Jean-Marie Le Pen présidait hier un banquet patriotique à Palavas-les-Flots. Parmi ses déclarations, relevons celle-ci : « On dit que je suis obsédé par l’immigration. C’est vrai, je suis obsédé par l’immigration comme le pêcheur à pied qui, dans la baie du Mont-Saint-Michel, s’aperçoit que l’eau lui est montée jusqu’au ventre, puis lui arrive jusqu’au cou. Oui, c’est vrai, je suis obsédé par la marée montante, celui qui ne l’est pas et ne prendra pas les mesures nécessaires pour en sortir, il mourra. »
-
-
Le Pen en Corse
Jean-Marie Le Pen était samedi en Corse, à Calenzana. Il a exalté la Corse et sa « résistance farouche et instinctive à l’idéologie dominante » et son multiculturalisme, évoquant notamment les attentats anti-maghrébins dont les auteurs passent en ce moment en justice : « On a assimilé les plasticages de Clandestini Corsi à du racisme, là où il n’y avait qu’une réaction de désespoir, le désespoir de jeunes gens qui refusent de voir leur culture disparaître. » Une sanction trop lourde, a-t-il ajouté, permettrait à l’Etat de faire un exemple « pour culpabiliser le peuple corse, pour détruire en lui tout instinct de survie, pour lui faire accepter la société multiculturelle ». Le Front national « ne justifie pas les réactions de xénophobie », mais les jeunes de Clandestini Corsi « n’ont tué personne, que je sache ». « La justice doit donc dans cette affaire juger autant les jeunes que les manques, les carences et les échecs de la politique d’immigration suivie depuis 30 ans. » Par ailleurs, Jean-Marie Le Pen s’est prononcé pour le rétablissement de l’exonération des droits de succession et de la zone franche, qui ont été supprimés par diktat de l’Union européenne.
-
Les propositions de Begag
Azouz Begag, ministre délégué à la promotion de l’égalité des chances, « propose » d’attendre après les élections présidentielle et législatives pour parler des régularisations d’immigrés en situation irrégulière, parce que « c’est un sujet passionnel, crispant ». Il propose également de « laisser de côté » jusque-là la question de l’islam. Car ces deux thèmes « font peur aux gens ». On aimerait que M. Begag précise quels sont les thèmes dont on peut parler, si ceux qui sont les plus importants dans le domaine de la nation et de l’identité ne doivent pas être abordés. Qu’il nous dise aussi à quoi peut bien servir une élection présidentielle dans de telles conditions. Et à quoi peut servir la politique si l’on exclut de son champ d’action les questions qui font peur aux gens.
-
La charge de Villepin contre Sarkozy
Au Grand Jury RTL LCI Le Monde, Dominique de Villepin s’est livré à une charge sévère contre Nicolas Sarkozy, qui avait osé critiquer, aux Etats-Unis, la politique étrangère française, et souhaité, en référence au moment du déclenchement de la guerre en Irak, qu’elle soit « sans arrogance ». Réplique de Villepin : « On peut tout dire de la diplomatie française dans cette période, sauf de l’arrogance. » Avec la menace française de veto, « nous avons pris une décision historique, et je crois que c’était une sage décision ». « L’expérience dans ces domaines est irremplaçable. Je me définis par rapport à l’expérience qui est la mienne et par rapport à mes convictions gaullistes. Il faut être vigilant tant qu’on n’a pas connu de fonction dans ces domaines, il faut être attentif à bien réfléchir, à bien observer pour ne pas défaire ce que nous avons mis longtemps à construire. » Et après avoir souligné la difficulté de concilier la dénonciation des régimes dangereux et la nécessité du dialogue : « Tout l’exercice est d’application, c’est bien un domaine où je me garderais de donner des leçons. » Enfin, il a également défendu la notion de « domaine réservé » du président de la République en matière de diplomatie et de défense, alors que Sarkozy venait de déclarer qu’il fallait y mettre fin.
-
Squat, drogue et droits de l’homme
Réseau Ferré de France (RFF) a engagé une procédure de référé pour faire évacuer un local qui lui appartient et qui est occupé par une vingtaine de consommateurs de crack, près de la Porte de la Chapelle à Paris. L’avocate des squatteurs est Dominique Noguères, vice-présidente de la Ligue des droits de l’homme. S’il vous plaît. Elle s’oppose à l’évacuation parce que « cela fait un certain nombre de mois que ce squat existe » (sic), et parce que s’il était évacué, le trouble manifestement illicite que dénonce RFF « va exister à une plus grande échelle dans l’ensemble du quartier ». Les droits de l’homme impliquent donc qu’on puisse tranquillement se droguer, faire du trafic de drogue et se livrer à des activités de prostitution (aussi) dans des locaux dont on n’est ni propriétaire ni locataire.
