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PS

  • Le PS

    Sur ce qui s’est passé lors de l’université d’été du PS à La Rochelle, voici une dépêche sans complaisance de l’Associated Press qui dit tout.

    Bal des prétendants, tractations en coulisses, petites trahisons entre amis: le Parti socialiste a donné ce week-end à La Rochelle l'image d'un parti englué dans ses divisions et les manoeuvres d'appareils à deux mois et demi du congrès de Reims.
    Les socialistes voulaient montrer lors de leur 15e université d'été leur capacité à incarner une "alternative crédible" à Nicolas Sarkozy. Si les quelque 3.000 militants présents ont studieusement travaillé dans les 21 ateliers, l'esprit n'était pas tout à fait le même parmi leurs dirigeants.

    A trois semaines de la date-limite pour le dépôt des motions, qui départageront les prétendants à la succession de François Hollande, l'heure était aux grandes manoeuvres pour Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, Martine Aubry ou Pierre Moscovici. Objectif: constituer une majorité dans un parti balkanisé. Au sortir de l'université d'été, la situation n'est pas plus claire. Aucun des prétendants ne paraît pour l'instant en mesure de réunir plus du quart du parti lors du vote sur les motions.

    A ce petit jeu, Ségolène Royal se sera montrée la plus discrète. La finaliste de l'élection présidentielle de 2007, qui mise tout sur son aura parmi les militants, s'est contentée d'une apparition le premier jour, marquée par un appel quasi-mystique à "l'amour" entre socialistes et une rapide réunion de ses partisans. Samedi et dimanche, elle a préféré à La Rochelle la fête du Parti démocrate italien.

    Son premier rival Bertrand Delanoë, qui avait officialisé sa candidature dans la semaine, a opté pour la stratégie inverse. Le maire de Paris et favori des sondages, arrivé dès jeudi à La Rochelle, y a passé tout son week-end, assistant au premier rang à la séance de clôture. Alors que Mme Royal entretient des relations tendues avec le parti, auquel elle reproche de ne pas l'avoir assez soutenue pendant la campagne présidentielle, M. Delanoë lui multiplie les déclarations d'amour. "Passer tous ces jours et ces soirées ensemble, c'est agréable", a osé le maire de Paris vendredi soir devant ses partisans.

    Mais ce sont les "reconstructeurs", ensemble hétéroclite de ceux qui refusent l'alternative Royal-Delanoë, qui ont le plus alimenté la chronique par leurs difficultés à s'entendre. Les restaurants du port de La Rochelle ont été le théâtre de l'implosion des amis de Dominique Strauss-Kahn. Tandis qu'une partie des strauss-kahniens se rapprochait de Martine Aubry et de Laurent Fabius, l'autre, derrière Pierre Moscovici, concluait un accord avec les tenants de la "Ligne claire", ensemble de barons locaux emmenés par le maire de Lyon Gérard Collomb et le président du conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini. Les "reconstructeurs" ont donc toujours deux candidats au poste de Premier secrétaire: Martine Aubry, qui doit se déclarer dans la semaine, et Pierre Moscovici.

    Les tractations ont même tourné au vaudeville lorsque M. Moscovici s'est retrouvé seul samedi à la table d'un restaurant pendant que ses "amis" déjeunaient en compagnie de Martine Aubry et Laurent Fabius.

    Dans cette situation, l'appel à la "cohésion", à "l'unité" et à "l'esprit collectif" lancé dimanche par François Hollande, Premier secrétaire en bout de course, relevait largement du voeu pieu. D'autant que le futur ex-Premier secrétaire entend lui-même peser sur le congrès en favorisant l'émergence d'un "pôle central", sans doute derrière Bertrand Delanoë dont il s'est rapproché récemment.

    Ces trois jours de festival socialiste à La Rochelle n'auront pas été de nature à améliorer dans l'opinion l'image d'un parti largement inaudible depuis sa défaite de 2007, la troisième consécutive à la présidentielle. Les divisions entre socialistes sur l'Europe ou l'Afghanistan ne les aident pas à se faire entendre. "On nous dit que le PS est inaudible, mais moi je l'entends trop!", a ironisé dimanche M. Hollande.

  • Au PS ça ne s’arrange pas

    A Vaulx-en-Velin, Fadela Amara a annoncé qu’elle allait « créer plus de 45.000 emplois en trois ans » dans une centaine de quartiers « les plus difficiles » et « réduire dans le même temps de 40% le chômage des jeunes en banlieue ». Une nouvelle fois, Christine Boutin a contesté les propos de sa secrétaire d’Etat, soulignant qu’elle « manque peut-être un peu de prudence », qu’il n’y avait pas encore eu d’abitrage sur le plan banlieue, que Sarkozy présentera le 8 février, et que « le temps des effets d’annonce, c’est terminé ».

