

Les Turcs étaient appelés aux urnes, hier, pour un référendum sur une série d’amendements (très divers) à la Constitution. Les sondages n’étaient pas très nets. Le résultat l’est : 58% de oui.

Le scrutin était organisé 30 ans jour pour jour après le coup d’Etat militaire de 1980. Il était donc focalisé sur les amendements qui renforcent le pouvoir civil (c’est-à-dire islamique) contre le pouvoir militaire (c’est-à-dire laïciste). Et Erdogan l’a dit ouvertement, pendant la campagne, quand il demandait de voter pour la Constitution du peuple contre celle des militaires, et après l’annonce des résultats : "Le régime de tutelle (de l'armée) fait désormais partie de l'histoire."

"Ces réformes sont un pas dans la bonne direction puisqu'elles répondent à un certain nombre de priorités dans les efforts de la Turquie pour se conformer pleinement aux critères d'adhésion", a déclaré Stefan Füle, le commissaire européen à l’élargissement, tout en soulignant que l’UE serait attentive aux lois qui mettront ces réformes en œuvre, et que la Turquie avait besoin d’autres réformes, notamment "dans le domaine des droits fondamentaux, comme la liberté d’expression et la liberté de religion".

Ce 12 septembre n’est pas seulement une réponse au 12 septembre 1980. C’est aussi une réponse au 12 septembre 1683, quand l’islam turc avait été chassé des portes de Vienne.

17 août 2010

La messe de Soumela

Pour la première fois depuis le génocide des Grecs du Pont, une messe a pu être célébrée, le jour de l’Assomption, au monastère orthodoxe de Soumela (en turc Sümela), près de Trabzon en Turquie. Les autorités ont permis à 500 personnes d’assister à cette messe dans l’enceinte du monastère, c’est-à-dire dans la cour, et non dans le bâtiment, cependant que 2.000 autres personnes, selon les autorités, suivaient du dehors, sur un écran géant, la divine liturgie célébrée par le patriarche Bartholomée. Les participants étaient des descendants des rescapés des Grecs du Pont, venus de Grèce ou de Russie.

La messe est désormais permise en ce haut lieu orthodoxe une fois par an, le 15 août.

Sans doute le gouvernement turc croit-il ainsi faire la preuve qu’il fait des progrès en matière de respect des minorités religieuses, condition de son adhésion à l’Union européenne…

Ce n’est pourtant pas une messe annuelle qui change quoi que ce soit à la situation des Eglises en Turquie. Mais les Turcs entendent jouer sur l’émotion considérable que cette autorisation a suscitée. "C’est un événement historique" qui atteste "d'un esprit de coopération et de paix entre notre peuple et celui du pays voisin", a déclaré le Premier ministre grec Georges Papandréou. Nul doute que le gouvernement grec appuiera encore plus fort la demande d’adhésion de la Turquie…

06 août 2010

Erdogan s’est nommé un conseiller polygame…

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a nommé en juin un conseiller, Ali Yüksel, qui est ouvertement polygame : il a trois femmes, et dit en rechercher une quatrième, « comme le permet l’islam ».

Cette nomination vient seulement d’être connue. La presse laïque s’étrangle d’indignation. La polygamie est théoriquement interdite en Turquie depuis 1926.

"Quels conseils demandera M. Erdogan à cette personne?", s'interroge le journal Vatan. Mais des conseils « islamistes modérés », bien sûr…

19:40 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : turquie

27 juillet 2010

David Cameron en Turquie

"Quand je pense à ce qu'a fait la Turquie pour défendre l'Europe en tant qu'alliée de l'Otan et ce que la Turquie fait maintenant en Afghanistan aux côtés des alliés européens, cela me met en colère de constater que votre marche vers une adhésion à l'Union européenne peut être découragée de la façon dont elle l'a été", a déclaré David Cameron dans un discours devant des hommes d'affaires à Ankara.

"Je pense que c'est une erreur de dire que la Turquie peut monter la garde devant le camp, mais sans être autorisée à entrer dans la tente. Aussi, je resterai votre avocat le plus déterminé pour une adhésion à l'Union européenne et pour une plus grande influence à la table de la diplomatie européenne."

"Savez-vous qui a dit ceci: “Voilà un pays qui n'est pas européen... son histoire, sa géographie, son économie, son agriculture, et le caractère de son peuple - un peuple admirable au demeurant - tout va dans une direction différente. C'est un peuple qui ne peut pas devenir membre à part entière, en dépit de ses revendications et peut-être de ses convictions” ? Cela ressemble à quelques Européens décrivant la Turquie. Mais en réalité c'est le Général de Gaulle qui a dit cela, décrivant le Royaume-Uni, avant d'opposer son veto à notre accession à l'UE. Nous savons ce que c'est que d'être exclu du club. Mais nous savons aussi que ces choses peuvent changer."

L’euroscepticisme de David Cameron s’est singulièrement émoussé depuis qu’il est au pouvoir. Mais sa turcophilie n’en est que plus flamboyante.

Toutefois, le correspondant à Bruxelles de la BBC, Jonny Desmonde, disait hier : « Je crois que si les négociations continuent comme cela, la Turquie ne rejoindra jamais l’UE. Elles sont dans une situation désespérée, les négociations, en ce moment… L’énergie a disparu… »

30 juin 2010

Turquie-UE : ouverture d’un nouveau chapitre

L’Espagne, qui présidait le Conseil européen jusqu’à ce soir, avait promis l’ouverture de nouveaux chapitres dans les négociations d'adhésion de la Turquie à l’UE.

