On réclame ici et là un droit à l’objection de conscience pour les maires qui ne voudraient pas célébrer de « mariages » homosexuels.
Christiane Taubira a déjà répondu qu’il n’en était pas question :
« Les maires sont des officiers publics qui représentent l’État lorsqu’ils célèbrent un mariage, c’est une mission dont ils sont très fiers. Nous sommes dans un état de droit, le code civil va être modifié, il s’impose à tous, y compris aux maires. Il ne sera pas inscrit dans la loi qu’ils puissent se soustraire au code civil. »
En fait, il n’y aura pas de possibilité d’une quelconque objection de conscience, puisque le code civil se contentera de supprimer ce qui distingue les sexes – et il me semble que cela n’existe que dans l’article 144. Donc un maire ne pourra pas davantage refuser un mariage entre personnes de même sexe qu’il ne peut refuser un mariage entre personnes de même couleur ou de même taille. Le code civil n’évoquera pas davantage les unes que les autres, ce qui empêche toute objection de conscience.
On verra alors qu’il n’y a pas de maires catholiques en France. Ou plus exactement que les maires catholiques ont tellement bien intégré la laïcité qu’ils gardent chez eux le catéchisme et font à la mairie le contraire de ce que stipule le catéchisme. Ce sera seulement un exemple de plus de la schizophrénie des « catholiques », qui en l’espèce laissent tellement leur foi à la maison qu’ils ne verront même pas où est l’apostasie.
Le très combatif et très grande gueule Jacques Myard a déjà répondu. Il va « combattre » le projet, mais, ajoute-t-il aussitôt, « la loi est la loi. Je l’appliquerai dans ma municipalité parce que je suis un Républicain. Le destin de la France n’est heureusement pas lié à cette ânerie ».
Vive la République. Crève ce qui reste de chrétienté.