    La porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale, Aurélie Filipetti, a jugé que Fadela Amara, « totalement désavouée », devrait démissionner.

    « Pourquoi démissionnerait-elle ? » a réagi François Hollande, prenant la défense de Fadela Amara qui a « essayé de faire quelque chose » mais qui en est « empêchée », avec une Christine Boutin qui la suit à la trace...

    L’autre jour, Razzy Hammadi, secrétaire national du PS à la riposte, accusait, Sarkozy et Barnier de « mensonge » et de « démagogie » sur la question des quotas de pêche. Immédiate réplique à la riposte, venant de Jack Lang : « Je suis stupéfait » par la réaction du PS, il n’y avait « rien de démagogique » dans les propos de Sarkozy, qui ont été « favorablement accueillis par la profession et les parlementaires »...

    Cette réaction de Jack Lang n’est sans doute pas sans rapport avec les rumeurs qui le voient arriver au gouvernement lors du prochain remaniement. Mais, en attendant, le message du PS est pour le moins brouillé...

  • Contre-ordre au PS

    Le groupe socialiste à l’Assemblée nationale a décidé d’aller au congrès du Parlement à Versailles et de s’abstenir sur la réforme constitutionnelle, a annoncé Jean-Marc Ayrault.

    Précédemment, Jean-Marc Ayrault avait annoncé que le groupe socialiste avait décidé de « boycotter » le congrès, ce qui avait suscité le courroux des adversaires du traité de Lisbonne.

    Ce revirement ne change rien aux divisions du PS. Jean-Luc Mélenchon et Paul Quilès venaient de déclarer, au cours d’une conférence de presse du Comité national pour un référendum, que la soixantaine de parlementaires PS signataires de l’appel du Comité iraient voter non à Versailles.

    Après la « décision » du PS, Henri Emmanuelli a réaffirmé qu’il irait à Versailles et voterait non.

    Et Jack Lang a réaffirmé qu’il irait à Versailles pour voter oui...

    Selon les calculs de Mélenchon, en additionnant tous les parlementaires UMP, centristes et non inscrits, il manquerait encore 65 voix pour obtenir les 2/5e. Or on sait que plusieurs parlementaires souverainistes de droite (15 selon Mélenchon) voteront non. S’il en est ainsi, le PS avait devant lui un boulevard pour manifester son opposition à Sarkozy. Mais l’européisme commande. Et c’est précisément cet européisme qui est le ciment de l’UMPS.

  • Les socialistes et le congrès

    Paul Quilès se dit « atterré » par la décision son parti de boycotter le congrès de Versailles : « Que l’on soit favorable ou non à ce traité, copie conforme du projet de Constitution européenne, refusé par le peuple français en 2005, c’est à lui et à lui seul de s’exprimer à nouveau par référendum. C’est une question de cohérence et de démocratie », dit-il. Or, « boycotter ce congrès, c’est accepter que le référendum n’ait pas lieu », car il aurait été possible de réunir 2/5e des parlementaires contre la révision constitutionnelle.

    D’après l’AFP, ce sont plusieurs dizaines de parlementaires socialistes qui ont exprimé leur détermination à se rendre au congrès.

    Face à cette fronde de grande ampleur, François Hollande a déclaré aujourd’hui, lors de ses vœux à la presse, que « sur cette question-là il y a des règles de la liberté de conscience »...

    Il a ajouté que même si les tous les députés socialistes votaient non, on n’atteindrait pas les 2/5e. Il n’a peut-être pas tort. Mais ce n’est pas en désertant qu’il pourra le vérifier.

  • Secrétaire national à la Riposte

    Razzye Hammadi, qui a quitté la direction du MJS à la fin de son mandat, a été nommé secrétaire national du PS à la Riposte.. .

    Il a été aussi désigné tête de liste du PS aux municipales à Orly.

    Benoît Hamon, qui a démissionné de son poste de secrétaire national chargé du projet européen pour désaccord avec la ligne du parti, ne sera pas remplacé. On savait déjà que le PS n’a pas de projet européen. Pas de projet tout court. Il lui reste la riposte. A quoi ? A la politique de Kouchner, à celle de Bockel, aux projets d’Attali ?

