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  • La Pologne accuse : le Conseil de l’Europe a violé ses procédures

    La Pologne accuse le Conseil de l’Europe, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, d’avoir « violé ses procédures » en proclamant le 10 octobre Journée européenne contre la peine de mort. Elle « déplore » que la décision « ait été prise au mépris des règles juridiques régissant le fonctionnement du Conseil de l'Europe ». Car, selon Varsovie, « une décision politique aussi importante aurait dû être prise au niveau ministériel », et non au niveau des ambassadeurs. Par conséquent, la Pologne la considère comme « nulle et non avenue ».

    Il est significatif que le communiqué du Conseil de l’Europe attribue la décision au « comité des ministres ».  Or ce ne sont pas les ministres qui a pris la décision, ce sont les ambassadeurs « réunis au sein du comité des ministres ».

    La Pologne a donc parfaitement raison. L’article 13 des statuts du Conseil de l’Europe stipule : « Le Comité des Ministres est l'organe compétent pour agir au nom du Conseil de l'Europe. » Et les statuts ne font mention nulle part des ambassadeurs.

    En outre, les statuts insistent sur le fait que les décisions importantes doivent être prises à l’unanimité, même s’il ne s’agit pas d’une règle absolue.

    Tant que la décision n’aura pas été prise au niveau des ministres des Affaires étrangères, elle sera donc en effet juridiquement « nulle et non avenue ».

    Il est fort intéressant de voir qu’une telle institution viole ses propres statuts quand elle veut à toute force prendre une décision commandée par la passion idéologique.

    Vive la Pologne, comme d’habitude.

  • Les chiffres du « chômage »

    Mauvaise nouvelle pour le gouvernement : le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE a augmenté de 0,6% en août.

    L’intérêt de la polémique sur les chiffres du chômage, engagée depuis Noël dernier par les cadres mêmes de l’ANPE et de l’INSEE, est qu’on ne parle plus du nombre des « chômeurs » mais du nombre des personnes inscrites à l’ANPE, ce qui est un notable progrès. Même si ces chiffres sont eux-mêmes toujours sujet à caution.

    Le gouvernement a décidé de ne plus publier en même temps le taux de chômage au sens du BIT, qui était trop manifestement manipulé, et qui ne correspondait plus en fait à aucune réalité depuis que l’enquête emploi avait été mise sous le coude en raison de ses trop mauvais résultats. Désormais, ce taux, qui seul permet les comparaisons internationales, sera publié tous les trimestres.

    Mais quel taux, tant que l’enquête emploi n’a pas été refaite et validée ? Eh bien le gouvernement a décidé d’adopter le mode de calcul suggéré dans le rapport des inspections des finances et des affaires sociales, qui concluait que la baisse du chômage au sens du BIT était surestimée d’environ 20%. En bref, il faudrait ajouter 0,8 point au taux publié pour obtenir un taux plausible. C’est en fait ce que dit l’office européen Eurostat, qui en l’absence de chiffres sérieux fournis par la France (seul pays de l’UE dans ce cas...), a estimé que le taux de chômage en France devait être supérieur de 0,8 point à ce que dit le gouvernement français. Mais il ne s’agit pas d’un calcul, il s’agit d’une estimation !

    On verra dans deux mois (normalement) ce que le gouvernement nous sortira comme taux de chômage, et si les résultats de l’enquête emploi, qui avaient été promis pour l’automne, auront permis d’y voir plus clair...

  • Saint Venceslas

    Pourquoi tous les Tchèques s’appellent-ils Vaclav ? Parce que c’est le nom tchèque du saint patron de la Bohême, saint Venceslas.

    Venceslas (Vaclav, donc – cela se prononce vatslav) était duc de Bohême, à une époque où le paganisme était encore puissant et s’opposait violemment à l’Eglise naissante. Sa mère était païenne, et au centre des complots contre l’Eglise, et contre son propre fils, avec son autre fils, Boleslas.

    Un jour Boleslas invita son frère à un festin dans sa ville de Boleslava, avec l’intention de le tuer. C’était le 27 septembre 829, jour des saints Côme et Damien, et Venceslas se rendit d’abord à la messe dans l’église de Boleslava qui leur était dédiée (peut-être était-ce même le jour de la consécration de cette église). Il devait être tué à la fin du festin, mais alors il porta un toast en disant : « En l'honneur du bienheureux Archange Michel, buvons cette coupe, et prions le qu'il daigne introduire nos âmes dans la paix de l'allégresse éternelle. » Les participants, subjugués, répondirent tous : Amen. L’assassinat fut reporté au lendemain.

    Il eut lieu à la porte de l’église Saints Côme et Damien, où Venceslas s’était rendu de nouveau pour prier. C’était la veille de la fête de saint Michel, qui allait introduire son âme dans la paix de l’allégresse éternelle.

    Son corps fut d’abord inhumé dans l’église de son martyre, mais il s’y produisit tant de miracles que Boleslas consentit à le transférer à la cathédrale de Prague. Laquelle porte le nom de saint Vit (saint Guy) parce que Venceslas y avait déposé le bras de saint Vit que lui avait offert l’empereur Othon Ier.

    Il est aujourd’hui de bon ton (jusque dans les missels, bien sûr) de prétendre que saint Venceslas fut une victime politique et non un martyr, car son assassinat fut la conséquence d’une révolte contre son allégeance au roi de Germanie Henri l’Oiseleur. Comme si les deux explications s’excluaient, alors qu’évidemment elles se combinent : le complot des païens prit prétexte de cette allégeance pour supprimer le duc chrétien qui avait voulu éviter une guerre désastreuse à son peuple. Saint Venceslas est martyr et protecteur de la Bohême.