UN nouveau chapitre a été ouvert aujourd’hui, in extremis (sécurité alimentaire, vétérinaire et phytosanitaire). C’est le 13e. Mais, à ce jour, seul le premier a été bouclé.

03 juin 2010

Meurtre du chef de l'Eglise catholique en Turquie

Mgr Luigi Padovese, vicaire apostolique d'Anatolie et président de la conférence épiscopale turque, a été égorgé par son chauffeur.

« il semble qu'il s'agisse d'une affaire privée sans motivation politique », a déclaré le gouverneur de la province, précisant que l'homme était traité pour des désordres psychologiques. Il était chauffeur de l'évêque depuis quatre ans et se serait converti au catholicisme.

Cet assassinat a lieu le jour où sont enterrées les victimes du raid israélien sur la flottille de Free Gaza (finalement les 9 morts étaient turcs, dont un devenu américain), et où des milliers de personnes ont participé à un « rassemblement de prière » à Istanbul pour crier leur haine d'Israël et leur soutien au Hamas.

22 avril 2010

Sans surprise (bis)

La coalition au pouvoir en Arménie annonce la suspension de la procédure de ratification au Parlement des accords signés avec la Turquie en vue d'une normalisation des relations entre les deux pays.

"Le refus de la partie turque de répondre à l'exigence de ratifier l'accord sans condition préalable et dans un délai raisonnable rend inutile la poursuite du processus de ratification au Parlement national", a déclaré la coalition au pouvoir. Cette décision, précise-t-elle, est la conséquence des déclarations de Tayyip Erdogan conditionnant la ratification des accords à la conclusion d'un traité de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan sur la question du Haut-Karabakh.

C'était couru d'avance.

15 mars 2010

La Turquie parle déjà comme un membre de l’UE

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, participait à une réunion informelle avec des homologues de sept pays de l'UE, samedi en Finlande. Il a notamment déclaré :

« Nous voulons que l'UE soit beaucoup plus active dans toutes les affaires internationales, et aussi beaucoup plus visionnaire, parce que l'UE est un bon exemple de pays qui ont eu de sérieuses difficultés, les pires tensions dans le passé, et se sont rassemblés en se fondant sur des valeurs aussi bien que sur des intérêts économiques. »

10 mars 2010

Erdogan décoré par le roi d’Arabie pour "services rendus à l'islam"

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a décerné hier au Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan le prix international du roi Fayçal, l'une des décorations les plus prestigieuses du royaume, pour "services remarquables rendus à l'islam", ayant "défendu la cause de la nation islamique, en particulier la cause palestinienne et les justes droits du peuple palestinien". "Au niveau international, il a été l'un des fondateurs musulmans de l'appel aux relations entre les civilisations et un défenseur passionné du dialogue constructif, de l'esprit d'ouverture et des principes de la coopération et de la compréhension internationales."

15:34 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : turquie

23 février 2010

L'Espagne turcophile extrémiste

"L'Espagne est fermement partisane de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Nous avons toujours maintenu fermement cette position. C'est le cas aujourd'hui et ce le sera demain", a déclaré le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, au terme d'un rencontre, hier, avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

"La présidence tournante espagnole souhaite aborder et ouvrir le nombre maximum possible de chapitres dans le processus de négociations avec la Turquie pour son incorporation à l'Europe", a ajouté M. Zapatero. "La Turquie envisage l'ouverture de quatre chapitres. Nous verrons jusqu'où nous pourrons aller. Cela paraît un objectif compréhensible de la part de la Turquie", a estimé le chef du gouvernement socialiste espagnol, ajoutant qu'il allait "aborder cette question" avec la nouvelle commission européenne lors d'une réunion ce mardi à Madrid.

19 février 2010

La Turquie vers l’UE…

abgs.jpg

Logo du Secrétariat général pour les Affaires européennes (organisme du gouvernement turc chargé des négociations d'adhésion). On remarque comment les étoiles européennes pâlissent et s'éteignent à l'approche du croissant...

(via Novopress, qui curieusement ne le reproduit pas)

28 janvier 2010

Minorités en Grèce et Turquie : renoncer à la réciprocité…

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) demande à la Grèce et à la Turquie de renoncer au principe de réciprocité qui les régit. Le recours au principe de réciprocité entre la minorité musulmane en Thrace (Grèce orientale) et des minorités non musulmanes en Turquie (en clair les chrétiens) "est devenu anachronique", dit-elle. Ce principe, prévu par le traité de Lausanne en 1923, pourrait "compromettre la cohésion nationale dans les deux pays". Les deux pays devraient "traiter tous leurs citoyens sans discrimination, sans prendre en compte la façon dont l'Etat voisin pourrait traiter ses propres citoyens".

En bref, la minorité musulmane grecque doit pouvoir choisir librement ses muftis, et la législation de 2008 accordant aux membres de la minorité musulmane des quotas dans la fonction publique doit être mise en œuvre.

Et cela sans contrepartie du côté turc vis-à-vis des minorités chrétiennes. Car si l'APCE demande à la Turquie de favoriser concrètement l'accès des membres des minorités à la police, l'armée, la magistrature et l'administration, elle sait parfaitement que c'est peine perdue. La Turquie est très régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme, sans que cela produise le moindre effet.

Et pour que ce soit bien clair, l'APCE vient d'« élire » par acclamation un Turc islamiste comme président.