  • Bruno Julliard, la ligne directe

    Bruno Julliard a annoncé qu’il quitterait la présidence de l’Unef lors de la réunion du collectif national qui aura lieu le 8 décembre. Ce jour-là, « Jean-Baptiste Prévost, vice-président, sera le seul candidat à l’élection à la présidence, et il sera élu. »

    Voilà qui est rondement mené...

    Bruno Julliard, fils du maire socialiste du Puy-en-Velay, quitte la présidence de l’Unef pour se retrouver... à la mairie de Paris. Il sera sur les listes de Delanoë aux municipales. Comme candidat ... « d’ouverture ». Sic. Sous prétexte qu’il n’a pas gardé sa carte du PS pendant qu’il était président de l’Unef.

  • Le PS dit oui et se divise à nouveau

    Le bureau national du PS s’est prononcé en faveur du nouveau traité européen par 36 voix pour, 20 contre, 2 abstentions et 1 non-participation. La question du référendum a été évacuée (alors que Ségolène Royal avait promis un référendum tout au long de sa campagne), et l’attitude à adopter au Congrès lors de la très probable révision constitutionnelle qui précédera l’adoption du traité n’a pas été évoquée non plus.

    François Hollande s’est félicité d’une « volonté commune de sortir du conflit ».

    Mais le secrétaire national au projet européen, Benoît Hamon, a aussitôt démissionné de son poste.

    Dans la garde rapprochée de Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et Malek Boutih se sont abstenus, et Julien Dray n’a pas pris part au vote.

    « Ils disaient que j’étais seul, eh bien, je pavoise ! » a lancé Jean-Luc Mélenchon.

    Mais il n’y a pas vraiment de quoi pavoiser. Car d’une part plusieurs partisans du non à la Constitution européenne (Vincent Peillon, etc.) ont voté oui, et d’autre part ce vote rend désormais inéluctable l’adoption du traité.

    C’est Jean-Luc Mélenchon en effet qui avait expliqué que si les socialistes rejetaient la révision constitutionnelle, celle-ci ne serait pas adoptée et qu’un référendum deviendrait ipso facto nécessaire. Car il faut une majorité des trois cinquièmes au Congrès, or l’UMP et ses alliés ne l’ont pas. Mais il s’agit des trois cinquièmes des suffrages exprimés. Il faut donc que toute la gauche, avec les souverainistes de droite, vote non. Si elle s’abstient, la réforme passera.

    Or le PS ne peut évidemment pas prôner le non à la réforme constitutionnelle s’il dit oui au traité. Il ne peut que dire oui également à la réforme constitutionnelle. Certains responsables prônent l’abstention, et ensuite le vote de la loi de ratification au Parlement, afin de ne pas avoir l’air de toujours dire oui à Sarkozy. Mais cette abstention purement politicienne ne peut pas se justifier sur le fond, et le résultat est de toute façon un oui à Sarkozy.

    « On ne peut pas lâcher le peuple ! » s’est exclamé Montebourg.

    Mais si, on peut. Surtout quand on est socialiste.

  • Les socialistes et le traité

    François Hollande : « Nous ne nous opposerons pas au vote de ce traité. »

    Laurent Fabius : « Je ne vois pas comment on pourrait approuver un déni de démocratie. Ce qui a été examiné par référendum ne peut être réexaminé que par référendum. »

  • Razzye Hammadi n’a pas de chance

    La commission administrative électorale d’Orly a rejeté l’inscription sur les listes électorales de Razzye Hammadi et de 13 autres personnes qui ne présentaient pas des éléments de preuve suffisants de leur attache avec la commune. Parmi les 13 autres personnes figurent des proches de Razzye Hammadi.

    Le président du MJS, qui semblait avoir jeté son dévolu sur Hénin-Beaumont pour y affronter Marine Le Pen, s’est ensuite replié sur Orly. Mais il ne veut pas faire le SDF des jeunes socialistes. Il dit qu’il a signé un bail de location à Orly ce matin et qu’il présentera une nouvelle demande d’inscription.

    A Hénin-Beaumont, il y a déjà au moins deux listes socialistes pour les municipales. A Orly, le moins qu’on puisse dire est que Razzye Hammadi n’est pas accueilli à bras ouverts. Le maire de gauche, Gaston Viens, 84 ans, élu depuis 1965, n’a pas dit qu’il se retirait, et refuse d’évoquer la venue éventuelle du jeune loup que les socialistes cherchent à caser...