-
Le délire de Cachan
Un accord avait été conclu et signé vendredi sur le relogement provisoire des 370 immigrés qui occupent le gymnase de Cachan depuis l’évacuation du squat, le… 17 août. Un accord obtenu par une négociation entre les pouvoirs publics et les groupuscules qui manipulent les immigrés, grâce à la médiation des dirigeants de la Licra et de SOS Racisme envoyés par Sarkozy. On croyait donc que les occupants du gymnase allaient rapidement quitter les lieux…
Samedi, 128 d’entre eux ont en effet été transportés vers des centres d’hébergement. Mais les 12 qui devaient être logés à Porcheville sont revenus au gymnase : c’est trop loin de leur travail… Du coup, ceux qui attendaient leur tour ont décidé qu’ils ne quitteraient pas le gymnase avant d’avoir visité les lieux où on veut les envoyer…
Hier, les discussions sur les listes ont failli dégénérer en bagarre. « Si on n’est pas Malien ou Ivoirien, on est écarté de la liste », tempêtait un Nigérien en situation irrégulière. Ah, les problèmes de la préférence nationale… Les autres rétorquaient que le Nigérien avait quitté le squat avant l’évacuation et qu’il n’avait donc aucun droit à bénéficier du relogement… Tandis que le porte-parole des « 1000 de Cachan » s’élevait contre le fait que certains sont écartés des listes parce qu’ils ne vivent pas dans le gymnase mais qu’ils font bien partie des « mille » et dorment ailleurs parce qu’il n’y avait pas assez de place pour tout le monde…
Hier soir avait lieu une nouvelle réunion entre les « médiateurs » et les « délégués des expulsés ». Au bout d’une demi-heure, trois délégués ont claqué la porte pace que, selon l’un d’eux, on voulait seulement leur communiquer la liste de ceux qui partiraient le lendemain matin (soit 48 personnes).
Pierre Henry, le directeur général de France Terre d’Asile (l’association qui à elle seule a proposé 278 logements, dont 158 réservés aux « sans-papiers »…) était sur le point de craquer : « Il y a un niveau d’exigence qui devient incompréhensible, les choses me dépassent… »
Le même Pierre Henry a par ailleurs fait une intéressante révélation. Sarkozy s’est engagé à examiner toutes les demandes de régularisations, tout en excluant, comme d’habitude, une régularisation massive. Pierre Henry déclare que cet examen « prendra du temps » et ne « devrait pas être bouclé avant la présidentielle »… Donc on n’en parlera plus d’ici là.
Dans le flot des déclarations diverses sur cette affaire, on remarquera celle de François Bayrou. En se félicitant, samedi, du « dénouement heureux » qui se profilait, « parce que franchement la situation de ces familles était épouvantable », il ajoutait néanmoins qu’on « aurait dû trouver ces solutions de relogement avant de procéder à l’expulsion » du squat. Bayrou ne sait pas que les relogements avaient bel et bien été prévus, et refusés par les squatteurs fermement encadrés par le DAL, qui avait même fait revenir dans la rue ceux qui avaient déjà été relogés.
Voilà un exemple typique d’aveuglement volontaire. On plaint les malheureux étrangers (dont plus des deux tiers n’ont aucun titre à résider en France), en oubliant les Français malheureux, et l’on refuse de voir que la situation « épouvantable » est le fait des étrangers eux-mêmes et de leurs « soutiens » révolutionnaires. Bayrou préside l’UDF et se présente aux électeurs avec un bandeau sur les yeux et des bouchons dans les oreilles.
-
Saint Denis
Saint Denis fut le premier évêque de Paris, et sainte Geneviève fit édifier une église sur son tombeau, à… Saint-Denis.La confusion entre cet évêque martyr et saint Denys l’Aréopagite, philosophe converti par saint Paul et devenu premier évêque d’Athènes, remonte au IXe siècle, lorsque les écrits de saint Denys (on dit aujourd’hui le pseudo-Denys, car on considère que les œuvres qui portent cette signature ont été écrites plus tard) arrivèrent à l’abbaye de Saint-Denis, où elles furent l’objet de grandes études, et le point de départ d’études grecques. On a même des documents des XIIe-XIIIe siècles qui montrent que le monastère célébrait la fête de saint Denis en grec.
Il est étonnant de constater que l’Orient a fait sienne la confusion entre les deux Denis au même moment, à partir du IXe siècle, signe d’une relation vraiment étroite entre les clercs d’Athènes et de Paris à cette époque.
Depuis quelques années, des orthodoxes célèbrent un office à la basilique de Saint-Denis le jour de sa fête dans leur calendrier.
Il est remarquable de voir certains orthodoxes tenir à ce que saint Denys l’Aréopagite soit le même que saint Denis de Paris. De son côté, la liturgie latine a en quelque sorte consacré l’assimilation entre les deux saints en choisissant comme épître de sa messe le passage de la conversion de Denys l’Aréopagite par saint Paul.
Mais, quelle que soit l’aversion qu’on puisse avoir pour l’hyper-critique historique rationaliste à laquelle l’Eglise s’est honteusement soumise dans les années du Concile (avant de faire heureusement marche arrière en certains cas), il n’est hélas pas possible que l’Aréopagite ait été évêque de Paris, car il est établi (depuis au moins saint Grégoire de Tours, au VIe siècle…) que Lutèce a été évangélisée au IIIe siècle. L'Aréopagite aurait eu au moins 200 ans.