  • Un certain Razzye Hammadi

    Razzye Hammadi va-t-il être envoyé au casse-pipe par le PS à Hénin-Beaumont contre Steeve Briois et Marine Le Pen ? La Voix du Nord le juge probable. Selon Steeve Briois, c’est une certitude. Selon des « sources proches de la direction du PS » interrogées par l’AFP, « des responsables locaux socialistes ont proposé à Razzye Hammadi de prendre la tête de liste à Hénin-Beaumont, mais rien n’est tranché ». Et le principal intéressé répond : « Les premiers informés seront les habitants d’Hénin-Beaumont. »

    Qui est Razzye Hammadi ? C’est le président du MJS (mouvement des jeunes socialistes). Il est inconnu, mais le PS envisagerait précisément de le faire connaître en le parachutant à Hénin-Beaumont contre Marine Le Pen. Selon un curieux sondage paru au mois d’août, il aurait déjà une notoriété (où cela ? au MJS ?) bien supérieure à celle des autres membres de la « jeune garde », tels Benoît Hamon ou Manuel Valls. Razzye Hammadi était passé à Hénin-Beaumont pendant la campagne des législatives. Il est l’homme qui combat le Front national en disant notamment : « Ils veulent tuer tous les juifs et tous les noirs », ce qui suffit à montrer le niveau politique du personnage. (La preuve est ici, et quand son interlocuteur lui fait remarquer que « c’est dommage de caricaturer », il répond : « Mais c’est la vérité ! »)

    Dans un communiqué, Steeve Briois « se félicite du parachutage d’un troisième couteau du PS pour les prochaines municipales d’Hénin-Beaumont ». Il souligne que Razzye Hammadi est totalement inconnu de la très grande majorité des habitants alors que l’élection est une « relation de confiance entre un homme et une ville », et constate que « c’est désormais une habitude des partis politiques d’envoyer un candidat issu de l’immigration dans des endroits perdus d’avance ». L’UMP avait envoyé Nesredine Ramdani pour les législatives. « Nul doute que les électeurs d’Hénin-Beaumont renvoient monsieur Hammadi de notre cité comme ils l’ont fait avec le candidat UMP Nesredine Ramdani. »

    Steeve Briois tient donc à « féliciter le PS pour ses idées lumineuses et pour la division qu’engendre une troisième liste estampillée proche du PS ».

    Le paysage socialiste est en effet pour le moins chaotique à Hénin-Beaumont. Le maire actuel Gérard Dalongeville compte se représenter. C’est sa liste dissidente qui a été élue aux dernières municipales, contre la liste officielle du PS menée par l’ancien maire Pierre Darchicourt. Le poulain de ce dernier, Daniel Duquenne, est censé conduire la liste PS officielle. S’il est évincé au profit de Razzye Hammadi, il pourrait à son tour conduire une liste dissidente...

    Voilà pourquoi, de quelque côté qu’on l’observe, la candidature de Razzye Hammadi est une bonne nouvelle pour le Front national.

  • Hollande dans le texte

    Ségolène Royal a voulu contacter François Bayrou par téléphone, pour lui demander son alliance pour le second tour des législatives. Car dans certaines circonscriptions, l’appui du « Modem » au candidat socialiste pourrait être décisif. Mais la pauvre Ségolène a dû laisser son message sur le répondeur...

    Interrogé sur cette initiative, François Hollande a déclaré : « Chacun peut appeler qui il veut, nous sommes dans une démocratie téléphonique. Je n’interdis à personne de téléphoner, mais moi, je peux ne pas avoir à téléphoner. »

    Les exégètes de la pensée hollandienne sont sur les dents.

  • Boutih mauvais perdant

    Parachuté par le PS en Charente, Malek Boutih, l’ancien président de SOS Racisme, s’est joliment crashé, arrivant loin derrière la candidate « dissidente » du PS, choisie et soutenue par nombre de socialistes locaux. La première raison de son échec, dit-il, est la faible mobilisation des socialistes... « La deuxième chose, c’est la responsabilité personnelle de François Hollande, qui était venu me chercher quand j’étais président de SOS Racisme, qui m’avait donné sa parole qu’il renouvellerait le PS, qu’il m’aiderait à être élu, et qui m’a envoyé au casse-pipe, comme on dit. »

    Je suis Malek Boutih, ancien président de SOS Racisme, secrétaire national du PS. Je dois donc être élu. N’importe où. Cela me revient de droit. Hollande me l’avait promis. Si je ne suis pas élu, c’est la faute du chef du PS...

    Et peut-être un peu aussi à cause des électeurs, non ? Salauds d’électeurs. Au moins, à SOS Racisme, je n’avais pas ce problème-là...

  • PS : la chasse aux récalcitrants

    Il n’y a pas que Michel Charzat et René Dosière qui se présentent contre un candidat investi par leur parti. Le PS a identifié 17 récalcitrants, qui ont été exclus du parti. Le PS précise que la liste n'est pas tout à fait définitive, dans la mesure où des membres du PS pourraient se cacher derrière l'étiquette divers gauche…

  • Charzat viré du PS

    Michel Charzat, qui fut l’un des piliers du CERES de Chevènement, député-maire du XXe arrondissement de Paris, fabiusien de poids, a été exclu du PS parce qu’il se représente. Le PS ayant réservé la circonscription à une femme, il avait accepté que la candidate soit son assistante parlementaire. Mais le PS a choisi une militante pro-Hollande, alors il a décidé de se présenter. Le strauss-kahnien René Dosière, député de l’Aisne, a également été viré du PS, car il se maintient face au candidat désigné par le parti, Fawaz Karimet.

  • Pourquoi Ségolène à 20h 02

    Cela a beaucoup surpris que Ségolène Royal prononce son allocution (par ailleurs particulièrement vide) à 20h 02. On n’avait jamais vu une telle précipitation de la part du perdant à une élection présidentielle.

    Voulait-elle à toute force être la première à s’exprimer ?

    Oui, mais pas par rapport à Sarkozy.

    C’était à usage interne du parti socialiste. Depuis quelques jours, elle savait qu’elle avait perdu, et elle savait surtout que le règlement de comptes avait commencé, et allait s’afficher à la télévision. Le premier à s’exprimer serait Dominique Strauss-Kahn. Et dès 20h 01 on donna la parole à Dominique Strauss-Kahn. Qui fut aussitôt coupé parce qu’il y avait Ségolène.

    Celle-ci put ainsi faire passer son message personnel : qu’elle allait continuer la rénovation de la gauche, qu’elle assumerait la responsabilité qui lui incombe désormais à la tête de la gauche, jusqu’à la victoire, etc.

    C’était en effet urgent. Car lorsque Strauss-Kahn put reprendre la parole, ce fut pour tirer à boulets rouges sur sa candidate, pour dénoncer vertement le fonctionnement du parti, et pour appeler autour de lui ceux qui veulent faire un vrai parti social-démocrate...

    Ensuite, Fabius ne fut pas plus amène pour la candidate – « la gauche c’est le “nous“, ce n’est pas le “je“ » – et pour ses appels au centre.

    Tandis que Kouchner disait tout le contraire, appelant carrément à un « programme commun » avec le centre.

    Et que les jospinistes, sous la houlette de Daniel Vaillant,  faisaient comprendre que Ségolène Royal ne devait pas conduire la campagne des législatives...

    On a même vu François Hollande parler des « erreurs » de la campagne...

    Bref, c’est apparemment beaucoup plus grave que les inévitables aigreurs de la défaite, et l’empressement de Ségolène Royal à tenter de se poser en chef charismatique des socialistes avant sa descente en flammes n’a fait que souligner la gravité de la situation. La suite promet d’être savoureuse...

  • Chevènement se moque du monde

    Suite au retrait de la candidature de Jean-Pierre Chevènement à la présidentielle, le PS et le MRC ont conclu un accord politique et électoral. Que dit cet accord sur l’Europe ? Il dit qu’un éventuel nouveau traité institutionnel européen « ne saurait en aucun cas prévaloir sur la Constitution nationale ».

    Chevènement prétend montrer ainsi qu’il reste ferme sur ses principes. Mais c’est une très mauvaise blague, et si j’étais un de ses partisans j’aurais honte pour lui.

    Certes, il était écrit dans le projet de Constitution européenne : «  La Constitution et le droit adopté par les institutions de l'Union, dans l'exercice des compétences qui sont attribuées à celle-ci, priment le droit des Etats membres. » C’est donc ce que Chevènement et le PS rejettent de concert. Mais cet article n’ajoute rien au droit en vigueur. Une déclaration annexe précisait du reste que c’était là la jurisprudence constante de la Cour de Justice européenne.

    Cette jurisprudence a établi en effet, depuis 1964, que le droit européen s’impose « absolument » au droit national. La primauté du droit européen, même dérivé, est absolue, constatent les juristes. Les directives européennes sont supérieures au droit national, y compris constitutionnel. C’est le sens même de la « communauté » vue par Bruxelles. Si un Etat pouvait opposer sa Constitution à une directive, il n’y aurait plus de droit « communautaire ». C’est là le nœud de la question européenne, qui est lui aussi soigneusement caché aux peuples, et que Chevènement contribue lui aussi maintenant à cacher. Ce qui est en cause dans cette primauté « absolue » du droit européen, c’est le totalitarisme de l’Union européenne telle qu’elle a été mise en place, et c’est bien sûr la très réelle et « absolue » perte de souveraineté des Etats membres.

    On laissera donc Chevènement à ses reniements, qui font d’autant plus apparaître Jean-Marie Le Pen comme le seul qui défende le peuple français.

  • La peur de Le Pen

    Après Christiane Taubira, les socialistes ont obtenu que Jean-Pierre Chevènement se retire de la course à la présidentielle. Rappelons seulement que Chevènement, naturellement soutenu par l’ensemble du MRC, avait très officiellement lancé sa campagne le 28 novembre dernier. Il disait alors : «Je lance ma campagne ce soir pour porter des idées qui aujourd'hui ne sont pas présentes dans le débat. Et en particulier pour faire respecter le vote que le peuple français a émis, pour réorienter la construction européenne de quoi tout le reste ou presque dépend. » Il ajoutait : « Je n'ai pas de raison de retirer ma candidature. Mon but est de peser, pas de témoigner ».

    Douze jours plus tard, le MRC vote à 84 % son ralliement à Ségolène Royal, et Jean-Pierre Chevènement annonce : « C’est en toute conscience que j’avais pris ma décision de me porter candidat, c’est en toute conscience que j’ai décidé de retirer ma candidature. » Une conscience pour le moins élastique, notamment en ce qui concerne le « respect du vote du peuple français » au référendum sur la Constitution européenne, puisque Ségolène Royal est à l’opposé de ses convictions en la matière.

    Le ralliement de Chevènement, comme celui de Taubira, fait suite à un marchandage électoral. Le PS octroie dix circonscriptions au MRC. « C’est un bon accord », dit Chevènement. Pour lui, sans doute, puisque Belfort figure parmi les dix. Mais certains de ses amis grincent des dents, jugeant « pas gagnables » la plus grande partie des circonscriptions offertes par le PS. Et puis, Chevènement avait obtenu 5,3 % des suffrages le 21 avril 2002. Le PRG, dont l’égérie n’avait obtenu que 2,3 %, se voit gratifié quant à lui de 36 circonscriptions… Il est vrai que le poids électoral des uns et des autres aux législatives est plutôt l’inverse des résultats à la présidentielle.

    Il y a derrière tout cela un énorme non-dit. Taubira et Chevènement ont été accusés par les socialistes d’avoir été, par leur candidature, les artisans de la chute de Jospin. Le « danger » Le Pen n’ayant pas disparu, c’est le moins qu’on puisse dire, il fallait donc faire le ménage à gauche. C’est uniquement la peur de voir réédité le premier tour de 2002 qui motive les socialistes, au point de faire cadeau à leurs encombrants voisins de dizaines de circonscriptions.

    Il y a un autre non-dit : on constate en effet que les socialistes se méfient des sondages. S’ils y croyaient, ils n’auraient pas fait des pieds et des mains pour récupérer Taubira et Chevènement. L’un et l’autre sont très marginaux dans les sondages, et Ségolène caracole en tête, en compagnie de Sarkozy, très loin devant les autres, y compris Le Pen. Dans cette configuration, il suffit d’attendre le second tour pour que se rallient les autres candidats de gauche. S’il faut les rallier avant, c’est qu’on voit bien que la promotion médiatique des deux vedettes est artificielle. Là encore, c’est parce que les socialistes prennent au sérieux le « danger » Le Pen.

    Quel peut être l’impact de ces manœuvres ? Il est trop tôt pour le dire. Il risque de ne pas être à la hauteur des espérances socialistes. Pour le moment, les Verts ont refusé toutes les offres socialistes (il est vrai qu’ils ne veulent pas quelques circonscriptions, mais un groupe à l’Assemblée nationale…), et Dominique Voynet affirme qu’elle ira jusqu’au bout. Et à l’extrême gauche, on s’achemine vers un nouvel éparpillement des candidatures, l’une ou l’autre pouvant fort bien récupérer les voix chevènementistes anti-européistes, voire celles qui se portaient sur Taubira pour son combat anticolonialiste et de promotion des minorités visibles.